Médicaments & lait maternel + Feuillets d'information de Dr Jack Newman
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Pour toute question concernant la compatibilité d'un médicament préscrit et votre allaitement, demander votre animatrice lll pour les références de "le coin préscripteur" dans les Dossiers d'allaitement, publication destiné aux professionels de santé afin de discuter avec votre PS traitant. Publication de www.lllfrance.org OU diriger vous vers:
Reseau Médic-al, fondé par Dr. Raphael Serreau, basé à IPP: tél: 01 40 44 39 14; L-V: 9 h à 16h 30.
ou vers Toxicovigilence de Paris: 01 40 05 48 48
Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT)http://www.lecrat.org/
Cybèle: http://www.escpweb.org/cybele/fr/cybelef.htm
Lactancia: http://www.e-lactancia.org/ingles/inicio.asp
Toxnet:Toxnet: http://toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/htmlgen?LACT
En anglais mais plus complet en matière de lait maternel et médicaments:http://drugsafetysite.com/drugs/index/
Pour noms des molécules actives voir: http://www.biam2.org/accueil.html
Brochure de l'OMS, téléchargeable gratuitement à :http://whqlibdoc.who.int/hq/2002/55732.pdf
ou vers Toxicovigilence de Paris: 01 40 05 48 48
Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT)http://www.lecrat.org/
Cybèle: http://www.escpweb.org/cybele/fr/cybelef.htm
Lactancia: http://www.e-lactancia.org/ingles/inicio.asp
Toxnet:Toxnet: http://toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/htmlgen?LACT
En anglais mais plus complet en matière de lait maternel et médicaments:http://drugsafetysite.com/drugs/index/
Pour noms des molécules actives voir: http://www.biam2.org/accueil.html
Brochure de l'OMS, téléchargeable gratuitement à :http://whqlibdoc.who.int/hq/2002/55732.pdf
Centre Antipoison et de Toxicovigilance de PARIS
Hôpital Fernand WIDAL 200 rue du Faubourg Saint Denis 75475 Paris Cedex 10
Chef de service : Dr. Robert GARNIER
Permanence médicale téléphonique: 01 40 05 48 48 cap.paris@lrb.aphp.fr FAX: 01 40 05 41 93
L'adresse e-mail peut être utile pour transmettre des compléments d'informations, mais dans le cadre de l'urgence, ne peut être utilisée qu'après entretien téléphonique et accord des médecins de permanence. Les e-mails utilisés sans référence précise à un dossier établi ne seront pas pris en compte
Permanence médicale téléphonique: 01 40 05 48 48 cap.paris@lrb.aphp.fr FAX: 01 40 05 41 93
L'adresse e-mail peut être utile pour transmettre des compléments d'informations, mais dans le cadre de l'urgence, ne peut être utilisée qu'après entretien téléphonique et accord des médecins de permanence. Les e-mails utilisés sans référence précise à un dossier établi ne seront pas pris en compte
Bibliographie des feuillets Dr Jack Newman (téléchargeables en fin de page)
1: Bien commencer l'allaitement
2: Colliques des bébés allaités
3: Mammelons douleureux
4: Est ce que bébé prends assez de lait?
5: Utlisation des DALs
6: Violet de Gentiane
7: La Jaunisse
8: Allaitement au doigt
9: Medicaments et lait maternel
9bis: Medicaments et lait maternel
9ter: Allaitement et lait maternel
10: Allaitement et les aliments
11: Mythes et Médicaments & lait maternel
11bis: Mythes et médicaments & lait maternel
12: Mythes et médicaments & lait maternel
13 Mythes (encore d'autres) & lait maternel
14: Mythes (encore d'autres) & lait maternel
15: Compression de sein
16: Allaitement & introduction des aliments solides
17: Aliments solides et la garde
18: Comment savoir quand un PS ne soutien pas vraiment l'allaitement maternel
19: Dompéridone
20: Flucanazole
21: Allaiter un bambin? Quelle drôle d'idée.
22: Cannaux bouchés et mastites
23: Allaiter un bébé adopté
24: Traitements pour quel que problêmes
25: Risques des allaitements artificiels
26: Culpabilité & Allaitement
27: Mise au sein
28 Candida; protocole
29: Insuffisance de lait
2: Colliques des bébés allaités
3: Mammelons douleureux
4: Est ce que bébé prends assez de lait?
5: Utlisation des DALs
6: Violet de Gentiane
7: La Jaunisse
8: Allaitement au doigt
9: Medicaments et lait maternel
9bis: Medicaments et lait maternel
9ter: Allaitement et lait maternel
10: Allaitement et les aliments
11: Mythes et Médicaments & lait maternel
11bis: Mythes et médicaments & lait maternel
12: Mythes et médicaments & lait maternel
13 Mythes (encore d'autres) & lait maternel
14: Mythes (encore d'autres) & lait maternel
15: Compression de sein
16: Allaitement & introduction des aliments solides
17: Aliments solides et la garde
18: Comment savoir quand un PS ne soutien pas vraiment l'allaitement maternel
19: Dompéridone
20: Flucanazole
21: Allaiter un bambin? Quelle drôle d'idée.
22: Cannaux bouchés et mastites
23: Allaiter un bébé adopté
24: Traitements pour quel que problêmes
25: Risques des allaitements artificiels
26: Culpabilité & Allaitement
27: Mise au sein
28 Candida; protocole
29: Insuffisance de lait
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Micropilule a baissé ma lactation! Témoignage. (parmi des miliers)
Bonjour,
Ca fait donc 20 jours que j'ai arêtée la micropillule et prends le dompéridone dans le but de renverser les effets. J'ai commencé à voir les effets au bout de 2 jours, et l'effet maximum au bout de 8/10 jours: j'étais déjà passée en effet de 4 compléments de 60ml à 90ml avant diversification à 3 compléments de 60ml (pas entiérement bus à chaque fois) avec diversification puis avec la dompéridone les compléments sont passés à 2 puis 1 compléments de 60mls, jusqu'au jour où je me suis rendue compte que bébé ne buvait que qq mls, en attendant le réflexe d'éjection puis retirait lui même le fil du DAL et tétait tranquillement jusqu'à s'endormir... ( !)
Je n'osais y croire au début mais si... grâce aux multiples tétées (10/15 par 24H, merci les poussées dentaires !!!!) et au dompéridone, ma lactation arrive enfin à s'adapter aux besoins de mon fils, miracle!!!
J'ai l'impression que la boucle est bouclée, que c'est vraiment une deuxième réelle chance de réussir cet allaitement si mal démarré!
Avec le recul je pense que c'est la prise de la pilule à J15 qui a empéché ma lactation de bien se mettre en place (la prise de poids de bébé a alors stagné et son comportement a changé à partir de là, jamais repu, énervé) suivie de la prise de compléments au bib qui ont espacé les tétées (j'avais noté sur un carnet, j'en étais à 5 voire 6 max en 24H à ce moment là alors que bébé n'avait qu'un mois!)
Finalement ce parcours plus que chaotique aura été bénéfique puisque pour préserver et améliorer cet allaitement j'ai cherché et encore cherché des infos, jusqu'à vous trouver et découvrir que malgré des compléments on pouvait réussir un allaitement long, aller jusqu'au sevrage naturel même!
Alors merci à vous toutes qui m'avez montré la voie, par votre exemple vous m'avez montré que oui c'est possible même si on n'ose pas trop y croire!
Je suis actuellement à 9 capsules par jour, je vais attendre encore un peu puis diminuer progressivement tout en surveillant que bébé est toujours heureux et trouve tout ce qu'il lui faut.
Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais j'ai quand même l'impression que le plus dur est derrière nous, j'espère que je ne me trompe pas!!
S.T. Maman de C ; 7 mois et... 3 dents! et oui encore une de plus!
Ca fait donc 20 jours que j'ai arêtée la micropillule et prends le dompéridone dans le but de renverser les effets. J'ai commencé à voir les effets au bout de 2 jours, et l'effet maximum au bout de 8/10 jours: j'étais déjà passée en effet de 4 compléments de 60ml à 90ml avant diversification à 3 compléments de 60ml (pas entiérement bus à chaque fois) avec diversification puis avec la dompéridone les compléments sont passés à 2 puis 1 compléments de 60mls, jusqu'au jour où je me suis rendue compte que bébé ne buvait que qq mls, en attendant le réflexe d'éjection puis retirait lui même le fil du DAL et tétait tranquillement jusqu'à s'endormir... ( !)
Je n'osais y croire au début mais si... grâce aux multiples tétées (10/15 par 24H, merci les poussées dentaires !!!!) et au dompéridone, ma lactation arrive enfin à s'adapter aux besoins de mon fils, miracle!!!
J'ai l'impression que la boucle est bouclée, que c'est vraiment une deuxième réelle chance de réussir cet allaitement si mal démarré!
Avec le recul je pense que c'est la prise de la pilule à J15 qui a empéché ma lactation de bien se mettre en place (la prise de poids de bébé a alors stagné et son comportement a changé à partir de là, jamais repu, énervé) suivie de la prise de compléments au bib qui ont espacé les tétées (j'avais noté sur un carnet, j'en étais à 5 voire 6 max en 24H à ce moment là alors que bébé n'avait qu'un mois!)
Finalement ce parcours plus que chaotique aura été bénéfique puisque pour préserver et améliorer cet allaitement j'ai cherché et encore cherché des infos, jusqu'à vous trouver et découvrir que malgré des compléments on pouvait réussir un allaitement long, aller jusqu'au sevrage naturel même!
Alors merci à vous toutes qui m'avez montré la voie, par votre exemple vous m'avez montré que oui c'est possible même si on n'ose pas trop y croire!
Je suis actuellement à 9 capsules par jour, je vais attendre encore un peu puis diminuer progressivement tout en surveillant que bébé est toujours heureux et trouve tout ce qu'il lui faut.
Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais j'ai quand même l'impression que le plus dur est derrière nous, j'espère que je ne me trompe pas!!
S.T. Maman de C ; 7 mois et... 3 dents! et oui encore une de plus!
Introduction feuillets Dr Jack Newman.
Les articles de Jack Newman
Jack Newman est un pédiatre diplômé de l'école médicale de l'Université de Toronto. Il est le père d'enfants qui ont été allaités plusieurs années. Il a été pédiatre en Afrique du Sud, où il a pris conscience de l'importance de l'allaitement pour des populations défavorisées, et des catastrophes que la promotion des produits de substitution peuvent engendrer. Il démarra la première clinique d'allaitement en milieu hospitalier au Canada en 1984. Depuis, plusieurs consultations spécialisées permettent aux mamans canadiennes en difficultés de trouver des professionnels compétents en matière d'allaitement. Le Dr Jack Newman reste le dernier recours et reçoit les mères et leur bébé en grande difficulté. En 12 ans, le Dr Jack Newman a vu personnellement 7000 dyades mères-enfant, et a accumulé une grande expérience clinique de l'allaitement et de ses difficultés. Il a été un consultant de l'UNICEF pour l'Initiative Hôpital Ami des Bébés en Afrique.
Vous pouvez contacter Jack Newman à l'adresse suivante : newman@globalserve.net
Trois articles écrits par Jack Newman en Français :
L'allaitement maternel protège le nourrisson, Pour la Science, pp. 46-51, février 1996.
Programme de promotion et de soutien à l'allaitement, Les Dossiers de l'Allaitement, hors-série 3ème Journée Internationale de l'Allaitement, 21 mars 1997.
Comment choisir un traitement pour une femme allaitante, Les Dossiers de l'Allaitement, n°37, octobre 1998.
Les Dossiers de l'Allaitement sont publiés par LLL France, BP 18, 78620 L'Etang La Ville
Les feuillets du Dr Jack Newman
Ces feuillets ont été publiés sur internet en anglais, et peuvent indiquer aux mères ou aux professionnels concernés par l'allaitement, quelques pistes à suivre. Ils ne remplacent bien sur pas une consultation, et l'observation de la mère et de son bébé allaité par une personne compétente est souvent indispensable en cas de problèmes. Ces feuillets sont le fruit d'une expérience considérable, avec l'exigence, la compétence et l'humour d'un homme qui s'est mis au service des mères et de leurs bébés. Ces feuillets peuvent être diffusés largement et reproduits pour le plus grand bien des mamans et de leur bébé!
Au nom de toutes les mamans et de leurs enfants, nous remercions le Dr Jack Newman de nous faire profiter si généreusement de son expérience et de ses conseils.
Ont participé aux traductions :
Carole Savard, qui a vérifiée et traduit les feuillets révisés.
Marie Gandubert-Coquemont (IPA), Michelle Keating, Juliette Le Roy (IPA), Françoise Railhet (LLL France), Nathalie Roques (IPA).
Note de Laurence Descourtieux: Pour tous les articles de Jack Newman qui suivent, il est écrit sur le site de l'IPA qu'ils "peuvent être copiés et distribués sans autre permission". Alors, ne vous en privez pas et faites passer ces infos à vos stagiaires, mères intéressées, professionnels de santé etc…
Les articles de Jack Newman
Source www.info-allaitement.org/
Les 26 articles du célèbre pédiatre canadien édités pour la première fois : mastites, coliques, évaluation de la succion, les mythes, bibliographie.
160 pages, 88,40 F ou 15 €.
Les tarifs sont franco de port.
Pour commander, joindre un chèque à l'ordre d'Information Pour l'Allaitement (IPA) avec le détail de votre commande et vos coordonnées à l'adresse suivante :
Information pour l'Allaitement (IPA)
12 avenue Saxe
F-69006 Lyon
fax. 04 37 41 10 97
Jack Newman est un pédiatre diplômé de l'école médicale de l'Université de Toronto. Il est le père d'enfants qui ont été allaités plusieurs années. Il a été pédiatre en Afrique du Sud, où il a pris conscience de l'importance de l'allaitement pour des populations défavorisées, et des catastrophes que la promotion des produits de substitution peuvent engendrer. Il démarra la première clinique d'allaitement en milieu hospitalier au Canada en 1984. Depuis, plusieurs consultations spécialisées permettent aux mamans canadiennes en difficultés de trouver des professionnels compétents en matière d'allaitement. Le Dr Jack Newman reste le dernier recours et reçoit les mères et leur bébé en grande difficulté. En 12 ans, le Dr Jack Newman a vu personnellement 7000 dyades mères-enfant, et a accumulé une grande expérience clinique de l'allaitement et de ses difficultés. Il a été un consultant de l'UNICEF pour l'Initiative Hôpital Ami des Bébés en Afrique.
Vous pouvez contacter Jack Newman à l'adresse suivante : newman@globalserve.net
Trois articles écrits par Jack Newman en Français :
L'allaitement maternel protège le nourrisson, Pour la Science, pp. 46-51, février 1996.
Programme de promotion et de soutien à l'allaitement, Les Dossiers de l'Allaitement, hors-série 3ème Journée Internationale de l'Allaitement, 21 mars 1997.
Comment choisir un traitement pour une femme allaitante, Les Dossiers de l'Allaitement, n°37, octobre 1998.
Les Dossiers de l'Allaitement sont publiés par LLL France, BP 18, 78620 L'Etang La Ville
Les feuillets du Dr Jack Newman
Ces feuillets ont été publiés sur internet en anglais, et peuvent indiquer aux mères ou aux professionnels concernés par l'allaitement, quelques pistes à suivre. Ils ne remplacent bien sur pas une consultation, et l'observation de la mère et de son bébé allaité par une personne compétente est souvent indispensable en cas de problèmes. Ces feuillets sont le fruit d'une expérience considérable, avec l'exigence, la compétence et l'humour d'un homme qui s'est mis au service des mères et de leurs bébés. Ces feuillets peuvent être diffusés largement et reproduits pour le plus grand bien des mamans et de leur bébé!
Au nom de toutes les mamans et de leurs enfants, nous remercions le Dr Jack Newman de nous faire profiter si généreusement de son expérience et de ses conseils.
Ont participé aux traductions :
Carole Savard, qui a vérifiée et traduit les feuillets révisés.
Marie Gandubert-Coquemont (IPA), Michelle Keating, Juliette Le Roy (IPA), Françoise Railhet (LLL France), Nathalie Roques (IPA).
Note de Laurence Descourtieux: Pour tous les articles de Jack Newman qui suivent, il est écrit sur le site de l'IPA qu'ils "peuvent être copiés et distribués sans autre permission". Alors, ne vous en privez pas et faites passer ces infos à vos stagiaires, mères intéressées, professionnels de santé etc…
Les articles de Jack Newman
Source www.info-allaitement.org/
Les 26 articles du célèbre pédiatre canadien édités pour la première fois : mastites, coliques, évaluation de la succion, les mythes, bibliographie.
160 pages, 88,40 F ou 15 €.
Les tarifs sont franco de port.
Pour commander, joindre un chèque à l'ordre d'Information Pour l'Allaitement (IPA) avec le détail de votre commande et vos coordonnées à l'adresse suivante :
Information pour l'Allaitement (IPA)
12 avenue Saxe
F-69006 Lyon
fax. 04 37 41 10 97
Un médicament prescrit systématiquement peut compromettre l'allaitement mais un autre (plus difficile à se faire prescrit) augmente le taux de prolactine, ayant pour effet de booster la lactation. Un hic dans le système?
Bonjour,
Ca fait donc 20 jours que j'ai arêtée la micropillule et prends le dompéridone dans le but de renverser les effets. J'ai commencé à voir les effets au bout de 2 jours, et l'effet maximum au bout de 8/10 jours: j'étais déjà passée en effet de 4 compléments de 60ml à 90ml avant diversification à 3 compléments de 60ml (pas entiérement bus à chaque fois) avec diversification puis avec la dompéridone les compléments sont passés à 2 puis 1 compléments de 60mls, jusqu'au jour où je me suis rendue compte que bébé ne buvait que qq mls, en attendant le réflexe d'éjection puis retirait lui même le fil du DAL et tétait tranquillement jusqu'à s'endormir... ( !)
Je n'osais y croire au début mais si... grâce aux multiples tétées (10/15 par 24H, merci les poussées dentaires !!!!) et au dompéridone, ma lactation arrive enfin à s'adapter aux besoins de mon fils, miracle!!!
J'ai l'impression que la boucle est bouclée, que c'est vraiment une deuxième réelle chance de réussir cet allaitement si mal démarré!
Avec le recul je pense que c'est la prise de la pilule à J15 qui a empéché ma lactation de bien se mettre en place (la prise de poids de bébé a alors stagné et son comportement a changé à partir de là, jamais repu, énervé) suivie de la prise de compléments au bib qui ont espacé les tétées (j'avais noté sur un carnet, j'en étais à 5 voire 6 max en 24H à ce moment là alors que bébé n'avait qu'un mois!)
Finalement ce parcours plus que chaotique aura été bénéfique puisque pour préserver et améliorer cet allaitement j'ai cherché et encore cherché des infos, jusqu'à vous trouver et découvrir que malgré des compléments on pouvait réussir un allaitement long, aller jusqu'au sevrage naturel même!
Alors merci à vous toutes qui m'avez montré la voie, par votre exemple vous m'avez montré que oui c'est possible même si on n'ose pas trop y croire!
Je suis actuellement à 9 capsules par jour, je vais attendre encore un peu puis diminuer progressivement tout en surveillant que bébé est toujours heureux et trouve tout ce qu'il lui faut.
Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais j'ai quand même l'impression que le plus dur est derrière nous, j'espère que je ne me trompe pas!!
S.T. Maman de C ; 7 mois et... 3 dents! et oui encore une de plus!
Ca fait donc 20 jours que j'ai arêtée la micropillule et prends le dompéridone dans le but de renverser les effets. J'ai commencé à voir les effets au bout de 2 jours, et l'effet maximum au bout de 8/10 jours: j'étais déjà passée en effet de 4 compléments de 60ml à 90ml avant diversification à 3 compléments de 60ml (pas entiérement bus à chaque fois) avec diversification puis avec la dompéridone les compléments sont passés à 2 puis 1 compléments de 60mls, jusqu'au jour où je me suis rendue compte que bébé ne buvait que qq mls, en attendant le réflexe d'éjection puis retirait lui même le fil du DAL et tétait tranquillement jusqu'à s'endormir... ( !)
Je n'osais y croire au début mais si... grâce aux multiples tétées (10/15 par 24H, merci les poussées dentaires !!!!) et au dompéridone, ma lactation arrive enfin à s'adapter aux besoins de mon fils, miracle!!!
J'ai l'impression que la boucle est bouclée, que c'est vraiment une deuxième réelle chance de réussir cet allaitement si mal démarré!
Avec le recul je pense que c'est la prise de la pilule à J15 qui a empéché ma lactation de bien se mettre en place (la prise de poids de bébé a alors stagné et son comportement a changé à partir de là, jamais repu, énervé) suivie de la prise de compléments au bib qui ont espacé les tétées (j'avais noté sur un carnet, j'en étais à 5 voire 6 max en 24H à ce moment là alors que bébé n'avait qu'un mois!)
Finalement ce parcours plus que chaotique aura été bénéfique puisque pour préserver et améliorer cet allaitement j'ai cherché et encore cherché des infos, jusqu'à vous trouver et découvrir que malgré des compléments on pouvait réussir un allaitement long, aller jusqu'au sevrage naturel même!
Alors merci à vous toutes qui m'avez montré la voie, par votre exemple vous m'avez montré que oui c'est possible même si on n'ose pas trop y croire!
Je suis actuellement à 9 capsules par jour, je vais attendre encore un peu puis diminuer progressivement tout en surveillant que bébé est toujours heureux et trouve tout ce qu'il lui faut.
Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais j'ai quand même l'impression que le plus dur est derrière nous, j'espère que je ne me trompe pas!!
S.T. Maman de C ; 7 mois et... 3 dents! et oui encore une de plus!
Feuillet n° 1 Bien commencer l'allaitement
Feuillet n° 1 Bien commencer l'allaitement
Révisé en janvier 2000 (juillet 2000 pour la version française). par Jack Newman, MD, FRCPC, pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Allaiter est la façon naturelle et physiologique de nourrir les bébés et les jeunes enfants, et le lait humain est spécifiquement destiné aux bébés humains. Les laits de substitution préparés à partir de lait de vache ou de soja (pour la plupart) ne présentent que des similitudes superficielles avec le lait humain, et les publicités qui les présentent d'une autre manière sont trompeuses. Allaiter devrait être facile, et exempt de difficultés pour la plupart des mères. Un bon démarrage donne à l'allaitement toute les chances d'être une expérience heureuse pour la mère comme pour son bébé.
Les mères sont en grande majorité parfaitement capables d'allaiter leur bébé exclusivement pendant 4 à 6 mois. En fait, la plupart des mères produisent plus que suffisamment de lait. Malheureusement, des routines hospitalières dépassées basées sur l'alimentation de substitution restent en vigueur dans de nombreux établissements de santé et rendent pour certaines mères et leur bébé l'allaitement difficile, voire impossible. Pour que l'allaitement démarre correctement, les premiers jours peuvent être cruciaux. Cependant, même avec un très mauvais départ, beaucoup de mères et de bébés réussissent cette expérience.
L'astuce pour bien allaiter est de faire en sorte que le bébé prenne bien le sein. Un bébé qui prend correctement le sein reçoit correctement du lait. Un bébé qui ne prend pas bien le sein a des difficultés pour recevoir suffisamment de lait, surtout si la sécrétion lactée de la mère est faible. Une mauvaise prise du sein, c'est comme donner au bébé un biberon avec une tétine dont le trou est trop petit; le biberon est plein de lait, mais le bébé n'en prendra pas beaucoup. Quand un bébé prend mal le sein, cela peut également causer des douleurs aux mamelons de sa mère. Et si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait, il restera au sein très longtemps, aggravant ainsi la douleur. Malheureusement, n'importe qui peut dire que le bébé a une bonne prise, même si c'est faux. Trop de personnes censément compétentes ne savent tout simplement pas ce qu'est une bonne prise. Voilà quelques moyens qui contribuent à faciliter l'allaitement :
1. Le bébé devrait être mis au sein immédiatement après la naissance. Les nouveaux nés peuvent presque tous être mis au sein dans les instants suivant la naissance. En fait, des recherches ont montré que, lorsqu'on leur en laisse la possibilité, les bébés de quelques minutes seulement rampent sur le ventre de leur mère jusqu'au sein, et commencent à téter de leur propre initiative. Ce processus peut prendre une heure ou plus, mais durant ce temps la mère et le bébé doivent rester ensemble pour commencer à apprendre l'un de l'autre. Les bébés qui "s'auto attachent" ainsi courent moins de risque de connaître des problèmes d'allaitement. Ce processus ne demande aucun effort de la part de la mère, et le prétexte de la trop grande fatigue de la mère due à l'accouchement, souvent fourni pour ne pas permettre cela, est purement et simplement un non sens. En fait, des études ont également montré que le contact peau à peau entre une mère et son bébé gardaient le bébé au chaud aussi bien qu'une couveuse.
2. La mère et le bébé devraient partager la même chambre. Il n'y a absolument aucune raison médicale pour séparer les mamans et les bébés en bonne santé, même pour de courtes périodes. Les maternités qui ont pour habitude de séparer les mères et les bébés après la naissance sont complètement dépassées, et les raisons invoquées pour ce faire démontrent aux parents qui contrôle la situation (l'hôpital) et qui ne la contrôle pas (les parents). Souvent d'autres mauvaises justifications sont données. Par exemple que le bébé a avalé du méconium avant la naissance. Un bébé qui a avalé du méconium et qui se porte bien quelques minutes après la naissance se portera bien et n'a pas besoin de passer plusieurs heures en "observation" dans une couveuse. Il n'y a aucune preuve que les mères qui sont séparées de leur enfant sont plus reposées. Au contraire, elles sont plus reposées et moins stressées quand elles ont leur bébé avec elles. Mères et bébés apprennent comment dormir au même rythme. Ainsi, quand le bébé commence à se réveiller pour une tétée, la mère commence également à se réveiller naturellement. Ce n'est pas aussi fatigant pour la mère que d'être réveillée en phase de sommeil profond, comme c'est le cas quand le bébé se réveille loin d'elle.
Le bébé montre bien longtemps avant de pleurer qu'il a envie de téter. Sa respiration peut changer par exemple. Ou il peut commencer à s'étirer. La mère, alors dans un sommeil léger, va se réveiller, son lait va commencer à couler et le bébé, calme, sera heureux de téter. Un bébé qui aura pleuré pendant un certain temps avant d'être mis au sein pourra refuser de téter même s'il est affamé. Mères et bébés devraient être encouragés à dormir côte à côte à la maternité. C'est un excellent moyen pour la mère de se reposer quand le bébé tète. L'allaitement devrait être relaxant, et non fatigant.
3. Des tétines artificielles ne devraient pas être données au bébé. Il semble y avoir une controverse au sujet de la "confusion sein-tétine". Les bébés adopteront la méthode qui leur donnera le flot de liquide le plus rapide, et pourraient refuser les autres. Ainsi, les premiers jours, quand la mère ne produit que peu de lait (comme prévu par la nature), et que le bébé prend un biberon (comme prévu par la nature?) avec lequel il obtient un rapide flot de lait, il risque de préférer la méthode au flot rapide. Nul besoin d'être un scientifique génial pour comprendre ce qu'aucun des pourtant nombreux professionnels de santé qui sont censés vous aider semblent incapables de concevoir. La confusion sein-tétine n'a pas comme seule conséquence possible le refus du sein par le bébé, mais aussi que le bébé ne prendra pas le sein aussi bien qu'il pourrait le faire et qu'ainsi, il n'aura pas assez de lait et/ou que la mère aura des mamelons douloureux. Qu'un bébé puisse "prendre les deux" ne veut pas dire que le biberon n'a pas d'effet négatif. Puisque aujourd'hui il existe des alternatives possibles quand le bébé a besoin de suppléments (voir feuillet n° 5 "Utilisation d'un DAL" et n° 8 "Alimentation au doigt"), pourquoi utiliser un biberon ?
4. Pas de restriction de durée et de fréquence des tétées. Un bébé qui tète correctement ne restera pas au sein des heures durant pour une tétée. Si c'est le cas, c'est généralement qu'il ne prend pas correctement le sein et ne reçoit pas tout le lait qui est disponible. Trouvez de l'aide pour évaluer la succion du bébé et utilisez la compression des seins pour que le bébé reçoive plus de lait (feuillet n° 15, "La Compression du sein"). C'est cela qui aidera, et non l'utilisation d'une tétine ou d'un biberon, ni le fait de mettre le bébé à la pouponnière.
5. Les suppléments d'eau pure, d'eau sucrée ou de préparation pour nourrissons sont rarement nécessaires. La plupart des suppléments pourraient être évités si on permettait au bébé de prendre le sein correctement et de recevoir le lait disponible. Si on vous dit que le bébé a besoin de suppléments sans que quelqu'un l'ait observé pendant qu'il tète, demandez à recevoir l'aide d'une personne compétente. Il y a de rares indications médicales pour la supplémentation, mais habituellement, les suppléments sont proposés pour la convenance de l'équipe médicale. Si des suppléments doivent être donnés, ils doivent être donnés à priori avec un Dispositif d'Aide à la Lactation (voir feuillet n° 5), pas avec une tasse, ni un compte-goutte, ni au doigt, ni au biberon. Le meilleur supplément est votre propre colostrum. Il peut être mélangé avec de l'eau sucrée si vous ne pouvez pas en tirer beaucoup la première fois. Les préparations pour nourrissons ne sont pratiquement jamais nécessaires les premiers jours.
6. Une bonne prise du sein est cruciale pour le succès de l'allaitement. C'est la clé d'un allaitement réussi. Malheureusement, de nombreuses mères reçoivent "l'aide" de personnes qui ne savent pas comment évaluer une bonne mise au sein. Si on vous dit que votre bébé de deux jours tète correctement alors que vous avez les mamelons très douloureux, soyez sceptique, et demandez l'aide d'une personne compétente.
Avant de quitter la maternité, vous devriez avoir eu la démonstration que votre bébé tète correctement, et qu'il reçoit véritablement du lait de vos seins; le personnel devrait vérifier que vous savez comment vous assurer qu'il en reçoit suffisamment (type de succion ouverture-pause-fermeture). Si vous et votre bébé quittez la maternité sans savoir cela, demandez rapidement l'aide d'une personne expérimentée .
7. Les boîtes de lait gratuites et les documents offerts par leurs producteurs ne sont pas des cadeaux. L'unique objectif de ces "cadeaux" est de faire de vous des utilisateurs de lait industriel. C'est très efficace, et une technique de marketing de moralité douteuse. Si vous en recevez de la part d'un professionnel de la santé quel qu'il soit, vous devriez vous interroger sur ses connaissances en matière d'allaitement et sur son niveau d'engagement pour l'allaitement. "Mais j'ai besoin de lait industriel parce que mon bébé ne reçoit pas assez de mon lait!". Peut-être, mais, plus vraisemblablement, vous n'avez pas reçu une aide efficace et votre bébé ne reçoit tout simplement pas tout votre lait. Même si vous avez besoin de préparations, personne ne devrait vous proposer une marque particulière, ni vous offrir des échantillons. Cherchez une aide efficace. Les échantillons de préparations pour nourrissons ne sont pas une aide.
Dans certaines circonstances, il peut être impossible de commencer l'allaitement rapidement. Cependant, la plupart des indications médicales (prise de médicaments par la mère, par exemple) ne sont pas de bonnes raisons pour arrêter ou retarder l'allaitement, si on vous a dit le contraire, vous avez été mal informée. Demandez une aide efficace. Les bébé prématurés peuvent commencer à être allaités beaucoup, beaucoup plus tôt que ce qui est préconisé dans de nombreux services de néonatologie. En fait, les études ont montré qu'il est plus facile pour un bébé d'être nourri au sein que de recevoir un biberon. Malheureusement, de nombreux professionnels de santé s'occupant de prématurés ne semblent pas au courant de ce fait.
Révisé en janvier 2000 (juillet 2000 pour la version française). par Jack Newman, MD, FRCPC, pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Allaiter est la façon naturelle et physiologique de nourrir les bébés et les jeunes enfants, et le lait humain est spécifiquement destiné aux bébés humains. Les laits de substitution préparés à partir de lait de vache ou de soja (pour la plupart) ne présentent que des similitudes superficielles avec le lait humain, et les publicités qui les présentent d'une autre manière sont trompeuses. Allaiter devrait être facile, et exempt de difficultés pour la plupart des mères. Un bon démarrage donne à l'allaitement toute les chances d'être une expérience heureuse pour la mère comme pour son bébé.
Les mères sont en grande majorité parfaitement capables d'allaiter leur bébé exclusivement pendant 4 à 6 mois. En fait, la plupart des mères produisent plus que suffisamment de lait. Malheureusement, des routines hospitalières dépassées basées sur l'alimentation de substitution restent en vigueur dans de nombreux établissements de santé et rendent pour certaines mères et leur bébé l'allaitement difficile, voire impossible. Pour que l'allaitement démarre correctement, les premiers jours peuvent être cruciaux. Cependant, même avec un très mauvais départ, beaucoup de mères et de bébés réussissent cette expérience.
L'astuce pour bien allaiter est de faire en sorte que le bébé prenne bien le sein. Un bébé qui prend correctement le sein reçoit correctement du lait. Un bébé qui ne prend pas bien le sein a des difficultés pour recevoir suffisamment de lait, surtout si la sécrétion lactée de la mère est faible. Une mauvaise prise du sein, c'est comme donner au bébé un biberon avec une tétine dont le trou est trop petit; le biberon est plein de lait, mais le bébé n'en prendra pas beaucoup. Quand un bébé prend mal le sein, cela peut également causer des douleurs aux mamelons de sa mère. Et si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait, il restera au sein très longtemps, aggravant ainsi la douleur. Malheureusement, n'importe qui peut dire que le bébé a une bonne prise, même si c'est faux. Trop de personnes censément compétentes ne savent tout simplement pas ce qu'est une bonne prise. Voilà quelques moyens qui contribuent à faciliter l'allaitement :
1. Le bébé devrait être mis au sein immédiatement après la naissance. Les nouveaux nés peuvent presque tous être mis au sein dans les instants suivant la naissance. En fait, des recherches ont montré que, lorsqu'on leur en laisse la possibilité, les bébés de quelques minutes seulement rampent sur le ventre de leur mère jusqu'au sein, et commencent à téter de leur propre initiative. Ce processus peut prendre une heure ou plus, mais durant ce temps la mère et le bébé doivent rester ensemble pour commencer à apprendre l'un de l'autre. Les bébés qui "s'auto attachent" ainsi courent moins de risque de connaître des problèmes d'allaitement. Ce processus ne demande aucun effort de la part de la mère, et le prétexte de la trop grande fatigue de la mère due à l'accouchement, souvent fourni pour ne pas permettre cela, est purement et simplement un non sens. En fait, des études ont également montré que le contact peau à peau entre une mère et son bébé gardaient le bébé au chaud aussi bien qu'une couveuse.
2. La mère et le bébé devraient partager la même chambre. Il n'y a absolument aucune raison médicale pour séparer les mamans et les bébés en bonne santé, même pour de courtes périodes. Les maternités qui ont pour habitude de séparer les mères et les bébés après la naissance sont complètement dépassées, et les raisons invoquées pour ce faire démontrent aux parents qui contrôle la situation (l'hôpital) et qui ne la contrôle pas (les parents). Souvent d'autres mauvaises justifications sont données. Par exemple que le bébé a avalé du méconium avant la naissance. Un bébé qui a avalé du méconium et qui se porte bien quelques minutes après la naissance se portera bien et n'a pas besoin de passer plusieurs heures en "observation" dans une couveuse. Il n'y a aucune preuve que les mères qui sont séparées de leur enfant sont plus reposées. Au contraire, elles sont plus reposées et moins stressées quand elles ont leur bébé avec elles. Mères et bébés apprennent comment dormir au même rythme. Ainsi, quand le bébé commence à se réveiller pour une tétée, la mère commence également à se réveiller naturellement. Ce n'est pas aussi fatigant pour la mère que d'être réveillée en phase de sommeil profond, comme c'est le cas quand le bébé se réveille loin d'elle.
Le bébé montre bien longtemps avant de pleurer qu'il a envie de téter. Sa respiration peut changer par exemple. Ou il peut commencer à s'étirer. La mère, alors dans un sommeil léger, va se réveiller, son lait va commencer à couler et le bébé, calme, sera heureux de téter. Un bébé qui aura pleuré pendant un certain temps avant d'être mis au sein pourra refuser de téter même s'il est affamé. Mères et bébés devraient être encouragés à dormir côte à côte à la maternité. C'est un excellent moyen pour la mère de se reposer quand le bébé tète. L'allaitement devrait être relaxant, et non fatigant.
3. Des tétines artificielles ne devraient pas être données au bébé. Il semble y avoir une controverse au sujet de la "confusion sein-tétine". Les bébés adopteront la méthode qui leur donnera le flot de liquide le plus rapide, et pourraient refuser les autres. Ainsi, les premiers jours, quand la mère ne produit que peu de lait (comme prévu par la nature), et que le bébé prend un biberon (comme prévu par la nature?) avec lequel il obtient un rapide flot de lait, il risque de préférer la méthode au flot rapide. Nul besoin d'être un scientifique génial pour comprendre ce qu'aucun des pourtant nombreux professionnels de santé qui sont censés vous aider semblent incapables de concevoir. La confusion sein-tétine n'a pas comme seule conséquence possible le refus du sein par le bébé, mais aussi que le bébé ne prendra pas le sein aussi bien qu'il pourrait le faire et qu'ainsi, il n'aura pas assez de lait et/ou que la mère aura des mamelons douloureux. Qu'un bébé puisse "prendre les deux" ne veut pas dire que le biberon n'a pas d'effet négatif. Puisque aujourd'hui il existe des alternatives possibles quand le bébé a besoin de suppléments (voir feuillet n° 5 "Utilisation d'un DAL" et n° 8 "Alimentation au doigt"), pourquoi utiliser un biberon ?
4. Pas de restriction de durée et de fréquence des tétées. Un bébé qui tète correctement ne restera pas au sein des heures durant pour une tétée. Si c'est le cas, c'est généralement qu'il ne prend pas correctement le sein et ne reçoit pas tout le lait qui est disponible. Trouvez de l'aide pour évaluer la succion du bébé et utilisez la compression des seins pour que le bébé reçoive plus de lait (feuillet n° 15, "La Compression du sein"). C'est cela qui aidera, et non l'utilisation d'une tétine ou d'un biberon, ni le fait de mettre le bébé à la pouponnière.
5. Les suppléments d'eau pure, d'eau sucrée ou de préparation pour nourrissons sont rarement nécessaires. La plupart des suppléments pourraient être évités si on permettait au bébé de prendre le sein correctement et de recevoir le lait disponible. Si on vous dit que le bébé a besoin de suppléments sans que quelqu'un l'ait observé pendant qu'il tète, demandez à recevoir l'aide d'une personne compétente. Il y a de rares indications médicales pour la supplémentation, mais habituellement, les suppléments sont proposés pour la convenance de l'équipe médicale. Si des suppléments doivent être donnés, ils doivent être donnés à priori avec un Dispositif d'Aide à la Lactation (voir feuillet n° 5), pas avec une tasse, ni un compte-goutte, ni au doigt, ni au biberon. Le meilleur supplément est votre propre colostrum. Il peut être mélangé avec de l'eau sucrée si vous ne pouvez pas en tirer beaucoup la première fois. Les préparations pour nourrissons ne sont pratiquement jamais nécessaires les premiers jours.
6. Une bonne prise du sein est cruciale pour le succès de l'allaitement. C'est la clé d'un allaitement réussi. Malheureusement, de nombreuses mères reçoivent "l'aide" de personnes qui ne savent pas comment évaluer une bonne mise au sein. Si on vous dit que votre bébé de deux jours tète correctement alors que vous avez les mamelons très douloureux, soyez sceptique, et demandez l'aide d'une personne compétente.
Avant de quitter la maternité, vous devriez avoir eu la démonstration que votre bébé tète correctement, et qu'il reçoit véritablement du lait de vos seins; le personnel devrait vérifier que vous savez comment vous assurer qu'il en reçoit suffisamment (type de succion ouverture-pause-fermeture). Si vous et votre bébé quittez la maternité sans savoir cela, demandez rapidement l'aide d'une personne expérimentée .
7. Les boîtes de lait gratuites et les documents offerts par leurs producteurs ne sont pas des cadeaux. L'unique objectif de ces "cadeaux" est de faire de vous des utilisateurs de lait industriel. C'est très efficace, et une technique de marketing de moralité douteuse. Si vous en recevez de la part d'un professionnel de la santé quel qu'il soit, vous devriez vous interroger sur ses connaissances en matière d'allaitement et sur son niveau d'engagement pour l'allaitement. "Mais j'ai besoin de lait industriel parce que mon bébé ne reçoit pas assez de mon lait!". Peut-être, mais, plus vraisemblablement, vous n'avez pas reçu une aide efficace et votre bébé ne reçoit tout simplement pas tout votre lait. Même si vous avez besoin de préparations, personne ne devrait vous proposer une marque particulière, ni vous offrir des échantillons. Cherchez une aide efficace. Les échantillons de préparations pour nourrissons ne sont pas une aide.
Dans certaines circonstances, il peut être impossible de commencer l'allaitement rapidement. Cependant, la plupart des indications médicales (prise de médicaments par la mère, par exemple) ne sont pas de bonnes raisons pour arrêter ou retarder l'allaitement, si on vous a dit le contraire, vous avez été mal informée. Demandez une aide efficace. Les bébé prématurés peuvent commencer à être allaités beaucoup, beaucoup plus tôt que ce qui est préconisé dans de nombreux services de néonatologie. En fait, les études ont montré qu'il est plus facile pour un bébé d'être nourri au sein que de recevoir un biberon. Malheureusement, de nombreux professionnels de santé s'occupant de prématurés ne semblent pas au courant de ce fait.
Feuillet n°2 Les coliques et le bébé allaité
Feuillet n°2 Les coliques et le bébé allaité
(Colic in the Breastfed Baby), révisé en janvier 1998.
Par Jack Newman, MD, FRCPC, pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Les coliques sont un des mystères de la nature. Personne ne sait vraiment ce qu'elles sont mais chacun a sa petite idée à leur sujet. Habituellement, les périodes de pleurs débutent quand le nourrisson a deux ou trois semaines, se produisent surtout en soirée et prennent fin vers l'âge de trois mois, parfois plus tard. Quand le bébé pleure, il est inconsolable, mais s'il est porté, bercé ou baladé en voiture, il peut se calmer temporairement. Pour qu'on dise que c'est un "bébé à coliques", le nourrisson doit avoir un gain de poids normal et être par ailleurs en santé.
La définition des coliques a été élargie pour englober presque tous les chichis et les pleurs d'un bébé et ce n'est pas forcément à tort, puisqu'on ne sait pas vraiment ce que sont les coliques. Il n'existe aucun traitement contre les coliques; nombre de médicaments et de stratégies ont été mis à l'essai, sans résultat probant. Tout le monde connaît le cas d'un bébé à coliques qu'une méthode a pu "guérir". Mais on sait aussi que presque tous les traitements semblent fonctionner, du moins provisoirement.
Le bébé allaité à coliques
À part les coliques, pouvant toucher n'importe quel bébé, trois causes peuvent donner des coliques au bébé ou le rendre irritable. Encore une fois, on présume que le bébé a un gain de poids normal et qu'il est en santé.
1) Deux seins par tétée
Le lait maternel change pendant une tétée. Ainsi, la quantité de gras produite par chaque sein augmente durant la tétée. Si le bébé est mis au deuxième sein automatiquement, avant qu'il ait bu le lait gras de fin de tétée, il recevra moins de calories que s'il avait vidé le premier sein. Il demandera donc à boire plus fréquemment. Si le nourrisson prend une grande quantité de lait (en compensation pour le nombre réduit de calories), il risque de régurgiter. Comme le lait est relativement moins gras, l'estomac se vide rapidement et une grande quantité de sucre (lactose) arrive dans l'intestin. L'enzyme qui digère le lactose, la lactase, ne suffit pas à la tâche et le bébé peut présenter des symptômes d'intolérance au lactose, c'est-à-dire avoir des gaz, pleurer et même passer des selles vertes, en jet. Cela peut même se produire pendant la tétée. Ces bébés ne sont pas intolérants au lactose, mais semblent l'être. Ce n'est pas une raison pour adopter le lait artificiel sans lactose. En fait, leurs mères doivent simplement être mieux informées au sujet de l'allaitement.
Que faut-il faire?
a) Ne pas minuter les tétées. Des mères de partout dans le monde allaitent avec succès sans savoir l'heure. Les problèmes d'allaitement sont plus fréquents dans les sociétés où tout le monde a une montre et plus rares là où personne n'en a.
b) Offrir le premier sein aussi longtemps que le bébé tète et avale, jusqu'à ce qu'il le laisse de lui-même ou qu'il s'endorme. Si le bébé tète seulement pendant une courte période, la mère peut utiliser la technique de compression du sein (voir feuillet n° 15, Compression du sein) pour qu'il continue à téter efficacement. Le bébé peut être au sein pendant deux heures, sans se nourrir et sans avoir tété plus de quelques minutes. Dans ce cas, le lait pris peut être relativement faible en gras. La technique de compression du sein est alors conseillée. Si le nourrisson a encore faim après avoir fini de téter au premier sein, offrir alors le second.
c) À la tétée suivante, la mère peut commencer par le dernier sein en procédant de même manière.
d) Les seins de la mère s'adaptent rapidement à cette méthode et aucun engorgement ni déséquilibre ne devrait en résulter.
e) Aucune règle n'oblige la mère à offrir les deux seins, pas plus qu'à offrir un seul sein par boire. Laisser le bébé vider le premier sein, au besoin en le stimulant à avaler plus longtemps par la technique de compression du sein, mais s'il en veut plus, lui donner l'autre sein.
f) Dans certains cas, il peut être utile de nourrir le bébé avec le même sein plus d'un boire de suite, avant d'offrir le second sein de la même façon.
g) Le problème peut s'aggraver si le bébé n'a pas une bonne prise du sein. La bonne prise est la clé d'un allaitement facile.
2) Le réflexe d'éjection puissant.
Un bébé qui reçoit trop de lait trop rapidement peut devenir très irritable au sein et peut parfois être considéré un "bébé à coliques". Dans ce genre de cas, le bébé a un très bon gain de poids. Normalement, quelques secondes ou quelques minutes après avoir commencé à téter, il se met à tousser, s'étouffe et semble vouloir s'écarter du sein. S'il lâche prise, le lait jaillit. Par la suite, le bébé peut redemander le sein fréquemment mais se montrer capricieux et le manège se répète. Il sera irrité lorsque le débit est fort et impatient lorsqu'il faiblit. Les tétées deviennent une expérience frustrante tant pour la mère que pour le bébé. Dans quelques rares cas, un bébé peut même refuser le sein après quelques semaines (souvent vers trois mois).
Que peut-on faire?
a) Si ce n'est déjà fait, essayer de n'offrir qu'un seul sein par tétée. Dans certains cas, il faut offrir le même sein pour deux ou même trois boires avant d'offrir l'autre. En cas d'engorgement du sein non utilisé, extraire juste assez de lait pour soulager l'inconfort.
b) Donner le sein avant que le bébé soit affamé. Ne pas retarder les boires en donnant de l'eau (un bébé allaité n'a pas besoin de supplément d'eau même pendant les grandes chaleurs) ou des suces. Mettre le bébé au sein dès qu'il montre des signes de faim. S'il est encore endormi, tant mieux. Un bébé affamé se jettera sur le sein, provoquant un réflexe d'éjection encore plus puissant.
c) Choisir un endroit calme et reposant pour allaiter, si possible. La musique forte, la lumière aveuglante et beaucoup de mouvement ne sont pas propices à un boire satisfaisant.
d) Allaiter couchée peut parfois beaucoup aider. La gravité diminue le débit de lait. Si la position couchée sur le côté n'aide pas, essayer de se coucher sur le dos et allaiter le bébé sur soi.
e) Si rien ne presse, exprimer un peu de lait (environ une once ou 30 ml) avant d'allaiter.
f) En plus de ne pas aimer un débit rapide, le bébé peut s'impatienter lorsque le débit faiblit trop. S'il semble que ce soit le cas, essayer la technique de la compression du sein (voir le feuillet n° 15, Compression du sein) pour conserver un bon débit.
g) Le problème peut s'aggraver si le nourrisson n'a pas une bonne prise du sein. La bonne prise est la clé de l'allaitement facile.
h) À l'occasion, on peut donner de la lactase commerciale (l'enzyme qui métabolise le lactose) pour soulager les symptômes, à raison de 2 à 4 gouttes avant chaque boire. Ce produit est disponible sans ordonnance, mais il est coûteux et ne fonctionne pas toujours.
i) Un bouclier peut parfois aider. Ne l'utiliser qu'en dernier ressort, après qu'un suivi par une personne compétente n'ait pas donné de résultat.
j) Comme dernier recours, plutôt que de donner des préparations lactées, extraire son lait et en donner au bébé, en biberon.
3) Protéines étrangères dans le lait maternel
On a démontré que certaines protéines présentes dans le régime alimentaire de la mère peuvent être excrétées dans le lait maternel et affecter le bébé. Il semble que la plus commune soit celle du lait de vache. D'autres protéines peuvent aussi être excrétées dans le lait maternel. Leur présence, de même que celles d'autres substances, n'est pas une mauvaise chose en soi et est même positive. Consulter une spécialiste pour toute question à ce propos.
C'est pour cela que dans le traitement des bébés à coliques, on demande notamment à la mère de cesser de consommer des produits laitiers : le lait, le fromage, le yogourt, la crème glacée et tout ce qui contient du lait. Quand la protéine du lait est modifiée (dénaturée), comme par la cuisson, il ne devrait y avoir aucun problème. Consulter un spécialiste pour toute question à ce sujet.
Nota : L'intolérance à la protéine du lait n'a aucun rapport avec l'intolérance au lactose. Une mère elle-même intolérante au lactose devrait elle aussi allaiter son enfant.
Méthode suggérée :
a) Éviter tout produit laitier pendant 7 à 10 jours.
b) S'il n'y a eu aucun changement, consommer de nouveau des produits laitiers.
c) S'il y a eu amélioration, ne reprendre que graduellement cette consommation, si les produits laitiers font partie du régime alimentaire habituel. La mère n'a pas besoin de prendre elle-même du lait pour produire du lait maternel. Certains bébés ne tolèrent aucun produit laitier dans l'alimentation de leur mère. La plupart en tolèrent un peu. La mère apprendra quelle quantité de produits laitiers elle peut consommer sans que son nourrisson réagisse.
d) Si la quantité de calcium absorbée par la mère est insuffisante, elle peut en trouver ailleurs que dans les produits laitiers. Consulter un spécialiste pour toute question à ce propos. Une semaine sans produits laitiers ne posera aucun problème. En fait, on a constaté que l'allaitement protégeait la mère contre l'ostéoporose même si elle ne prend pas de suppléments de calcium. Et le bébé recevra quand même tout ce dont il a besoin.
e) La prudence est de mise lors de l'élimination de produits du régime alimentaire. Il ne faut pas éliminer trop d'aliments à la fois. Tout le monde connaît une mère dont le bébé s'est porté mieux lorsqu'elle a cessé de manger du brocoli, du bœuf, des bananes, des oignons, etc. La mère pourrait finir par ne plus manger que du riz blanc! Nos régimes sont trop complexes pour qu'on puisse savoir exactement ce qui affecte le bébé.
Il faut être patient : le temps arrangera les choses, quoiqu'on fasse. Les préparations lactées ne sont pas la solution. Certains bébés se porteront mieux à cause du débit plus régulier de la tétine du biberon, mais les préparations lactées ne sont pas du lait maternel. D'ailleurs, le bébé pourrait aller mieux si on lui donnait du lait maternel dans un biberon, à cause de la régularité du débit. Si rien ne fonctionne, dites-vous que le temps fera son oeuvre. Les jours et les nuits peuvent sembler interminables, mais les semaines s'envolent.
(Colic in the Breastfed Baby), révisé en janvier 1998.
Par Jack Newman, MD, FRCPC, pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Les coliques sont un des mystères de la nature. Personne ne sait vraiment ce qu'elles sont mais chacun a sa petite idée à leur sujet. Habituellement, les périodes de pleurs débutent quand le nourrisson a deux ou trois semaines, se produisent surtout en soirée et prennent fin vers l'âge de trois mois, parfois plus tard. Quand le bébé pleure, il est inconsolable, mais s'il est porté, bercé ou baladé en voiture, il peut se calmer temporairement. Pour qu'on dise que c'est un "bébé à coliques", le nourrisson doit avoir un gain de poids normal et être par ailleurs en santé.
La définition des coliques a été élargie pour englober presque tous les chichis et les pleurs d'un bébé et ce n'est pas forcément à tort, puisqu'on ne sait pas vraiment ce que sont les coliques. Il n'existe aucun traitement contre les coliques; nombre de médicaments et de stratégies ont été mis à l'essai, sans résultat probant. Tout le monde connaît le cas d'un bébé à coliques qu'une méthode a pu "guérir". Mais on sait aussi que presque tous les traitements semblent fonctionner, du moins provisoirement.
Le bébé allaité à coliques
À part les coliques, pouvant toucher n'importe quel bébé, trois causes peuvent donner des coliques au bébé ou le rendre irritable. Encore une fois, on présume que le bébé a un gain de poids normal et qu'il est en santé.
1) Deux seins par tétée
Le lait maternel change pendant une tétée. Ainsi, la quantité de gras produite par chaque sein augmente durant la tétée. Si le bébé est mis au deuxième sein automatiquement, avant qu'il ait bu le lait gras de fin de tétée, il recevra moins de calories que s'il avait vidé le premier sein. Il demandera donc à boire plus fréquemment. Si le nourrisson prend une grande quantité de lait (en compensation pour le nombre réduit de calories), il risque de régurgiter. Comme le lait est relativement moins gras, l'estomac se vide rapidement et une grande quantité de sucre (lactose) arrive dans l'intestin. L'enzyme qui digère le lactose, la lactase, ne suffit pas à la tâche et le bébé peut présenter des symptômes d'intolérance au lactose, c'est-à-dire avoir des gaz, pleurer et même passer des selles vertes, en jet. Cela peut même se produire pendant la tétée. Ces bébés ne sont pas intolérants au lactose, mais semblent l'être. Ce n'est pas une raison pour adopter le lait artificiel sans lactose. En fait, leurs mères doivent simplement être mieux informées au sujet de l'allaitement.
Que faut-il faire?
a) Ne pas minuter les tétées. Des mères de partout dans le monde allaitent avec succès sans savoir l'heure. Les problèmes d'allaitement sont plus fréquents dans les sociétés où tout le monde a une montre et plus rares là où personne n'en a.
b) Offrir le premier sein aussi longtemps que le bébé tète et avale, jusqu'à ce qu'il le laisse de lui-même ou qu'il s'endorme. Si le bébé tète seulement pendant une courte période, la mère peut utiliser la technique de compression du sein (voir feuillet n° 15, Compression du sein) pour qu'il continue à téter efficacement. Le bébé peut être au sein pendant deux heures, sans se nourrir et sans avoir tété plus de quelques minutes. Dans ce cas, le lait pris peut être relativement faible en gras. La technique de compression du sein est alors conseillée. Si le nourrisson a encore faim après avoir fini de téter au premier sein, offrir alors le second.
c) À la tétée suivante, la mère peut commencer par le dernier sein en procédant de même manière.
d) Les seins de la mère s'adaptent rapidement à cette méthode et aucun engorgement ni déséquilibre ne devrait en résulter.
e) Aucune règle n'oblige la mère à offrir les deux seins, pas plus qu'à offrir un seul sein par boire. Laisser le bébé vider le premier sein, au besoin en le stimulant à avaler plus longtemps par la technique de compression du sein, mais s'il en veut plus, lui donner l'autre sein.
f) Dans certains cas, il peut être utile de nourrir le bébé avec le même sein plus d'un boire de suite, avant d'offrir le second sein de la même façon.
g) Le problème peut s'aggraver si le bébé n'a pas une bonne prise du sein. La bonne prise est la clé d'un allaitement facile.
2) Le réflexe d'éjection puissant.
Un bébé qui reçoit trop de lait trop rapidement peut devenir très irritable au sein et peut parfois être considéré un "bébé à coliques". Dans ce genre de cas, le bébé a un très bon gain de poids. Normalement, quelques secondes ou quelques minutes après avoir commencé à téter, il se met à tousser, s'étouffe et semble vouloir s'écarter du sein. S'il lâche prise, le lait jaillit. Par la suite, le bébé peut redemander le sein fréquemment mais se montrer capricieux et le manège se répète. Il sera irrité lorsque le débit est fort et impatient lorsqu'il faiblit. Les tétées deviennent une expérience frustrante tant pour la mère que pour le bébé. Dans quelques rares cas, un bébé peut même refuser le sein après quelques semaines (souvent vers trois mois).
Que peut-on faire?
a) Si ce n'est déjà fait, essayer de n'offrir qu'un seul sein par tétée. Dans certains cas, il faut offrir le même sein pour deux ou même trois boires avant d'offrir l'autre. En cas d'engorgement du sein non utilisé, extraire juste assez de lait pour soulager l'inconfort.
b) Donner le sein avant que le bébé soit affamé. Ne pas retarder les boires en donnant de l'eau (un bébé allaité n'a pas besoin de supplément d'eau même pendant les grandes chaleurs) ou des suces. Mettre le bébé au sein dès qu'il montre des signes de faim. S'il est encore endormi, tant mieux. Un bébé affamé se jettera sur le sein, provoquant un réflexe d'éjection encore plus puissant.
c) Choisir un endroit calme et reposant pour allaiter, si possible. La musique forte, la lumière aveuglante et beaucoup de mouvement ne sont pas propices à un boire satisfaisant.
d) Allaiter couchée peut parfois beaucoup aider. La gravité diminue le débit de lait. Si la position couchée sur le côté n'aide pas, essayer de se coucher sur le dos et allaiter le bébé sur soi.
e) Si rien ne presse, exprimer un peu de lait (environ une once ou 30 ml) avant d'allaiter.
f) En plus de ne pas aimer un débit rapide, le bébé peut s'impatienter lorsque le débit faiblit trop. S'il semble que ce soit le cas, essayer la technique de la compression du sein (voir le feuillet n° 15, Compression du sein) pour conserver un bon débit.
g) Le problème peut s'aggraver si le nourrisson n'a pas une bonne prise du sein. La bonne prise est la clé de l'allaitement facile.
h) À l'occasion, on peut donner de la lactase commerciale (l'enzyme qui métabolise le lactose) pour soulager les symptômes, à raison de 2 à 4 gouttes avant chaque boire. Ce produit est disponible sans ordonnance, mais il est coûteux et ne fonctionne pas toujours.
i) Un bouclier peut parfois aider. Ne l'utiliser qu'en dernier ressort, après qu'un suivi par une personne compétente n'ait pas donné de résultat.
j) Comme dernier recours, plutôt que de donner des préparations lactées, extraire son lait et en donner au bébé, en biberon.
3) Protéines étrangères dans le lait maternel
On a démontré que certaines protéines présentes dans le régime alimentaire de la mère peuvent être excrétées dans le lait maternel et affecter le bébé. Il semble que la plus commune soit celle du lait de vache. D'autres protéines peuvent aussi être excrétées dans le lait maternel. Leur présence, de même que celles d'autres substances, n'est pas une mauvaise chose en soi et est même positive. Consulter une spécialiste pour toute question à ce propos.
C'est pour cela que dans le traitement des bébés à coliques, on demande notamment à la mère de cesser de consommer des produits laitiers : le lait, le fromage, le yogourt, la crème glacée et tout ce qui contient du lait. Quand la protéine du lait est modifiée (dénaturée), comme par la cuisson, il ne devrait y avoir aucun problème. Consulter un spécialiste pour toute question à ce sujet.
Nota : L'intolérance à la protéine du lait n'a aucun rapport avec l'intolérance au lactose. Une mère elle-même intolérante au lactose devrait elle aussi allaiter son enfant.
Méthode suggérée :
a) Éviter tout produit laitier pendant 7 à 10 jours.
b) S'il n'y a eu aucun changement, consommer de nouveau des produits laitiers.
c) S'il y a eu amélioration, ne reprendre que graduellement cette consommation, si les produits laitiers font partie du régime alimentaire habituel. La mère n'a pas besoin de prendre elle-même du lait pour produire du lait maternel. Certains bébés ne tolèrent aucun produit laitier dans l'alimentation de leur mère. La plupart en tolèrent un peu. La mère apprendra quelle quantité de produits laitiers elle peut consommer sans que son nourrisson réagisse.
d) Si la quantité de calcium absorbée par la mère est insuffisante, elle peut en trouver ailleurs que dans les produits laitiers. Consulter un spécialiste pour toute question à ce propos. Une semaine sans produits laitiers ne posera aucun problème. En fait, on a constaté que l'allaitement protégeait la mère contre l'ostéoporose même si elle ne prend pas de suppléments de calcium. Et le bébé recevra quand même tout ce dont il a besoin.
e) La prudence est de mise lors de l'élimination de produits du régime alimentaire. Il ne faut pas éliminer trop d'aliments à la fois. Tout le monde connaît une mère dont le bébé s'est porté mieux lorsqu'elle a cessé de manger du brocoli, du bœuf, des bananes, des oignons, etc. La mère pourrait finir par ne plus manger que du riz blanc! Nos régimes sont trop complexes pour qu'on puisse savoir exactement ce qui affecte le bébé.
Il faut être patient : le temps arrangera les choses, quoiqu'on fasse. Les préparations lactées ne sont pas la solution. Certains bébés se porteront mieux à cause du débit plus régulier de la tétine du biberon, mais les préparations lactées ne sont pas du lait maternel. D'ailleurs, le bébé pourrait aller mieux si on lui donnait du lait maternel dans un biberon, à cause de la régularité du débit. Si rien ne fonctionne, dites-vous que le temps fera son oeuvre. Les jours et les nuits peuvent sembler interminables, mais les semaines s'envolent.
Feuillet n° 3 les mamelons douloureux
Feuillet n° 3 les mamelons douloureux
Traduction du feuillet n°3 "Sore nipples", révisé en janvier 2000, par Jack Newman
Introduction
Le meilleur traitement pour les mamelons douloureux est la prévention. La meilleure prévention est d'assurer une bonne prise du sein par le bébé dès le premier jour.
Les douleurs des mamelons ont souvent une ou deux causes. Soit le bébé n'est pas bien positionné et ne prend pas le sein correctement, soit il a un problème de succion, soit les deux. Entre parenthèse, les bébés apprennent à téter correctement quand, en prenant correctement le sein, ils reçoivent suffisamment de lait (ils apprennent en faisant). Les mycoses (principalement candida albicans) peuvent également être la cause de douleurs mamelonnaires. La douleur causée par une mauvaise prise du sein et/ou une succion inefficace est particulièrement vive quand le bébé commence à téter et diminue au cours de la tétée. La douleur causée par une mycose dure aussi longtemps que la tétée et peut même se poursuivre après la tétée. Les femmes décrivent une douleur en coup de poignard dans les deux premiers cas. La douleur due à une mycose s'apparente plus à une brûlure mais peut aussi être différente. Une douleur brutale et inexpliquée pendant la tétée survenant après une période pendant laquelle les tétées n'étaient pas douloureuses, est le signe d'une possible infection mycosique; mais la douleur peut survenir graduellement ou se superposer à une douleur ayant une autre cause. Les crevasses peuvent également être la conséquence d'une mycose.
Position et prise du sein correctes (voir aussi le feuillet sur la prise du sein)
Il n'est pas rare pour les femmes d'avoir des problèmes pour mettre leur bébé au sein correctement et dans une bonne position. Une bonne position permet une bonne prise du sein par l'enfant et une bonne prise du sein réduit les risques de flatulence chez le bébé tout en lui permettant de bien contrôler le flux de lait.
Par ailleurs, une mauvaise prise du sein peut aussi causer un gain de poids médiocre ou des tétées fréquentes ou des coliques (voir feuillet n° 2 "Les coliques et le bébé allaité").
Positionnement du bébé au sein
Pour la clarté de l'exposé, nous allons supposer que vous allaitez du côté gauche.
Une bonne position facilite une bonne prise du sein. Beaucoup de ce qui est décrit sous la rubrique "prise du sein" se fait automatiquement si le bébé est bien positionné au départ.
Pour commencer, il sera peut-être plus aisé de placer votre bébé transversalement. Prenez-le avec votre bras droit, la paume de la main derrière sa nuque ( et non derrière sa tête), vos doigts (excepté le pouce) supportant la tête du bébé, et votre avant-bras soutenant son dos et ses fesses. Maintenez les fesses du bébé entre votre thorax et votre avant-bras, ce qui vous permettra un bon contrôle. Le bébé devrait être pratiquement horizontal contre vous et être suffisamment tourné vers vous pour que sa poitrine, son ventre et ses cuisses soient contre vous avec une toute petite inclinaison pour lui permettre de vous voir. Tenez le sein avec votre main gauche, le pouce sur le dessus, les autres doigts dessous, bien en arrière du mamelon et de l'aréole. Le bébé devrait être approché du sein avec la tête juste un peu inclinée en arrière. Le mamelon pointe alors automatiquement vers le palais de la bouche du bébé. (Voir le feuillet sur la prise du sein).
Prise du sein
1. Maintenant, faites en sorte que le bébé ouvre grand la bouche. Vous pouvez, par exemple, effleurer sa bouche avec votre mamelon toujours pointé vers son palais, d'un coin à l'autre des lèvres. Ou bien, faites passer le bébé devant votre sein, ce que quelques mères trouvent plus facile. Attendez que le bébé ouvre la bouche comme pour bailler. ATTENDEZ QU'IL SOIT PRÊT. Lorsque vous amènerez le bébé au sein, son menton devrait toucher votre sein en premier. Amenez-le devant le sein de manière que le mamelon pointe non pas vers le milieu de sa bouche, mais plutôt vers son palais.
2. Quand le bébé ouvre la bouche, mettez le au sein avec le bras qui vous sert à le soutenir. Ne vous inquiétez pas pour sa respiration. S'il est bien positionné et prend correctement le sein, il respirera sans problème. S'il ne peut pas respirer, il lâchera le sein. N'hésitez pas, allez-y franchement.
3. Si cela vous fait mal aux mamelons, utilisez votre index pour abaisser le menton du bébé et retrousser sa lèvre inférieure. Vous aurez peut-être besoin de le faire pendant toute la tétée mais en général, ce n'est pas nécessaire.
4. Les mêmes principes sont à appliquer que vous soyez assise ou allongée ou si le bébé est en position de "ballon de rugby" (position "football" pour les nord-américaines). Faites en sorte que le bébé ouvre très grand la bouche et ne prenne pas seulement le mamelon mais autant d'aréole (partie brune du sein) que possible (pas nécessairement toute l'aréole).
5. Il n'y a pas de durée "normale" pour une tétée. Si vous vous posez des questions appelez une personne compétente.
6. Un bébé qui prend bien le sein doit couvrir plus d'aréole avec sa lèvre inférieure qu'avec sa lèvre supérieure.
Améliorer la succion du bébé
Le bébé apprend à téter correctement en tétant et en recevant du lait. La succion du bébé au sein peut être inefficace ou inappropriée par suite de l'utilisation précoce d'une tétine artificielle ou en raison d'une mauvaise prise du sein depuis le début. Quelques bébés prennent leur temps pour apprendre à téter correctement. Un entraînement à la succion et/ou l'alimentation au doigt (feuillet n° 8 "alimentation au doigt") peuvent aider.
"Mes mamelons deviennent blancs à la fin de la tétée"
La douleur associée à la décoloration du mamelon est souvent décrite par les mères comme une brûlure mais généralement elle ne commence qu'après la fin de la tétée. Il peut s'écouler plusieurs minutes ou davantage avant que le mamelon ne retrouve sa couleur normale, la sensation de brûlure cédant la place à une autre douleur décrite comme pulsatile. Cette sensation peut durer quelques secondes à plusieurs minutes et le mamelon peut redevenir blanc à nouveau. Apparemment, le phénomène serait dû à un spasme des vaisseaux du mamelon (quand il est blanc), suivi d'une décontraction de ces vaisseaux ( quand il redevient de couleur normale). Quelques fois cette douleur perdure alors que les mamelons ne sont plus douloureux pendant la tétée, ce qui fait que les mères n'ont mal qu'après la tétée, et non pendant.
Que peut-on faire ?
1. Assurez-vous que le bébé prend correctement le sein. Ce type de douleur est presque toujours associé, et probablement causé, par tout ce qui entraîne une douleur pendant la tétée. Le meilleur traitement est celui des autres causes de mamelons douloureux.
2. La chaleur ( sèche-cheveux , bouteille d'eau chaude...) appliquée sur le mamelon immédiatement après la tétée peut prévenir ou diminuer la réaction. La chaleur sèche est préférable à la chaleur humide, car l'humidité peut causer d'autres problèmes au niveau du mamelon.
3. Quelques fois, on peut utiliser des pommades (dérivés nitrés) ou des comprimés (nifédipine) pour prévenir cette réaction. La vitamine B6 peut aussi être employée (voir le feuillet Traitements de problèmes 2).
Mesures générales
1. Les mamelons peuvent être réchauffés pendant une courte durée après chaque tétée en utilisant un sèche-cheveux (réglé sur tiède).
2. Ils devraient être exposés à l'air aussi souvent que possible.
3. Quand il n'est pas possible d'exposer les seins à l'air, des coupelles en plastique (pas des téterelles ou bouts de sein artificiels) peuvent être utilisées pour éviter le frottement des vêtements. Les coussinets d'allaitement, en maintenant les mamelons humides, peuvent être source de lésions. Il peuvent également coller aux mamelons blessés. Si vos seins coulent beaucoup, vous pouvez mettre des coussinets à l'intérieur des coupelles.
4. Les crèmes peuvent parfois être utiles. Si vous en utilisez, mettez-en très peu après la tétée et ne lavez pas les seins pour l'ôter. (Voir le feuillet Traitements de problèmes 1)
5. Ne lavez pas trop souvent vos seins. Une douche par jour est plus que suffisante.
6. Si votre bébé prend du poids de façon satisfaisante, il n'y a pas de raison de vous sentir obligée de lui donner les deux seins à chaque fois. Le nourrir d'un sein à chaque fois peut vous éviter des douleurs et faciliter la guérison. Vous pourrez vous aider en comprimant le sein (voir le feuillet n° 15 "La compression du sein") pour permettre à votre bébé de continuer à obtenir du lait quand il ne tète plus efficacement. Vous pourrez peut-être faire cela pour certaines tétées, et pas pour d'autres. Dans les cas vraiment difficiles, un Dispositif d'Aide à la Lactation (DAL, voir le feuillet n° 5) peut être utilisé avec du lait préalablement extrait, de préférence, pour que le bébé finisse la tétée du premier côté.
Si vous ne pouvez pas mettre l'enfant au sein à cause de la douleur, en dépit de toutes les mesures précédentes, il sera toujours possible de reprendre l'allaitement après un arrêt temporaire (3 à 5 jours), pour permettre la guérison des mamelons. Pendant ce temps, il serait bon de ne pas nourrir l'enfant au biberon. Bien sur, la meilleure solution pour lui et pour vous serait de lui donner le lait que vous aurez tiré. Utilisez la technique de l'alimentation au doigt (feuillet n° 8) ou à la tasse.
Les téterelles ne sont pas recommandées dans le cas de mamelons douloureux car, bien qu'elles puissent rendre temporairement quelques services, ce n'est généralement pas le cas. Elles peuvent de plus réduire la sécrétion lactée, et le bébé peut devenir agité et ne pas prendre suffisamment de poids. Quand le bébé s'y est habitué, il peut être impossible de lui faire téter à nouveau directement le sein. En fait, beaucoup de femmes qui les ont essayées trouvent que cela ne les a pas beaucoup aidées à lutter contre la douleur. Utilisez-les en dernier ressort mais demandez d'abord de l'aide.
Traduction du feuillet n°3 "Sore nipples", révisé en janvier 2000, par Jack Newman
Introduction
Le meilleur traitement pour les mamelons douloureux est la prévention. La meilleure prévention est d'assurer une bonne prise du sein par le bébé dès le premier jour.
Les douleurs des mamelons ont souvent une ou deux causes. Soit le bébé n'est pas bien positionné et ne prend pas le sein correctement, soit il a un problème de succion, soit les deux. Entre parenthèse, les bébés apprennent à téter correctement quand, en prenant correctement le sein, ils reçoivent suffisamment de lait (ils apprennent en faisant). Les mycoses (principalement candida albicans) peuvent également être la cause de douleurs mamelonnaires. La douleur causée par une mauvaise prise du sein et/ou une succion inefficace est particulièrement vive quand le bébé commence à téter et diminue au cours de la tétée. La douleur causée par une mycose dure aussi longtemps que la tétée et peut même se poursuivre après la tétée. Les femmes décrivent une douleur en coup de poignard dans les deux premiers cas. La douleur due à une mycose s'apparente plus à une brûlure mais peut aussi être différente. Une douleur brutale et inexpliquée pendant la tétée survenant après une période pendant laquelle les tétées n'étaient pas douloureuses, est le signe d'une possible infection mycosique; mais la douleur peut survenir graduellement ou se superposer à une douleur ayant une autre cause. Les crevasses peuvent également être la conséquence d'une mycose.
Position et prise du sein correctes (voir aussi le feuillet sur la prise du sein)
Il n'est pas rare pour les femmes d'avoir des problèmes pour mettre leur bébé au sein correctement et dans une bonne position. Une bonne position permet une bonne prise du sein par l'enfant et une bonne prise du sein réduit les risques de flatulence chez le bébé tout en lui permettant de bien contrôler le flux de lait.
Par ailleurs, une mauvaise prise du sein peut aussi causer un gain de poids médiocre ou des tétées fréquentes ou des coliques (voir feuillet n° 2 "Les coliques et le bébé allaité").
Positionnement du bébé au sein
Pour la clarté de l'exposé, nous allons supposer que vous allaitez du côté gauche.
Une bonne position facilite une bonne prise du sein. Beaucoup de ce qui est décrit sous la rubrique "prise du sein" se fait automatiquement si le bébé est bien positionné au départ.
Pour commencer, il sera peut-être plus aisé de placer votre bébé transversalement. Prenez-le avec votre bras droit, la paume de la main derrière sa nuque ( et non derrière sa tête), vos doigts (excepté le pouce) supportant la tête du bébé, et votre avant-bras soutenant son dos et ses fesses. Maintenez les fesses du bébé entre votre thorax et votre avant-bras, ce qui vous permettra un bon contrôle. Le bébé devrait être pratiquement horizontal contre vous et être suffisamment tourné vers vous pour que sa poitrine, son ventre et ses cuisses soient contre vous avec une toute petite inclinaison pour lui permettre de vous voir. Tenez le sein avec votre main gauche, le pouce sur le dessus, les autres doigts dessous, bien en arrière du mamelon et de l'aréole. Le bébé devrait être approché du sein avec la tête juste un peu inclinée en arrière. Le mamelon pointe alors automatiquement vers le palais de la bouche du bébé. (Voir le feuillet sur la prise du sein).
Prise du sein
1. Maintenant, faites en sorte que le bébé ouvre grand la bouche. Vous pouvez, par exemple, effleurer sa bouche avec votre mamelon toujours pointé vers son palais, d'un coin à l'autre des lèvres. Ou bien, faites passer le bébé devant votre sein, ce que quelques mères trouvent plus facile. Attendez que le bébé ouvre la bouche comme pour bailler. ATTENDEZ QU'IL SOIT PRÊT. Lorsque vous amènerez le bébé au sein, son menton devrait toucher votre sein en premier. Amenez-le devant le sein de manière que le mamelon pointe non pas vers le milieu de sa bouche, mais plutôt vers son palais.
2. Quand le bébé ouvre la bouche, mettez le au sein avec le bras qui vous sert à le soutenir. Ne vous inquiétez pas pour sa respiration. S'il est bien positionné et prend correctement le sein, il respirera sans problème. S'il ne peut pas respirer, il lâchera le sein. N'hésitez pas, allez-y franchement.
3. Si cela vous fait mal aux mamelons, utilisez votre index pour abaisser le menton du bébé et retrousser sa lèvre inférieure. Vous aurez peut-être besoin de le faire pendant toute la tétée mais en général, ce n'est pas nécessaire.
4. Les mêmes principes sont à appliquer que vous soyez assise ou allongée ou si le bébé est en position de "ballon de rugby" (position "football" pour les nord-américaines). Faites en sorte que le bébé ouvre très grand la bouche et ne prenne pas seulement le mamelon mais autant d'aréole (partie brune du sein) que possible (pas nécessairement toute l'aréole).
5. Il n'y a pas de durée "normale" pour une tétée. Si vous vous posez des questions appelez une personne compétente.
6. Un bébé qui prend bien le sein doit couvrir plus d'aréole avec sa lèvre inférieure qu'avec sa lèvre supérieure.
Améliorer la succion du bébé
Le bébé apprend à téter correctement en tétant et en recevant du lait. La succion du bébé au sein peut être inefficace ou inappropriée par suite de l'utilisation précoce d'une tétine artificielle ou en raison d'une mauvaise prise du sein depuis le début. Quelques bébés prennent leur temps pour apprendre à téter correctement. Un entraînement à la succion et/ou l'alimentation au doigt (feuillet n° 8 "alimentation au doigt") peuvent aider.
"Mes mamelons deviennent blancs à la fin de la tétée"
La douleur associée à la décoloration du mamelon est souvent décrite par les mères comme une brûlure mais généralement elle ne commence qu'après la fin de la tétée. Il peut s'écouler plusieurs minutes ou davantage avant que le mamelon ne retrouve sa couleur normale, la sensation de brûlure cédant la place à une autre douleur décrite comme pulsatile. Cette sensation peut durer quelques secondes à plusieurs minutes et le mamelon peut redevenir blanc à nouveau. Apparemment, le phénomène serait dû à un spasme des vaisseaux du mamelon (quand il est blanc), suivi d'une décontraction de ces vaisseaux ( quand il redevient de couleur normale). Quelques fois cette douleur perdure alors que les mamelons ne sont plus douloureux pendant la tétée, ce qui fait que les mères n'ont mal qu'après la tétée, et non pendant.
Que peut-on faire ?
1. Assurez-vous que le bébé prend correctement le sein. Ce type de douleur est presque toujours associé, et probablement causé, par tout ce qui entraîne une douleur pendant la tétée. Le meilleur traitement est celui des autres causes de mamelons douloureux.
2. La chaleur ( sèche-cheveux , bouteille d'eau chaude...) appliquée sur le mamelon immédiatement après la tétée peut prévenir ou diminuer la réaction. La chaleur sèche est préférable à la chaleur humide, car l'humidité peut causer d'autres problèmes au niveau du mamelon.
3. Quelques fois, on peut utiliser des pommades (dérivés nitrés) ou des comprimés (nifédipine) pour prévenir cette réaction. La vitamine B6 peut aussi être employée (voir le feuillet Traitements de problèmes 2).
Mesures générales
1. Les mamelons peuvent être réchauffés pendant une courte durée après chaque tétée en utilisant un sèche-cheveux (réglé sur tiède).
2. Ils devraient être exposés à l'air aussi souvent que possible.
3. Quand il n'est pas possible d'exposer les seins à l'air, des coupelles en plastique (pas des téterelles ou bouts de sein artificiels) peuvent être utilisées pour éviter le frottement des vêtements. Les coussinets d'allaitement, en maintenant les mamelons humides, peuvent être source de lésions. Il peuvent également coller aux mamelons blessés. Si vos seins coulent beaucoup, vous pouvez mettre des coussinets à l'intérieur des coupelles.
4. Les crèmes peuvent parfois être utiles. Si vous en utilisez, mettez-en très peu après la tétée et ne lavez pas les seins pour l'ôter. (Voir le feuillet Traitements de problèmes 1)
5. Ne lavez pas trop souvent vos seins. Une douche par jour est plus que suffisante.
6. Si votre bébé prend du poids de façon satisfaisante, il n'y a pas de raison de vous sentir obligée de lui donner les deux seins à chaque fois. Le nourrir d'un sein à chaque fois peut vous éviter des douleurs et faciliter la guérison. Vous pourrez vous aider en comprimant le sein (voir le feuillet n° 15 "La compression du sein") pour permettre à votre bébé de continuer à obtenir du lait quand il ne tète plus efficacement. Vous pourrez peut-être faire cela pour certaines tétées, et pas pour d'autres. Dans les cas vraiment difficiles, un Dispositif d'Aide à la Lactation (DAL, voir le feuillet n° 5) peut être utilisé avec du lait préalablement extrait, de préférence, pour que le bébé finisse la tétée du premier côté.
Si vous ne pouvez pas mettre l'enfant au sein à cause de la douleur, en dépit de toutes les mesures précédentes, il sera toujours possible de reprendre l'allaitement après un arrêt temporaire (3 à 5 jours), pour permettre la guérison des mamelons. Pendant ce temps, il serait bon de ne pas nourrir l'enfant au biberon. Bien sur, la meilleure solution pour lui et pour vous serait de lui donner le lait que vous aurez tiré. Utilisez la technique de l'alimentation au doigt (feuillet n° 8) ou à la tasse.
Les téterelles ne sont pas recommandées dans le cas de mamelons douloureux car, bien qu'elles puissent rendre temporairement quelques services, ce n'est généralement pas le cas. Elles peuvent de plus réduire la sécrétion lactée, et le bébé peut devenir agité et ne pas prendre suffisamment de poids. Quand le bébé s'y est habitué, il peut être impossible de lui faire téter à nouveau directement le sein. En fait, beaucoup de femmes qui les ont essayées trouvent que cela ne les a pas beaucoup aidées à lutter contre la douleur. Utilisez-les en dernier ressort mais demandez d'abord de l'aide.
Feuillet n°4 Mon bébé prend-il assez de lait ?
Feuillet n°4 Mon bébé prend-il assez de lait ?
"Is My Baby Getting Enough?" Janvier 1998, révisé en janvier 2000. Jack Newman, MD
Les mères qui allaitent demandent souvent comment reconnaître que leur bébé prend assez de lait. Le sein n'est pas un biberon, et il n'est pas possible de mettre le sein à la lumière et de voir combien de millilitres ou de centilitres le bébé a bu. Dans notre société obsédée par les chiffres, il est difficile pour certaines mères d'accepter de ne pas connaître exactement la quantité de lait absorbée par leur bébé. Cependant, il y a des moyens pour savoir que le bébé en a pris suffisamment. À long terme, la prise de poids est le meilleur indicateur qui permette de s'assurer que le bébé prend assez de lait, mais les principes qui sont valables pour la prise de poids de bébés nourris au biberon ne le sont pas forcément pour les bébés allaités.
Des moyens pour le savoir
1. La succion efficace du bébé est caractéristique.
Un bébé qui obtient beaucoup de lait au sein tète d'une manière très caractéristique. Le bébé ouvre généralement sa bouche très largement quand il tète, et son rythme de succion est lent et régulier. Ses lèvres sont retroussées. Au moment où sa bouche est ouverte au maximum, il fait une pause perceptible que vous pouvez aussi observer si vous regardez son menton. Puis le bébé referme sa bouche. Cette pause n'est pas la pause qui sépare deux succions consécutives, mais bien une pause au milieu d'une succion, alors que le bébé ouvre sa bouche au maximum. Chacune de ces pauses correspond à la prise d'une gorgée de lait, et plus la pause est longue, plus le bébé boit de lait. À ce moment, le bébé peut même faire entendre une déglutition, mais le bébé peut également prendre beaucoup de lait sans faire de bruit. Normalement, le type de succion du bébé va changer durant la tétée, avec alternance de succions efficaces avec des succions décrites comme du "tétouillage". Cela est normal. Le bébé qui tète comme décrit ci-dessus, avec plusieurs minutes de succions efficaces à chaque tétée, et qui ensuite lâche le sein satisfait, l'air repu, reçoit assez de lait. Le bébé qui ne fait que "tétouiller", ou qui n'a de succion efficace que peu de temps seulement, n'en reçoit probablement pas assez. C'est le meilleur moyen de savoir si le bébé prend assez de lait. Ce type de succion peut être observé dès les premiers jours de vie, même si ce n'est pas aussi évident que quelques jours plus tard quand la mère a beaucoup plus de lait.
2. Les selles du bébé.
Les premiers jours suivant la naissance, le bébé rejette le méconium, une substance vert foncée, presque noire. Le méconium s'est accumulé dans l'intestin du bébé durant la grossesse. Il s'évacue pendant les premiers jours; à partir du troisième jour, les selles commencent à s'éclaircir, au fur et à mesure que le bébé prend davantage de lait. Normalement, autour du cinquième jour, les selles ont l'apparence habituelle des selles normales d'enfants allaités. Elles sont pâteuses ou liquides, de couleur moutarde, et d'odeur faible. Cependant, les selles peuvent aussi s'écarter considérablement de cette description. Elles peuvent être vertes ou oranges, peuvent contenir du lait caillé ou des mucosités, ou peuvent avoir la consistance d'une mousse à raser (avec des bulles d'air). Ces variations de couleur ne veulent pas dire que quelque chose ne va pas. Un bébé qui ne reçoit que du lait maternel et qui commence à avoir des selles qui s'éclaircissent vers son troisième jour de vie, va à priori bien.
Sans que cela devienne une idée fixe, observer la fréquence et la quantité des selles est l'un des meilleurs moyens de savoir si la bébé reçoit assez de lait. Après les 3-4 premiers jours, on devrait observer une augmentation du volume des selles, et à la fin de la première semaine il devrait avoir 2-3 selles substantielles chaque jour. De plus, la plupart des enfants mouillent une couche après pratiquement chaque tétée. Un bébé qui évacue toujours du méconium au cinquième jour devrait être vu par un médecin le jour même. Un bébé qui n'évacue que des selles marrons ne reçoit probablement pas assez de lait, mais cela n'est pas toujours certain.
Après les 3-4 premières semaines, les selles de certains bébés allaités peuvent se modifier subitement, leur fréquence passant de plusieurs selles quotidiennes à une selle tous les trois jours, voire plus. Certains bébés peuvent passer 15 jours ou plus sans avoir de selles. Aussi longtemps que le bébé va bien, et que les selles ont l'aspect habituel (jaunes, pâteuses ou molles), cela n'est pas une constipation et il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Aucun traitement n'est nécessaire ni souhaitable, car aucun traitement n'est nécessaire ou souhaitable pour quelque chose de normal.
Mais entre 5 et 21 jours, tout bébé qui n'a pas évacué de selles substantielles sur une période de 24 heure devrait être vu par un médecin le jour même. Généralement, de petites selles peu fréquentes durant cette période témoignent d'une absorption lactée insuffisante. Il y a certaines exceptions et tout peut être normal, mais il est préférable de s'en assurer.
3. Les urines.
Après le 4-5ème jour, avec six couches bien mouillées (pas seulement humides) par jour, vous pouvez être sûr que le bébé prend beaucoup de lait. Malheureusement, les nouvelles couches "super absorbantes" semblent être sèches même lorsqu'elles sont pleines d'urines, mais dans ce cas elles sont lourdes. Il est évident que cette indication de prise de lait ne peut pas s'appliquer si vous donnez au bébé en plus de l'eau (ce qui, de toute façon, n'est pas nécessaire chez les bébés allaités, de plus si l'eau est donnée au biberon, cela peut interférer avec l'allaitement). Les urines du bébé devraient être claires comme de l'eau après les premiers jours, mais des urines occasionnellement plus foncées ne sont pas un problème.
Durant les 2-3 premiers jours de vie, certains bébés ont des urines roses ou rouges. Ce n'est pas une raison pour paniquer et n'indique pas que le bébé est déshydraté. Personne ne sait ce que cela veut dire, ni même si c'est normal ou non. C'est vraisemblablement associé à une prise de lait plus faible pour les bébés allaités que pour les bébés nourris au biberon à la même période, mais les bébés nourris au biberon ne sont pas le standard auquel l'allaitement doit être mesuré. Cependant l'apparition de cette coloration d'urine devrait amener à vérifier que le bébé est correctement mis au sein, et qu'il tète efficacement. Durant les premiers jours de vie, le bébé ne peut prendre du lait maternel que s'il est bien positionné au sein. Si ce n'est pas le cas, donner de l'eau au biberon, à la tasse ou au doigt ne résoudra pas le problème. Cela permettra seulement au bébé de quitter l'hôpital avec des urines qui ne sont pas rouges. Pour régler le problème, il suffit habituellement de corriger la prise ou d'employer la compression du sein.
Si une bonne position au sein allié à la compression des seins n'aboutit pas à une absorption de lait suffisante, il y a des moyens pour donner des suppléments sans utiliser de biberon (feuillet n°5, Utilisation d' un DAL). Une limitation de la durée et de la fréquence des tétées peut également contribuer à la diminution de la prise de lait.
Les éléments suivants NE SONT PAS de bons moyens pour juger
1. Vos seins ne semblent pas pleins.
Après les premiers jours ou semaines, il est normal pour la plupart des mères de ne pas sentir leur sein "tendus". Votre corps s'ajuste à la demande de votre bébé. Ce changement peut apparaître brutalement. Certaines mères qui allaitent parfaitement ne se sentiront jamais engorgées ni n'auront les seins "tendus".
2. Le bébé fait sa nuit.
Un tel bébé n'est pas nécessairement bien nourri. Un bébé qui dort toute la nuit à 10 jours, par exemple, peut, en fait, ne pas recevoir assez de lait. Un bébé trop somnolent et qui doit être réveillé pour les tétées ou qui est "trop sage" peut ne pas recevoir assez de lait. Il y a beaucoup d'exceptions, mais demandez de l'aide rapidement.
3. Le bébé pleure après la tétée.
Bien que le bébé puisse pleurer après la tétée à cause de la faim, il y a aussi de nombreuses autres raisons pour pleurer. Regarder également le feuillet n°2 (Les coliques du bébé allaité). Ne limitez pas la durée des tétées.
4. Le bébé tète souvent et/ou longtemps.
Pour telle mère, des tétées toutes les trois heures peuvent être trop fréquentes; pour telle autre, 3 heures entre les tétées peut être un long intervalle. Pour l'une, une tétée de 30 minutes sera une longue tétée; pour l'autre ce sera une tétée courte. Il n'y a pas de règle sur la fréquence et la durée des tétées. Il est faux que les bébés prennent 90% de leur ration les 10 premières minutes. Laissez le bébé déterminer son propre schéma des tétées et les choses iront habituellement bien, si le bébé tète efficacement et a au moins 2-3 selles abondantes chaque jour. Si c'est le cas, donner un sein par tétée (ou au moins laisser terminer un sein avant de changer) va souvent accroître le temps entre les tétées. Rappelez-vous, un bébé peut rester au sein pendant deux heures, mais s'il ne tète efficacement (type de succion : ouverture-pause-fermeture) que 2 minutes, il lâchera le sein affamé. Si le bébé s'endort rapidement au sein, vous pouvez compresser le sein pour stimuler le flux de lait (feuillet n°15, La compression du sein). Contacter une personne compétente en matière d'allaitement à la moindre inquiétude, mais attendez avant de donner des compléments. Si des compléments sont réellement nécessaires, il y a des moyens de les donner sans utiliser de tétine (feuillet n°5, Utilisation d'un DAL).
5. "Je ne peux exprimer que 10 ml de lait".
Cela ne veut rien dire et ne devrait pas vous influencer. De toute façon, vous ne devriez pas tirer votre lait "juste pour voir". La majorité des femmes ont beaucoup de lait. Le problème le plus fréquent est que le bébé ne prend pas le lait qui est là, ou que sa succion est inefficace, ou les deux. Ces problèmes peuvent souvent être rapidement résolus.
6. Le bébé prend un biberon après la tétée.
Cela ne veut pas nécessairement dire que le bébé a faim. Ce n'est pas un bon moyen d'évaluation, car le biberon peut interférer avec l'allaitement.
7. À 5 semaines, tout d'un coup le bébé lâche le sein et semble encore avoir faim.
Cela ne veut pas dire que votre lait s'est "tari" ou que la production a diminué. Durant les premières semaines de vie, les bébés s'endorment souvent au sein quand le flux de lait diminue même s'il n'ont pas eu leur dose. Quand ils sont plus âgés (4-6 semaines), ils ne s'endorment plus, mais lâchent le sein ou semblent contrariés. La sécrétion de lait n'a pas changé; c'est le bébé qui a changé. Vous pouvez compresser votre sein (feuillet n°15, La Compression du sein) pour augmenter le flux.
Remarquez : il peut devenir nécessaire de donner des compléments à un bébé allaité. S'ils sont donnés avec un biberon, cela peut aggraver le problème. Le Dispositif d'Aide à la Lactation (Feuillet n° 5, Utilisation d'un DAL) est une méthode qui permet de compléter sans donner de biberon et facilite le retour à un allaitement exclusif. Il est généralement facile à utiliser. Dans une situation d'urgence, des compléments peuvent être donnés avec une cuillère, une tasse, ou un compte-goutte jusqu'à ce qu'un DAL puisse être mis en place.
Remarques sur les courbes de poids
1. Les balances sont toutes différentes. Nous avons trouvé des différences importantes d'une balance à l'autre. Les poids sont souvent mal reportés. Une couche mouillée peut peser plusieurs centaines de grammes, donc les bébés devraient être pesés nus.
2. Beaucoup de règles à propos de la prise de poids ont été élaborées à partir d'observations de bébés nourris au biberon. Elles ne s'appliquent pas forcément aux bébés allaités. Une prise de poids lente au début peut être compensée plus tard, en améliorant la pratique de l'allaitement. Les courbes de poids sont uniquement des guides.
"Is My Baby Getting Enough?" Janvier 1998, révisé en janvier 2000. Jack Newman, MD
Les mères qui allaitent demandent souvent comment reconnaître que leur bébé prend assez de lait. Le sein n'est pas un biberon, et il n'est pas possible de mettre le sein à la lumière et de voir combien de millilitres ou de centilitres le bébé a bu. Dans notre société obsédée par les chiffres, il est difficile pour certaines mères d'accepter de ne pas connaître exactement la quantité de lait absorbée par leur bébé. Cependant, il y a des moyens pour savoir que le bébé en a pris suffisamment. À long terme, la prise de poids est le meilleur indicateur qui permette de s'assurer que le bébé prend assez de lait, mais les principes qui sont valables pour la prise de poids de bébés nourris au biberon ne le sont pas forcément pour les bébés allaités.
Des moyens pour le savoir
1. La succion efficace du bébé est caractéristique.
Un bébé qui obtient beaucoup de lait au sein tète d'une manière très caractéristique. Le bébé ouvre généralement sa bouche très largement quand il tète, et son rythme de succion est lent et régulier. Ses lèvres sont retroussées. Au moment où sa bouche est ouverte au maximum, il fait une pause perceptible que vous pouvez aussi observer si vous regardez son menton. Puis le bébé referme sa bouche. Cette pause n'est pas la pause qui sépare deux succions consécutives, mais bien une pause au milieu d'une succion, alors que le bébé ouvre sa bouche au maximum. Chacune de ces pauses correspond à la prise d'une gorgée de lait, et plus la pause est longue, plus le bébé boit de lait. À ce moment, le bébé peut même faire entendre une déglutition, mais le bébé peut également prendre beaucoup de lait sans faire de bruit. Normalement, le type de succion du bébé va changer durant la tétée, avec alternance de succions efficaces avec des succions décrites comme du "tétouillage". Cela est normal. Le bébé qui tète comme décrit ci-dessus, avec plusieurs minutes de succions efficaces à chaque tétée, et qui ensuite lâche le sein satisfait, l'air repu, reçoit assez de lait. Le bébé qui ne fait que "tétouiller", ou qui n'a de succion efficace que peu de temps seulement, n'en reçoit probablement pas assez. C'est le meilleur moyen de savoir si le bébé prend assez de lait. Ce type de succion peut être observé dès les premiers jours de vie, même si ce n'est pas aussi évident que quelques jours plus tard quand la mère a beaucoup plus de lait.
2. Les selles du bébé.
Les premiers jours suivant la naissance, le bébé rejette le méconium, une substance vert foncée, presque noire. Le méconium s'est accumulé dans l'intestin du bébé durant la grossesse. Il s'évacue pendant les premiers jours; à partir du troisième jour, les selles commencent à s'éclaircir, au fur et à mesure que le bébé prend davantage de lait. Normalement, autour du cinquième jour, les selles ont l'apparence habituelle des selles normales d'enfants allaités. Elles sont pâteuses ou liquides, de couleur moutarde, et d'odeur faible. Cependant, les selles peuvent aussi s'écarter considérablement de cette description. Elles peuvent être vertes ou oranges, peuvent contenir du lait caillé ou des mucosités, ou peuvent avoir la consistance d'une mousse à raser (avec des bulles d'air). Ces variations de couleur ne veulent pas dire que quelque chose ne va pas. Un bébé qui ne reçoit que du lait maternel et qui commence à avoir des selles qui s'éclaircissent vers son troisième jour de vie, va à priori bien.
Sans que cela devienne une idée fixe, observer la fréquence et la quantité des selles est l'un des meilleurs moyens de savoir si la bébé reçoit assez de lait. Après les 3-4 premiers jours, on devrait observer une augmentation du volume des selles, et à la fin de la première semaine il devrait avoir 2-3 selles substantielles chaque jour. De plus, la plupart des enfants mouillent une couche après pratiquement chaque tétée. Un bébé qui évacue toujours du méconium au cinquième jour devrait être vu par un médecin le jour même. Un bébé qui n'évacue que des selles marrons ne reçoit probablement pas assez de lait, mais cela n'est pas toujours certain.
Après les 3-4 premières semaines, les selles de certains bébés allaités peuvent se modifier subitement, leur fréquence passant de plusieurs selles quotidiennes à une selle tous les trois jours, voire plus. Certains bébés peuvent passer 15 jours ou plus sans avoir de selles. Aussi longtemps que le bébé va bien, et que les selles ont l'aspect habituel (jaunes, pâteuses ou molles), cela n'est pas une constipation et il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Aucun traitement n'est nécessaire ni souhaitable, car aucun traitement n'est nécessaire ou souhaitable pour quelque chose de normal.
Mais entre 5 et 21 jours, tout bébé qui n'a pas évacué de selles substantielles sur une période de 24 heure devrait être vu par un médecin le jour même. Généralement, de petites selles peu fréquentes durant cette période témoignent d'une absorption lactée insuffisante. Il y a certaines exceptions et tout peut être normal, mais il est préférable de s'en assurer.
3. Les urines.
Après le 4-5ème jour, avec six couches bien mouillées (pas seulement humides) par jour, vous pouvez être sûr que le bébé prend beaucoup de lait. Malheureusement, les nouvelles couches "super absorbantes" semblent être sèches même lorsqu'elles sont pleines d'urines, mais dans ce cas elles sont lourdes. Il est évident que cette indication de prise de lait ne peut pas s'appliquer si vous donnez au bébé en plus de l'eau (ce qui, de toute façon, n'est pas nécessaire chez les bébés allaités, de plus si l'eau est donnée au biberon, cela peut interférer avec l'allaitement). Les urines du bébé devraient être claires comme de l'eau après les premiers jours, mais des urines occasionnellement plus foncées ne sont pas un problème.
Durant les 2-3 premiers jours de vie, certains bébés ont des urines roses ou rouges. Ce n'est pas une raison pour paniquer et n'indique pas que le bébé est déshydraté. Personne ne sait ce que cela veut dire, ni même si c'est normal ou non. C'est vraisemblablement associé à une prise de lait plus faible pour les bébés allaités que pour les bébés nourris au biberon à la même période, mais les bébés nourris au biberon ne sont pas le standard auquel l'allaitement doit être mesuré. Cependant l'apparition de cette coloration d'urine devrait amener à vérifier que le bébé est correctement mis au sein, et qu'il tète efficacement. Durant les premiers jours de vie, le bébé ne peut prendre du lait maternel que s'il est bien positionné au sein. Si ce n'est pas le cas, donner de l'eau au biberon, à la tasse ou au doigt ne résoudra pas le problème. Cela permettra seulement au bébé de quitter l'hôpital avec des urines qui ne sont pas rouges. Pour régler le problème, il suffit habituellement de corriger la prise ou d'employer la compression du sein.
Si une bonne position au sein allié à la compression des seins n'aboutit pas à une absorption de lait suffisante, il y a des moyens pour donner des suppléments sans utiliser de biberon (feuillet n°5, Utilisation d' un DAL). Une limitation de la durée et de la fréquence des tétées peut également contribuer à la diminution de la prise de lait.
Les éléments suivants NE SONT PAS de bons moyens pour juger
1. Vos seins ne semblent pas pleins.
Après les premiers jours ou semaines, il est normal pour la plupart des mères de ne pas sentir leur sein "tendus". Votre corps s'ajuste à la demande de votre bébé. Ce changement peut apparaître brutalement. Certaines mères qui allaitent parfaitement ne se sentiront jamais engorgées ni n'auront les seins "tendus".
2. Le bébé fait sa nuit.
Un tel bébé n'est pas nécessairement bien nourri. Un bébé qui dort toute la nuit à 10 jours, par exemple, peut, en fait, ne pas recevoir assez de lait. Un bébé trop somnolent et qui doit être réveillé pour les tétées ou qui est "trop sage" peut ne pas recevoir assez de lait. Il y a beaucoup d'exceptions, mais demandez de l'aide rapidement.
3. Le bébé pleure après la tétée.
Bien que le bébé puisse pleurer après la tétée à cause de la faim, il y a aussi de nombreuses autres raisons pour pleurer. Regarder également le feuillet n°2 (Les coliques du bébé allaité). Ne limitez pas la durée des tétées.
4. Le bébé tète souvent et/ou longtemps.
Pour telle mère, des tétées toutes les trois heures peuvent être trop fréquentes; pour telle autre, 3 heures entre les tétées peut être un long intervalle. Pour l'une, une tétée de 30 minutes sera une longue tétée; pour l'autre ce sera une tétée courte. Il n'y a pas de règle sur la fréquence et la durée des tétées. Il est faux que les bébés prennent 90% de leur ration les 10 premières minutes. Laissez le bébé déterminer son propre schéma des tétées et les choses iront habituellement bien, si le bébé tète efficacement et a au moins 2-3 selles abondantes chaque jour. Si c'est le cas, donner un sein par tétée (ou au moins laisser terminer un sein avant de changer) va souvent accroître le temps entre les tétées. Rappelez-vous, un bébé peut rester au sein pendant deux heures, mais s'il ne tète efficacement (type de succion : ouverture-pause-fermeture) que 2 minutes, il lâchera le sein affamé. Si le bébé s'endort rapidement au sein, vous pouvez compresser le sein pour stimuler le flux de lait (feuillet n°15, La compression du sein). Contacter une personne compétente en matière d'allaitement à la moindre inquiétude, mais attendez avant de donner des compléments. Si des compléments sont réellement nécessaires, il y a des moyens de les donner sans utiliser de tétine (feuillet n°5, Utilisation d'un DAL).
5. "Je ne peux exprimer que 10 ml de lait".
Cela ne veut rien dire et ne devrait pas vous influencer. De toute façon, vous ne devriez pas tirer votre lait "juste pour voir". La majorité des femmes ont beaucoup de lait. Le problème le plus fréquent est que le bébé ne prend pas le lait qui est là, ou que sa succion est inefficace, ou les deux. Ces problèmes peuvent souvent être rapidement résolus.
6. Le bébé prend un biberon après la tétée.
Cela ne veut pas nécessairement dire que le bébé a faim. Ce n'est pas un bon moyen d'évaluation, car le biberon peut interférer avec l'allaitement.
7. À 5 semaines, tout d'un coup le bébé lâche le sein et semble encore avoir faim.
Cela ne veut pas dire que votre lait s'est "tari" ou que la production a diminué. Durant les premières semaines de vie, les bébés s'endorment souvent au sein quand le flux de lait diminue même s'il n'ont pas eu leur dose. Quand ils sont plus âgés (4-6 semaines), ils ne s'endorment plus, mais lâchent le sein ou semblent contrariés. La sécrétion de lait n'a pas changé; c'est le bébé qui a changé. Vous pouvez compresser votre sein (feuillet n°15, La Compression du sein) pour augmenter le flux.
Remarquez : il peut devenir nécessaire de donner des compléments à un bébé allaité. S'ils sont donnés avec un biberon, cela peut aggraver le problème. Le Dispositif d'Aide à la Lactation (Feuillet n° 5, Utilisation d'un DAL) est une méthode qui permet de compléter sans donner de biberon et facilite le retour à un allaitement exclusif. Il est généralement facile à utiliser. Dans une situation d'urgence, des compléments peuvent être donnés avec une cuillère, une tasse, ou un compte-goutte jusqu'à ce qu'un DAL puisse être mis en place.
Remarques sur les courbes de poids
1. Les balances sont toutes différentes. Nous avons trouvé des différences importantes d'une balance à l'autre. Les poids sont souvent mal reportés. Une couche mouillée peut peser plusieurs centaines de grammes, donc les bébés devraient être pesés nus.
2. Beaucoup de règles à propos de la prise de poids ont été élaborées à partir d'observations de bébés nourris au biberon. Elles ne s'appliquent pas forcément aux bébés allaités. Une prise de poids lente au début peut être compensée plus tard, en améliorant la pratique de l'allaitement. Les courbes de poids sont uniquement des guides.
Feuillet n°5 Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation (ou dispositif d'aide à l'allaitement)
Feuillet n°5 Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation (ou dispositif d'aide à l'allaitement)
Using a Lactation Aid - Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Par Jack Newman, MD, FRCPC, Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Le dispositif d'aide à l'allaitement (ou à la lactation) est un système qui permet à la mère allaitante d'éviter l'emploi de tétines quand elle doit donner à son bébé des compléments de lait maternel exprimé, de lait industriel ou de l'eau glucosée à laquelle on ajoute du colostrum (l'eau sucrée seule ne devrait en général être donnée que dans les deux premiers jours de vie). L'emploi précoce de tétines interfère avec la façon dont le bébé prendra le sein, et peut avoir pour résultat un nourrisson perturbé par le biberon ou créer une confusion sein-tétine. Mieux le bébé prend le sein, plus il lui est facile d'obtenir du lait maternel. Si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait au sein, il peut s'endormir ou repousser le sein lorsque le débit du lait diminue. En fait, le bébé peut refuser le sein, se montrer capricieux, avoir une prise de poids lente, ou même perdre du poids et se déshydrater. La mère peut avoir des mamelons douloureux. Bien que les tétines ne causent pas toujours des problèmes, leur utilisation lorsque les choses vont mal améliore rarement la situation, et en général l'aggrave. Habituellement, corriger la mise au sein aide le bébé à recevoir davantage de lait et évite ainsi la supplémentation. Toutefois, quand la supplémentation est vraiment nécessaire, le dispositif d'aide à l'allaitement est de loin la meilleure façon de procéder. Cette technique est supérieure à celles de la seringue, du gobelet, du doigt ou à toute autre méthode, puisque que le bébé est au sein et en train de téter. D'abord, parce que comme les adultes, les bébés apprennent en faisant. Ensuite parce que le bébé boit aussi le lait qui vient du sein de sa mère tout en recevant un supplément. Et l'allaitement, c'est bien plus que le lait maternel.
Le dispositif d'aide à la lactation, c'est d'abord un récipient - habituellement un biberon dont on a élargi le trou de la tétine pour y passer un fin tube de gavage lorsqu'il est " fait maison ". On trouve aussi sur le marché des dispositifs d'aide à l'allaitement commerciaux, plus faciles (mais pas toujours) à utiliser dans certaines situations. Les appareils commerciaux sont particulièrement pratiques pour les bébés plus âgés, pour la supplémentation de jumeaux, pour la supplémentation à long terme ou lorsque le dispositif maison ne fonctionne pas. Bien que le coût des DAL du commerce ne soit pas négligeable, il équivaut environ à celui de trois semaines d'alimentation au lait industriel.
Nota : L'emploi d'une seringue munie d'un tube, avec ou sans piston, à la place du dispositif décrit ci-dessus, est inutilement compliqué, sans être plus efficace, au contraire.
Utilisation d'un dispositif d'aide à l'allaitement maison
1. On peut commencer par mettre le bébé au sein, puis glisser le tube dans sa bouche au bon moment. Plus la prise du sein par le bébé est bonne, plus il reçoit de lait maternel, plus l'utilisation du dispositif est facile et plus la durée pendant laquelle la supplémentation sera nécessaire sera courte. Tirer doucement le sein de manière à voir le coin de la bouche du bébé. Tenir le tube entre le pouce et l'index et le glisser dans la bouche du bébé, en le dirigeant directement vers le fond de la bouche et vers le palais. On sait que le tube est bien inséré lorsqu'on voit le liquide y circuler rapidement. On n'a pas en général à remplir le tube de liquide avant de l'insérer dans la bouche du bébé.
2. On peut aussi mettre le bébé au sein, le tube étant déjà en place sur le sein. Plus la prise du sein est bonne, plus l'utilisation du dispositif est facile ; il est probable, en outre, que le bébé se passera plus rapidement du dispositif. C'est pourquoi la prise du sein et la position du bébé au sein sont aussi très importantes avec le dispositif.
3. Le tube peut être fixé sur le sein à l'aide d'un morceau d'adhésif, si la mère le désire. Ce n'est toutefois ni réellement nécessaire, ni toujours utile.
4. Pour que l'appareil fonctionne correctement, le tube ne doit pas dépasser le bout du mamelon et ne doit que dépasser les gencives. Le dispositif semble mieux fonctionner si le tube est introduit dans le coin de la bouche du bébé et s'il entre directement dans sa bouche, par-dessus la langue. Diriger le tube vers le palais du bébé. Il peut être utile pour la mère de tenir le tube en place avec ses doigts, car certains bébés ont tendance à le repousser avec leur langue.
5. En général, le récipient contenant le supplément ne devrait pas être plus haut que la tête du bébé. Le placer plus haut seulement si le médecin ou la consultante en lactation le recommande.
6. A moins d'avis contraire, utiliser le dispositif à toutes les tétées ; certaines mères préfèrent cependant ne pas s'en servir la nuit.
7. Ne pas couper le bout du tube. Il fonctionne bien tel qu'il est.
8. Le bébé ne devrait pas mettre une heure pour boire 30 ml de lait provenant du dispositif. Si c'est aussi long, le tube n'est probablement pas bien placé ou le bébé est mal mis au sein. Quand le dispositif fonctionne correctement, il faut tout au plus 15 à 20 minutes pour que le bébé prenne 30 ml de supplément.
9. Un petit truc : Porter une chemise avec une poche et glisser la bouteille dans la poche.
Entretien du dispositif
1. Ne pas faire bouillir le tube du dispositif maison. Il n'est pas conçu pour le supporter.
2. Après avoir utilisé le dispositif, nettoyer le biberon et la tétine comme à l'accoutumée. Ne pas faire bouillir le tube : le vider, le rincer à l'eau chaude (aspirer l'eau chaude d'une tasse), puis le suspendre pour le laisser sécher. Le savon n'est pas nécessaire, mais s'il est utilisé, il faut bien rincer le tube. Les tubes peuvent devenir rigides et inutilisables après une semaine.
Sevrage (du dispositif d'aide à l'allaitement)
1. Rester en contact avec la consultation d'allaitement pour tout conseil sur la façon de " sevrer " le bébé du dispositif d'aide à l'allaitement.
2. Ce sevrage peut prendre plusieurs semaines ou très peu de temps. Ne pas se décourager, et ne pas essayer de " forcer " le sevrage. En général, la quantité de lait nécessaire à la supplémentation augmente durant les deux premières semaines, se stabilise pendant une période de temps variable, puis diminue. L'ensemble du processus prend entre deux et huit semaines, mais certaines mères ont utilisé le dispositif uniquement pour quelques jours alors que d'autres ont dû continuer à l'utiliser pendant toute la durée de leur allaitement. Une amélioration rapide suit parfois une longue période sans changement.
3. Observer le bébé pendant la tétée. Au besoin, se renseigner pour apprendre comment s'assurer que le bébé boit. Mettre le bébé au sein et le laisser téter aussi longtemps qu'il le veut et qu'il tète efficacement. Utiliser alors la compression (feuillet n° 15, Compression du sein) pour qu'il continue de recevoir du lait. Faire de même avec l'autre sein. On peut revenir au premier sein et alterner aussi longtemps que le bébé tète correctement. Après avoir offert les deux seins, insérer le tube dans la bouche du bébé. Le laisser téter avec le dispositif d'aide à l'allaitement jusqu'à ce qu'il soit satisfait.
4. Le biberon peut être descendu de 15 à 30 cm plus bas que la tête du bébé, mais seulement s'il boit rapidement.
Using a Lactation Aid - Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Par Jack Newman, MD, FRCPC, Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada
Le dispositif d'aide à l'allaitement (ou à la lactation) est un système qui permet à la mère allaitante d'éviter l'emploi de tétines quand elle doit donner à son bébé des compléments de lait maternel exprimé, de lait industriel ou de l'eau glucosée à laquelle on ajoute du colostrum (l'eau sucrée seule ne devrait en général être donnée que dans les deux premiers jours de vie). L'emploi précoce de tétines interfère avec la façon dont le bébé prendra le sein, et peut avoir pour résultat un nourrisson perturbé par le biberon ou créer une confusion sein-tétine. Mieux le bébé prend le sein, plus il lui est facile d'obtenir du lait maternel. Si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait au sein, il peut s'endormir ou repousser le sein lorsque le débit du lait diminue. En fait, le bébé peut refuser le sein, se montrer capricieux, avoir une prise de poids lente, ou même perdre du poids et se déshydrater. La mère peut avoir des mamelons douloureux. Bien que les tétines ne causent pas toujours des problèmes, leur utilisation lorsque les choses vont mal améliore rarement la situation, et en général l'aggrave. Habituellement, corriger la mise au sein aide le bébé à recevoir davantage de lait et évite ainsi la supplémentation. Toutefois, quand la supplémentation est vraiment nécessaire, le dispositif d'aide à l'allaitement est de loin la meilleure façon de procéder. Cette technique est supérieure à celles de la seringue, du gobelet, du doigt ou à toute autre méthode, puisque que le bébé est au sein et en train de téter. D'abord, parce que comme les adultes, les bébés apprennent en faisant. Ensuite parce que le bébé boit aussi le lait qui vient du sein de sa mère tout en recevant un supplément. Et l'allaitement, c'est bien plus que le lait maternel.
Le dispositif d'aide à la lactation, c'est d'abord un récipient - habituellement un biberon dont on a élargi le trou de la tétine pour y passer un fin tube de gavage lorsqu'il est " fait maison ". On trouve aussi sur le marché des dispositifs d'aide à l'allaitement commerciaux, plus faciles (mais pas toujours) à utiliser dans certaines situations. Les appareils commerciaux sont particulièrement pratiques pour les bébés plus âgés, pour la supplémentation de jumeaux, pour la supplémentation à long terme ou lorsque le dispositif maison ne fonctionne pas. Bien que le coût des DAL du commerce ne soit pas négligeable, il équivaut environ à celui de trois semaines d'alimentation au lait industriel.
Nota : L'emploi d'une seringue munie d'un tube, avec ou sans piston, à la place du dispositif décrit ci-dessus, est inutilement compliqué, sans être plus efficace, au contraire.
Utilisation d'un dispositif d'aide à l'allaitement maison
1. On peut commencer par mettre le bébé au sein, puis glisser le tube dans sa bouche au bon moment. Plus la prise du sein par le bébé est bonne, plus il reçoit de lait maternel, plus l'utilisation du dispositif est facile et plus la durée pendant laquelle la supplémentation sera nécessaire sera courte. Tirer doucement le sein de manière à voir le coin de la bouche du bébé. Tenir le tube entre le pouce et l'index et le glisser dans la bouche du bébé, en le dirigeant directement vers le fond de la bouche et vers le palais. On sait que le tube est bien inséré lorsqu'on voit le liquide y circuler rapidement. On n'a pas en général à remplir le tube de liquide avant de l'insérer dans la bouche du bébé.
2. On peut aussi mettre le bébé au sein, le tube étant déjà en place sur le sein. Plus la prise du sein est bonne, plus l'utilisation du dispositif est facile ; il est probable, en outre, que le bébé se passera plus rapidement du dispositif. C'est pourquoi la prise du sein et la position du bébé au sein sont aussi très importantes avec le dispositif.
3. Le tube peut être fixé sur le sein à l'aide d'un morceau d'adhésif, si la mère le désire. Ce n'est toutefois ni réellement nécessaire, ni toujours utile.
4. Pour que l'appareil fonctionne correctement, le tube ne doit pas dépasser le bout du mamelon et ne doit que dépasser les gencives. Le dispositif semble mieux fonctionner si le tube est introduit dans le coin de la bouche du bébé et s'il entre directement dans sa bouche, par-dessus la langue. Diriger le tube vers le palais du bébé. Il peut être utile pour la mère de tenir le tube en place avec ses doigts, car certains bébés ont tendance à le repousser avec leur langue.
5. En général, le récipient contenant le supplément ne devrait pas être plus haut que la tête du bébé. Le placer plus haut seulement si le médecin ou la consultante en lactation le recommande.
6. A moins d'avis contraire, utiliser le dispositif à toutes les tétées ; certaines mères préfèrent cependant ne pas s'en servir la nuit.
7. Ne pas couper le bout du tube. Il fonctionne bien tel qu'il est.
8. Le bébé ne devrait pas mettre une heure pour boire 30 ml de lait provenant du dispositif. Si c'est aussi long, le tube n'est probablement pas bien placé ou le bébé est mal mis au sein. Quand le dispositif fonctionne correctement, il faut tout au plus 15 à 20 minutes pour que le bébé prenne 30 ml de supplément.
9. Un petit truc : Porter une chemise avec une poche et glisser la bouteille dans la poche.
Entretien du dispositif
1. Ne pas faire bouillir le tube du dispositif maison. Il n'est pas conçu pour le supporter.
2. Après avoir utilisé le dispositif, nettoyer le biberon et la tétine comme à l'accoutumée. Ne pas faire bouillir le tube : le vider, le rincer à l'eau chaude (aspirer l'eau chaude d'une tasse), puis le suspendre pour le laisser sécher. Le savon n'est pas nécessaire, mais s'il est utilisé, il faut bien rincer le tube. Les tubes peuvent devenir rigides et inutilisables après une semaine.
Sevrage (du dispositif d'aide à l'allaitement)
1. Rester en contact avec la consultation d'allaitement pour tout conseil sur la façon de " sevrer " le bébé du dispositif d'aide à l'allaitement.
2. Ce sevrage peut prendre plusieurs semaines ou très peu de temps. Ne pas se décourager, et ne pas essayer de " forcer " le sevrage. En général, la quantité de lait nécessaire à la supplémentation augmente durant les deux premières semaines, se stabilise pendant une période de temps variable, puis diminue. L'ensemble du processus prend entre deux et huit semaines, mais certaines mères ont utilisé le dispositif uniquement pour quelques jours alors que d'autres ont dû continuer à l'utiliser pendant toute la durée de leur allaitement. Une amélioration rapide suit parfois une longue période sans changement.
3. Observer le bébé pendant la tétée. Au besoin, se renseigner pour apprendre comment s'assurer que le bébé boit. Mettre le bébé au sein et le laisser téter aussi longtemps qu'il le veut et qu'il tète efficacement. Utiliser alors la compression (feuillet n° 15, Compression du sein) pour qu'il continue de recevoir du lait. Faire de même avec l'autre sein. On peut revenir au premier sein et alterner aussi longtemps que le bébé tète correctement. Après avoir offert les deux seins, insérer le tube dans la bouche du bébé. Le laisser téter avec le dispositif d'aide à l'allaitement jusqu'à ce qu'il soit satisfait.
4. Le biberon peut être descendu de 15 à 30 cm plus bas que la tête du bébé, mais seulement s'il boit rapidement.
Feuillet n° 6 Utiliser le violet de gentiane (candidose)
Feuillet n° 6 Utiliser le violet de gentiane (candidose)
"Using gentian violet" Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Dr. Jack Newman MD, FRCPC, pédiatre -
Le violet de gentiane (solution aqueuse à 1%) est un excellent traitement pour la candidose. Le Candida albicans est un champignon qui peut induire des infections de la peau et des muqueuses (de la bouche, par exemple), tant chez les enfants que chez les adultes. Chez les nourrissons, le Candida est responsable de candidoses buccales (muguet) ou de dermites du siège. Lorsque le Candida colonise les mamelons d'une femme allaitante, il peut induire une symptomatologie douloureuse, tant superficielle que profonde.
La douleur mammaire de la candidose
Cette douleur présente des caractéristiques qui la différencient de la douleur induite par une mauvaise position de l'enfant au sein ou par une succion incorrecte.
1. Elle est souvent à type de brûlure, plutôt que de pincement, d'élancement ou de piqûre comme dans d'autres causes. Cependant, une douleur à type de brûlure peut être due à autre chose qu'une candidose, et une candidose peut induire un autre type de douleur.
2. Le plus souvent, elle dure pendant toute la tétée, voire après la tétée, par contraste avec d'autres causes où la douleur disparaît graduellement pendant la tétée.
3. Elle peut irradier vers l'aisselle ou le dos.
4. Il peut n'y avoir aucune modification au niveau de l'apparence des mamelons ; mais ces derniers peuvent être plus rouges que la normale, la peau peut desquamer, ou être lisse et luisante.
5. Fréquemment, les symptômes surviennent après un intervalle où il n'y avait pas de problème de mamelons douloureux. Cette seule caractéristique est suffisante pour faire préconiser un traitement contre la candidose. Mais cela se voit aussi avec une cause différente, comme les ampoules de lait sur le mamelon, l'eczéma ou d'autres problèmes dermatologiques.
6. Dans certains cas, la mère ou le bébé auront subi récemment une antibiothérapie, mais ce n'est pas obligatoire.
7. La douleur peut être très intense, les mamelons peuvent ou non être le siège de démangeaisons.
8. Le problème peut ne se manifester que dans le sein. La douleur est généralement décrite comme une sensation de brûlure, lancinante. Elle est souvent plus intense après la fin de la tétée, et la nuit. Le sein en lui-même a un aspect normal, il n'y a aucun signe de mastite. Il n'y a aucune raison de prescrire un antibiotique, et ce dernier peut même aggraver les troubles.
Nota :
a) Le bébé peut n'avoir aucun signe de muguet.
b) Une candidose mammaire peut co-exister avec une autre cause de mamelons douloureux.
Utiliser le violet de gentiane
Nous pensons que le violet de gentiane (combiné avec l'onguent polyvalent pour mamelons, voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes) reste le meilleur traitement en cas de douleur mamelonnaire due au Candida albicans. Il est très souvent efficace rapidement. C'est un traitement salissant, qui tache parfois les vêtements, mais pas la peau. Les lèvres du bébé deviendront violettes, mais cette coloration disparaîtra quelques jours après la fin du traitement. Le violet de gentiane s'achète sans prescription mais ne se trouve pas dans toutes les pharmacies.
1) Environ 10 ml de violet de gentiane suffisent amplement pour toute la durée du traitement.
2) Bon nombre de mères préfèrent l'appliquer juste avant de se coucher, ce qui leur permettra de laisser leurs seins à l'air et évitera de tacher les vêtements. L'endroit où le violet de gentiane sera appliqué sera largement découvert pour la mère comme pour l'enfant. C'est un traitement salissant.
3) Tremper un coton-tige dans la solution.
4) Le donner à sucer au bébé pendant quelques secondes ; en général, le violet de gentiane se répandra rapidement dans sa bouche ; si nécessaire, passer le coton tige dans la bouche du bébé pour couvrir de violet de gentiane l'intérieur des joues et la langue.
5) La mère mettra ensuite immédiatement son bébé au sein : les mamelons seront traités par la même occasion.
6) Si, après la tétée, les lèvres du bébé et les mamelons de la mère sont violets, il n'y a rien de plus à faire. Si un mamelon n'est pas bien coloré, la mère appliquera du violet de gentiane avec un coton-tige. De cette façon, le traitement se fait en une fois.
7) Ce traitement sera répété une fois par jour pendant 3 à 4 jours. Voir le feuillet sur le protocole du traitement de la candidose, pour la durée du traitement.
8) Souvent, un soulagement survient dès les premières heures qui suivent la première application, et la douleur a plus ou moins disparu au bout de 3 jours. Si ce n'est pas le cas, il faudra envisager la possibilité que le problème ne provienne pas d'une candidose (bien que le Candida commence à devenir résistant au violet de gentiane, comme il l'est devenu aux antifongiques les plus courants). Il peut aussi y avoir un autre problème, qui continue à rendre les mamelons douloureux même après disparition de la douleur causée par la candidose. Si après 3 ou 4 jours, la douleur est pratiquement disparue, mais pas complètement, on peut poursuivre l'utilisation du violet de gentiane pendant quelques jours.
9) Tous les objets que le bébé porte à sa bouche (tétines et autres) devront quotidiennement être stérilisés par ébullition ou passés au violet de gentiane. Envisager de supprimer les tétines.
10) Il n'est pas nécessaire de traiter simplement parce que le bébé fait du muguet. On ne traitera que lorsque la présence du Candida induit des manifestations douloureuses chez la mère ou l'enfant. La plupart du temps, le muguet ne pose aucun problème aux bébés.
11) Parfois, il arrive qu'un bébé traité par violet de gentiane développe des lésions buccales douloureuses qui lui feront refuser de prendre le sein. Dans ce cas, ou si le bébé semble avoir mal à la bouche pendant la tétée, il faudra arrêter immédiatement le violet de gentiane, et consulter un professionnel de l'allaitement. Ce problème disparaît dans les 24 heures et le bébé peut reprendre le sein.
Si la candidose récidive, on peut recommencer le traitement décrit ci-dessus. Mais un troisième épisode de candidose devra amener à chercher une cause à cette réinfection. L'origine peut être la mère, qui est porteur chronique du Candida albicans même si elle ne présente aucun signe d'infection ailleurs que sur les mamelons, ou une tétine que l'enfant porte régulièrement à la bouche. Dans le premier cas, un traitement par voie générale, allié au traitement local avec le violet de gentiane, pourra éliminer tout risque de réinfection. Consulter la clinique.
"Using gentian violet" Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Dr. Jack Newman MD, FRCPC, pédiatre -
Le violet de gentiane (solution aqueuse à 1%) est un excellent traitement pour la candidose. Le Candida albicans est un champignon qui peut induire des infections de la peau et des muqueuses (de la bouche, par exemple), tant chez les enfants que chez les adultes. Chez les nourrissons, le Candida est responsable de candidoses buccales (muguet) ou de dermites du siège. Lorsque le Candida colonise les mamelons d'une femme allaitante, il peut induire une symptomatologie douloureuse, tant superficielle que profonde.
La douleur mammaire de la candidose
Cette douleur présente des caractéristiques qui la différencient de la douleur induite par une mauvaise position de l'enfant au sein ou par une succion incorrecte.
1. Elle est souvent à type de brûlure, plutôt que de pincement, d'élancement ou de piqûre comme dans d'autres causes. Cependant, une douleur à type de brûlure peut être due à autre chose qu'une candidose, et une candidose peut induire un autre type de douleur.
2. Le plus souvent, elle dure pendant toute la tétée, voire après la tétée, par contraste avec d'autres causes où la douleur disparaît graduellement pendant la tétée.
3. Elle peut irradier vers l'aisselle ou le dos.
4. Il peut n'y avoir aucune modification au niveau de l'apparence des mamelons ; mais ces derniers peuvent être plus rouges que la normale, la peau peut desquamer, ou être lisse et luisante.
5. Fréquemment, les symptômes surviennent après un intervalle où il n'y avait pas de problème de mamelons douloureux. Cette seule caractéristique est suffisante pour faire préconiser un traitement contre la candidose. Mais cela se voit aussi avec une cause différente, comme les ampoules de lait sur le mamelon, l'eczéma ou d'autres problèmes dermatologiques.
6. Dans certains cas, la mère ou le bébé auront subi récemment une antibiothérapie, mais ce n'est pas obligatoire.
7. La douleur peut être très intense, les mamelons peuvent ou non être le siège de démangeaisons.
8. Le problème peut ne se manifester que dans le sein. La douleur est généralement décrite comme une sensation de brûlure, lancinante. Elle est souvent plus intense après la fin de la tétée, et la nuit. Le sein en lui-même a un aspect normal, il n'y a aucun signe de mastite. Il n'y a aucune raison de prescrire un antibiotique, et ce dernier peut même aggraver les troubles.
Nota :
a) Le bébé peut n'avoir aucun signe de muguet.
b) Une candidose mammaire peut co-exister avec une autre cause de mamelons douloureux.
Utiliser le violet de gentiane
Nous pensons que le violet de gentiane (combiné avec l'onguent polyvalent pour mamelons, voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes) reste le meilleur traitement en cas de douleur mamelonnaire due au Candida albicans. Il est très souvent efficace rapidement. C'est un traitement salissant, qui tache parfois les vêtements, mais pas la peau. Les lèvres du bébé deviendront violettes, mais cette coloration disparaîtra quelques jours après la fin du traitement. Le violet de gentiane s'achète sans prescription mais ne se trouve pas dans toutes les pharmacies.
1) Environ 10 ml de violet de gentiane suffisent amplement pour toute la durée du traitement.
2) Bon nombre de mères préfèrent l'appliquer juste avant de se coucher, ce qui leur permettra de laisser leurs seins à l'air et évitera de tacher les vêtements. L'endroit où le violet de gentiane sera appliqué sera largement découvert pour la mère comme pour l'enfant. C'est un traitement salissant.
3) Tremper un coton-tige dans la solution.
4) Le donner à sucer au bébé pendant quelques secondes ; en général, le violet de gentiane se répandra rapidement dans sa bouche ; si nécessaire, passer le coton tige dans la bouche du bébé pour couvrir de violet de gentiane l'intérieur des joues et la langue.
5) La mère mettra ensuite immédiatement son bébé au sein : les mamelons seront traités par la même occasion.
6) Si, après la tétée, les lèvres du bébé et les mamelons de la mère sont violets, il n'y a rien de plus à faire. Si un mamelon n'est pas bien coloré, la mère appliquera du violet de gentiane avec un coton-tige. De cette façon, le traitement se fait en une fois.
7) Ce traitement sera répété une fois par jour pendant 3 à 4 jours. Voir le feuillet sur le protocole du traitement de la candidose, pour la durée du traitement.
8) Souvent, un soulagement survient dès les premières heures qui suivent la première application, et la douleur a plus ou moins disparu au bout de 3 jours. Si ce n'est pas le cas, il faudra envisager la possibilité que le problème ne provienne pas d'une candidose (bien que le Candida commence à devenir résistant au violet de gentiane, comme il l'est devenu aux antifongiques les plus courants). Il peut aussi y avoir un autre problème, qui continue à rendre les mamelons douloureux même après disparition de la douleur causée par la candidose. Si après 3 ou 4 jours, la douleur est pratiquement disparue, mais pas complètement, on peut poursuivre l'utilisation du violet de gentiane pendant quelques jours.
9) Tous les objets que le bébé porte à sa bouche (tétines et autres) devront quotidiennement être stérilisés par ébullition ou passés au violet de gentiane. Envisager de supprimer les tétines.
10) Il n'est pas nécessaire de traiter simplement parce que le bébé fait du muguet. On ne traitera que lorsque la présence du Candida induit des manifestations douloureuses chez la mère ou l'enfant. La plupart du temps, le muguet ne pose aucun problème aux bébés.
11) Parfois, il arrive qu'un bébé traité par violet de gentiane développe des lésions buccales douloureuses qui lui feront refuser de prendre le sein. Dans ce cas, ou si le bébé semble avoir mal à la bouche pendant la tétée, il faudra arrêter immédiatement le violet de gentiane, et consulter un professionnel de l'allaitement. Ce problème disparaît dans les 24 heures et le bébé peut reprendre le sein.
Si la candidose récidive, on peut recommencer le traitement décrit ci-dessus. Mais un troisième épisode de candidose devra amener à chercher une cause à cette réinfection. L'origine peut être la mère, qui est porteur chronique du Candida albicans même si elle ne présente aucun signe d'infection ailleurs que sur les mamelons, ou une tétine que l'enfant porte régulièrement à la bouche. Dans le premier cas, un traitement par voie générale, allié au traitement local avec le violet de gentiane, pourra éliminer tout risque de réinfection. Consulter la clinique.
Feuillet n° 7 Allaitement et jaunisse (ictère)
Feuillet n° 7 Allaitement et jaunisse (ictère)
Breastfeeding and jaundice - Révisé en janvier 1998, octobre 2000 pour la version française . Dr Jack Newman, MD, FRCPC
L'ictère est causé par l'accumulation dans le sang de la bilirubine, un pigment jaune provenant de la destruction des globules rouges. La destruction des globules rouges est un processus normal, et la bilirubine libérée ne cause habituellement pas d'ictère car le foie la métabolise, et elle est ensuite éliminée dans les selles. L'ictère est toutefois fréquent chez le nouveau-né car le foie, qui fabrique les enzymes métabolisant la bilirubine, est relativement immature. De plus, les globules rouges sont plus nombreux chez les nouveau-nés que chez les adultes ; à la naissance, ils seront détruits en quantité importante. Si le bébé est prématuré, affaibli par une naissance difficile, s'il y a destruction d'un nombre de globules rouges supérieur à la normale (comme cela se produit en cas d'incompatibilité sanguine), ou si sa mère est diabétique, le taux de bilirubine dans le sang sera plus élevé que ce qui est habituellement constaté.
Deux types d'ictère
Le foie métabolise la bilirubine pour qu'elle puisse être éliminée. Si le foie fonctionne mal, à cause notamment de certaines infections, ou en cas d'obstruction des canaux biliaires, la bilirubine modifiée (appelée bilirubine directe ou conjuguée) peut s'accumuler dans le sang et provoquer un ictère. Lorsque cela se produit, la bilirubine conjuguée est éliminée dans les urines qui deviennent foncées. Ces urines brunes sont le signe patent d'un ictère qui n'est pas "ordinaire". L'ictère dû à la bilirubine conjuguée est toujours anormal, fréquemment grave, et il doit faire l'objet d'un examen immédiat et approfondi. Sauf pour de rarissimes cas de maladies métaboliques, l'allaitement peut et doit continuer.
L'accumulation de bilirubine avant sa métabolisation hépatique peut être normale ; c'est l'ictère physiologique. Il commence au 2ème ou 3ème jour, culmine au 3ème ou 4ème jour puis décline et disparaît. Certaines situations, comme une destruction plus rapide que la normale des globules rouges, peuvent toutefois aggraver cet ictère. Comme l'allaitement n'est nullement en cause dans ces situations, il faut le poursuivre. Si, par exemple, le bébé a un ictère grave causée par une destruction trop rapide des globules rouges, ce n'est pas une raison pour interrompre l'allaitement. Il faut le continuer.
L'ictère lié à l'allaitement
Il existe un type d'ictère appelé "ictère lié à l'allaitement". Personne n'en connaît la cause. Pour poser ce diagnostic, il faut que le bébé soit âgé d'au moins une semaine. Il est intéressant de mentionner que nombre de bébés ayant ce type d'ictère ont aussi eu un ictère physiologique, parfois plus important que la normale. Le bébé exclusivement allaité devrait avoir une prise de poids satisfaisante, plusieurs selles quotidiennes, des urines claires et abondantes, et être dans l'ensemble en bonne santé (voir feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait?). Dans un tel cas, le bébé peut avoir un ictère liée à l'allaitement ; des infections urinaires, un dysfonctionnement thyroïdien, ou quelques maladies rares peuvent aussi induire un tableau clinique similaire. L'ictère lié à l'allaitement atteint son apogée entre le 10ème et le 21ème jour, et peut durer deux à trois mois. Ce n'est pas anormal. Il est rarement nécessaire d'arrêter l'allaitement, même temporairement. Rien ne prouve que ce type d'ictère puisse causer un quelconque problème au bébé. Il ne faut pas interrompre l'allaitement sous prétexte "d'établir un diagnostic". Si le bébé exclusivement allaité se porte bien, rien ne justifie la suspension de l'allaitement ou la supplémentation avec un dispositif d'aide à l'allaitement. L'idée que quelque chose ne va pas chez les bébés souffrant d'ictère provient du fait que l'on compare les bébés allaités aux bébés nourris au lait industriel, et que ce qui est constaté chez ces derniers est considéré comme la norme à laquelle les bébés allaités doivent se conformer. Cette manière de penser, presque universellement répandue parmi les professionnels de la santé, va à l'encontre de la logique même. Il est vrai que les bébés nourris au lait industriel présentent rarement un ictère après J7 ; lorsque c'est le cas, il y a généralement un problème médical. On s'inquiète donc pour les bébés ayant un ictère lié à l'allaitement, et on tient à "faire quelque chose". Pourtant, selon notre expérience, la plupart des bébés exclusivement allaités qui sont en parfaite santé et dont la prise de poids est bonne présentent encore des signes d'ictère à cinq ou six semaines post-partum, voire même plus tard. En fait, la question devrait être : "Est-il normal de ne pas constater d'ictère, et devrait-on s'en inquiéter?" Il ne faut pas interrompre l'allaitement à cause d'un ictère.
L'ictère du bébé qui ne reçoit pas assez de lait
Des taux de bilirubine supérieurs à la normale ou un ictère prolongé peuvent survenir si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait. Une montée de lait tardive, des routines hospitalières qui limitent l'allaitement, ou, plus souvent encore, une mauvaise prise du sein par l'enfant, peuvent avoir pour conséquence une absorption insuffisante de lait par le bébé (voir le feuillet n° 4, Le bébé prend-il assez de lait?). Lorsque le bébé reçoit trop peu de lait, ses selles deviennent rares et peu abondantes. Ceci provoque la réabsorption dans le sang de la bilirubine présente dans le tube digestif du bébé, ce qui limite son élimination dans les selles. Évidemment, la meilleure façon d'éviter l'ictère causé par une absorption insuffisante de lait est un bon démarrage de l'allaitement (voir feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). La solution pour ce type d'ictère n'est certainement pas de cesser l'allaitement pour donner des biberons. Si le bébé tète correctement, des tétées plus fréquentes peuvent suffire à résoudre le problème sans qu'il soit nécessaire de faire quoi que ce soit d'autre. Par contre, si le bébé tète mal, une correction de la mise au sein lui permettra de téter plus efficacement et de recevoir davantage de lait. La compression du sein peut aussi être utile pour aider le bébé à obtenir plus de lait (voir le feuillet n° 15, La compression du sein). Si l'amélioration de la mise au sein et la compression du sein ne règlent pas le problème, on peut utiliser un dispositif d'aide à l'allaitement pour la supplémentation (voir le feuillet n° 5, Utilisation d'un DAL).
La photothérapie
La photothérapie augmente les besoins hydriques du bébé. Si le bébé tète bien, des tétées plus fréquentes suffiront à satisfaire ces besoins accrus. Cependant, s'il semble nécessaire de donner au bébé des liquides supplémentaires, il est préférable d'utiliser un dispositif d'aide à l'allaitement contenant du lait maternel exprimé, de l'eau sucrée ou un mélange des deux, plutôt que de donner des compléments de lait industriel.
Breastfeeding and jaundice - Révisé en janvier 1998, octobre 2000 pour la version française . Dr Jack Newman, MD, FRCPC
L'ictère est causé par l'accumulation dans le sang de la bilirubine, un pigment jaune provenant de la destruction des globules rouges. La destruction des globules rouges est un processus normal, et la bilirubine libérée ne cause habituellement pas d'ictère car le foie la métabolise, et elle est ensuite éliminée dans les selles. L'ictère est toutefois fréquent chez le nouveau-né car le foie, qui fabrique les enzymes métabolisant la bilirubine, est relativement immature. De plus, les globules rouges sont plus nombreux chez les nouveau-nés que chez les adultes ; à la naissance, ils seront détruits en quantité importante. Si le bébé est prématuré, affaibli par une naissance difficile, s'il y a destruction d'un nombre de globules rouges supérieur à la normale (comme cela se produit en cas d'incompatibilité sanguine), ou si sa mère est diabétique, le taux de bilirubine dans le sang sera plus élevé que ce qui est habituellement constaté.
Deux types d'ictère
Le foie métabolise la bilirubine pour qu'elle puisse être éliminée. Si le foie fonctionne mal, à cause notamment de certaines infections, ou en cas d'obstruction des canaux biliaires, la bilirubine modifiée (appelée bilirubine directe ou conjuguée) peut s'accumuler dans le sang et provoquer un ictère. Lorsque cela se produit, la bilirubine conjuguée est éliminée dans les urines qui deviennent foncées. Ces urines brunes sont le signe patent d'un ictère qui n'est pas "ordinaire". L'ictère dû à la bilirubine conjuguée est toujours anormal, fréquemment grave, et il doit faire l'objet d'un examen immédiat et approfondi. Sauf pour de rarissimes cas de maladies métaboliques, l'allaitement peut et doit continuer.
L'accumulation de bilirubine avant sa métabolisation hépatique peut être normale ; c'est l'ictère physiologique. Il commence au 2ème ou 3ème jour, culmine au 3ème ou 4ème jour puis décline et disparaît. Certaines situations, comme une destruction plus rapide que la normale des globules rouges, peuvent toutefois aggraver cet ictère. Comme l'allaitement n'est nullement en cause dans ces situations, il faut le poursuivre. Si, par exemple, le bébé a un ictère grave causée par une destruction trop rapide des globules rouges, ce n'est pas une raison pour interrompre l'allaitement. Il faut le continuer.
L'ictère lié à l'allaitement
Il existe un type d'ictère appelé "ictère lié à l'allaitement". Personne n'en connaît la cause. Pour poser ce diagnostic, il faut que le bébé soit âgé d'au moins une semaine. Il est intéressant de mentionner que nombre de bébés ayant ce type d'ictère ont aussi eu un ictère physiologique, parfois plus important que la normale. Le bébé exclusivement allaité devrait avoir une prise de poids satisfaisante, plusieurs selles quotidiennes, des urines claires et abondantes, et être dans l'ensemble en bonne santé (voir feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait?). Dans un tel cas, le bébé peut avoir un ictère liée à l'allaitement ; des infections urinaires, un dysfonctionnement thyroïdien, ou quelques maladies rares peuvent aussi induire un tableau clinique similaire. L'ictère lié à l'allaitement atteint son apogée entre le 10ème et le 21ème jour, et peut durer deux à trois mois. Ce n'est pas anormal. Il est rarement nécessaire d'arrêter l'allaitement, même temporairement. Rien ne prouve que ce type d'ictère puisse causer un quelconque problème au bébé. Il ne faut pas interrompre l'allaitement sous prétexte "d'établir un diagnostic". Si le bébé exclusivement allaité se porte bien, rien ne justifie la suspension de l'allaitement ou la supplémentation avec un dispositif d'aide à l'allaitement. L'idée que quelque chose ne va pas chez les bébés souffrant d'ictère provient du fait que l'on compare les bébés allaités aux bébés nourris au lait industriel, et que ce qui est constaté chez ces derniers est considéré comme la norme à laquelle les bébés allaités doivent se conformer. Cette manière de penser, presque universellement répandue parmi les professionnels de la santé, va à l'encontre de la logique même. Il est vrai que les bébés nourris au lait industriel présentent rarement un ictère après J7 ; lorsque c'est le cas, il y a généralement un problème médical. On s'inquiète donc pour les bébés ayant un ictère lié à l'allaitement, et on tient à "faire quelque chose". Pourtant, selon notre expérience, la plupart des bébés exclusivement allaités qui sont en parfaite santé et dont la prise de poids est bonne présentent encore des signes d'ictère à cinq ou six semaines post-partum, voire même plus tard. En fait, la question devrait être : "Est-il normal de ne pas constater d'ictère, et devrait-on s'en inquiéter?" Il ne faut pas interrompre l'allaitement à cause d'un ictère.
L'ictère du bébé qui ne reçoit pas assez de lait
Des taux de bilirubine supérieurs à la normale ou un ictère prolongé peuvent survenir si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait. Une montée de lait tardive, des routines hospitalières qui limitent l'allaitement, ou, plus souvent encore, une mauvaise prise du sein par l'enfant, peuvent avoir pour conséquence une absorption insuffisante de lait par le bébé (voir le feuillet n° 4, Le bébé prend-il assez de lait?). Lorsque le bébé reçoit trop peu de lait, ses selles deviennent rares et peu abondantes. Ceci provoque la réabsorption dans le sang de la bilirubine présente dans le tube digestif du bébé, ce qui limite son élimination dans les selles. Évidemment, la meilleure façon d'éviter l'ictère causé par une absorption insuffisante de lait est un bon démarrage de l'allaitement (voir feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). La solution pour ce type d'ictère n'est certainement pas de cesser l'allaitement pour donner des biberons. Si le bébé tète correctement, des tétées plus fréquentes peuvent suffire à résoudre le problème sans qu'il soit nécessaire de faire quoi que ce soit d'autre. Par contre, si le bébé tète mal, une correction de la mise au sein lui permettra de téter plus efficacement et de recevoir davantage de lait. La compression du sein peut aussi être utile pour aider le bébé à obtenir plus de lait (voir le feuillet n° 15, La compression du sein). Si l'amélioration de la mise au sein et la compression du sein ne règlent pas le problème, on peut utiliser un dispositif d'aide à l'allaitement pour la supplémentation (voir le feuillet n° 5, Utilisation d'un DAL).
La photothérapie
La photothérapie augmente les besoins hydriques du bébé. Si le bébé tète bien, des tétées plus fréquentes suffiront à satisfaire ces besoins accrus. Cependant, s'il semble nécessaire de donner au bébé des liquides supplémentaires, il est préférable d'utiliser un dispositif d'aide à l'allaitement contenant du lait maternel exprimé, de l'eau sucrée ou un mélange des deux, plutôt que de donner des compléments de lait industriel.
Feuillet n° 8 L'alimentation au doigt
Feuillet n° 8 L'alimentation au doigt
Finger Feeding. Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation -
L'alimentation au doigt permet de nourrir un bébé et de lui montrer à prendre le sein tout en évitant les tétines artificielles. Pour réussir à allaiter, il est en effet préférable de ne pas donner de tétines artificielles tant que la production lactée n'est pas bien établie. On peut recourir à l'alimentation au doigt quand :
1. Le bébé refuse le sein, pour une raison ou pour une autre, ou alors, quand il s'endort trop au sein pour bien téter. C'est une bonne méthode pour réveiller les bébés dormeurs.
2. Le bébé ne semble pas bien prendre le sein, et ne boit donc pas suffisamment de lait. (En effet, s'il le prenait bien, on pourrait utiliser un dispositif d'aide à la lactation)
3. Le bébé et la mère sont séparés, pour quelque raison que ce soit. Dans ce cas, le gobelet est toutefois préférable pour alimenter le nourrisson.
4. L'allaitement doit être suspendu temporairement. Il y a toutefois très peu de bonnes raisons d'interrompre l'allaitement (voir le feuillet no 9, Vous pouvez continuer à allaiter).
5. Les mamelons sont si douloureux qu'on ne peut mettre le bébé au sein. L'alimentation au doigt pendant quelques jours peut permettre la cicatrisation des mamelons sans par ailleurs aggraver la situation en habituant le bébé à une tétine artificielle. Bien qu'elle ne soit qu'un dernier recours, l'alimentation au gobelet est toutefois plus appropriée en pareil cas, tout en étant plus rapide. Une bonne position et une bonne prise contribuent toutefois davantage à la guérison des mamelons que ces méthodes d'alimentation (voir le feuillet no 3, Les mamelons douloureux).
L'alimentation au doigt ressemble plus à l'alimentation au sein que l'emploi de biberons. En effet, pour s'alimenter au doigt, le bébé doit placer sa langue en bas et par-dessus les gencives, la bouche grande ouverte (plus le doigt est gros, mieux ce sera) et la mâchoire avancée. De plus, les mouvements de la langue et de la mâchoire sont semblables à ceux de la tétée. L'alimentation au doigt est un bon moyen de préparer le bébé à l'allaitement. Il faut y recourir une ou deux minutes avant de mettre le bébé au sein, quand il l'a refusé. L'alimentation au gobelet est plus facile et plus rapide, quand la mère n'est pas là pour nourrir l'enfant ou pour finir le repas, si l'alimentation au doigt est lente.
Nota : Si le bébé prend le sein, le dispositif d'aide à la lactation, utilisé au sein, est certainement préférable quand un supplément est vraiment nécessaire. (Voir le feuillet no 5, Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation).
Comment faire (il vaut mieux apprendre par démonstration et par la pratique) ?
1. Se laver les mains. Il est préférable que l'ongle du doigt utilisé soit coupé court.
2. Se placer confortablement, et mettre le bébé à son aise. Asseoir à demi le bébé devant soi, sur ses cuisses, et lui soutenir la tête et les épaules d'une main. En fait, toute position confortable pour soi et pour le bébé peut convenir, si elle permet de garder le doigt bien à plat dans la bouche du bébé.
3. Il faut un dispositif d'aide à la lactation : tube d'alimentation (no 5F, de 36 po ou env. 1 m) et un biberon contenant du lait maternel, de l'eau sucrée ou du lait artificiel, selon les circonstances. Le tube passe dans le trou élargi de la tétine et est immergé dans le liquide.
4. Placer le tube sur la partie charnue du doigt (index ou autre), l'extrémité ne dépassant pas le bout du doigt. Pour plus de facilité, prendre la partie courbée du tube entre le pouce et le majeur, puis placer l'index sous le tube. Si on le fait bien, il ne sera pas nécessaire de coller le tube sur l'index.
5. Chatouiller doucement la lèvre du bébé avec le doigt portant le tube, jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche suffisamment pour que le doigt y entre. Si le bébé est trop endormi, mais doit être nourri, on peut glisser doucement le doigt dans sa bouche. Habituellement, il devrait commencer à téter même s'il est endormi et l'afflux de liquide dans sa bouche le réveillera.
6. Insérer le doigt dans la bouche, la partie charnue vers le palais. Garder le doigt aussi droit que possible. Normalement, le bébé commence à téter le doigt, et le laisse entrer assez profondément. Le bébé n'aura pas de haut-le-cœur, même si le doigt est placé loin dans sa bouche, à moins qu'il soit repu ou qu'il soit habitué aux biberons.
7. Si la lèvre inférieure est aspirée à l'intérieur de la bouche, tirer sur le menton.
8. Quand le bébé boit, tout va. Si le débit est trop lent, soulever le biberon au-dessus de la tête du bébé. Essayer de garder le doigt bien droit, en appuyant sur la langue du bébé. Ne pas pointer le doigt vers le haut, mais le garder droit, en aplatissant la langue du bébé et en faisant avancer sa mâchoire.
9. L'alimentation au doigt avec une seringue servant à pousser le liquide dans la bouche du bébé est à mon avis trop difficile sans aide et certainement moins efficace que la méthode du biberon dont le trou de la tétine a été agrandi pour qu'y passe le tube.
Si le bébé prend mal le sein, ou tète mal, rappelez-vous que c'est toujours plus difficile s'il est affamé. On peut calmer un peu son appétit en l'alimentant au doigt une minute ou deux. Un fois apaisé, quand il tète bien au doigt (après environ une minute), offrez de nouveau le sein. Si c'est encore difficile, ne vous découragez pas. Revenez à l'alimentation au doigt et remettez-le de nouveau au sein plus tard pendant la même tétée ou à la prochaine. Cette méthode fonctionne bien, habituellement, mais elle ne porte fruit qu'après quelques jours, parfois même une semaine ou plus.
Si vous alimentez le bébé au doigt au départ de l'hôpital ou de la maternité, prenez rendez-vous à la clinique pour le lendemain de la sortie. Le plus tôt sera le mieux.
Une fois que le bébé prend le sein, il pourrait avoir besoin de suppléments donnés avec le DAL pendant quelques temps encore. Même s'il prend le sein, la prise peut ne pas être idéale, et la tétée insuffisamment efficace pour assurer une alimentation satisfaisante.
Finger Feeding. Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation -
L'alimentation au doigt permet de nourrir un bébé et de lui montrer à prendre le sein tout en évitant les tétines artificielles. Pour réussir à allaiter, il est en effet préférable de ne pas donner de tétines artificielles tant que la production lactée n'est pas bien établie. On peut recourir à l'alimentation au doigt quand :
1. Le bébé refuse le sein, pour une raison ou pour une autre, ou alors, quand il s'endort trop au sein pour bien téter. C'est une bonne méthode pour réveiller les bébés dormeurs.
2. Le bébé ne semble pas bien prendre le sein, et ne boit donc pas suffisamment de lait. (En effet, s'il le prenait bien, on pourrait utiliser un dispositif d'aide à la lactation)
3. Le bébé et la mère sont séparés, pour quelque raison que ce soit. Dans ce cas, le gobelet est toutefois préférable pour alimenter le nourrisson.
4. L'allaitement doit être suspendu temporairement. Il y a toutefois très peu de bonnes raisons d'interrompre l'allaitement (voir le feuillet no 9, Vous pouvez continuer à allaiter).
5. Les mamelons sont si douloureux qu'on ne peut mettre le bébé au sein. L'alimentation au doigt pendant quelques jours peut permettre la cicatrisation des mamelons sans par ailleurs aggraver la situation en habituant le bébé à une tétine artificielle. Bien qu'elle ne soit qu'un dernier recours, l'alimentation au gobelet est toutefois plus appropriée en pareil cas, tout en étant plus rapide. Une bonne position et une bonne prise contribuent toutefois davantage à la guérison des mamelons que ces méthodes d'alimentation (voir le feuillet no 3, Les mamelons douloureux).
L'alimentation au doigt ressemble plus à l'alimentation au sein que l'emploi de biberons. En effet, pour s'alimenter au doigt, le bébé doit placer sa langue en bas et par-dessus les gencives, la bouche grande ouverte (plus le doigt est gros, mieux ce sera) et la mâchoire avancée. De plus, les mouvements de la langue et de la mâchoire sont semblables à ceux de la tétée. L'alimentation au doigt est un bon moyen de préparer le bébé à l'allaitement. Il faut y recourir une ou deux minutes avant de mettre le bébé au sein, quand il l'a refusé. L'alimentation au gobelet est plus facile et plus rapide, quand la mère n'est pas là pour nourrir l'enfant ou pour finir le repas, si l'alimentation au doigt est lente.
Nota : Si le bébé prend le sein, le dispositif d'aide à la lactation, utilisé au sein, est certainement préférable quand un supplément est vraiment nécessaire. (Voir le feuillet no 5, Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation).
Comment faire (il vaut mieux apprendre par démonstration et par la pratique) ?
1. Se laver les mains. Il est préférable que l'ongle du doigt utilisé soit coupé court.
2. Se placer confortablement, et mettre le bébé à son aise. Asseoir à demi le bébé devant soi, sur ses cuisses, et lui soutenir la tête et les épaules d'une main. En fait, toute position confortable pour soi et pour le bébé peut convenir, si elle permet de garder le doigt bien à plat dans la bouche du bébé.
3. Il faut un dispositif d'aide à la lactation : tube d'alimentation (no 5F, de 36 po ou env. 1 m) et un biberon contenant du lait maternel, de l'eau sucrée ou du lait artificiel, selon les circonstances. Le tube passe dans le trou élargi de la tétine et est immergé dans le liquide.
4. Placer le tube sur la partie charnue du doigt (index ou autre), l'extrémité ne dépassant pas le bout du doigt. Pour plus de facilité, prendre la partie courbée du tube entre le pouce et le majeur, puis placer l'index sous le tube. Si on le fait bien, il ne sera pas nécessaire de coller le tube sur l'index.
5. Chatouiller doucement la lèvre du bébé avec le doigt portant le tube, jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche suffisamment pour que le doigt y entre. Si le bébé est trop endormi, mais doit être nourri, on peut glisser doucement le doigt dans sa bouche. Habituellement, il devrait commencer à téter même s'il est endormi et l'afflux de liquide dans sa bouche le réveillera.
6. Insérer le doigt dans la bouche, la partie charnue vers le palais. Garder le doigt aussi droit que possible. Normalement, le bébé commence à téter le doigt, et le laisse entrer assez profondément. Le bébé n'aura pas de haut-le-cœur, même si le doigt est placé loin dans sa bouche, à moins qu'il soit repu ou qu'il soit habitué aux biberons.
7. Si la lèvre inférieure est aspirée à l'intérieur de la bouche, tirer sur le menton.
8. Quand le bébé boit, tout va. Si le débit est trop lent, soulever le biberon au-dessus de la tête du bébé. Essayer de garder le doigt bien droit, en appuyant sur la langue du bébé. Ne pas pointer le doigt vers le haut, mais le garder droit, en aplatissant la langue du bébé et en faisant avancer sa mâchoire.
9. L'alimentation au doigt avec une seringue servant à pousser le liquide dans la bouche du bébé est à mon avis trop difficile sans aide et certainement moins efficace que la méthode du biberon dont le trou de la tétine a été agrandi pour qu'y passe le tube.
Si le bébé prend mal le sein, ou tète mal, rappelez-vous que c'est toujours plus difficile s'il est affamé. On peut calmer un peu son appétit en l'alimentant au doigt une minute ou deux. Un fois apaisé, quand il tète bien au doigt (après environ une minute), offrez de nouveau le sein. Si c'est encore difficile, ne vous découragez pas. Revenez à l'alimentation au doigt et remettez-le de nouveau au sein plus tard pendant la même tétée ou à la prochaine. Cette méthode fonctionne bien, habituellement, mais elle ne porte fruit qu'après quelques jours, parfois même une semaine ou plus.
Si vous alimentez le bébé au doigt au départ de l'hôpital ou de la maternité, prenez rendez-vous à la clinique pour le lendemain de la sortie. Le plus tôt sera le mieux.
Une fois que le bébé prend le sein, il pourrait avoir besoin de suppléments donnés avec le DAL pendant quelques temps encore. Même s'il prend le sein, la prise peut ne pas être idéale, et la tétée insuffisamment efficace pour assurer une alimentation satisfaisante.
Feuillet n° 9 Vous pouvez continuer à allaiter
Feuillet n° 9 Vous pouvez continuer à allaiter
Yeu Soul Continue Breastfeeding (1) Drus and Breastfeeding Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Au fil du temps, des dizaines et des dizaines de femmes se sont entendu dire - à tort - qu'elles devaient interrompre leur allaitement. La décision de poursuivre ou non l'allaitement quand la mère doit par exemple prendre un médicament, ne dépend pas uniquement du fait de savoir si ce médicament passe ou non dans le lait de la mère. Une telle décision impose aussi de prendre en considération les risques liés au lait artificiel pour le bébé - risques qui sont considérables -, de prendre aussi en compte les risques que comporte pour la mère l'interruption de l'allaitement et qui sont également considérables, et bien d'autres problèmes encore. Par exemple, nourrir un bébé allaité à l'aide d'un biberon pendant la période où sa mère est en traitement (rarement moins de cinq jours) débouchera très souvent sur le refus définitif du sein chez ce bébé ou au moins sur des difficultés importantes avec ce bébé lorsqu'il est au sein. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que certains bébés refusent de prendre le biberon, si bien que le conseil donné d'abandonner l'allaitement est non seulement le plus souvent mauvais, mais en plus impossible à mettre en pratique. Pourtant, il est facile de conseiller à une mère de tirer son lait lorsqu'elle ne nourrit pas directement son enfant; mais tirer efficacement son lait est souvent très difficile pour certaines mères et provoque chez celles-ci des engorgements très douloureux, ce qui peut conduire à de sérieuses complications.
Allaitement et prise de médicaments par la mère
La plupart des médicaments passent dans le lait, mais seulement en très faibles quantités. Bien qu'un très petit nombre de médicaments puisse vraiment causer des problèmes aux bébés, même présents dans le lait à très faibles doses, ceci n'est pas vrai pour l'écrasante majorité des médicaments. Les mères à qui on dit d'interrompre l'allaitement à cause d'un médicament précis, devraient demander à ce qu'on leur en prescrive un autre similaire qui soit compatible avec l'allaitement. De nos jours, il est rarement problématique de pouvoir offrir une telle alternative. Si le médecin prescripteur ne sait comment procéder, il devrait pouvoir s'informer. S'il ne se prête pas à la discussion, la mère devrait chercher un autre avis.
La plupart des médicaments peuvent être considérés comme étant sans danger pour la mère qui poursuit l'allaitement si les conditions suivantes sont remplies :
1. ces médicaments sont communément prescrits aux enfants. Exemples : l'amouillante, la cloxacilline, la plupart des antibiotiques.
2. ces médicaments sont considérés comme sans danger pendant la grossesse. Les médicaments entrent en effet directement dans le système sanguin du bébé lorsqu'ils sont pris pendant la grossesse. Le bébé absorbe généralement des doses beaucoup plus élevées à une période beaucoup plus critique de son développement lorsque ces médicaments sont pris pendant la grossesse plutôt que pendant l'allaitement. Cependant, ce n'est pas une règle absolue, puisque durant la grossesse, le foie et les reins de la mère peuvent éliminer le médicament pour le bébé.
3. ces médicaments ne sont pas absorbés par l'estomac ou les intestins. Ceci vaut pour beaucoup de médicaments administrés par injection. Exemples : la gentamicine, l'héparine, la lidocaïne ou autres anesthésiques locaux utilisés par les dentistes.
Les médicaments suivants, fréquemment utilisés, sont eux aussi généralement sans danger pendant l'allaitement : l'acétaminophène (Tylenol, Tempra), l'alcool (à doses raisonnables), l'aspirine (dans les limites habituelles de la posologie et pendant de brèves périodes), la plupart des anti-épileptiques, la plupart des anti-hypertenseurs, la tétracycline, la codéine, la plupart des anti-inflammatoires non-stéroïdiens, la prednisone, la thyroxine, le propylthiouracile (PTU), la warfarine, les anti-dépresseurs tricycliques, la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Paxil), d'autres anti-dépresseurs, le métronidazole (Flagyl), Nix, Kwellada.
Les médicaments appliqués sur la peau, instillés ou appliqués sur les yeux ou le nez, sont presque toujours inoffensifs en cas d'allaitement.
Vous pouvez continuer à allaiter après une anesthésie générale, régionale ou locale, dès que vous êtes en mesure de le faire. Les médicaments que vous pouvez ensuite être amenée à prendre contre la douleur sont presque toujours autorisés. Les vaccins inoculés à la mère n'imposent pas qu'elle arrête l'allaitement (même lorsqu'il s'agit de virus vivants comme dans le cas de la rubéole, de l'hépatite A et de l'hépatite B).
Informez-vous de manière fiable avant d'arrêter l'allaitement ! Une fois que vous l'avez interrompu, il peut être très difficile à relancer, spécialement si le bébé est très jeune.
Allaitement et maladie de la mère
Très peu de maladies de la mère imposent à celle-ci d'arrêter l'allaitement. C'est particulièrement vrai des infections. La plupart des infections sont causées par des virus. La plupart des infections causées par des virus sont très contagieuses avant que la mère réalise qu'elle est malade. Au moment où la mère a de la fièvre (ou est enrhumée, a le nez qui coule, la diarrhée, des vomissements, une éruption, etc…), elle a déjà contaminé son bébé. Cependant, l'allaitement protège le bébé contre l'infection, et la mère devrait donc poursuivre l'allaitement dans le but de protéger son bébé. Si le bébé tombe malade, il est généralement moins malade que si l'allaitement a été interrompu. Mais souvent, les mères sont agréablement surprises de voir que leurs bébés ne tombent pas malades du tout. Le bébé a été protégé par le fait que sa mère a continué à l'allaiter.
La seule exception à ce qui vient d'être dit, c'est le cas de l'infection de la mère par le virus du sida. Jusqu'à plus ample informé, on considère qu'il est moins dangereux pour le bébé d'une mère séropositive de n'être pas allaité, du moins là où les risques liés à l'alimentation au biberon sont relativement peu élevés. Toutefois, il y a des situations, même au Canada, où le risque lié au non-allaitement est suffisamment élevé pour qu'une mère séropositive soit tout de même amenée à allaiter son bébé. Quoi qu'il en soit, on n'a pas encore de solution définitive à ce problème.
La plupart des autres maladies de la mère soulèvent des questions à cause des médicaments que la mère peut être amenée à prendre. Ceux-ci ne devraient que rarement poser un problème (voir plus haut).
Rayons X et scanners : les radios simples ne demandent pas que la mère arrête l'allaitement, même si un produit de contraste est utilisé (par exemple en cas de PVI). De même pour une radio TC, une IRM, même avec produit de contraste, et pour un examen radioactif (par exemple radio du poumon, radio des os). La seule exception est la radio de la thyroïde. Quoi qu'il en soit, dans ce cas, il n'est le plus souvent pas absolument nécessaire de pratiquer l'examen (voir plus bas).
Un problème assez fréquent dans les premiers mois après l'accouchement est un phénomène appelé thyroïdite du post-partum, une perturbation temporaire dans le fonctionnement de la glande thyroïdienne. Un examen très utile pour aider à comprendre ce phénomène est la radio de la thyroïde. Il implique toutefois que de l'iode radioactif soit administré à la mère, et on ne peut donner cette substance à des mères qui allaitent. L'iode radioactif se retrouve dans le lait pendant des semaines et est concentré dans la thyroïde du bébé. Il y a toutefois des moyens de prendre en charge ces thyroïdites du post-partum sans pratiquer cet examen. Les médicaments qu'une mère peut être amenée à prendre pour traiter la thyroïdite du post-partum sont compatibles avec la poursuite de l'allaitement (par exemple propanolole, propylthiouracile).
Les problèmes liés au sein
Les lymphangites (infections du sein) et abcès du sein ne sont pas des raisons suffisantes pour arrêter un allaitement. Bien qu'il soit plus difficile d'intervenir chirurgicalement sur un sein en cours d'allaitement, le geste chirurgical n'est pas nécessairement facilité par le fait que la mère arrête d'allaiter son enfant, puisque le lait continue à se former pendant des semaines après l'arrêt de l'allaitement.
Les mammographies sont plus difficiles à lire si la mère allaite, mais elles peuvent tout de même être utiles. Et une fois encore, combien de temps une mère doit-elle attendre avant que l'on considère que ses seins ne sont plus en période de lactation ? Il existe d'autres moyens d'examiner une grosseur dans un sein que la mammographie. Discutez des possibilités avec votre médecin ! Faites-lui savoir qu'il est important pour vous d'allaiter. Une biopsie du sein, par exemple, peut être pratiquée sur une grosseur qui inquiète.
Nouvelle grossesse
Il n'y a pas de raison pour que vous ne puissiez pas continuer à allaiter si vous êtes enceinte. Rien ne prouve qu'en continuant à allaiter, vous vous faites tort à vous-même, au bébé dans votre utérus ou à celui que vous allaitez. Si vous souhaitez arrêter l'allaitement, prenez votre temps et sevrez en douceur.
Les problèmes liés à l'allaitement
Il est rarement nécessaire d'interrompre l'allaitement en raison d'une maladie de l'enfant. En allaitant son enfant, la mère peut réconforter le petit malade et en même temps, l'enfant peut réconforter sa mère.
1. Diarrhée et vomissements. Les infections intestinales sont rares chez les bébés exclusivement nourris au sein (bien que les selles soient très fréquentes chez les bébés exclusivement nourris au sein). Dans ces conditions, le meilleur traitement dans le cas où le bébé est atteint de diarrhée, c'est de continuer à l'allaiter. Le bébé se rétablira bien plus vite s'il est nourri au lait maternel. Le bébé s'en sortira très bien uniquement avec du lait maternel dans la grande majorité des cas, et il ne faudra lui administrer des liquides supplémentaires que dans des cas exceptionnels.
2. Maladies respiratoires. Il existe un mythe médical selon lequel il ne faudrait pas donner de lait à des enfants ayant contracté des infections respiratoires. Que ce soit vrai ou non pour le lait, il est absolument certain que c'est faux dans le cas du lait maternel (et de l'allaitement).
3. Jaunisse. Les bébés exclusivement nourris au sein contractent souvent une jaunisse, même jusque dans le troisième mois, bien que généralement, il soit difficile de distinguer la couleur jaune de la peau. Loin de constituer un problème, ceci est un phénomène normal.(Il y a des causes de jaunisse qui ne sont pas normales, mais elles n'imposent pas d'arrêter l'allaitement). Si l'allaitement se passe bien, la jaunisse n'impose pas que le bébé arrête de téter. Si l'allaitement se passe mal, le poursuivre coûte que coûte améliorera la jaunisse, tandis qu'arrêter l'allaitement, même pour très peu de temps, le détruira complètement. Arrêter l'allaitement ne constitue pas une réponse adaptée (voir le dossier n° 7 : Allaitement et jaunisse).
Si la question que vous désirez poser n'est pas traitée ci-dessus, n'en concluez pas que vous devez interrompre votre allaitement. N'arrêtez pas d'allaiter et renseignez-vous. On a dit à des mères d'arrêter l'allaitement pour des raisons trop ineptes pour être discutées !
Yeu Soul Continue Breastfeeding (1) Drus and Breastfeeding Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Au fil du temps, des dizaines et des dizaines de femmes se sont entendu dire - à tort - qu'elles devaient interrompre leur allaitement. La décision de poursuivre ou non l'allaitement quand la mère doit par exemple prendre un médicament, ne dépend pas uniquement du fait de savoir si ce médicament passe ou non dans le lait de la mère. Une telle décision impose aussi de prendre en considération les risques liés au lait artificiel pour le bébé - risques qui sont considérables -, de prendre aussi en compte les risques que comporte pour la mère l'interruption de l'allaitement et qui sont également considérables, et bien d'autres problèmes encore. Par exemple, nourrir un bébé allaité à l'aide d'un biberon pendant la période où sa mère est en traitement (rarement moins de cinq jours) débouchera très souvent sur le refus définitif du sein chez ce bébé ou au moins sur des difficultés importantes avec ce bébé lorsqu'il est au sein. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que certains bébés refusent de prendre le biberon, si bien que le conseil donné d'abandonner l'allaitement est non seulement le plus souvent mauvais, mais en plus impossible à mettre en pratique. Pourtant, il est facile de conseiller à une mère de tirer son lait lorsqu'elle ne nourrit pas directement son enfant; mais tirer efficacement son lait est souvent très difficile pour certaines mères et provoque chez celles-ci des engorgements très douloureux, ce qui peut conduire à de sérieuses complications.
Allaitement et prise de médicaments par la mère
La plupart des médicaments passent dans le lait, mais seulement en très faibles quantités. Bien qu'un très petit nombre de médicaments puisse vraiment causer des problèmes aux bébés, même présents dans le lait à très faibles doses, ceci n'est pas vrai pour l'écrasante majorité des médicaments. Les mères à qui on dit d'interrompre l'allaitement à cause d'un médicament précis, devraient demander à ce qu'on leur en prescrive un autre similaire qui soit compatible avec l'allaitement. De nos jours, il est rarement problématique de pouvoir offrir une telle alternative. Si le médecin prescripteur ne sait comment procéder, il devrait pouvoir s'informer. S'il ne se prête pas à la discussion, la mère devrait chercher un autre avis.
La plupart des médicaments peuvent être considérés comme étant sans danger pour la mère qui poursuit l'allaitement si les conditions suivantes sont remplies :
1. ces médicaments sont communément prescrits aux enfants. Exemples : l'amouillante, la cloxacilline, la plupart des antibiotiques.
2. ces médicaments sont considérés comme sans danger pendant la grossesse. Les médicaments entrent en effet directement dans le système sanguin du bébé lorsqu'ils sont pris pendant la grossesse. Le bébé absorbe généralement des doses beaucoup plus élevées à une période beaucoup plus critique de son développement lorsque ces médicaments sont pris pendant la grossesse plutôt que pendant l'allaitement. Cependant, ce n'est pas une règle absolue, puisque durant la grossesse, le foie et les reins de la mère peuvent éliminer le médicament pour le bébé.
3. ces médicaments ne sont pas absorbés par l'estomac ou les intestins. Ceci vaut pour beaucoup de médicaments administrés par injection. Exemples : la gentamicine, l'héparine, la lidocaïne ou autres anesthésiques locaux utilisés par les dentistes.
Les médicaments suivants, fréquemment utilisés, sont eux aussi généralement sans danger pendant l'allaitement : l'acétaminophène (Tylenol, Tempra), l'alcool (à doses raisonnables), l'aspirine (dans les limites habituelles de la posologie et pendant de brèves périodes), la plupart des anti-épileptiques, la plupart des anti-hypertenseurs, la tétracycline, la codéine, la plupart des anti-inflammatoires non-stéroïdiens, la prednisone, la thyroxine, le propylthiouracile (PTU), la warfarine, les anti-dépresseurs tricycliques, la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Paxil), d'autres anti-dépresseurs, le métronidazole (Flagyl), Nix, Kwellada.
Les médicaments appliqués sur la peau, instillés ou appliqués sur les yeux ou le nez, sont presque toujours inoffensifs en cas d'allaitement.
Vous pouvez continuer à allaiter après une anesthésie générale, régionale ou locale, dès que vous êtes en mesure de le faire. Les médicaments que vous pouvez ensuite être amenée à prendre contre la douleur sont presque toujours autorisés. Les vaccins inoculés à la mère n'imposent pas qu'elle arrête l'allaitement (même lorsqu'il s'agit de virus vivants comme dans le cas de la rubéole, de l'hépatite A et de l'hépatite B).
Informez-vous de manière fiable avant d'arrêter l'allaitement ! Une fois que vous l'avez interrompu, il peut être très difficile à relancer, spécialement si le bébé est très jeune.
Allaitement et maladie de la mère
Très peu de maladies de la mère imposent à celle-ci d'arrêter l'allaitement. C'est particulièrement vrai des infections. La plupart des infections sont causées par des virus. La plupart des infections causées par des virus sont très contagieuses avant que la mère réalise qu'elle est malade. Au moment où la mère a de la fièvre (ou est enrhumée, a le nez qui coule, la diarrhée, des vomissements, une éruption, etc…), elle a déjà contaminé son bébé. Cependant, l'allaitement protège le bébé contre l'infection, et la mère devrait donc poursuivre l'allaitement dans le but de protéger son bébé. Si le bébé tombe malade, il est généralement moins malade que si l'allaitement a été interrompu. Mais souvent, les mères sont agréablement surprises de voir que leurs bébés ne tombent pas malades du tout. Le bébé a été protégé par le fait que sa mère a continué à l'allaiter.
La seule exception à ce qui vient d'être dit, c'est le cas de l'infection de la mère par le virus du sida. Jusqu'à plus ample informé, on considère qu'il est moins dangereux pour le bébé d'une mère séropositive de n'être pas allaité, du moins là où les risques liés à l'alimentation au biberon sont relativement peu élevés. Toutefois, il y a des situations, même au Canada, où le risque lié au non-allaitement est suffisamment élevé pour qu'une mère séropositive soit tout de même amenée à allaiter son bébé. Quoi qu'il en soit, on n'a pas encore de solution définitive à ce problème.
La plupart des autres maladies de la mère soulèvent des questions à cause des médicaments que la mère peut être amenée à prendre. Ceux-ci ne devraient que rarement poser un problème (voir plus haut).
Rayons X et scanners : les radios simples ne demandent pas que la mère arrête l'allaitement, même si un produit de contraste est utilisé (par exemple en cas de PVI). De même pour une radio TC, une IRM, même avec produit de contraste, et pour un examen radioactif (par exemple radio du poumon, radio des os). La seule exception est la radio de la thyroïde. Quoi qu'il en soit, dans ce cas, il n'est le plus souvent pas absolument nécessaire de pratiquer l'examen (voir plus bas).
Un problème assez fréquent dans les premiers mois après l'accouchement est un phénomène appelé thyroïdite du post-partum, une perturbation temporaire dans le fonctionnement de la glande thyroïdienne. Un examen très utile pour aider à comprendre ce phénomène est la radio de la thyroïde. Il implique toutefois que de l'iode radioactif soit administré à la mère, et on ne peut donner cette substance à des mères qui allaitent. L'iode radioactif se retrouve dans le lait pendant des semaines et est concentré dans la thyroïde du bébé. Il y a toutefois des moyens de prendre en charge ces thyroïdites du post-partum sans pratiquer cet examen. Les médicaments qu'une mère peut être amenée à prendre pour traiter la thyroïdite du post-partum sont compatibles avec la poursuite de l'allaitement (par exemple propanolole, propylthiouracile).
Les problèmes liés au sein
Les lymphangites (infections du sein) et abcès du sein ne sont pas des raisons suffisantes pour arrêter un allaitement. Bien qu'il soit plus difficile d'intervenir chirurgicalement sur un sein en cours d'allaitement, le geste chirurgical n'est pas nécessairement facilité par le fait que la mère arrête d'allaiter son enfant, puisque le lait continue à se former pendant des semaines après l'arrêt de l'allaitement.
Les mammographies sont plus difficiles à lire si la mère allaite, mais elles peuvent tout de même être utiles. Et une fois encore, combien de temps une mère doit-elle attendre avant que l'on considère que ses seins ne sont plus en période de lactation ? Il existe d'autres moyens d'examiner une grosseur dans un sein que la mammographie. Discutez des possibilités avec votre médecin ! Faites-lui savoir qu'il est important pour vous d'allaiter. Une biopsie du sein, par exemple, peut être pratiquée sur une grosseur qui inquiète.
Nouvelle grossesse
Il n'y a pas de raison pour que vous ne puissiez pas continuer à allaiter si vous êtes enceinte. Rien ne prouve qu'en continuant à allaiter, vous vous faites tort à vous-même, au bébé dans votre utérus ou à celui que vous allaitez. Si vous souhaitez arrêter l'allaitement, prenez votre temps et sevrez en douceur.
Les problèmes liés à l'allaitement
Il est rarement nécessaire d'interrompre l'allaitement en raison d'une maladie de l'enfant. En allaitant son enfant, la mère peut réconforter le petit malade et en même temps, l'enfant peut réconforter sa mère.
1. Diarrhée et vomissements. Les infections intestinales sont rares chez les bébés exclusivement nourris au sein (bien que les selles soient très fréquentes chez les bébés exclusivement nourris au sein). Dans ces conditions, le meilleur traitement dans le cas où le bébé est atteint de diarrhée, c'est de continuer à l'allaiter. Le bébé se rétablira bien plus vite s'il est nourri au lait maternel. Le bébé s'en sortira très bien uniquement avec du lait maternel dans la grande majorité des cas, et il ne faudra lui administrer des liquides supplémentaires que dans des cas exceptionnels.
2. Maladies respiratoires. Il existe un mythe médical selon lequel il ne faudrait pas donner de lait à des enfants ayant contracté des infections respiratoires. Que ce soit vrai ou non pour le lait, il est absolument certain que c'est faux dans le cas du lait maternel (et de l'allaitement).
3. Jaunisse. Les bébés exclusivement nourris au sein contractent souvent une jaunisse, même jusque dans le troisième mois, bien que généralement, il soit difficile de distinguer la couleur jaune de la peau. Loin de constituer un problème, ceci est un phénomène normal.(Il y a des causes de jaunisse qui ne sont pas normales, mais elles n'imposent pas d'arrêter l'allaitement). Si l'allaitement se passe bien, la jaunisse n'impose pas que le bébé arrête de téter. Si l'allaitement se passe mal, le poursuivre coûte que coûte améliorera la jaunisse, tandis qu'arrêter l'allaitement, même pour très peu de temps, le détruira complètement. Arrêter l'allaitement ne constitue pas une réponse adaptée (voir le dossier n° 7 : Allaitement et jaunisse).
Si la question que vous désirez poser n'est pas traitée ci-dessus, n'en concluez pas que vous devez interrompre votre allaitement. N'arrêtez pas d'allaiter et renseignez-vous. On a dit à des mères d'arrêter l'allaitement pour des raisons trop ineptes pour être discutées !
Feuillet n°9 bis Médicaments et allaitement
Feuillet n°9 bis Médicaments et allaitement
Introduction
Depuis des années, beaucoup trop de femmes se sont fait conseiller, à tort, de cesser d'allaiter. Si la mère doit prendre un médicament, par exemple, la décision de poursuivre l'allaitement se fonde sur bien d'autres facteurs que sur la présence éventuelle du médicament dans le lait maternel. Il faut aussi tenir compte des risques que le lait industriel représente pour le bébé, pour la mère, pour la famille ainsi que pour la société. Et le fait de ne pas allaiter présente tellement de risques que la question se résume ainsi : Est-ce que la faible quantité de médicament excrétée dans le lait rend vraiment l'allaitement plus dangereux que l'alimentation au lait industriel ? La réponse: Presque jamais. La présence d'une faible dose de médicament dans le lait maternel est presque toujours sans danger. En d'autres termes, la prudence recommande de continuer à allaiter, et non d'arrêter.
Il ne faut pas oublier que suspendre l'allaitement pendant une semaine peut causer un sevrage définitif car le bébé pourrait ne plus jamais vouloir prendre le sein. Il faut aussi se souvenir que certains bébés refusent totalement le biberon; une interruption de l'allaitement sera non seulement injustifiée, elle sera aussi difficile à mettre en pratique. S'il est facile de conseiller à la mère de tirer son lait quand elle n'allaite pas, cela ne sera pas toujours évident pour la mère, qui pourra se retrouver avec un engorgement douloureux.
Les médicaments et la mère qui allaite
La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait, mais en faibles quantités. Bien que quelques rares médicaments puissent, même en très petites doses, causer des problèmes chez le nourrisson, ce n'est pas le cas de la grande majorité d'entre eux. Les mères à qui l'on conseille de cesser d'allaiter pour prendre un médicament doivent demander à leur médecin de s'assurer que sa recommandation se fonde sur des sources fiables, ou de leur prescrire un autre médicament compatible avec l'allaitement. Actuellement, il est facile de trouver un autre traitement. Si le médecin se montre peu compréhensif, la mère devrait demander l'avis d'un autre médecin, et non cesser d'allaiter.
Pourquoi la plupart des médicaments se retrouvent-ils dans le lait en si faibles quantités? Parce que l'excrétion dans le lait dépend de la concentration dans le sang de la mère et que cette concentration plasmatique se mesure souvent en microgrammes ou même en nanogrammes par millilitre (des millionièmes ou des milliardièmes de gramme), alors que la mère en ingère des milligrammes (millièmes de gramme) ou des grammes. De plus, ce n'est pas toute la concentration plasmatique qui est excrétée dans le lait. Beaucoup de médicaments sont presque complètement liés aux protéines du sang de la mère. Par conséquent, l'enfant ne reçoit pas autant de médicament que la mère et presque toujours beaucoup, beaucoup moins, proportionnellement. Ainsi, dans une étude sur la paroxétine (Paxil), comparativement à sa mère, le bébé recevait moins de 0,3% du médicament pour chaque kilogramme (la mère absorbait 300 microgrammes par kg par jour et le bébé, 1 microgramme par kg par jour).
La plupart des médicaments sont compatibles avec l'allaitement si :
· Ils sont couramment prescrits à des nourrissons. La quantité présente dans le lait maternel sera très inférieure à celle que recevrait le bébé s'il était lui-même traité.
· Ils sont jugés utilisables pendant la grossesse. Ce n'est toutefois pas toujours vrai, puisque pendant la grossesse, le foie et les reins de la mère peuvent éliminer le médicament pour le fœtus. Il est théoriquement possible (mais probablement rare) qu'une accumulation du médicament se produise pendant l'allaitement alors que ce ne serait pas le cas pendant la grossesse. Si l'on craint toutefois la simple exposition à un médicament, comme un antidépresseur, rappelons que pendant sa vie utérine, le bébé reçoit des doses nettement plus élevées, à une étape de son développement où il est en outre plus vulnérable.
· Ils ne sont pas absorbés dans l'estomac ou l'intestin. C'est le cas de nombreux médicaments injectés (mais pas de tous), comme la gentamicine (et les autres antibiotiques de la même famille), l'héparine, l'interféron, les anesthésiques locaux, l'ompérazole.
· Ils ne sont pas excrétés dans le lait. Certaines molécules sont tout simplement trop volumineuses pour cela : héparine, interféron, insuline.
Voici des produits courants qui sont en général compatibles avec l'allaitement :
Le paracétamol (ou acétaminophène), l'alcool (en quantité raisonnable), l'acide acétylsalicylique ou aspirine (la posologie habituelle, pour une courte période), la plupart des anti-épileptiques et des anti-hypertenseurs, la tétracycline, la codéine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène, la prednisone, la thyroxine, le propylthiouracile (PTU), la warfarine, les antidépresseurs tricycliques, la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Paxil), d'autres antidépresseurs, le métronidazole (Flagyl) , l'ompérazole (Losec), les pédiculicides à base de perméthrine (Nix, Kwellada).
Nota : Habituellement sans toxicité, la fluoxétine (Prozac) a une très longue demi-vie (elle reste très longtemps dans le corps). Un bébé né d'une mère traitée pendant sa grossesse aura accumulé dans son organisme une quantité importante de fluoxétine, à laquelle viendront s'ajouter les faibles quantités absorbées avec le lait maternel; l'accumulation pourrait être suffisante pour causer des effets secondaires. C'est rare, mais c'est arrivé. Dans ce cas, deux possibilités :
1. Arrêter le traitement à la fluoxétine pendant les 4 à 8 dernières semaines de la grossesse. Cela permettra l'élimination de la fluoxétine du corps de la mère et de celui du bébé. Après la naissance, la mère pourra reprendre de la fluoxétine, la quantité présente dans le lait étant trop faible pour susciter des problèmes.
2. S'il n'est pas possible d'arrêter le traitement à la fluoxétine pendant la grossesse, on peut en général prendre après l'accouchement un autre médicament dont le passage lacté est faible. La sertraline (Zoloft) et la paroxétine (Paxil) sont deux bons choix.
Les médicaments appliqués sur la peau, inhalés (antiasthmatiques) ou utilisés par voie oculaire ou nasale sont presque toujours sans danger pendant l'allaitement.
Les produits employés pour les anesthésies locales ou régionales ne sont pas absorbés par l'estomac du bébé et sont sans danger. Quant aux anesthésiques généraux, seules d'infimes quantités (comme de tout médicament) passent dans le lait et sont peu susceptibles d'avoir des effets sur le bébé. Leur demi-vie est d'ordinaire très courte et leur excrétion, extrêmement rapide. La mère peut allaiter dès son réveil, dès qu'elle se sent prête.
Les vaccins faits à la mère ne nécessitent pas l'interruption de l'allaitement. S'il en passe dans le lait, ils aideront même l'enfant à développer sa propre immunité. En fait, la plupart du temps, ils ne passent pas dans le lait, sauf éventuellement certains vaccins à virus vivant comme celui de la rubéole. C'est un avantage, pas un inconvénient.
Les examens radiographiques habituels ne nécessitent pas d'interruption de l'allaitement, même si un opacifiant est utilisé (urographie intraveineuse, par exemple). L'opacifiant ne passe pas dans le lait, et même s'il le faisait, il ne serait pas absorbé par l'enfant. La situation est la même pour la tomographie et l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Il est inutile d'arrêter l'allaitement, même pour une seconde.
Les produits radioactifs
Nous ne souhaitons pas exposer les bébés à la radioactivité, mais les médecins hésitent rarement à leur faire passer des examens radioactifs. Lorsqu'une mère subit une scintigraphie pulmonaire ou osseuse ou une lymphangiographie, elle est le plus souvent faite avec du technétium (bien que d'autres substances soient utilisées). Le technétium a une demi-vie (le temps nécessaire pour que la moitié du produit soit éliminé) de 6 heures, et après 5 demi-vies, il sera totalement éliminé. Cela signifie qu'au bout de 30 heures la mère pourra reprendre l'allaitement sans le moindre risque. Mais faut-il attendre l'élimination complète du produit? Au bout de 12 heures, 75% du produit est éliminé, et le taux lacté sera très bas. J'estime personnellement que la mère peut continuer à allaiter après la plupart des examens nécessitant un produit radioactif ; mais si la mère et son médecin craignent pour le bébé, suspendre l'allaitement pendant 2 demi-vies est suffisant avec des produits tels que le technétium. Si l'examen est fait pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement, le bébé recevra encore moins de produit dans la mesure où la sécrétion lactée est basse. Dans un tel cas, je pense qu'il n'est ni nécessaire ni utile de suspendre l'allaitement : le colostrum est important pour le bébé.
Si une suspension de l'allaitement est jugée souhaitable, la mère pourra tirer son lait à l'avance pour faire des réserves. Il est rare qu'un tel examen soit nécessaire en urgence ; le plus souvent, on peut attendre quelques jours.
Pour la radiographie thyroïdienne, c'est différent. L'iode radioactif se concentre dans le lait, est ingéré par le bébé et s'accumule dans sa thyroïde où il reste longtemps. C'est certainement préoccupant. Faut-il que la mère cesse d'allaiter? Non. Cet examen est en effet souvent facultatif. Chez les mères allaitantes, il sert souvent au diagnostic différentiel de la thyroïdite du post-partum et de la maladie de Graves (goître exophtalmique), alors que d'autres méthodes peuvent être employées. Il faut se renseigner. Au besoin, on peut faire une scintigraphie thyroïdienne avec du technétium.
Introduction
Depuis des années, beaucoup trop de femmes se sont fait conseiller, à tort, de cesser d'allaiter. Si la mère doit prendre un médicament, par exemple, la décision de poursuivre l'allaitement se fonde sur bien d'autres facteurs que sur la présence éventuelle du médicament dans le lait maternel. Il faut aussi tenir compte des risques que le lait industriel représente pour le bébé, pour la mère, pour la famille ainsi que pour la société. Et le fait de ne pas allaiter présente tellement de risques que la question se résume ainsi : Est-ce que la faible quantité de médicament excrétée dans le lait rend vraiment l'allaitement plus dangereux que l'alimentation au lait industriel ? La réponse: Presque jamais. La présence d'une faible dose de médicament dans le lait maternel est presque toujours sans danger. En d'autres termes, la prudence recommande de continuer à allaiter, et non d'arrêter.
Il ne faut pas oublier que suspendre l'allaitement pendant une semaine peut causer un sevrage définitif car le bébé pourrait ne plus jamais vouloir prendre le sein. Il faut aussi se souvenir que certains bébés refusent totalement le biberon; une interruption de l'allaitement sera non seulement injustifiée, elle sera aussi difficile à mettre en pratique. S'il est facile de conseiller à la mère de tirer son lait quand elle n'allaite pas, cela ne sera pas toujours évident pour la mère, qui pourra se retrouver avec un engorgement douloureux.
Les médicaments et la mère qui allaite
La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait, mais en faibles quantités. Bien que quelques rares médicaments puissent, même en très petites doses, causer des problèmes chez le nourrisson, ce n'est pas le cas de la grande majorité d'entre eux. Les mères à qui l'on conseille de cesser d'allaiter pour prendre un médicament doivent demander à leur médecin de s'assurer que sa recommandation se fonde sur des sources fiables, ou de leur prescrire un autre médicament compatible avec l'allaitement. Actuellement, il est facile de trouver un autre traitement. Si le médecin se montre peu compréhensif, la mère devrait demander l'avis d'un autre médecin, et non cesser d'allaiter.
Pourquoi la plupart des médicaments se retrouvent-ils dans le lait en si faibles quantités? Parce que l'excrétion dans le lait dépend de la concentration dans le sang de la mère et que cette concentration plasmatique se mesure souvent en microgrammes ou même en nanogrammes par millilitre (des millionièmes ou des milliardièmes de gramme), alors que la mère en ingère des milligrammes (millièmes de gramme) ou des grammes. De plus, ce n'est pas toute la concentration plasmatique qui est excrétée dans le lait. Beaucoup de médicaments sont presque complètement liés aux protéines du sang de la mère. Par conséquent, l'enfant ne reçoit pas autant de médicament que la mère et presque toujours beaucoup, beaucoup moins, proportionnellement. Ainsi, dans une étude sur la paroxétine (Paxil), comparativement à sa mère, le bébé recevait moins de 0,3% du médicament pour chaque kilogramme (la mère absorbait 300 microgrammes par kg par jour et le bébé, 1 microgramme par kg par jour).
La plupart des médicaments sont compatibles avec l'allaitement si :
· Ils sont couramment prescrits à des nourrissons. La quantité présente dans le lait maternel sera très inférieure à celle que recevrait le bébé s'il était lui-même traité.
· Ils sont jugés utilisables pendant la grossesse. Ce n'est toutefois pas toujours vrai, puisque pendant la grossesse, le foie et les reins de la mère peuvent éliminer le médicament pour le fœtus. Il est théoriquement possible (mais probablement rare) qu'une accumulation du médicament se produise pendant l'allaitement alors que ce ne serait pas le cas pendant la grossesse. Si l'on craint toutefois la simple exposition à un médicament, comme un antidépresseur, rappelons que pendant sa vie utérine, le bébé reçoit des doses nettement plus élevées, à une étape de son développement où il est en outre plus vulnérable.
· Ils ne sont pas absorbés dans l'estomac ou l'intestin. C'est le cas de nombreux médicaments injectés (mais pas de tous), comme la gentamicine (et les autres antibiotiques de la même famille), l'héparine, l'interféron, les anesthésiques locaux, l'ompérazole.
· Ils ne sont pas excrétés dans le lait. Certaines molécules sont tout simplement trop volumineuses pour cela : héparine, interféron, insuline.
Voici des produits courants qui sont en général compatibles avec l'allaitement :
Le paracétamol (ou acétaminophène), l'alcool (en quantité raisonnable), l'acide acétylsalicylique ou aspirine (la posologie habituelle, pour une courte période), la plupart des anti-épileptiques et des anti-hypertenseurs, la tétracycline, la codéine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène, la prednisone, la thyroxine, le propylthiouracile (PTU), la warfarine, les antidépresseurs tricycliques, la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Paxil), d'autres antidépresseurs, le métronidazole (Flagyl) , l'ompérazole (Losec), les pédiculicides à base de perméthrine (Nix, Kwellada).
Nota : Habituellement sans toxicité, la fluoxétine (Prozac) a une très longue demi-vie (elle reste très longtemps dans le corps). Un bébé né d'une mère traitée pendant sa grossesse aura accumulé dans son organisme une quantité importante de fluoxétine, à laquelle viendront s'ajouter les faibles quantités absorbées avec le lait maternel; l'accumulation pourrait être suffisante pour causer des effets secondaires. C'est rare, mais c'est arrivé. Dans ce cas, deux possibilités :
1. Arrêter le traitement à la fluoxétine pendant les 4 à 8 dernières semaines de la grossesse. Cela permettra l'élimination de la fluoxétine du corps de la mère et de celui du bébé. Après la naissance, la mère pourra reprendre de la fluoxétine, la quantité présente dans le lait étant trop faible pour susciter des problèmes.
2. S'il n'est pas possible d'arrêter le traitement à la fluoxétine pendant la grossesse, on peut en général prendre après l'accouchement un autre médicament dont le passage lacté est faible. La sertraline (Zoloft) et la paroxétine (Paxil) sont deux bons choix.
Les médicaments appliqués sur la peau, inhalés (antiasthmatiques) ou utilisés par voie oculaire ou nasale sont presque toujours sans danger pendant l'allaitement.
Les produits employés pour les anesthésies locales ou régionales ne sont pas absorbés par l'estomac du bébé et sont sans danger. Quant aux anesthésiques généraux, seules d'infimes quantités (comme de tout médicament) passent dans le lait et sont peu susceptibles d'avoir des effets sur le bébé. Leur demi-vie est d'ordinaire très courte et leur excrétion, extrêmement rapide. La mère peut allaiter dès son réveil, dès qu'elle se sent prête.
Les vaccins faits à la mère ne nécessitent pas l'interruption de l'allaitement. S'il en passe dans le lait, ils aideront même l'enfant à développer sa propre immunité. En fait, la plupart du temps, ils ne passent pas dans le lait, sauf éventuellement certains vaccins à virus vivant comme celui de la rubéole. C'est un avantage, pas un inconvénient.
Les examens radiographiques habituels ne nécessitent pas d'interruption de l'allaitement, même si un opacifiant est utilisé (urographie intraveineuse, par exemple). L'opacifiant ne passe pas dans le lait, et même s'il le faisait, il ne serait pas absorbé par l'enfant. La situation est la même pour la tomographie et l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Il est inutile d'arrêter l'allaitement, même pour une seconde.
Les produits radioactifs
Nous ne souhaitons pas exposer les bébés à la radioactivité, mais les médecins hésitent rarement à leur faire passer des examens radioactifs. Lorsqu'une mère subit une scintigraphie pulmonaire ou osseuse ou une lymphangiographie, elle est le plus souvent faite avec du technétium (bien que d'autres substances soient utilisées). Le technétium a une demi-vie (le temps nécessaire pour que la moitié du produit soit éliminé) de 6 heures, et après 5 demi-vies, il sera totalement éliminé. Cela signifie qu'au bout de 30 heures la mère pourra reprendre l'allaitement sans le moindre risque. Mais faut-il attendre l'élimination complète du produit? Au bout de 12 heures, 75% du produit est éliminé, et le taux lacté sera très bas. J'estime personnellement que la mère peut continuer à allaiter après la plupart des examens nécessitant un produit radioactif ; mais si la mère et son médecin craignent pour le bébé, suspendre l'allaitement pendant 2 demi-vies est suffisant avec des produits tels que le technétium. Si l'examen est fait pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement, le bébé recevra encore moins de produit dans la mesure où la sécrétion lactée est basse. Dans un tel cas, je pense qu'il n'est ni nécessaire ni utile de suspendre l'allaitement : le colostrum est important pour le bébé.
Si une suspension de l'allaitement est jugée souhaitable, la mère pourra tirer son lait à l'avance pour faire des réserves. Il est rare qu'un tel examen soit nécessaire en urgence ; le plus souvent, on peut attendre quelques jours.
Pour la radiographie thyroïdienne, c'est différent. L'iode radioactif se concentre dans le lait, est ingéré par le bébé et s'accumule dans sa thyroïde où il reste longtemps. C'est certainement préoccupant. Faut-il que la mère cesse d'allaiter? Non. Cet examen est en effet souvent facultatif. Chez les mères allaitantes, il sert souvent au diagnostic différentiel de la thyroïdite du post-partum et de la maladie de Graves (goître exophtalmique), alors que d'autres méthodes peuvent être employées. Il faut se renseigner. Au besoin, on peut faire une scintigraphie thyroïdienne avec du technétium.
9 ter médicaments et allaitement
Vous pouvez continuer à allaiter (2) Maladie chez la mère ou le bébé
You Should Continue Breastfeeding (2) Illness in the mother or baby. Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.. Jack Newman, MD, FRCPC – Pédiatre Responsable de consultations de lactation - Toronto - Canada
Introduction
Depuis des années, beaucoup trop de femmes se sont fait conseiller, à tort, de cesser d'allaiter. Si la mère doit prendre un médicament, par exemple, la décision de poursuivre l'allaitement se fonde sur bien d'autres facteurs que sur la présence éventuelle du médicament dans le lait maternel. Il faut aussi tenir compte des risques que le lait industriel représente pour le bébé, pour la mère, pour la famille ainsi que pour la société. Et le fait de ne pas allaiter présente tellement de risques que la question se résume ainsi : Est-ce que la faible quantité de médicament excrétée dans le lait rend vraiment l'allaitement plus dangereux que l'alimentation au lait industriel ? La réponse: Presque jamais. La présence d'une faible dose de médicament dans le lait maternel est presque toujours sans danger. En d'autres termes, la prudence recommande de continuer à allaiter, et non d'arrêter.
Il ne faut pas oublier que suspendre l'allaitement pendant une semaine peut causer un sevrage définitif car le bébé pourrait ne plus jamais vouloir prendre le sein. Il faut aussi se souvenir que certains bébés refusent totalement le biberon; une interruption de l'allaitement sera non seulement injustifiée, elle sera aussi difficile à mettre en pratique. S'il est facile de conseiller à la mère de tirer son lait quand elle n'allaite pas, cela ne sera pas toujours évident pour la mère, qui pourra se retrouver avec un engorgement douloureux.
Maladie chez la mère
Très peu de maladies de la mère nécessitent une interruption de l'allaitement. C'est particulièrement vrai des maladies infectieuses, soit celles pour lesquelles on dit le plus souvent à la mère d'arrêter d'allaiter. La plupart des infections sont causées par des virus. Dans la majorité des infections virales, la mère est contagieuse avant même de se rendre compte qu'elle est malade. Quand la fièvre (ou le rhume, l'écoulement nasal, la diarrhée, les vomissements, les éruptions cutanées, etc.) se manifeste chez la mère, l'enfant est probablement déjà contaminé. Comme l'allaitement protège le nourrisson contre l'infection, la mère doit poursuivre l'allaitement pour le protéger. Si le bébé tombe malade, ce qui est possible, il le sera moins gravement que s'il n'était plus allaité. Mais souvent, les mères constatent avec joie que leur enfant n'est même pas malade. Il a été protégé par le lait maternel. Les infections bactériennes (comme l'angine à streptocoques) ne posent aucun problème elles non plus. Voir le feuillet 9a pour la poursuite de l'allaitement lorsqu'un traitement est prescrit.
La seule exception, c'est la séropositivité pour le VIH chez la mère. En attendant d'en savoir davantage, on estime qu'une mère séropositive ne devrait pas allaiter, du moins quand les risques associés au lait industriel sont acceptables. Il y a toutefois des circonstances, même dans les pays industrialisés, où les risques associés au non-allaitement sont suffisamment élevés pour que l'allaitement ne soit pas forcément déconseillé. Sur ce sujet, beaucoup de questions sont encore sans réponse. En fait, une étude récente a montré que l'allaitement exclusif protégeait mieux le bébé contre la contamination par le VIH que l'alimentation au lait industriel, et que le risque le plus élevé de transmission verticale était associé à l'allaitement mixte (lait maternel + lait industriel). Ces résultats demandent à être confirmés.
Les anticorps du lait maternel
Certaines mères souffrent de maladies "auto-immunes", comme le purpura thrombopénique idiopathique, les maladies thyroïdiennes auto-immunes, ou de nombreuses autres. Ces maladies se caractérisent par le fait que l'organisme fabrique des anticorps contre ses propres tissus. On a conseillé à certaines mères de cesser d'allaiter parce que ces anticorps passent dans le lait et pourraient rendre leur bébé malade. C'est totalement faux.
La majeure partie des anticorps du lait maternel sont des IgA, des immunoglobulines sécrétoires. Les maladies auto-immunes ne sont pas causées par les IgA. Et même si elles l'étaient, les IgA sécrétoires ne sont pas absorbées par le bébé. Il n'y a donc aucun risque, et la mère peut allaiter.
Les problèmes de sein
· La mastite (infection du sein) ne nécessite pas d'interruption de l'allaitement. En fait, elle guérira plus rapidement si la mère continue à allaiter du côté atteint (voir le feuillet n° 22, Mastites et canaux lactifères bouchés)
· L'abcès du sein ne requiert pas d'interruption de l'allaitement, même du côté atteint. Bien que la chirurgie sur un sein lactant soit plus difficile, ni cette intervention, ni le suivi ne seront réellement facilités par une interruption de l'allaitement, puisque le sein continuera de produire du lait pendant des semaines après cette interruption. En fait, l'engorgement qui surviendra ne fera qu'empirer les choses. Il faut s'assurer que le chirurgien ne fait pas d'incision aux alentours de l'aréole, car cela pourrait abaisser considérablement la sécrétion lactée.
· Un acte chirurgical ne devrait pas nécessiter qu'on interrompe l'allaitement. Cet acte chirurgical est-il réellement nécessaire actuellement ? N'y a-t-il pas un autre traitement envisageable ? Cette masse mammaire doit-elle vraiment être enlevée maintenant, et pas dans un an ? Si oui, il faut s'assurer que l'incision n'est pas effectuée près de l'aréole. La poursuite de l'allaitement est possible immédiatement après l'acte chirurgical, dès que la mère est réveillée. Si, pour une raison ou une autre, il faut suspendre l'allaitement du côté atteint, il faut poursuivre l'allaitement avec l'autre sein. C'est étonnant, mais certains chirurgiens ignorent que le sein non tété va se tarir.
· Les mammographies sont plus difficiles à interpréter chez une mère qui allaite, mais cet examen reste tout de même utile. Là encore, on peut se demander combien de temps il faut attendre avant de pouvoir dire que les seins ne produisent plus de lait. L'évaluation d'une masse pour laquelle l'historique et l'examen clinique n'apportent pas suffisamment de renseignements peut se faire autrement que par la mammographie (par échographie ou par ponction à l'aiguille). Il faut en discuter avec le médecin, en insistant sur l'importance de l'allaitement.
Nouvelle grossesse
Nul besoin de cesser d'allaiter en cas de grossesse. Rien ne prouve que cela nuira à la mère, au fœtus ou au bébé allaité. Si la mère veut arrêter d'allaiter, elle peut prendre son temps et sevrer son bébé en douceur.
Maladie chez le bébé
Il est rare que le sevrage soit nécessaire à cause d'une maladie chez l'enfant. Grâce à l'allaitement, la mère peut réconforter son enfant malade, et en tétant l'enfant réconforte sa mère.
· Diarrhées et vomissements. Bien que les selles molles ou liquides soient normales et très courantes chez les bébés exclusivement allaités, les infections gastro-intestinales sont rares. Si un tel problème survient, le meilleur traitement est de poursuivre l'allaitement. Le bébé guérira plus rapidement s'il est allaité. Dans la grande majorité des cas, le bébé guérira rapidement en étant exclusivement allaité, et ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il pourra avoir besoin de solutions de réhydratation.
· Maladies respiratoires. D'après un mythe, il ne faudrait pas donner de lait aux enfants souffrant d'infections respiratoires. Que ce soit vrai ou non pour les autres laits, c'est certainement faux pour le lait maternel.
· L'ictère (jaunisse). Les bébés exclusivement allaités présentent fréquemment un ictère, pouvant durer jusqu'à trois mois, même si cet ictère est peu visible à l'examen clinique. C'est tout à fait normal. Il existe des ictères pathologiques mais, sauf dans de très rares cas, ils ne nécessitent pas l'interruption de l'allaitement. Si l'allaitement se passe bien, l'ictère n'est pas en soi une raison suffisante pour l'interrompre. En revanche, s'il y a un problème d'allaitement, sa correction peut améliorer l'ictère ; la suspension de l'allaitement, même pour peu de temps, risque d'être irréversible. Suspendre l'allaitement n'est ni une solution, ni une bonne idée (voir le feuillet n° 7, Allaitement et jaunisse).
Pour le bébé malade, l'allaitement est encore plus important!
En cas de problème non abordé ci-dessus, il ne faut pas supposer a priori qu'il faut arrêter l'allaitement mais continuer à allaiter, et se renseigner. On a recommandé à des mères de sevrer leur enfant pour des raisons trop stupides pour qu'on en parle.
You Should Continue Breastfeeding (2) Illness in the mother or baby. Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.. Jack Newman, MD, FRCPC – Pédiatre Responsable de consultations de lactation - Toronto - Canada
Introduction
Depuis des années, beaucoup trop de femmes se sont fait conseiller, à tort, de cesser d'allaiter. Si la mère doit prendre un médicament, par exemple, la décision de poursuivre l'allaitement se fonde sur bien d'autres facteurs que sur la présence éventuelle du médicament dans le lait maternel. Il faut aussi tenir compte des risques que le lait industriel représente pour le bébé, pour la mère, pour la famille ainsi que pour la société. Et le fait de ne pas allaiter présente tellement de risques que la question se résume ainsi : Est-ce que la faible quantité de médicament excrétée dans le lait rend vraiment l'allaitement plus dangereux que l'alimentation au lait industriel ? La réponse: Presque jamais. La présence d'une faible dose de médicament dans le lait maternel est presque toujours sans danger. En d'autres termes, la prudence recommande de continuer à allaiter, et non d'arrêter.
Il ne faut pas oublier que suspendre l'allaitement pendant une semaine peut causer un sevrage définitif car le bébé pourrait ne plus jamais vouloir prendre le sein. Il faut aussi se souvenir que certains bébés refusent totalement le biberon; une interruption de l'allaitement sera non seulement injustifiée, elle sera aussi difficile à mettre en pratique. S'il est facile de conseiller à la mère de tirer son lait quand elle n'allaite pas, cela ne sera pas toujours évident pour la mère, qui pourra se retrouver avec un engorgement douloureux.
Maladie chez la mère
Très peu de maladies de la mère nécessitent une interruption de l'allaitement. C'est particulièrement vrai des maladies infectieuses, soit celles pour lesquelles on dit le plus souvent à la mère d'arrêter d'allaiter. La plupart des infections sont causées par des virus. Dans la majorité des infections virales, la mère est contagieuse avant même de se rendre compte qu'elle est malade. Quand la fièvre (ou le rhume, l'écoulement nasal, la diarrhée, les vomissements, les éruptions cutanées, etc.) se manifeste chez la mère, l'enfant est probablement déjà contaminé. Comme l'allaitement protège le nourrisson contre l'infection, la mère doit poursuivre l'allaitement pour le protéger. Si le bébé tombe malade, ce qui est possible, il le sera moins gravement que s'il n'était plus allaité. Mais souvent, les mères constatent avec joie que leur enfant n'est même pas malade. Il a été protégé par le lait maternel. Les infections bactériennes (comme l'angine à streptocoques) ne posent aucun problème elles non plus. Voir le feuillet 9a pour la poursuite de l'allaitement lorsqu'un traitement est prescrit.
La seule exception, c'est la séropositivité pour le VIH chez la mère. En attendant d'en savoir davantage, on estime qu'une mère séropositive ne devrait pas allaiter, du moins quand les risques associés au lait industriel sont acceptables. Il y a toutefois des circonstances, même dans les pays industrialisés, où les risques associés au non-allaitement sont suffisamment élevés pour que l'allaitement ne soit pas forcément déconseillé. Sur ce sujet, beaucoup de questions sont encore sans réponse. En fait, une étude récente a montré que l'allaitement exclusif protégeait mieux le bébé contre la contamination par le VIH que l'alimentation au lait industriel, et que le risque le plus élevé de transmission verticale était associé à l'allaitement mixte (lait maternel + lait industriel). Ces résultats demandent à être confirmés.
Les anticorps du lait maternel
Certaines mères souffrent de maladies "auto-immunes", comme le purpura thrombopénique idiopathique, les maladies thyroïdiennes auto-immunes, ou de nombreuses autres. Ces maladies se caractérisent par le fait que l'organisme fabrique des anticorps contre ses propres tissus. On a conseillé à certaines mères de cesser d'allaiter parce que ces anticorps passent dans le lait et pourraient rendre leur bébé malade. C'est totalement faux.
La majeure partie des anticorps du lait maternel sont des IgA, des immunoglobulines sécrétoires. Les maladies auto-immunes ne sont pas causées par les IgA. Et même si elles l'étaient, les IgA sécrétoires ne sont pas absorbées par le bébé. Il n'y a donc aucun risque, et la mère peut allaiter.
Les problèmes de sein
· La mastite (infection du sein) ne nécessite pas d'interruption de l'allaitement. En fait, elle guérira plus rapidement si la mère continue à allaiter du côté atteint (voir le feuillet n° 22, Mastites et canaux lactifères bouchés)
· L'abcès du sein ne requiert pas d'interruption de l'allaitement, même du côté atteint. Bien que la chirurgie sur un sein lactant soit plus difficile, ni cette intervention, ni le suivi ne seront réellement facilités par une interruption de l'allaitement, puisque le sein continuera de produire du lait pendant des semaines après cette interruption. En fait, l'engorgement qui surviendra ne fera qu'empirer les choses. Il faut s'assurer que le chirurgien ne fait pas d'incision aux alentours de l'aréole, car cela pourrait abaisser considérablement la sécrétion lactée.
· Un acte chirurgical ne devrait pas nécessiter qu'on interrompe l'allaitement. Cet acte chirurgical est-il réellement nécessaire actuellement ? N'y a-t-il pas un autre traitement envisageable ? Cette masse mammaire doit-elle vraiment être enlevée maintenant, et pas dans un an ? Si oui, il faut s'assurer que l'incision n'est pas effectuée près de l'aréole. La poursuite de l'allaitement est possible immédiatement après l'acte chirurgical, dès que la mère est réveillée. Si, pour une raison ou une autre, il faut suspendre l'allaitement du côté atteint, il faut poursuivre l'allaitement avec l'autre sein. C'est étonnant, mais certains chirurgiens ignorent que le sein non tété va se tarir.
· Les mammographies sont plus difficiles à interpréter chez une mère qui allaite, mais cet examen reste tout de même utile. Là encore, on peut se demander combien de temps il faut attendre avant de pouvoir dire que les seins ne produisent plus de lait. L'évaluation d'une masse pour laquelle l'historique et l'examen clinique n'apportent pas suffisamment de renseignements peut se faire autrement que par la mammographie (par échographie ou par ponction à l'aiguille). Il faut en discuter avec le médecin, en insistant sur l'importance de l'allaitement.
Nouvelle grossesse
Nul besoin de cesser d'allaiter en cas de grossesse. Rien ne prouve que cela nuira à la mère, au fœtus ou au bébé allaité. Si la mère veut arrêter d'allaiter, elle peut prendre son temps et sevrer son bébé en douceur.
Maladie chez le bébé
Il est rare que le sevrage soit nécessaire à cause d'une maladie chez l'enfant. Grâce à l'allaitement, la mère peut réconforter son enfant malade, et en tétant l'enfant réconforte sa mère.
· Diarrhées et vomissements. Bien que les selles molles ou liquides soient normales et très courantes chez les bébés exclusivement allaités, les infections gastro-intestinales sont rares. Si un tel problème survient, le meilleur traitement est de poursuivre l'allaitement. Le bébé guérira plus rapidement s'il est allaité. Dans la grande majorité des cas, le bébé guérira rapidement en étant exclusivement allaité, et ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il pourra avoir besoin de solutions de réhydratation.
· Maladies respiratoires. D'après un mythe, il ne faudrait pas donner de lait aux enfants souffrant d'infections respiratoires. Que ce soit vrai ou non pour les autres laits, c'est certainement faux pour le lait maternel.
· L'ictère (jaunisse). Les bébés exclusivement allaités présentent fréquemment un ictère, pouvant durer jusqu'à trois mois, même si cet ictère est peu visible à l'examen clinique. C'est tout à fait normal. Il existe des ictères pathologiques mais, sauf dans de très rares cas, ils ne nécessitent pas l'interruption de l'allaitement. Si l'allaitement se passe bien, l'ictère n'est pas en soi une raison suffisante pour l'interrompre. En revanche, s'il y a un problème d'allaitement, sa correction peut améliorer l'ictère ; la suspension de l'allaitement, même pour peu de temps, risque d'être irréversible. Suspendre l'allaitement n'est ni une solution, ni une bonne idée (voir le feuillet n° 7, Allaitement et jaunisse).
Pour le bébé malade, l'allaitement est encore plus important!
En cas de problème non abordé ci-dessus, il ne faut pas supposer a priori qu'il faut arrêter l'allaitement mais continuer à allaiter, et se renseigner. On a recommandé à des mères de sevrer leur enfant pour des raisons trop stupides pour qu'on en parle.
Feuillet n° 10 L'allaitement et les autres aliments
Feuillet n° 10 L'allaitement et les autres aliments
Breastfeeding and other foods. Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Introduction
Le lait maternel est la seule nourriture dont ont besoin les bébés, au moins jusqu'à quatre mois, et la plupart d'entre eux peuvent se satisfaire uniquement de lait maternel jusqu'à l'âge de six mois. Rien ne sert d'ajouter d'autres types d'aliments ou de laits avant 4 à 6 mois, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Bien souvent, quand d'autres aliments semblent nécessaires, il y a une mauvaise compréhension du fonctionnement de l'allaitement ou un mauvais départ de l'allaitement.
Faut-il supplémenter pendant les premiers jours?
Beaucoup croient que la mère n'a pas de lait pendant les premiers jours après l'accouchement et qu'il faut un supplément en attendant la montée de lait. Cette croyance semble venir du fait que, pendant les premiers jours, le bébé semble téter longtemps au sein sans pour autant être satisfait. Les mots clés sont "semble téter"; il peut très bien ne pas se nourrir suffisamment pendant ce temps. En effet, un bébé ne se nourrit pas convenablement s'il n'a pas une bonne prise sur le sein de sa mère. Lorsque le lait devient plus abondant, entre le 3e et le 7e jour, le bébé peut être bien alimenté même s'il ne tète pas bien. Mais pendant les premiers jours, si la prise n'est pas bonne, il n'obtient pas facilement le lait dont il a besoin et par conséquent semble passer des heures au sein. Il y a une différence entre être au sein et téter. La prise du bébé doit être bonne pour qu'il puisse téter tout le lait dont il a besoin et que la nature met à sa disponibilité. Si la correction de la prise, associée à la compression du sein (voir le feuillet n° 15, La compression du sein), ne permettent pas de bien nourrir le bébé, et si des suppléments sont médicalement nécessaires, on peut en offrir au moyen d'un dispositif d'aide à l'allaitement (voir le feuillet n° 5, L'utilisation d'un dispositif d'aide à l'allaitement). Cette méthode de supplémentation est certainement préférable à l'alimentation au doigt ou au gobelet, si le bébé prend le sein. Et elle est de loin supérieure au biberon. Mais il faut se rappeler que la plupart du temps, il suffit de corriger la prise pour éviter toute supplémentation.
L'eau
Le lait maternel est composé à plus de 90 p. 100 d'eau. Un bébé bien allaité n'a pas besoin d'eau, même l'été, même en période de canicule. S'il ne tète pas bien, il n'a pas pour autant besoin d'eau; il faut plutôt corriger le problème d'allaitement.
La vitamine D
Il semble que le lait maternel contient peu de vitamine D mais il en contient tout de même un peu. Il faut présumer que c'est ainsi que la nature a voulu les choses, et non qu'elle s'est trompée. Pendant la grossesse, le fœtus emmagasine de la vitamine D et restera en santé sans apport supplémentaire de vitamine D, à moins bien entendu que la mère ait eu une carence en vitamine D pendant la grossesse. Au Canada, la carence en vitamine D chez les femmes enceintes est chose rare. L'exposition à la lumière extérieure donne aussi de la vitamine D au bébé, même l'hiver et même par temps nuageux. Une heure d'exposition à l'extérieur, chaque semaine, donne au bébé plus de vitamine D qu'il ne lui en faut, même en hiver et même si seul son visage est exposé à la lumière.
Il peut être prudent de donner de la vitamine D au bébé, dans des situations exceptionnelles, par exemple, s'il est impossible de l'exposer à la lumière ultraviolette du soleil (dans le Nord canadien en hiver, ou si on ne peut pas sortir le bébé à l'extérieur). Il est alors conseillé de lui donner le la vitamine D. Notons que les gouttes de vitamine D sont coûteuses.
Le fer
Le lait maternel contient bien moins de fer que les formules lactées, surtout les formules enrichies en fer. Il semble toutefois que ce soit une protection supplémentaire contre les infections, puisque nombre de bactéries ont besoin de fer mobilisable pour se multiplier. Le fer du lait maternel est bien assimilé par le bébé (taux d'absorption d'environ 50 p. 100) et n'est pas mobilisable pour les bactéries. Un bébé né à terme et allaité n'a pas besoin de fer supplémentaire avant l'âge de 6 mois. L'introduction d'aliments riches en fer ne devrait toutefois pas être trop retardée au-delà de 6 mois.
Aliments solides (voir aussi le feuillet n° 16, Commencer l'alimentation solide).
Normalement, les bébés allaités n'ont pas besoin d'aliments solides avant l'âge de 6 mois. En fait, beaucoup d'entre eux n'en ont pas besoin avant l'âge de 9 mois ou plus, si on en juge par leur prise de poids et leur taux de fer. Il y a toutefois des enfants qui auront plus de mal à accepter les aliments solides si on ne leur en a pas présenté avant 7 à 9 mois. Comme le bébé de six mois aura bientôt besoin d'autres sources alimentaires de fer, on recommande en général l'introduction des solides vers l'âge de 6 mois. C'est aussi plus pratique. Certains bébés commencent vers 5 mois à vouloir s'approprier la nourriture de la table familiale et il n'y a généralement pas de raison de les empêcher de prendre cette nourriture, de jouer avec, de la mettre dans leur bouche et de la manger.
Les médecins conseillent habituellement de commencer par les céréales, puis de passer aux autres aliments. Or le bébé de 6 mois est bien différent de celui de 4 mois. Beaucoup d'enfants de 6 mois ne semblent pas aimer les céréales si on les introduit à cet âge. Il ne faut pas forcer l'enfant à en prendre, mais plutôt lui offrir d'autres aliments puis essayer de nouveau quand il sera plus vieux. S'il refuse, on aurait tort de craindre qu'il lui manque quelque chose. Les céréales n'ont rien de magique et les bébés se portent très bien sans elles. De toutes façons, le bébé mangera bientôt du pain. La meilleure source de fer supplémentaire, c'est la viande.
Rien ne justifie qu'on donne au bébé un seul aliment à la fois, pendant une semaine, ni de lui présenter les légumes avant les fruits. Quiconque s'inquiète du goût sucré des fruits n'a jamais goûté à du lait maternel! On peut donner au bébé de six mois toute nourriture que mangent ses parents et qui peut être écrasée à la fourchette.
Une attitude détendue permet d'éviter bien des problèmes d'alimentation.
Le lait maternel, le lait de vache, le lait industriel, le travail à l'extérieur et les biberons (voir aussi le feuillet n° 17, Comment nourrir le bébé quand la mère travaille hors de la maison)
Un bébé allaité d'environ 4 mois n'acceptera pas facilement le biberon s'il n'y est pas déjà habitué. Ce n'est pas un problème. À 6 mois ou même plus jeune, le bébé peut commencer à boire au gobelet ou au verre, et il le fera très bien à 7-8 mois ou même avant. Si la mère retourne au travail quand il a 6 mois, nul besoin de commencer à lui faire prendre des biberons de formule lactée. Dans ce cas, on peut en effet introduire les solides avant l'âge de 6 mois (vers 4 ou 5 mois) pour qu'au retour au travail de la mère, en son absence, le bébé puisse être nourri principalement à la cuiller. À mesure qu'il vieillit, on peut le faire boire davantage au gobelet. La maman et son bébé peuvent très bien se débrouiller sans biberon. Si le bébé refuse le biberon, il ne faut pas l'affamer pour le forcer à le prendre. Ce n'est pas qu'il est têtu, c'est qu'il ne sait que faire d'une tétine artificielle. Il peut aussi ne pas aimer le goût du lait artificiel, ce qui est bien compréhensible.
On a beaucoup parlé dernièrement d'éviter le lait de vache pour les bébés de moins de 9 mois, mais cela ne s'applique pas aux bébés allaités. Le bébé allaité peut commencer à prendre une partie de son lait sous forme de lait de vache dès l'âge de 6 mois, surtout s'il a par ailleurs une alimentation substantielle et variée. Le lait de chèvre est une autre solution. Beaucoup de bébés allaités ne boivent pas de formule lactée parce qu'ils n'en aiment pas le goût. En fait, le bébé peut prendre au sein tout le lait dont il a besoin, même s'il n'a que quelques tétées par jour; aucun autre lait n'est nécessaire.
Mon bébé de 4 mois a faim quand il n'a que mon lait. Dois-je lui donner des solides ou du lait artificiel?
S'il n'y a pas de bonne raison de donner des biberons de lait artificiel, il peut y avoir de très bonnes raisons de ne pas en donner. Même à cet âge, le bébé peut préférer le biberon, s'il ne semble pas se satisfaire du lait maternel (s'il accepte le biberon). Dans les circonstances, il est préférable de donner des solides à la cuiller, plutôt que des biberons de lait artificiel. Dans bien des cas, toutefois, on peut corriger le problème simplement en améliorant la technique d'allaitement; il faut demander de l'aide! Si l'on veut mélanger du lait artificiel aux solides, cela ne causera pas les mêmes problèmes que les biberons. Si le bébé semble avoir encore faim après la tétée, on peut lui donner des solides à la cuiller. Avec des techniques d'allaitement simples, on peut toutefois lui faire prendre suffisamment de poids ou le satisfaire au sein. Il faut se renseigner auprès d'une clinique.
Breastfeeding and other foods. Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Introduction
Le lait maternel est la seule nourriture dont ont besoin les bébés, au moins jusqu'à quatre mois, et la plupart d'entre eux peuvent se satisfaire uniquement de lait maternel jusqu'à l'âge de six mois. Rien ne sert d'ajouter d'autres types d'aliments ou de laits avant 4 à 6 mois, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Bien souvent, quand d'autres aliments semblent nécessaires, il y a une mauvaise compréhension du fonctionnement de l'allaitement ou un mauvais départ de l'allaitement.
Faut-il supplémenter pendant les premiers jours?
Beaucoup croient que la mère n'a pas de lait pendant les premiers jours après l'accouchement et qu'il faut un supplément en attendant la montée de lait. Cette croyance semble venir du fait que, pendant les premiers jours, le bébé semble téter longtemps au sein sans pour autant être satisfait. Les mots clés sont "semble téter"; il peut très bien ne pas se nourrir suffisamment pendant ce temps. En effet, un bébé ne se nourrit pas convenablement s'il n'a pas une bonne prise sur le sein de sa mère. Lorsque le lait devient plus abondant, entre le 3e et le 7e jour, le bébé peut être bien alimenté même s'il ne tète pas bien. Mais pendant les premiers jours, si la prise n'est pas bonne, il n'obtient pas facilement le lait dont il a besoin et par conséquent semble passer des heures au sein. Il y a une différence entre être au sein et téter. La prise du bébé doit être bonne pour qu'il puisse téter tout le lait dont il a besoin et que la nature met à sa disponibilité. Si la correction de la prise, associée à la compression du sein (voir le feuillet n° 15, La compression du sein), ne permettent pas de bien nourrir le bébé, et si des suppléments sont médicalement nécessaires, on peut en offrir au moyen d'un dispositif d'aide à l'allaitement (voir le feuillet n° 5, L'utilisation d'un dispositif d'aide à l'allaitement). Cette méthode de supplémentation est certainement préférable à l'alimentation au doigt ou au gobelet, si le bébé prend le sein. Et elle est de loin supérieure au biberon. Mais il faut se rappeler que la plupart du temps, il suffit de corriger la prise pour éviter toute supplémentation.
L'eau
Le lait maternel est composé à plus de 90 p. 100 d'eau. Un bébé bien allaité n'a pas besoin d'eau, même l'été, même en période de canicule. S'il ne tète pas bien, il n'a pas pour autant besoin d'eau; il faut plutôt corriger le problème d'allaitement.
La vitamine D
Il semble que le lait maternel contient peu de vitamine D mais il en contient tout de même un peu. Il faut présumer que c'est ainsi que la nature a voulu les choses, et non qu'elle s'est trompée. Pendant la grossesse, le fœtus emmagasine de la vitamine D et restera en santé sans apport supplémentaire de vitamine D, à moins bien entendu que la mère ait eu une carence en vitamine D pendant la grossesse. Au Canada, la carence en vitamine D chez les femmes enceintes est chose rare. L'exposition à la lumière extérieure donne aussi de la vitamine D au bébé, même l'hiver et même par temps nuageux. Une heure d'exposition à l'extérieur, chaque semaine, donne au bébé plus de vitamine D qu'il ne lui en faut, même en hiver et même si seul son visage est exposé à la lumière.
Il peut être prudent de donner de la vitamine D au bébé, dans des situations exceptionnelles, par exemple, s'il est impossible de l'exposer à la lumière ultraviolette du soleil (dans le Nord canadien en hiver, ou si on ne peut pas sortir le bébé à l'extérieur). Il est alors conseillé de lui donner le la vitamine D. Notons que les gouttes de vitamine D sont coûteuses.
Le fer
Le lait maternel contient bien moins de fer que les formules lactées, surtout les formules enrichies en fer. Il semble toutefois que ce soit une protection supplémentaire contre les infections, puisque nombre de bactéries ont besoin de fer mobilisable pour se multiplier. Le fer du lait maternel est bien assimilé par le bébé (taux d'absorption d'environ 50 p. 100) et n'est pas mobilisable pour les bactéries. Un bébé né à terme et allaité n'a pas besoin de fer supplémentaire avant l'âge de 6 mois. L'introduction d'aliments riches en fer ne devrait toutefois pas être trop retardée au-delà de 6 mois.
Aliments solides (voir aussi le feuillet n° 16, Commencer l'alimentation solide).
Normalement, les bébés allaités n'ont pas besoin d'aliments solides avant l'âge de 6 mois. En fait, beaucoup d'entre eux n'en ont pas besoin avant l'âge de 9 mois ou plus, si on en juge par leur prise de poids et leur taux de fer. Il y a toutefois des enfants qui auront plus de mal à accepter les aliments solides si on ne leur en a pas présenté avant 7 à 9 mois. Comme le bébé de six mois aura bientôt besoin d'autres sources alimentaires de fer, on recommande en général l'introduction des solides vers l'âge de 6 mois. C'est aussi plus pratique. Certains bébés commencent vers 5 mois à vouloir s'approprier la nourriture de la table familiale et il n'y a généralement pas de raison de les empêcher de prendre cette nourriture, de jouer avec, de la mettre dans leur bouche et de la manger.
Les médecins conseillent habituellement de commencer par les céréales, puis de passer aux autres aliments. Or le bébé de 6 mois est bien différent de celui de 4 mois. Beaucoup d'enfants de 6 mois ne semblent pas aimer les céréales si on les introduit à cet âge. Il ne faut pas forcer l'enfant à en prendre, mais plutôt lui offrir d'autres aliments puis essayer de nouveau quand il sera plus vieux. S'il refuse, on aurait tort de craindre qu'il lui manque quelque chose. Les céréales n'ont rien de magique et les bébés se portent très bien sans elles. De toutes façons, le bébé mangera bientôt du pain. La meilleure source de fer supplémentaire, c'est la viande.
Rien ne justifie qu'on donne au bébé un seul aliment à la fois, pendant une semaine, ni de lui présenter les légumes avant les fruits. Quiconque s'inquiète du goût sucré des fruits n'a jamais goûté à du lait maternel! On peut donner au bébé de six mois toute nourriture que mangent ses parents et qui peut être écrasée à la fourchette.
Une attitude détendue permet d'éviter bien des problèmes d'alimentation.
Le lait maternel, le lait de vache, le lait industriel, le travail à l'extérieur et les biberons (voir aussi le feuillet n° 17, Comment nourrir le bébé quand la mère travaille hors de la maison)
Un bébé allaité d'environ 4 mois n'acceptera pas facilement le biberon s'il n'y est pas déjà habitué. Ce n'est pas un problème. À 6 mois ou même plus jeune, le bébé peut commencer à boire au gobelet ou au verre, et il le fera très bien à 7-8 mois ou même avant. Si la mère retourne au travail quand il a 6 mois, nul besoin de commencer à lui faire prendre des biberons de formule lactée. Dans ce cas, on peut en effet introduire les solides avant l'âge de 6 mois (vers 4 ou 5 mois) pour qu'au retour au travail de la mère, en son absence, le bébé puisse être nourri principalement à la cuiller. À mesure qu'il vieillit, on peut le faire boire davantage au gobelet. La maman et son bébé peuvent très bien se débrouiller sans biberon. Si le bébé refuse le biberon, il ne faut pas l'affamer pour le forcer à le prendre. Ce n'est pas qu'il est têtu, c'est qu'il ne sait que faire d'une tétine artificielle. Il peut aussi ne pas aimer le goût du lait artificiel, ce qui est bien compréhensible.
On a beaucoup parlé dernièrement d'éviter le lait de vache pour les bébés de moins de 9 mois, mais cela ne s'applique pas aux bébés allaités. Le bébé allaité peut commencer à prendre une partie de son lait sous forme de lait de vache dès l'âge de 6 mois, surtout s'il a par ailleurs une alimentation substantielle et variée. Le lait de chèvre est une autre solution. Beaucoup de bébés allaités ne boivent pas de formule lactée parce qu'ils n'en aiment pas le goût. En fait, le bébé peut prendre au sein tout le lait dont il a besoin, même s'il n'a que quelques tétées par jour; aucun autre lait n'est nécessaire.
Mon bébé de 4 mois a faim quand il n'a que mon lait. Dois-je lui donner des solides ou du lait artificiel?
S'il n'y a pas de bonne raison de donner des biberons de lait artificiel, il peut y avoir de très bonnes raisons de ne pas en donner. Même à cet âge, le bébé peut préférer le biberon, s'il ne semble pas se satisfaire du lait maternel (s'il accepte le biberon). Dans les circonstances, il est préférable de donner des solides à la cuiller, plutôt que des biberons de lait artificiel. Dans bien des cas, toutefois, on peut corriger le problème simplement en améliorant la technique d'allaitement; il faut demander de l'aide! Si l'on veut mélanger du lait artificiel aux solides, cela ne causera pas les mêmes problèmes que les biberons. Si le bébé semble avoir encore faim après la tétée, on peut lui donner des solides à la cuiller. Avec des techniques d'allaitement simples, on peut toutefois lui faire prendre suffisamment de poids ou le satisfaire au sein. Il faut se renseigner auprès d'une clinique.
Chapitre 11 L’allaitement et les médicaments
Chapitre 11
L’allaitement et les médicaments
Mythe : Une femme qui prend des médicaments doit cesser l’allaitement jusqu’à ce que la substance ait disparu de son organisme.
Les faits : Ceci est presque toujours faux. L’allaitement et le lait maternel sont très importants pour la santé de la mère et du bébé. Même si le bébé reçoit un peu du médicament que sa mère prend via le lait maternel, l’allaitement n’est pas plus risqué que le fait de donner de la préparation commerciale pour nourrissons.
De nos jours, malgré tout ce que nous avons appris sur les risques de l’alimentation aux préparations commerciales, beaucoup de médecins disent aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement lorsqu’elles prennent différents médicaments. En fait, il est non seulement inutile pour les mères de cesser l’allaitement, mais cela est indiscutablement plus nuisible que de poursuivre l’allaitement, sauf dans un très faible nombre de cas.
La question n’est pas de savoir si le bébé recevra du médicament que la mère prend. Habituellement, il en recevra un petit peu à travers le lait, bien qu’il y ait des exceptions – certains médicaments ne passent pas du tout dans le lait maternel. La question à se poser est celle-ci : le lait maternel qui contient une infime quantité de médicament est-il plus nocif pour la mère et le bébé que le lait industriel pour bébés ? La réponse est presque toujours « non » ! La préparation commerciale pour nourrissons est presque toujours plus nocive pour la mère et l’enfant que le lait maternel contenant une infime quantité de médicament.
Afin d’explorer davantage cette question, considérons les affirmations des fabricants de lait industriel selon lesquelles leurs produits « se rapprochent le plus possible » du lait maternel. En premier lieu, cette déclaration est trompeuse puisque la panoplie de préparations commerciales ne peuvent pas toutes être « celle qui se rapproche le plus du lait maternel », donc quelqu’un ne dit pas la vérité ! En second lieu, « se rapprochant » ne signifie pas « proche ». Paris est plus près de Bruxelles que Genève, mais cela est loin de vouloir dire que les Parisiens demeurent juste à côté de Bruxelles ! Et puisque nous ne savons pas exactement ce que contient le lait maternel, nous ne savons pas plus à quel point « se rapprocher » signifie « proche » du lait maternel…
Les recherches sérieuses sur la composition du lait maternel sont assez récentes. Le lait humain a été analysé intensivement au cours de la dernière génération seulement, et ce qui est évident c’est qu’il n’existe pas de lait maternel standard. Chaque femme a un lait différent en un sens, un lait « sur mesure » qu’elle produit pour son bébé ; ce n’est pas produit pour un bébé « théorique », ce qui est le cas du lait industriel ! Jetons un œil sur la manière dont la composition du lait maternel varie.
Les variations du lait maternel
D’UNE FEMME À L’AUTRE
Ceci ne devrait pas nous étonner. Presque tous nos fluides corporels diffèrent d’une personne à l’autre, et les quantités exactes de n’importe quelle composante individuelle seraient impossibles à définir. Presque toutes les substances qui sont mesurables dans le sang le sont à titre de moyennes, pas comme un chiffre exact. Tout ce qui se trouve dans cette zone est considéré comme « normal ». D’une femme à l’autre, les variations dans la concentration des différents composants n’ont probablement aucun impact sur le développement de l’enfant. Donc… le lait de quelle femme le fabricant de préparation commerciale copierait-t-il…?
VARIATIONS SELON LE RÉGIME ALIMENTAIRE DE LA MÈRE
Encore une fois, ce n’est pas un scoop… Le régime alimentaire influe sur la concentration de différents composants du lait. Par exemple, le lait d’une mère végétarienne présente une concentration différente en acides gras (des éléments constituant la matière grasse) de celui d’une femme qui mange de la viande. Le lait d’une femme qui mange beaucoup de poisson contiendra des acides gras différents de celui des deux mères précédentes. Et les autres aliments que la mère mange ajoutent des composants dans son lait qui ne sont généralement pas considérés comme faisant partie « normalement » du lait maternel. Par exemple, lorsqu’une femme mange de l’ail, le lait a une odeur et un goût différent. Mais pourquoi ne pas considérer que l’ail (ou des composants de l’ail) est un composant « normal » du lait maternel si l’ail fait partie du régime alimentaire de la mère? Puisque l’ail peut contribuer à prévenir l’athérosclérose et augmenter l’immunité des gens grâce à ses propriétés stimulantes pour le système immunitaire, peut-être que les fabricants de préparations commerciales pour bébés devraient ajouter de l’ail à leur lait de vache modifié?!
On dit souvent que ces ajouts diététiques au lait, tel que l’ail, sont néfastes pour le bébé. Mais en fait, ce n’est pas le cas, sauf rares exceptions. Habituellement, les bébés allaités acceptent les autres aliments plus facilement que les bébés nourris au lait industriel, vraisemblablement parce qu’ils ont été exposés à une variété de goûts à travers leur expérience d’allaitement. Lorsqu’ils commencent à manger d’autres aliments, ces goûts leur sont déjà familiers. Alors que la préparation commerciale pour nourrissons a toujours le même goût...
La présence de composants du lait maternel provenant de l’alimentation de la mère peut aussi diminuer le risque pour le bébé de développer des allergies. Ainsi, la présence de protéines de lait de vache dans le lait maternel n’est pas nécessairement néfaste, comme certains peuvent le croire. Bien que les protéines de lait de vache dans le lait de la mère puissent causer des coliques chez certains bébés, la plupart n’en sont pas incommodés. Il s’agit seulement d’une hypothèse, mais cela pourrait permettre de désensibiliser le bébé aux protéines de lait de vache, comme les injections pour les allergies sont censées désensibiliser la personne qui les reçoit face à différents allergènes. Comme les protéines de lait de vache sont présentes en petite quantité dans le lait maternel et qu’elles sont accompagnées d’anticorps et de globules blancs spécifiques, ceci pourrait même permettre au bébé et à l’enfant de mieux tolérer le lait de vache par la suite (ceci est aussi valable pour les autres protéines).
D’autre part, la quantité totale de nourriture ingérée par la mère n’a pas tant d’importance que ça. Même les femmes qui mangent très peu semblent produire un lait de qualité, quoique la quantité produite puisse diminuer un peu. Toutefois, cette diminution n’est généralement pas assez importante pour résulter en une production lactée insuffisante.
Certains aliments ou plantes peuvent faire augmenter ou diminuer la production lactée, mais il n’y a aucune recherche pour appuyer ce qui peut n’être qu’un mythe dans certains cas. Le persil et la sauge peuvent faire diminuer la production lactée, tandis que le fenugrec peut la faire augmenter.
VARIATIONS PENDANT LA TÉTÉE
Le lait maternel change au cours d’une tétée. Le changement le plus connu est la teneur en matières grasses. À mesure que le bébé boit du lait au sein, la concentration en matières grasses du lait augmente. Au début de la tétée, le lait peut contenir 1 % de matières grasses, mais à la fin, il en contient 5% ou plus; le bébé reçoit dans l’ensemble une moyenne de 4% de matières grasses. Nous ne savons pas la raison de cela, mais cela pourrait être une façon d’apaiser l’appétit du bébé.
AU COURS DE LA JOURNÉE
La composition du lait maternel change considérablement au cours d’une journée. Par exemple, le lait maternel contient plus de lactose à la fin de l’après-midi que tôt le matin. La quantité de matières grasses est à son maximum le matin et à son minimum en fin d’après-midi. Le pourcentage de protéines est à son taux le plus bas le matin, et au plus élevé au cours de la soirée.
Nous ne savons pas pourquoi cela se produit et quels en sont les bénéfices pour la mère et l’enfant. Mais ces variations sont peut-être encore plus considérables que ce que nous savons. Alors quel lait le fabricant devrait-il copier? Le lait maternel produit à 6h du matin? Celui de 18h ou bien de minuit?
VARIATIONS AU COURS DE LA PÉRIODE D’ALLAITEMENT
Il est évident que le lait maternel produit au cours des 3-4 premiers jours de vie, que nous appelons colostrum, est différent du lait produit par la suite. La couleur du colostrum est différente de celle du lait mature. Il est également de texture plus épaisse et collante. C’est une substance merveilleuse et il est vraiment navrant que la majorité des bébés allaités en Europe et Amérique du Nord n’en reçoivent pas ou si peu. Le colostrum est riche en globules blancs. Il peut y en avoir jusqu’à cinq millions dans chaque millilitre de colostrum, en moyenne un million! Un million de globules blancs dans chaque millilitre de colostrum, c’est cent fois plus que dans votre sang! Et c’est bourré d’anticorps! Le colostrum est également laxatif. Ceci est important et fait en sorte que les intestins du bébé se vident, réduisant le niveau de la jaunisse et préparant le bébé à digérer le lait maternel.
Après trois ou quatre jours, le colostrum change pour devenir du « lait de transition ». Le lait devient plus blanc mais a une légère teinte dorée, indiquant qu’il y a encore du colostrum présent. Après une ou deux semaines, le lait peut être appelé « lait mature »; il est d’une couleur blanc bleuté au début de la tétée, gagnant en blancheur vers la fin de la tétée.
De façon moins évidente au point de vue visuel, le lait maternel continue à changer. Par exemple, la quantité de globules blancs contenus dans le lait maternel diminue au cours des premiers mois. Mais même six mois après la naissance du bébé, le lait maternel contiendra en moyenne 100 000 globules blancs par millilitre, soit 10 fois plus que votre sang (en réalité, c’est entre 10 et 20 fois plus puisque votre sang contient en moyenne 5000 à 10 000 globules blancs par millilitre, selon les analyses de laboratoire). La concentration de plusieurs autres composants immunitaires diminue également, tandis que d’autres augmentent.
Les lysozymes, un de ces éléments immunitaires, sont présents en plus grande concentration après la première année qu’auparavant. Ils attaquent la paroi des bactéries et les détruisent. Indiquons qu’une diminution des composants immunitaires ne signifie pas qu’ils sont absents ou qu’ils sont présents en quantités insignifiantes. Après tout, les préparations commerciales ne contiennent aucun composant immunitaire (sauf les nucléotides, qui n’ont pas beaucoup d’importance). Toutefois, quand nous parlons des composants immunitaires du lait maternel qui diminuent, les gens semblent croire que c’est quelque chose d’inquiétant. Pourtant, personne ne s’inquiète de l’absence quasi totale de tout composant immunitaire dans le lait industriel…!
Il a été démontré qu’un bébé de cinq mois allaité exclusivement, qui prend bien du poids, ne boit pas beaucoup plus de lait qu’un nourrisson exclusivement allaité âgé d’un mois et qui prend bien du poids. L’enfant de cinq mois boira seulement 10 à 15 % plus de lait même s’il est deux fois plus lourd que le bébé d’un mois! Autrement dit, le bébé de 5 mois reçoit seulement 60 à 70 calories par kilogramme par jour, tandis que le lait industriel fourni de 90 à 100 calories par kilogramme par jour. En fait, pourquoi le bébé a-t-il besoin d’une telle quantité de lait industriel? Parce que les nutriments contenus dans le lait maternel sont utilisés beaucoup plus efficacement par le bébé que ceux trouvés dans les préparations commerciales pour nourrissons. (Ceci est peut-être une des raisons pour lesquelles les études démontrent que les bébés nourris de lait industriel sont plus susceptibles de devenir trop gros à l’âge adulte. Ils ont peut-être été habitués à manger de trop grandes quantités d’aliments pour obtenir les nutriments dont ils avaient besoin.)
N’importe qui affirmant que le lait maternel n’a plus de valeur nutritive après 6 mois (ceci inclut malheureusement des médecins et même des pédiatres) ne comprend pas que le lait maternel est différent, mais ne s’est certainement pas changé en « eau blanche »…! D’un point de vue immunologique et nutritionnel, la valeur du lait maternel est toujours présente. Et n’oublions pas que l’allaitement favorise encore à cet âge le lien avec l’enfant, en offrant des bénéfices émotionnels et psychologiques.
VARIATIONS SELON L’ÂGE GESTATIONNEL DU BÉBÉ À LA NAISSANCE
Un bébé né prématurément a des besoins différents de celui qui est né à terme, selon le degré de prématurité. Il est intéressant de constater que le lait d’une mère dont le bébé est né prématurément diffère du lait de celle qui a accouché à terme. Un bébé prématuré a des besoins plus élevés en protéines et en sodium. Or justement, le lait de la mère qui accouche prématurément a une teneur plus élevée en protéines et en sodium. L’enfant prématuré a plus de risques de développer des infections. Eh bien… le lait de la mère qui accouche prématurément contient plus de globules blancs et d’anticorps. Le bébé né prématurément est en manque d’une partie du fer qu’il aurait accumulé pendant le reste de la grossesse. Quoi donc? Le lait de sa mère contient plus de fer! Le nouveau-né prématuré a manqué d’acides polyinsaturés à chaîne longue qui sont si importants pour le développement de son cerveau et de sa vision. Et devinez? Le lait de sa mère contient alors plus de ces acides gras!
AUTRES ÉLÉMENTS À CONSIDÉRER
Il a été démontré que lorsque la mère offre le même sein à son bébé pour deux tétées consécutives, le lait de ce sein sera différent lors de la 2e tétée que si elle avait offert l’autre sein pour cette 2e tétée. La 2e tétée au même sein offre notamment un pourcentage plus élevé de matières grasses.
Si une mère allaite pour la durée normale de notre espèce – soit 3 ou 4 ans – la composition de son lait changera lors de sa période menstruelle. Beaucoup de mères affirment que leur production lactée diminue lors de leurs menstruations, mais les composants du lait varient également. En moyenne, une femme qui allaite son bébé pendant plus de 12 mois verra ses menstruations revenir 13 ou 14 mois après la naissance de son bébé.
Il y a également des preuves montrant que le lait d’une mère qui a déjà été enceinte plusieurs fois diffère de celui de la mère qui accouche pour la première fois.
Pourquoi tout ceci est important?
C’est important parce que lorsque nous commençons à discuter des risques possibles de poursuivre l’allaitement pendant que la mère prend certains médicaments, la question n’est pas seulement : « Est-ce que le médicament passera dans mon lait? ». La raison pour laquelle autant de médecins disent sans hésiter aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement est qu’ils supposent que l’allaitement et l’alimentation artificielle sont à peu près semblables... Mais le lait industriel ne peut même pas s’approcher du lait maternel, qui est unique; le lait maternel qui varie selon les besoins du bébé ne se copie tout simplement pas! Il n’y a pas un lait maternel « normal » qui pourrait être copié. « Nous ajoutons ou enlevons simplement telle quantité de protéine, telle quantité de graisses et de sucre et hop, voilà le lait maternel instantané?! ». Le fait que tant de gens croient les publicités montre de façon remarquable la capacité du marketing à faire croire à l’invraisemblable, que « petit » est « gros », et que « noir » est en fait « blanc »!
Et il y a plus. Comment savoir que le lait maternel exprimé pour les analyses est le même lait que le bébé reçoit lorsqu’il boit au sein? En fait, il existe des preuves démontrant que le lait exprimé est différent de celui que le bébé boit lorsqu’il tète au sein. Les premières études utilisaient des échantillons de lait « d’écoulement », ramassé « goutte à goutte ». La mère devait allaiter son bébé d’un sein pendant que le lait qui coulait de l’autre était recueilli pour les analyses. Cet « échantillon » de lait maternel n’est pas représentatif de ce que l’enfant reçoit. Toutes les recherches qui ont été basées sur ce type d’échantillon de lait « d’écoulement » sont inexactes.
EST-CE QUE LES PRÉPARATIONS COMMERCIALES POUR NOURRISSONS SONT SI DIFFÉRENTES?
Oui… elles le sont. Et il n’est pas seulement question de savoir laquelle des variations multiples du lait maternel devrait être utilisée comme standard pour créer la « meilleure » préparation commerciale qui soit… Même en supposant que les standards connus du lait maternel soient précis, ce qui est appelé « lait industriel » ne demeure qu’une pâle approximation du lait maternel.
Pour commencer, le lait maternel et n’importe quelle préparation commerciale pour nourrissons diffèrent en odeur, en apparence et au goût! Alors, même de loin, les deux liquides ne se ressemblent pas (et je trouve que la plupart des préparations commerciales ont une apparence et un goût assez répugnants!). Pour montrer à quel point nous ne comprenons vraiment pas ce qu’est le lait maternel, observez ceci : le lait maternel et les préparations commerciales contiennent la même quantité de sucre. Et cependant le lait maternel a un goût beaucoup plus sucré. La préparation commerciale ne s’en approche même pas! (À vrai dire, selon moi, la préparation commerciale n’a pas de goût sucré du tout…).
Mais attaquons-nous à la question des molécules. Notre régime alimentaire contient essentiellement des protéines, des hydrates de carbone, des graisses, et d’infimes quantités de minéraux tels le fer, le zinc, le chrome et des vitamines. Malheureusement, notre diète alimentaire contient aussi des toxines maintenant.
Les protéines et les graisses, importants composants de notre régime alimentaire, sont constituées en groupes qui déterminent le type de protéines et de graisses. Par conséquent, les graisses se composent d’acides gras, et les protéines sont formées d’acides aminés. Les acides gras et les acides aminés que le bébé reçoit dans le lait maternel sont beaucoup plus importants d’un point de vue nutritionnel que la quantité exacte de protéines et de graisses.
Dans notre société actuelle, le mot « graisses » est presque une grossièreté. Mais nous ne pouvons pas vivre sans une certaine quantité de graisses… Le lait maternel et le lait industriel contiennent tous les deux la même quantité de graisses, bien que son pourcentage dans lait maternel change pendant la tétée, et d’une tétée à l’autre, alors que le lait industriel est toujours le même. Toutefois, les acides gras qui constituent les graisses dans le lait maternel sont présents en quantités très différentes de ceux contenus dans n’importe quel lait industriel.
Une des carences importantes des préparations commerciales pour nourrissons était, il n’y a pas si longtemps, l’absence d’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras polyinsaturé à longue chaîne (PUFA). Cet acide gras était complètement absent de toutes les préparations commerciales vendues en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Pourtant, cet acide gras est très important pour le développement du cerveau et de la vision de l’enfant. De plus, il est pour ainsi dire un composant de chaque cellule du corps humain. Sous la pression des consommateurs, et ayant les profits dans leur point de mire, les fabricants de préparations commerciales pour nourrissons ont commencé à ajouter certains acides gras polyinsaturés à longue chaîne dans certaines préparations. Encore là, ce n’est rien de plus que d’ajouter quelques acides gras aux préparations commerciales! Les acides gras doivent être ajoutés selon une certaine proportion – mais laquelle? Le problème est qu’ils ne sont pas absorbés de la même manière s’ils proviennent du lait maternel ou d’une préparation commerciale… donc le fabricant ne peut pas prendre comme modèle les pourcentages d’acides gras présents dans le lait maternel!
Les préparations commerciales additionnées d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne ont été mises sur le marché récemment au Canada. Il est intéressant de constater que des études semblent montrer qu’il n’y a pas de bénéfices additionnels pour les nourrissons, si on compare ceux qui ont consommé des préparations commerciales ordinaires ou celles avec acides gras ajoutés. Autrement dit, les fabricants peuvent juste ajouter quelques acides gras et dire « encore plus semblable au lait maternel »…! Certes, les préparations commerciales pour nourrissons doivent être améliorées et il est bon que les fabricants fassent des recherches et essaient de les améliorer. Toutefois, même si l’ajout d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne pouvait finalement présenter des bénéfices pour les bébés, une simple « amélioration » ne pourrait rendre les laits industriels « proches du lait maternel »…
Le lait maternel contient également plus de cholestérol que les préparations commerciales pour nourrissons. Un point en faveur des laits industriels? Pas nécessairement! Des études sur les grands primates ont montré que s’ils ne reçoivent pas de cholestérol au cours des premiers mois de vie, leur corps n’arrive pas à le gérer adéquatement par la suite. C’est comme si le fait de recevoir ce cholestérol au cours des premiers mois visait à en protéger l’enfant par la suite.
Comme les composants des graisses sont différents, il en est de même pour les protéines. Les protéines sont faites d’acides aminés. Bien que la quantité totale de protéines soit approximativement la même dans la préparation commerciale pour nourrissons que dans le lait maternel, plusieurs acides aminés sont présents en proportions différentes. Par exemple, le lait industriel contient beaucoup plus de phénylalanine et de tyrosine que le lait maternel. En quantités élevées, ces substances peuvent affecter le fonctionnement du système nerveux central des bébés prématurés, et peut-être aussi des bébés nés à terme. La présence de ces acides aminés n’est donc pas nécessairement une bonne chose. Pendant de nombreuses années, la taurine n’était pas ajoutée aux préparations commerciales pour nourrissons. Puis, lorsqu’il a été déterminé que la taurine pouvait être un acide aminé essentiel, les fabricants ont commencé à en ajouter avec tambour et trompette. Une campagne de publicité pompeuse attirait l’attention sur leur nouveau produit « amélioré », mais pas sur les insuffisances de l’ancienne préparation commerciale…! Et ça continue… Lorsqu’ils ont ajouté les acides gras polyinsaturés à longue chaîne (ARA, DHA), ils ont fait tout un tapage avec cela, en faisant oublier qu’avant cela les bébés nourris artificiellement ne recevaient pas de DHA après leur naissance…!
Je n’écris pas là un traité de biochimie du lait maternel et des préparations commerciales pour nourrissons. Il s’agit plutôt d’une forme de « révélation » afin que les gens puissent comprendre que ce qu’ils achètent comme préparation commerciale n’est pas une copie parfaite de ce qu’une mère produit dans ses seins. Ce n’est vraiment pas « proche du lait maternel ».
QU’EST-CE QUI MANQUE DANS LES PRÉPARATIONS COMMERCIALES POUR NOURRISSONS?
Beaucoup d’éléments! Il n’y a pas d’anticorps dans le lait industriel. Pas de lysozyme, pas de facteur de croissance épidermique, pas de globules blancs, pas d’oligosaccharides pour aider à combattre les infections. Il manque un tas de choses! En fait, il y a des dizaines de composants du lait maternel qui sont absents du lait industriel pour bébés, et ils ont tous des propriétés spécifiques. Lesquelles? Nous ne le savons pas toujours. Certains composants ont des fonctions multiples. Par exemple, la lactoferrine est probablement responsable du fait qu’une si grande proportion du fer présent dans le lait maternel est assimilable. Mais la lactoferrine empêche aussi les bactéries d’utiliser le fer; or celles-ci en ont besoin pour se multiplier, cela permet donc de limiter la prolifération bactérienne. La lactoferrine travaille donc de concert avec les globules blancs et les anticorps pour détruire les bactéries plus efficacement. Et peut-être que la lactoferrine a d’autres fonctions? Nous commençons seulement à découvrir les prodiges du lait maternel.
EST-CE QUE TOUTES CES DIFFÉRENCES COMPTENT VRAIMENT?
Oui! Je sais, vous avez rencontré de nombreuses personnes qui ont été nourries au lait industriel et qui se « portent bien ». Peut-être que vous-même n’avez jamais goûté au lait de votre mère, et vous vous « portez bien ». Super. Les humains sont très adaptables, peuvent survivre et bien se porter malgré toutes sortes de traumatismes et de stress. Les enfants maltraités grandissent avec de nombreuses difficultés, mais ils peuvent surmonter ces difficultés, devenir des adultes aimables et avoir des existences agréables. Les bébés nés prématurément sont à risque pour toutes sortes de problèmes de santé, mais beaucoup grandissent et deviennent des enfants et des adultes en bonne santé. La médecine moderne peut traiter et guérir bon nombre de maladies. Cependant, nous ne devrions pas mettre l’allaitement au rancart en tant que meilleur départ, simplement parce que la plupart des bébés nourris au lait industriel se « portent bien ».
Les recherches s’accumulent pour démontrer que les enfants qui ont été allaités ont un quotient intellectuel plus élevé et de meilleurs résultats scolaires que ceux qui n’ont pas été allaités. Plus encore, l’effet est plus important si l’enfant est allaité plus longtemps. Cela ne veut pas dire qu’un enfant qui a le QI d’un génie aurait eu un QI dans la moyenne s’il n’avait pas été allaité. Dans la plupart des études, la différence moyenne de quotient intellectuel est de 8 points, donc une personne avec un QI potentiel de 140 sera très brillante, même si elle n’a pas été allaitée du tout. Mais il y a quand même une différence significative.
Il semblerait, mais sans certitude absolue, que les enfants qui ont été allaités ont moins de risques de développer un diabète juvénile. Plus récemment, des études ont montré qu’ils auraient moins de risque de développer le diabète adulte (type 2). Nous avons maintenant plus d’études montrant que l’allaitement contribue à prévenir l’obésité et la surcharge pondérale, ce qui semble être la préoccupation de santé publique no.1 dans les pays riches actuellement. Plusieurs études se penchant sur plus de 200 000 enfants ont montré que l’allaitement faisait diminuer les risques d’obésité et de surcharge pondérale de façon notable, et que plus l’enfant était allaité longtemps, plus les risques diminuaient. De plus, une excellente étude a aussi démontré que les bébés prématurés qui avaient reçu de façon randomisée du lait maternel provenant d’un lactarium (banque de lait maternel) avaient des taux sanguins de LDL plus bas (low density lipoprotein / « mauvais cholestérol ») et des taux plus élevés de HDL (high density lipoprotein / « bon cholestérol ») à l’adolescence, en comparaison de ceux qui avaient reçu de la préparation commerciale. Les taux plus élevés de LDL, comparativement au HDL dans le sang de ceux qui avaient été nourris au lait industriel, sont associés avec un risque accru d’athérosclérose. Certaines études laissent penser que les bébés allaités auraient moins de risques de développer la maladie de Crohn (une maladie inflammatoire de l’intestin). Par contre, beaucoup d’études montrent que les bébés allaités ont moins d’infections des poumons (et que celles-ci sont moins graves), moins d’infections de l’oreille moyenne (otites) et du système digestif. Les enfants allaités, notamment ceux qui le sont plus d’un an, ont moins de problèmes de dentition (malocclusion) et ainsi l’allaitement peut vous faire économiser des frais faramineux d’orthodontie. Certaines études montrent que les allergies surviennent moins fréquemment et sont moins importantes chez les bébés allaités. Il y a aussi des études (moins concluantes) selon lesquelles l’allaitement protégerait de certaines maladies, telle la sclérose en plaques.
Beaucoup de parents ont fini par accepter comme « normaux » les problèmes liés à l’alimentation artificielle. Par exemple, beaucoup de livres sur les bébés vous diront qu’il est normal que le bébé ait 5-6 otites au cours des deux premières années de vie. Ceci est peut-être normal pour un bébé nourri artificiellement, mais cela est inhabituel pour le bébé allaité – du moins selon mon expérience. Donc lorsqu’un parent a un enfant qui a des otites à répétition, il ne pense pas que c’est une situation pouvant être reliée au fait qu’il n’est pas allaité… Le parent croit que c’est normal et que son enfant se porte bien. Ces otites à répétition causent non seulement de la douleur à l’enfant, mais peuvent occasionner des troubles d’audition à un âge où il apprend à parler, créant des difficultés et des retards de langage.
N’oubliez pas que l’allaitement est une relation entre deux personnes. La mère a aussi des bénéfices liés à l’allaitement. Il est probable que la mère allaitante aura moins d’ostéoporose que celle qui n’a pas allaité. La plupart des études ont montré une diminution du taux de cancer du sein, des ovaires et de l’utérus chez les femmes qui ont allaité. Les études n’ont pas apporté de preuve absolue, mais elles sont fascinantes, surtout pour le cancer du sein. Pour la plupart des femmes allaitantes, la perte de poids après l’accouchement est plus rapide et complète.
Voilà certains points concernant l’allaitement mis en comparaison avec l’alimentation artificielle. Il y en a plus encore, mais ce n’est pas le but de ce livre que de discuter en long et en large des risques de l’alimentation artificielle.
QUEL EST LE RAPPORT AVEC LE FAIT DE PRENDRE DES MÉDICAMENTS PENDANT L’ALLAITEMENT?
Tout est en lien avec cela! La question essentielle est celle-ci : est-ce qu’une petite quantité de médicament dans le lait de la mère rend l’allaitement plus à craindre que le fait de ne pas allaiter? Si l’on considère tout ce qui a été dit dans les paragraphes précédents, la réponse est presque toujours non. L’allaitement avec une petite quantité de médicament dans le lait maternel n’est pas plus risqué que l’alimentation avec une préparation commerciale, à l’exception de quelques cas spécifiques. L’allaitement présentera presque toujours moins de risques. Il y a des médicaments plus ou moins nocifs pour les mères qui allaitent, mais la majorité est toutefois sans danger. Il y a des risques pour la santé de la mère et du bébé à ne pas allaiter. La question n’est pas nécessairement de ne pas allaiter le bébé pendant 7 ou 10 jours, mais davantage face à un sevrage permanent, car une semaine sans prendre le sein signifie souvent en pratique ne plus jamais reprendre le sein.
POURQUOI LE FAIT DE PRENDRE DES MÉDICAMENTS PENDANT L’ALLAITEMENT N’EST HABITUELLEMENT PAS UN PROBLÈME?
Parce que seules de petites quantités de médicament se retrouvent dans le lait maternel. Les quantités sont si minimes que les risques sont très faibles pour le bébé. Beaucoup de gens croient que l’enfant reçoit une dose de médicament semblable à celle que la mère prend. Ceci est rarement vrai. En fait, l’enfant ne reçoit presque toujours que de très petites quantités. Règle générale, environ 1 % de la dose totale prise par la mère passe dans le lait. Il y a certains médicaments qui s’y retrouvent en concentration plus élevée, tandis que d’autres en plus faible pourcentage encore.
Prenons l’exemple d’un antibiotique utilisé assez fréquemment, l’amoxicilline. Une des doses habituelles utilisée pour un adulte est environ 500 mg, 3 fois par jour. Si 1% de la dose totale prise par la mère chaque jour est absorbée par le bébé via le lait, c’est environ 15 mg qu’il recevra au cours de toute la journée. C’est loin de stresser une seule bactérie! Un bébé de 5 kg qui est traité pour une otite en recevrait 200 mg par jour, soit plus de 10 fois ce qu’il recevrait via le lait! En fait, la quantité d’amoxicilline qui se retrouve dans le lait se chiffre à pas tout à fait 0,7% de la dose totale prise par la mère. Donc, dans le cas ci-dessus, le bébé recevrait seulement 12 mg d’amoxicilline par période de 24 heures.
POURQUOI SI PEU DE MÉDICAMENT SE RETROUVE DANS LE LAIT MATERNEL?
N’importe quel médicament que vous prenez est dilué dans votre corps. À cause de cette dilution dans les différents tissus, la concentration de médicament dans le sang est souvent mesurée en microgrammes (millionièmes de gramme) et même en nanogrammes (milliardièmes de grammes) par millilitres, même si la quantité de médicament que la mère prend est habituellement mesurée en milligrammes (un millième de gramme), occasionnellement en grammes. Beaucoup de substances médicamenteuses sont diffusées dans le corps de telle manière qu’il en passe très peu dans le sang. Un exemple est la paroxétine (Paxil®, Deroxat®), un médicament utilisé pour traiter la dépression. Moins de 1% de la quantité totale de médicament que la mère a dans son corps se retrouve dans son sang, le reste étant concentré dans d’autres tissus, comme les graisses ou le cerveau. Par conséquent, une très faible quantité de cette substance passe dans son lait.
Un bon exemple pour illustrer ce principe est l’alcool, qui est probablement une des substances les plus utilisées dans le monde. Certains disent qu’une mère qui consomme de l’alcool doit s’abstenir temporairement d’allaiter – deux heures par tranche de 30 ml d’alcool fort est la recommandation habituelle. Je suis complètement en désaccord parce que la consommation occasionnelle d’alcool n’en fera pas absorber une quantité importante à l’enfant. Le whisky est un alcool à 40%. Le vin en contient entre 9 et 12%, et la bière 3 à 5%. Même la bière dite « sans alcool » en contient 0,6%… Dans plusieurs districts, vous serez considérée inapte à conduire votre voiture si vous avez entre 0,05 ou 0,1% d’alcool dans votre sang. L’alcool est une substance que l’on retrouve en même quantité dans le lait que dans le sang de la mère. Si elle a 0,08% d’alcool dans son sang, son lait en contiendra le même pourcentage. Ce n’est rien du tout! Je suis convaincu que de dire aux mères de ne pas allaiter après avoir bu un ou deux verres tient plus, encore une fois, de l’émergence de comportements puritains de la société nord-américaine de la fin du XXe et du début du XXIe siècle.
Certains médicaments sont appliqués localement – sur la peau, dans le vagin, le nez ou les yeux. Même utilisés en grandes quantités, il est peu probable que l’absorption de médicaments appliqués à ces endroits produise plus qu’une légère trace dans le sang de la mère.
EN PLUS DE LA CONCENTRATION DU MÉDICAMENT DANS LE SANG MATERNEL, QU’EST-CE QUI DÉTERMINE LA QUANTITÉ QUI SE RETROUVE DANS LE LAIT?
Un des facteurs importants est la quantité de substance médicamenteuse qui se lie aux protéines dans le sang de la mère, puisque seule la substance médicamenteuse non liée aux protéines peut se retrouver dans le lait maternel. Certaines molécules de médicament sont presque totalement liées aux protéines. L’ibuprofène (un anti-inflammatoire non stéroïdien) est lié aux protéines dans une proportion de plus de 99%, donc moins de 1% de la quantité présente dans le sang maternel peut se retrouver dans le lait de la mère! Il en résulte que si la mère prend une dose de 400 mg toutes les 6 heures, son lait contiendra moins de 1 mg d’ibuprofène par litre! Et la plupart des bébés ne boivent pas un litre de lait maternel par jour! Si nous traitions le bébé lui-même avec de l’ibuprofène, nous lui donnerions généralement 5 à 10 mg par kilogramme de son propre poids. Un nourrisson de 5 kg recevrait donc 25 à 50 mg d’ibuprofène toutes les 6 heures…! Si la mère prenait la dose maximale toutes les 6 heures, la quantité que le bébé recevrait via le lait de sa mère en 24 heures est moins de 1% de ce que nous lui donnerions directement à lui…! Dans le cas de l’antidépresseur cité auparavant (paroxétine), la substance est liée aux protéines dans une proportion de 95%. De la très faible quantité qui se retrouve dans le sang, 95% ne peut PAS passer dans le lait maternel!
Un autre facteur important est la grosseur de la molécule du médicament. Bien que les molécules soient généralement assez petites pour passer dans le lait maternel, certaines ne le sont pas. Parmi les molécules trop grosses pour passer dans le lait maternel nous trouvons : l’insuline (pour traiter le diabète), l’interféron (utilisée pour traiter la sclérose en plaques et d’autres maladies chroniques), l’héparine, et l’héparine de bas poids moléculaire (pour prévenir la formation de caillots de sang), le glatiramer (Copaxone®, pour la sclérose en plaques notamment), l’étanercept (Enbrel®, pour l’arthrite rhumatoïde) et le Botox®. Il y en a d’autres, mais elles ne sont pas utilisées fréquemment. Les protéines et plusieurs hormones utilisées dans divers traitement (comme la gonadotrophine chorionique) sont trop grosses pour passer dans le lait.
Mais ce n’est pas seulement cela qui doit être pris en considération. Qu’est-ce que le bébé absorbera véritablement même s’il ingère un peu de médicament via le lait? On dit à beaucoup de mères qu’elles doivent cesser l’allaitement si elles prennent des médicaments tels que la gentamicine (un antibiotique). Est-ce que cela pourrait causer un problème au bébé? La gentamicine est donnée en injection. On donne cet antibiotique de cette manière parce qu’il ne s’assimile pas dans l’intestin. La mère le reçoit donc par injection musculaire ou par intraveineuse; le bébé en reçoit par voie orale à travers le lait maternel – mais ne l’assimile donc pas dans son intestin! Par conséquent, même si la gentamicine est relativement toxique, qu’elle peut causer de sérieux problèmes rénaux et auditifs si son taux sanguin devient trop élevé, le taux sanguin du bébé ne s’élèvera pas du tout car la molécule du médicament n’est pas absorbée dans l’intestin. Ce principe pourtant bien simple n’est étonnamment pas pris en considération par beaucoup de professionnels de la santé.
Il est possible que cet antibiotique détruise certaines bactéries dans l’intestin du bébé ou qu’il change le type de bactéries qui y vivent. Mais donner du lait industriel ferait également changer le type de bactéries qui s’y trouvent. Pourquoi est-il « acceptable » de changer la flore bactérienne en donnant de la préparation commerciale mais pas en donnant un antibiotique? (En réalité, il est moins probable que la flore change à cause d’une petite dose d’antibiotique comparativement à donner du lait industriel, bien que ce soit possible.) Il est vrai que l’enfant peut devenir allergique à un antibiotique absorbé via le lait de sa mère. Mais il peut aussi devenir allergique à la protéine du lait de vache ou de soja contenue dans la préparation commerciale pour nourrissons. En fait, les allergies à ces protéines des préparations pour nourrissons sont beaucoup plus incommodantes et astreignantes que les allergies aux antibiotiques.
Les paragraphes qui suivent présentent seulement quelques médicaments qui sont très faiblement absorbés à partir de l’intestin (certains sont plus absorbés que la gentamicine). Je n’y mentionne que quelques médicaments de la kyrielle qui pourraient être prescrits à la mère. Il est à noter que lorsqu’un médicament est pris oralement, la dose du médicament est ajustée pour compenser sa faible absorption orale. Mais ceci concerne la mère, pas le nourrisson. À cause de la dilution des médicaments dans son corps, la quantité qui se retrouve dans le lait de la mère est généralement très faible, et de cette faible quantité, seule un très faible pourcentage est absorbé par le bébé… Une des substances intéressantes est l’oméprazole (Losec®, Mopral®), un médicament utilisé pour faire diminuer l’acidité dans l’estomac. La substance est peu absorbable dans l’intestin, et en fait, elle est même détruite par l’acidité de l’estomac. La mère doit donc prendre de l’oméprazole enrobé afin que le médicament soit protégé de cette acidité. Par contre, ce que l’enfant absorbe n’est plus du tout protégé de cette acidité. Par conséquent, l’absorption orale du médicament par la mère est correcte, mais celle du bébé est faible ou plutôt inexistante.
Les noms des médicaments cités ci-dessous sont des noms génériques (le vrai nom de la substance). Le nom commercial est souvent plus connu des gens, mais certains médicaments peuvent avoir plusieurs noms commerciaux.
Médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antiviraux, antifongiques)
• Amikacine (ex. : Amikin®): ce médicament appartient à la même famille que la gentamicine et presque aucun antibiotique de cette famille est absorbé dans l’intestin en quantité significative. Les autres sont la kanamycine, la tobramycine et la nétilmicine.
• Carbénicilline (ex. : Fugacillin ®, Pyopen®) : c’est une forme de pénicilline, mais contrairement à la plupart des pénicillines (qui sont très bien assimilées), celle-ci n’est absorbée qu’en petite quantité (moins de 10%).
• Céfazoline (ex. : Ancef®, Cefamezin®) : plusieurs médicaments de cette famille sont faiblement absorbés. D’autres le sont très bien toutefois. Ceux qui sont faiblement absorbés sont la céfépime, le céfopérazone, la céfotaxime, le céfotétane, la céfoxitine, la ceftazidime, le ceftriaxone, la céphalothine, et la céphapirine. Certains, comme la céphalexine, le ceftibutène et le céfaclor sont bien absorbés et d’autres, comme le céfuroxime et le cefpodoxime, se situent à mi-chemin. Cependant, il y a d’autres raisons pour lesquelles les céphalosporines (le nom de cette famille d’antibiotiques) ne devraient pas causer une interruption de l’allaitement.
• Clotrimazole (ex. : Canesten®): c’est une substance antifongique utilisée en applications locales contre la candidose. Plusieurs substances de cette famille de médicaments ne sont pas absorbées dans l’intestin, mais certaines le sont (comme le fluconazole, le kétoconazole et l’itraconazole).
• Furazolidone : il s’agit d’un antibiotique généralement utilisé contre la guardia lamblia (parasitose). L’absorption par l’intestin est très faible.
• Mebendazole : médicament utilisé contre les vers. Il n’est presque pas absorbé par la mère, et seule une infime quantité de ce qui pourrait se retrouver dans son lait pourrait être absorbée par le bébé.
• Méthicilline (ex. : Celbenin®): un médicament semblable à la pénicilline, qui n’est pas absorbé dans l’intestin du bébé.
• Vancomycine (ex. : Vancocin®): antibiotique utilisé contre le staphylocoque doré résistant à la méthicilline. Ce médicament se retrouve en très faible quantité dans le lait maternel, et de ceci, seule un infime pourcentage est absorbé par l’enfant allaité.
Médicaments antiallergiques
• Cromolyne : moins de 1% de la dose totale prise par la mère est absorbé dans l’intestin de l’enfant. Ainsi, même si la mère utilisait un vaporisateur nasal, la quantité qui se retrouverait dans son sang serait minime, celle qui passerait dans son lait serait encore plus faible et l’enfant n’en absorberait pratiquement pas.
• Épinéphrine (adrénaline, ex. : Epifrin®): Bien que ce ne soit pas spécifiquement un médicament antiallergique, cette substance est parfois prise par des gens très allergiques qui peuvent développer une réaction mortelle avant que l’aide médicale n’arrive sur les lieux. Donnée en injection, cette substance est détruite rapidement dans l’estomac. Rien n’est absorbé dans l’intestin, sauf peut-être si le bébé est un grand prématuré.
Médicaments antiasthmatiques
• Ipratropium (ex. : Atrovent®): Employé en inhalation, ce médicament est absorbé en très petite quantité par l’intestin du bébé.
• Zafirlukast (ex. : Accolat®) : Issu de la nouvelle catégorie de médicaments antiasthmatiques, il est très faiblement absorbé dans l’intestin de l’enfant allaité.
Médicaments pour la tension artérielle
• Esmolol (ex. : Brevibloc®): pratiquement pas absorbé dans l’intestin. Sa demi-vie est également très courte (voir plus loin).
• Sulfate de magnésium : Cette substance est particulièrement utilisée pour l’hypertension artérielle lors de l’accouchement. Malheureusement, pendant de nombreuses années et même encore maintenant, on a dit aux mères qu’elles ne pouvaient pas allaiter si elles prenaient ce médicament. Bien que l’absorption intestinale ne soit pas nulle, elle est très faible, et seule une petite quantité se retrouve dans le lait maternel au départ.
• Nisoldipine (ex. : Syscor®, Sular®) : C’est un inhibiteur calcique, et seulement 5% est absorbé dans l’intestin.
Substances de contraste
• Gadopentétate : il s’agit d’une injection que l’on reçoit lorsque l’on passe une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Malheureusement, les radiologistes disent encore aux mères qu’elles doivent cesser d’allaiter pendant 24 heures et même plus longtemps encore, bien que le Collège Américain des Radiologistes ait publié en 2001 une recommandation disant qu’il est parfaitement acceptable d’allaiter son bébé immédiatement après une injection de cette substance… L’absorption orale (ce que le bébé recevra) représente seulement 0,8% de la petite quantité qui se retrouvera dans le lait maternel.
• Agents contenant de l’iode radio-opaque : il n’y a presque aucune absorption orale avec ces substances. Elles ne sont pas une raison pour interrompre l’allaitement, quoi qu’en dise le radiologiste. Si vous avez une pyélographie intraveineuse, une tomographie par émission ou un autre examen utilisant un agent de contraste, il est probable que le radiologiste vous dira que vous ne pouvez pas allaiter pendant 24 à 48 heures. À cause de la faible absorption orale de ces médicaments (et pour d’autres raisons), ce conseil n’est pas vraiment approprié. En fait, les agents de contraste à base d’iode ne se retrouvent même pas dans le lait maternel…!
Médicaments antidiarrhéiques
• Lopéramide (ex. : Imodium®): L’absorption est quasi nulle.
Cette liste n’est pas exhaustive et ne présente pas tous les médicaments qui sont faiblement absorbés dans l’intestin du bébé. Si vous recevez un médicament par injection, il est également possible qu’il soit peu absorbé dans l’intestin (mais ce n’est pas nécessairement le cas.)
Certaines lignes de conduite pour l’utilisation des médicaments pendant l’allaitement
EST-CE QUE LE MÉDICAMENT OU L’EXAMEN EST VRAIMENT NÉCESSAIRE?
Malheureusement, beaucoup d’examens médicaux sont faits et beaucoup de médicaments sont prescrits sans réelle nécessité. Bon nombre de médecins croient que « quelque chose doit être fait » lorsque les patients viennent les voir pour se plaindre de leur état de santé. Beaucoup d’analyses médicales et de médicaments sont prescrits car il est plus facile de prescrire une analyse ou un médicament que de parler avec le patient de ses problèmes de santé… Par exemple, la fièvre est rarement causée par une maladie qui nécessite la prise d’antibiotiques. La majorité des maladies qui causent des vomissements et de la diarrhée ne nécessitent pas de médicaments.
Nous vous présentons ici un exemple pour vous montrer à quel point les examens peuvent entraver l’allaitement et comment ils ne sont parfois pas vraiment nécessaires : environ 3 à 6 mois après la naissance de l’enfant, une mère peut éprouver les signes d’une hyperactivité de la glande thyroïde. Ces signes comprennent de l’irritabilité, de la difficulté à dormir, une perte de poids excessive, de la nervosité, de la tension et parfois une très grande fatigue. Une analyse sanguine est faite et l’on découvre que la mère fait de l’hyperthyroïdie. Puis la question survient : cette hyperthyroïdie est-elle occasionnée par une thyroïdite post-partum (inflammation de la thyroïde) ou bien par la maladie de Basedow , un problème plus chronique et plus sérieux? La méthode employée habituellement pour différencier ces deux problèmes de santé est de procéder à un examen de la thyroïde avec de l’iode radioactif. Puisque le bébé ne doit pas recevoir d’iode radioactif, la mère est confrontée au fait de ne pas allaiter pendant un certain temps après l’examen. Mais cet examen est-il vraiment nécessaire? La réponse est non…!
En premier lieu, une femme qui fait de l’hyperthyroïdie 3 à 6 mois après la naissance a presque toujours une thyroïdite post-partum, pas la maladie de Basedow… Deuxièmement, une thyroïdite post-partum s’améliore d’elle-même au bout de 6 à 10 semaines. De plus, ces deux causes de l’hyperthyroïdie présentent aussi des différences dans les résultats d’analyses sanguines employées pour le diagnostic.
Il n’est pas nécessaire de faire une scintigraphie de la thyroïde. La mère peut être traitée avec du propranolol (un médicament compatible avec l’allaitement), et ses symptômes et analyses sanguines suivis par la suite. S’il s’agit d’une thyroïdite post-partum, ses analyses sanguines s’amélioreront au cours des semaines qui suivront. Si elle a la maladie de Basedow, ce ne sera pas le cas. Dans ce cas-ci, elle pourra donc commencer à prendre du propylthiouracil (PTU) afin de traiter la maladie – et elle n’aura pas à cesser l’allaitement car ce médicament est compatible.
Si l’allaitement est considéré comme quelque chose d’important, c’est incroyable tout ce que nous arrivons à faire en trouvant des manières de le protéger. Malheureusement, de nombreux professionnels de la santé ne valorisent pas l’allaitement et n’essaient pas de trouver des solutions de rechange aux « routines habituelles ».
S’AGIT-IL D’UN MÉDICAMENT UTILISÉ POUR LES BÉBÉS?
Un médicament qui est utilisé pour les bébés devrait logiquement être adéquat pour la mère qui allaite. Je vous présente ici une histoire vraie. C’est le résumé de ce qu’une mère m’a raconté au téléphone :
« Je suis déconcertée… Je suis allée voir mon médecin il y a quelques jours car j’avais un rhume et il m’a prescrit de l’amoxicilline. Comme j’allaitais mon fils de 3 mois, il m’a dit que je devais arrêter de l’allaiter parce que le bébé recevrait du médicament. J’ai arrêté de l’allaiter. Aujourd’hui, mon enfant à un rhume, je l’ai amené chez le médecin, et il lui a prescrit de l’amoxicilline… »
Qu’est-ce qui cloche ici? Tout!
1. La mère est allée voir le médecin pour un rhume. Un ancien adage dit : Si vous soignez un rhume, il durera une semaine, et si vous ne le soignez pas, il durera 7 jours. C’est encore vrai…! Pourquoi les gens vont-ils voir un médecin pour un simple rhume…?
2. Traiter un rhume avec de l’amoxicilline est un bel exemple d’usage abusif des antibiotiques! Voilà une des raisons pour laquelle il n’y aura plus d’antibiotiques fiables contre certaines bactéries très bientôt, et pas d’antibiotiques du tout pour combattre certaines infections... Les rhumes sont causés par des virus, et les antibiotiques ne détruisent pas les virus…
3. La mère s’est fait dire qu’elle ne pouvait pas allaiter en prenant de l’amoxicilline. Étant donné les risques de cesser l’allaitement pour la mère et l’enfant, en plus du fait qu’il y a très peu d’amoxicilline qui passe dans le lait, c’est un conseil illogique et absurde provenant d’un médecin.
4. Le bébé a un rhume. Il est fort possible que le bébé n’en aurait pas eu si la mère s’était fait dire de poursuivre l’allaitement. Nous n’en avons pas la certitude bien entendu, mais son risque d’être malade est accru lorsqu’il n’est plus allaité et qu’il ne reçoit plus les anticorps et les facteurs immunitaires du lait maternel.
5. La mère a amené son enfant chez le médecin pour un rhume. Bon… d’accord, les mères sont plus inquiètes pour leurs enfants que pour elles-mêmes. Une grand-mère expérimentée aurait été d’un plus grand secours que le médecin…
6. Le bébé a pris de l’amoxicilline pour un rhume! Ceci est non seulement inutile mais risqué puisque ce médicament peut occasionner de la diarrhée à l’enfant.
7. Les médecins donnent des conseils, pas des commandements! Mais cette mère s’était fait dire qu’elle devait cesser l’allaitement. À moins que la situation soit risquée au point d’y laisser sa peau, la mère aurait dû recevoir assez d’information pour pouvoir faire un choix éclairé entre le sevrage ou la poursuite de l’allaitement. Bien entendu, le médecin doit lui-même être informé, et il est clair que ce n’était pas le cas!
À travers le lait maternel, les bébés ne reçoivent qu’un très faible pourcentage de médicament en comparaison de ce qu’ils absorberaient s’ils étaient traités directement par cette même substance. Il est extrêmement rare qu’une mère doive cesser son allaitement à cause d’un médicament qui est aussi utilisé pour soigner les bébés.
EST-CE QUE LE MÉDICAMENT PEUT ÊTRE UTILISÉ LORS DE LA GROSSESSE?
Il n’est pas toujours vrai qu’un médicament employé sans danger pendant la grossesse puisse l’être lors de l’allaitement. Lorsque le bébé est dans l’utérus, la femme enceinte aide le fœtus à se débarrasser du médicament qu’elle prend, donc il n’y a généralement pas d’accumulation dangereuse du médicament dans le corps du bébé. L’accumulation de substances médicamenteuses chez le bébé pendant l’allaitement suscite parfois de l’inquiétude, notamment lorsque la substance a une longue demi-vie (nous en discutons plus en détail un peu plus loin dans ce chapitre), mais cela est rarement le problème.
Par exemple, les médecins peuvent s’inquiéter des effets d’un médicament sur le développement cérébral de l’enfant. C’est pour cette raison qu’ils disent à de nombreuses femmes qu’elles ne peuvent pas allaiter si elles prennent des antidépresseurs, même si elles prenaient ces médicaments pendant leur grossesse.
Une mère qui prend un médicament pouvant avoir un effet sur le système nerveux central expose beaucoup plus le développement du système nerveux de son bébé pendant la grossesse que pendant la lactation. Pendant la grossesse, le cerveau du fœtus est à un stade beaucoup plus sensible et précoce de son développement. De plus, le bébé sera généralement exposé à des niveaux plus élevés pendant la grossesse que lors de l’allaitement, puisqu’il a un taux sanguin comparable à celui de sa mère (la plupart des médicaments passent à travers le placenta). Par conséquent, si un médicament est jugé fiable pendant la grossesse, il le sera généralement lors de l’allaitement.
Prendre des décisions à propos de l’usage des médicaments pendant l’allaitement
La plupart des médicaments sont jugés sans danger pendant l’allaitement, mais certains sont plus fiables que d’autres. Les informations destinées aux médecins et aux pharmaciens peuvent les aider à choisir le médicament qui occasionnera le moins d’effets indésirables. Une partie de ces informations a déjà été mentionnée : les médicaments qui ne passent pas dans le lait maternel et les médicaments qui ne sont pas absorbés dans l’intestin sont fiables pendant l’allaitement. Les substances qui sont liées à des protéines dans le sang sont également plus fiables que celles qui ne le sont pas.
Les médicaments qui restent dans le corps pour une courte période de temps (demi-vie courte) doivent être préférés à ceux qui restent plus longtemps dans le sang (demi-vie longue). La demi-vie est une mesure permettant de savoir combien de temps est nécessaire pour que la moitié du médicament disparaisse du corps. Une fois que l’on cesse de prendre un médicament, cela prend environ cinq demi-vies avant qu’il disparaisse complètement du corps. Ou bien cela prend environ cinq demi-vies pour que votre taux sanguin atteigne un niveau stable après le début de la prise du médicament.
Par exemple : beaucoup de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens sont quasiment similaires du point de vue du soulagement de la douleur et de l’inflammation, et des effets secondaires chez la mère. Plusieurs se lient hautement aux protéines (à plus de 99%), donc la quantité de ces substances qui se retrouve dans le lait maternel est très faible, ce qui est très bien. Toutefois, certains anti-inflammatoires ont des demi-vies plus longues que d’autres. L’ibuprofène a une courte demi-vie, environ 2 à 4 heures, alors que le naproxène (ex. : Naprosyn®) a une longue demi-vie (entre 12 et 15 heures). Nous savons que ces deux médicaments sont fiables et qu’il est peu probable qu’ils se retrouvent en grande quantité dans le lait maternel (car ils sont hautement liés aux protéines). Toutefois, l’ibuprofène est un meilleur choix à cause de sa courte demi-vie.
Vous ne devriez pas partir de l’idée que votre médecin ou même votre pharmacien connaissent beaucoup de choses sur l’allaitement et les médicaments, et qu’ils sont soucieux de vous aider à poursuivre votre allaitement. Bien souvent, l’information sur laquelle ils se basent pour décider s’ils utiliseront ou non un médicament provient du fabricant de médicaments lui-même (qui se retrouve au Canada dans un livre nommé « Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques » - C.P.S. ou bien « Physician’s Desk Reference »- P.D.R. aux États-Unis, et dans le « Vidal » en France). Le fabricant se soucie de sa propre responsabilité médico-légale… pas de l’importance de l’allaitement pour la mère et son bébé! Parmi les milliers de médicaments qui sont présentés dans les répertoires de médicaments, il n’y a guère plus d’un médicament qu’on dit acceptable pour les mères allaitantes! Le C.P.S. présente au début du livre une partie où le discours sur les médicaments en lien avec l’allaitement est plus raisonné (les pages de couleur lilas). Malheureusement, les médecins et les pharmaciens consultent rarement cette partie. Régulièrement, l’American Academy of Pediatrics publie des lignes directrices pour l’usage des médicaments pendant l’allaitement. L’approche est très prudente, mais ces lignes directrices estiment « compatibles avec l’allaitement » des médicaments que le C.P.S., le P.D.R. ou le Vidal « n’autorisent pas ». Toutefois, les médecins et les pharmaciens se réfèrent rarement à ces lignes directrices…
Le livre écrit par le Dr Thomas Hale, pharmacologue, est en vente depuis quelques années déjà. « Medications and Mothers’ Milk » présente une bonne approche envers les médicaments et l’allaitement, offrant même des solutions de rechange lorsqu’un médicament peut vraiment poser problème. De plus, le livre est révisé tous les ans ou tous les deux ans afin d’inclure de nouveaux médicaments et de nouvelles données. Cependant, les médecins et les pharmaciens consultent rarement cette ressource…
Si vous recevez une ordonnance de votre médecin et qu’il vous dit que vous ne pouvez pas allaiter pendant que vous prenez ce médicament, vous devriez d’abord douter de son engagement envers l’allaitement maternel et la compréhension qu’il en a. Un médecin qui encourage l’allaitement fera l’effort d’utiliser un médicament qui ne causera pas de problèmes à la mère et à l’enfant allaité. De nos jours, il est extrêmement rare qu’il n’existe qu’un seul médicament pour traiter un problème de santé. Si le médicament prescrit est vraiment incompatible, un autre peut généralement le remplacer, tout en étant adéquat et sans danger pendant l’allaitement. Même si le médecin se donne le mal de consulter les répertoires de médicaments, cela ne signifie pas nécessairement que le médicament ne peut pas être employé : comme il a été dit auparavant, selon ces livres de référence, presque tous les médicaments connus de l’homme peuvent causer des problèmes! Si le médecin consulte un pharmacien ou le fabricant lui-même, cela ne signifie pas qu’il obtiendra la bonne information. Le pharmacien peut consulter le C.P.S. ou le Vidal lui aussi, et le pharmacien maintiendra toujours la position officielle du fabricant telle que présentée dans leur littérature officielle.
Non seulement le médecin « ami de l’allaitement » consultera d’autres sources d’information fiables, mais si cela l’inquiète, il essayera de trouver des moyens pour surmonter les difficultés posées par un médicament. Avec un peu de réflexion, il est généralement possible de trouver un moyen de poursuivre l’allaitement. Quelques cas vécus à notre cabinet de consultation seront utiles pour bien comprendre ce dont il peut s’agir.
ANECDOTES DE MÈRES
Cynthia
Certaines femmes sont sujettes aux infections urinaires. Les femmes qui ont souvent ce type d’infection et qui ont fréquemment reçu des ordonnances d’antibiotiques pour les traiter peuvent découvrir que seuls un ou deux antibiotiques sont efficaces pour elles. Cynthia est venue à mon cabinet de consultation, elle désirait désespérément poursuivre l’allaitement de son fils de deux mois, Justin. Elle avait des antécédents d’infections urinaires et avait des symptômes très nets de ce type d’infection, qu’elle connaissait bien après plusieurs années. Quelques jours auparavant, elle avait recueilli un échantillon d’urine à mi-jet pour le faire analyser, et il s’est révélé plus tard que les bactéries qui y étaient présentes étaient résistantes à tout sauf à la ciprofloxacine et à la gentamicine. En attendant les résultats de la culture, elle a été traitée à l’amoxicilline, qui n’a pas été efficace. On lui a alors dit qu’elle devait cesser l’allaitement car le seul médicament disponible pour son cas était la ciprofloxacine, qui était définitivement contre-indiquée pendant l’allaitement. Que faire?
Ce que nous ne savions pas à ce moment-là, c’est qu’en fait la ciprofloxacine N’EST PAS contre-indiquée lors de l’allaitement. Il a été dit qu’elle n’était pas compatible parce que des études sur des chiots beagle avaient montré qu’ils avaient des dommages articulaires lorsqu’ils étaient traités avec ce médicament (à titre d’information, ce n’était pas la chienne allaitante qui prenait le médicament). Toutefois, des études plus récentes menées auprès d’enfants qui ont reçu de fortes doses de ciprofloxacine (dans certains cas pendant des années) n’a montré aucune preuve selon laquelle ce médicament causerait des dommages articulaires. Les humains ne sont pas des chiens beagles!
À l’époque où Cynthia est venue à mon cabinet de consultation, la ciprofloxacine était utilisée depuis si peu de temps qu’il aurait été téméraire de dire qu’elle était fiable pendant l’allaitement, même si d’autres molécules de cette famille d’antibiotiques étaient compatibles avec l’allaitement. Le fait que deux médicaments soient issus de la même famille ne suffit pas à déterminer qu’ils se comporteront de la même manière dans toutes les situations.
Nous étions donc face à un dilemme. La réponse a été trouvée par Cynthia elle-même, qui a dit qu’on devrait lui apprendre comment se faire les injections, et qu’elle se traiterait elle-même avec de la gentamicine (la gentamicine doit être administrée par injection). Après tout, nous enseignons aux diabétiques comment se donner leurs injections; elle pouvait aussi apprendre. Pourquoi pas? Et c’est ce qui est arrivé. Donc, ce problème qui semblait insoluble a été résolu parce que tous trouvaient que l’allaitement était important, et nous avons pris le temps de trouver une solution.
Laura
La warfarine (ex. : Coumadin®, Coumadine®), un médicament qui prévient la formation de caillots dans le sang, est le médicament de cette catégorie le plus utilisé actuellement. La warfarine est contre-indiquée pendant la grossesse. À cet effet, la situation pendant la grossesse n’est pas la même que pendant l’allaitement. Bien qu’un médicament sans danger pendant la grossesse l’est généralement pendant l’allaitement tel qu’il a été expliqué auparavant, une substance qui N’EST PAS sans risques pendant la grossesse peut tout de même être sans danger pendant l’allaitement. La warfarine est un de ces médicaments. La tétracycline en est un autre (nous en parlerons plus tard). Les femmes qui ont besoin d’anticoagulants pendant la grossesse (pour prévenir la formation de caillots) sont traitées avec de l’héparine ou de l’héparine à bas poids moléculaire qui est donnée par injection. Une fois qu’elles ont accouché, la majorité des femmes prendront leur dose par voie orale, parce que personne n’aime recevoir des injections.
Laura a téléphoné à notre cabinet parce qu’elle était enceinte et recevait de l’héparine à cause de la présence d’un caillot de sang dans une jambe. Après la naissance du bébé, elle prendrait de la warfarine, mais on l’a prévenue qu’elle ne pourrait pas allaiter en prenant ce médicament. Laura souhaitait vraiment allaiter, elle avait d’ailleurs allaité son premier-né pendant 18 mois, en ayant le sentiment que c’était une expérience merveilleuse et épanouissante. Nous lui avons annoncé qu’il n’y avait pas de problème avec la warfarine et elle a été ravie d’entendre cela. Toutefois, son médecin n’était pas aussi ravi et a affirmé sans mâcher ses mots qu’il ne risquerait pas la vie du bébé en lui « permettant » d’allaiter pendant qu’elle prendrait de la warfarine. (Mon tact et mon bon goût habituel m’empêcheront de dire ce que je pense de cette approche…)
La mère a senti qu’elle ne pouvait ni vexer son médecin, ni changer de professionnel de la santé: bien qu’il n’avait jamais encouragé l’allaitement, c’était un ami de la famille. Laura ne savait plus qui croire. Pourquoi aurions-nous eu raison simplement parce que nous lui disions ce qu’elle souhaitait entendre?
Le problème n’était pas insoluble. La warfarine inhibe l’action de la vitamine K, qui participe à la production de plusieurs substances coagulantes. Mais l’inhibition fonctionne dans les deux sens. La vitamine K inhibe l’action de la warfarine. Donc, la solution était de donner de la vitamine K au bébé de temps à autre, aussi longtemps que la mère allaiterait en prenant de la warfarine. La question était : quelle quantité de vitamine K le bébé devait-il recevoir? Tous les enfants qui naissent au Canada reçoivent une injection de vitamine K à la naissance et n’en ont habituellement plus besoin par la suite. Puisque même avec la warfarine, le bébé n’avait pas besoin de vitamine K supplémentaire, la question de la dose n’était pas claire. Nous nous sommes finalement entendus, avec le consentement du médecin de famille de surcroît, que 0,5 mg par mois par voie orale serait la dose à donner. Bien entendu, l’enfant se portait très bien.
Évidemment, il aurait été possible de poursuivre le traitement à l’héparine après la naissance de l’enfant, mais des injections fréquentes sont vraiment ennuyeuses, surtout si cela est nécessaire pendant plusieurs mois.
S’occuper du bébé lorsque vous êtes malade
Vous vous sentez mal – avec un mauvais rhume, une grippe ou atteinte d’une autre maladie. Tout ce que vous souhaitez, c’est de vous allonger dans votre lit et dormir. Comment s’occuper du bébé allaité en même temps?
Ce n’est pas facile, mais des millions de mères aux quatre coins du globe l’ont fait. Et l’allaitement fait même en sorte que c’est plus facile.
Si vous avez un jeune bébé qui ne se déplace pas encore, apportez simplement l’enfant dans votre lit avec vous. Entassez les couches et les serviettes humides sur une chaise près du lit et assurez-vous aussi d’avoir des rafraîchissements et des collations tout près de vous que vous pourrez absorber au besoin. Vous pouvez allaiter et vous reposer ensemble.
Un bébé qui se déplace peut représenter un plus grand défi. Certaines mères mettent leur matelas sur le sol, ferment et bloquent la porte. Elles se reposent sur le matelas pendant que leur enfant se déplace à quatre pattes dans la pièce (qui est testée « à l’épreuve des bébés » évidemment). Le bébé retourne vers sa mère lorsqu’il veut téter. Une boîte avec de nouveaux jouets, et peut-être les aliments favoris du bébé peuvent contribuer à le tenir occupé pendant que maman se repose.
Si vous avez vraiment de la chance, vous pourrez peut-être avoir l’aide d’une personne qui viendra chez vous, qui s’occupera du bébé et qui vous l’apportera au lit lorsqu’il souhaitera téter.
Les « médicaments à problèmes » qui sont fiables
LES MÉDICAMENTS CONTRE LES INFECTIONS
LA TÉTRACYCLINE
On dit couramment de la tétracycline qu’il s’agit d’un médicament qui pose problème pour le bébé allaité. Ceci est basé sur le fait que cette substance n’est pas utilisée pour les enfants, du moins pas avant l’âge de 8 ans. La raison? Le médicament est absorbé dans les dents de l’enfant et cause des décolorations permanentes et enlaidissantes, occasionnant aussi un affaiblissant de l’émail des dents définitives. Pour que ceci survienne, les enfants doivent recevoir de fortes doses de cet antibiotique pendant une assez longue période, mais les tétracyclines ne sont pas utilisées depuis de nombreuses années chez les jeunes enfants et le sont moins en général en comparaison d’il y a 20 ou 30 ans. Mais le souvenir que cela est mauvais pour les dents des enfants semble automatiquement générer une réponse négative pour les mères allaitantes. En fait, la tétracycline n’est pas problématique pour la mère allaitante et son bébé. L’allaitement peut et doit se poursuivre. Pourquoi?
• La quantité qui se retrouve dans le lait est minime, et il est très improbable que l’enfant développe un jour une décoloration dentaire. Pas uniquement cela, mais les traitements antibiotiques tendent à être moins longs qu’il y a quelques années. C’était l’usage prolongé et les doses massives de tétracycline qui causaient des problèmes dentaires.
• Toutes les personnes qui ont étudié la pharmacologie, même au niveau le plus élémentaire, savent que la tétracycline ne doit pas être prise avec du lait parce que la molécule se lie au calcium et n’est plus absorbable dans l’intestin. Or, de quelle manière le bébé allaité reçoit-il la tétracycline? Dans du lait!
Certaines nouvelles molécules antibiotiques de la famille des tétracyclines sont moins liées avec le calcium et peuvent être assimilées en petite quantité par le bébé. Par contre, si ces nouvelles tétracyclines ne sont pas liées au calcium, elles ne posent plus de problèmes. Même si cela ne risque pas d’être un problème, il serait préférable d’utiliser un autre antibiotique. Heureusement, il y a des solutions de rechange.
LE MÉTRONIDAZOLE (EX. : FLAGYL®)
Les mères ont souvent reçu la consigne de cesser l’allaitement à cause d’un traitement au métronidazole. Heureusement, ceci survient moins fréquemment, mais cela se produit encore. Son usage n’impose PAS l’arrêt de l’allaitement.
Voici ce que le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques du Canada (CPS) affirme au sujet du métronidazole dans les pages lilas : « Sans plus de preuves des effets nocifs liés à l’usage à court terme chez les humains, il semble trop conservateur de proscrire ce médicament ou de faire cesser l’allaitement chez les patientes (…) pour qui le métronidazole peut être un traitement de choix. » En fait, considérant les risques de ne pas allaiter, je dirais que l’approche conservatrice est d‘encourager la poursuite de l’allaitement.
LA CIPROFLOXACINE
Nous avons déjà présenté cet antibiotique pour dire qu’aucune preuve ne démontre qu’il causerait des problèmes articulaires aux humains. Il existe de nouveaux antibiotiques de cette famille qui sont également compatibles avec l’allaitement.
LA PREDNISONE
La prednisone est un stéroïde donné pour différents problèmes de santé, dont l’asthme et le lupus. Les traitements à la prednisone ont souvent été mentionnés comme une raison d’arrêter l’allaitement, mais cela ne devrait pas être le cas, même s’il s’agit d’un traitement à long terme. Il en va de même pour tous les stéroïdes, même ceux administrés par voie intraveineuse, injection intramusculaire, application topique ou en lavement. Encore une fois, le bébé ne recevra pas un dosage comparable à celui de la mère; l’enfant n’en recevra qu’une infime quantité. Dans son livre « Medication and Mothers’ Milk », le docteur Hale indique que même en présence d’une très haute dose telle que 120 mg par jour, le bébé recevrait seulement 47 microgrammes (mcg) de prednisone sur une période de 24 heures (et son métabolite actif, la prednisolone). Cela est une quantité négligeable pour l’enfant.
Dans bien des cas actuellement, les stéroïdes peuvent être pris par inhalation, notamment pour l’asthme (la raison la plus commune de nos jours liée à l’usage des stéroïdes). En inhalation, les stéroïdes demeurent principalement au niveau des poumons, et seule une petite quantité est absorbée dans le corps. Par conséquent, le bébé en reçoit encore moins que lorsque la mère prend le médicament par voie orale ou par une autre voie.
LES ANTIDÉPRESSEURS
La principale raison pour dire aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement lorsqu’elles prennent des antidépresseurs est que nous ne sommes pas certains de l’effet que le médicament peut avoir sur le développement du cerveau du bébé. Et c’est vrai. Nous ne sommes pas certains des effets à long terme que ces substances pourraient causer, même à petite dose. D’autre part, nous savons qu’il y a des effets très clairs sur le cerveau liés au fait de ne pas être allaité. Étude après étude, cette question a été prise en considération, montrant que l’allaitement présente des avantages sur l’alimentation artificielle pour le développement et le quotient intellectuel du bébé. Une étude publiée en 1998 montrait que les enfants qui avaient été allaités avaient de meilleurs résultats scolaires que ceux qui ne l’avaient pas été. Plus l’enfant avait été allaité longtemps, notamment de façon exclusive, mieux il se débrouillait à l’école. Cette étude était particulièrement intéressante parce qu’elle avait commencé lors de la naissance des enfants et que ceux-ci avaient été suivis jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur diplôme du lycée. Les facteurs sociaux et économiques avaient été pris en considération. Alors la question est celle-ci : est-il préférable que la mère qui a besoin de traitements médicaux cesse l’allaitement, ou ne le commence pas du tout, alors que nous savons que l’alimentation artificielle a un effet préjudiciable sur le développement du cerveau de l’enfant? Ou bien est-il préférable que l’enfant soit allaité, absorbant une quantité infime de médicament via le lait maternel, au sujet duquel nous ne savons pas s’il peut causer problème? Le fait de ne pas savoir ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effets négatifs, mais l’autre choix est d’offrir au bébé quelque chose qui a un effet négatif prouvé…
Il y a de bonnes raisons pour lesquelles le lait maternel a des effets positifs sur le développement du cerveau. Les DHA et ARA, des acides gras à longue chaîne présents dans le lait maternel, contribuent au développement optimal du cerveau de l’enfant. (Et il n’a pas été prouvé que ces substances, artificiellement ajoutées au lait industriel, changent quoi que ce soit chez le bébé). Les préparations commerciales pour nourrissons contiennent des niveaux plus élevés de métaux toxiques, ce qui a une influence négative sur le cerveau. Parmi ceux-ci, il y a le plomb, le cadmium, le manganèse et l’aluminium. Parce que les enfants non allaités sont plus sujets aux otites, ils peuvent éprouver du retard et des difficultés de langage – le facteur le plus important associé à la réussite scolaire. Même s’il est possible d’être près de l’enfant que l’on nourrit au biberon, la plupart des bébés nourris artificiellement reçoivent moins de contacts peau à peau, ce qui affecte leur développement. Et si les enfants allaités semblent s’éveiller plus fréquemment pour boire, cela leur permet de recevoir plus de stimulus et de contacts.
Une autre chose. Les femmes m’ont souvent téléphoné, désespérées de devoir cesser l’allaitement. Elles savaient qu’elles n’allaient pas bien et qu’elles devaient suivre un traitement, mais elles détestaient l’idée de devoir abandonner l’allaitement. Plus d’une mère m’a dit quelque chose du genre « La seule chose qui va bien dans ma vie, c’est l’allaitement et la relation que j’ai avec mon enfant. Et ils veulent m’enlever cela aussi… ».
Donc, les antidépresseurs ne sont généralement pas une contre-indication à l’allaitement si on prend ceci en ligne de compte, en plus des risques liés au non-allaitement. Est-ce que certains médicaments antidépresseurs sont préférables à d’autres? Oui, certains sont assurément à essayer avant d’autres.
LA SERTRALINE (EX. : ZOLOFT®)
Ce médicament est de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, connus sous l’acronyme ISRS. Il y a plusieurs médicaments disponibles, mais ils sont tous légèrement différents les uns des autres en ce qui concerne la quantité absorbée par l’enfant lors de l’allaitement. À ce niveau, la sertraline est certainement le médicament de ce type à privilégier. Les études menées auprès des enfants démontrent que le niveau sanguin est habituellement trop bas pour être mesuré. C’est donc un médicament à essayer en premier lieu et il est très efficace pour de nombreuses femmes.
LA PAROXÉTINE (EX. : PAXIL®)
La paroxétine est un autre antidépresseur de type ISRS qui devrait pouvoir être utilisé sans danger. L’information dont nous disposons suggère qu’il passe très faiblement dans le lait maternel.
Un article récent faisait état d’un syndrome de sevrage pour 4 bébés dont les mères avaient pris de la paroxétine pendant la grossesse. Ceci a été incorrectement interprété par les médias, qui affirmaient que ce médicament ne pouvait pas être pris pendant l’allaitement. C’est inexact. En fait, l’allaitement ne prévient pas le syndrome de sevrage. Cela est logique puisque c’est une infime quantité de paroxétine qui passe dans le lait. Peut-être que les femmes enceintes qui prennent ce médicament devraient, si elles en sont capables, cesser de prendre la médication pendant le dernier mois de grossesse, comme il est suggéré pour la fluoxétine (Prozac®). Cependant, elles devraient allaiter leurs bébés.
LA FLUOXÉTINE (EX. : PROZAC®)
Beaucoup de mères ont allaité leurs bébés avec succès pendant qu’elles prenaient de la fluoxétine. Cependant, ce médicament présente des désavantages comparativement aux deux autres antidépresseurs cités auparavant. Je ne le considérerais pas comme un médicament de choix pour les mères qui allaitent. Sa demi-vie est longue et il passe en quantité plus importante dans le lait maternel que les autres antidépresseurs de ce type.
Néanmoins, si la fluoxétine doit être employée (je suggérerais toutefois que les autres médicaments soient essayés en premier lieu), cela vaut le coup de poursuivre l’allaitement maternel. Au besoin, le bébé peut être suivi médicalement et son sang peut être analysé. La plupart des bébés dont les mères étaient traitées par ce médicament se portaient bien et n’avaient aucun effet secondaire apparent. Cependant, dans la mesure où ce médicament est relativement nouveau, il est vrai qu’il n’y a pas de suivi sur ses effets à long terme.
Certains bébés ont vraiment des effets secondaires, tels qu’une irritabilité grave ou de la léthargie. Afin de prévenir l’accumulation de la substance dans le corps de l’enfant, la mère qui prend ce médicament pendant la grossesse devrait cesser la médication si possible de 4 à 8 semaines avant l’accouchement. (La fluoxétine est le seul antidépresseur ISRS dont l’usage est approuvé pendant la grossesse, bien que plusieurs autres soient utilisés.) Si elle ne peut pas cesser de prendre le médicament, elle devrait changer de type d’antidépresseur une fois l’enfant né afin d’en prendre un qui passe moins dans le lait maternel et qui est éliminé plus rapidement du corps du bébé. Si la mère peut se passer de prendre la fluoxétine en fin de grossesse et au cours des premières semaines ou mois après la naissance de son enfant, ce serait très avantageux puisque ce médicament est plus facile à éliminer par un bébé plus âgé que par un nouveau-né.
LES ANTIDÉPRESSEURS TRICYCLIQUES
La plupart des antidépresseurs tricycliques sont très faiblement transférés dans le lait maternel et il est peu probable qu’il y ait des conséquences chez les bébés. La principale inquiétude à propos de ce type de médicaments est qu’ils prennent beaucoup de temps à agir (souvent 3 semaines et même plus), mais cela est aussi le cas pour les antidépresseurs ISRS. De plus, beaucoup de mères qui les prennent ont des effets secondaires difficiles à tolérer. Cependant, si vous avez déjà pris ces médicaments auparavant et qu’ils vous ont aidée et que vous êtes sur le point d’en prendre, il n’y a habituellement pas de raisons pour ne pas allaiter ou pour cesser d’allaiter. La nortriptyline (ex. : Aventyl®, Nortrilen®) et la dothiépine (ex. : Prothiaden®) sont deux antidépresseurs tricycliques qui peuvent être pris par les mères allaitantes.
LE LITHIUM
Le lithium est un médicament utilisé pour traiter les personnes souffrant de troubles bipolaires, qui sont aussi appelés « maniaco-dépression ». Ce médicament n’est pas efficace pour soigner la dépression. On a toujours considéré ce médicament comme incompatible avec l’allaitement. Toutefois, cette opinion commence à changer peu à peu.
Il a été démontré que le lithium passe dans le lait maternel en quantité très variable, de très peu à beaucoup. Si vous êtes une de ces mères qui transfère très peu de lithium dans son lait, il peut être relativement sans danger pour vous de prendre le médicament et d’allaiter votre enfant. Votre enfant devra avoir un suivi médical et la quantité de lithium présente dans son sang devra être analysée, mais vous pourrez continuer d’allaiter.
Toutefois, si le niveau de lithium sanguin du bébé est inquiétant, il y a maintenant des solutions de rechange pour traiter la phase maniaque de la maladie bipolaire. L’acide valproïque (ex. : Depakote®, Convulex®) et la carbamazépine (ex. : Tegretol®, Epitol®) ont été utilisés avec des effets assez satisfaisants pour ce problème. Ces deux médicaments sont compatibles avec l’allaitement, même à forte dose pour traiter la maladie bipolaire puisque seul un très faible pourcentage passe dans le lait maternel.
LES MÉDICAMENTS POUR TRAITER L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE
Beaucoup de femmes sont traitées pour l’hypertension artérielle vers la fin de la grossesse – avant, pendant ou après. Comme c’est le cas pour tous les médicaments donnés aux mères, une grande majorité des substances données pour faire diminuer la pression artérielle (antihypertenseurs) passent en très petite quantité dans le lait maternel et sont compatibles avec l’allaitement. Les médecins ne devraient pas suggérer des médicaments qui posent problème et les mères devraient insister pour prendre des médicaments qui sont compatibles avec l’allaitement. Aucune mère ne devrait accepter de se faire dire qu’elle doit prendre tel médicament et rien d’autre et qu’elle doit cesser d’allaiter (ou même ne pas commencer à allaiter du tout) à cause d’une substance en particulier. Il y a désormais de nombreux médicaments pour soigner l’hypertension; le bon médicament peut être employé au bon moment.
Il existe plusieurs familles d’antihypertenseurs. Ils sont regroupés de cette façon afin que l’on change de catégorie si un médicament d’une famille en particulier n’est pas efficace, en le remplaçant par un autre d’une catégorie différente. Il est peu probable qu’un médicament de la même famille soit efficace puisqu’il fonctionnera selon le même mécanisme. Ou bien si le médicament est partiellement efficace mais que la pression artérielle n’est pas aussi bien contrôlée que souhaité, le médecin peut ajouter un médicament provenant d’une autre famille pour aider à la stabiliser. Le fait d’ajouter un médicament de la même famille ne ferait qu’augmenter les risques d’effets secondaires sans pour autant faire baisser la tension artérielle.
LES BÊTABLOQUANTS
Le propranolol (ex. : Inderal®, Cardinol®) a été le premier bêtabloquant utilisé. C’est encore un médicament de choix pour le traitement de l’hypertension artérielle et il est également utilisé pour prévenir les migraines et soigner les symptômes liés à l’hyperthyroïdie. Comme il est plus « ancien », il est moins employé que les nouveaux bêtabloquants, ce qui est dommage du point de vue de l’allaitement car c’est un des meilleurs de cette famille. La quantité qui passe dans le lait est très faible et il est vraiment peu probable qu’il présente un quelconque effet sur le bébé. Le labétalol (ex. : Trandate®, Normodyne®) est un autre bêtabloquant qui passe en si petite quantité dans le lait maternel qu’il y a peu d’inquiétude à avoir à propos de ce que le bébé absorberait. Le métoprolol (ex. : Lopressor®) est peut-être meilleur encore que les deux autres du point de vue de la sécurité qu’il offre pendant l’allaitement.
D’autre part, l’aténolol (ex. : Tenoretic®, Ténormin®) passe en plus grande quantité dans le lait maternel et un cas a été répertorié où le bébé a été affecté par le médicament que sa mère prenait. Bon nombre de mères ont pris de l’aténolol et ont allaité sans occasionner de problèmes chez leurs enfants, mais le cas qui a été rapporté est un peu inquiétant. (Il est curieux de constater que les médecins hésitent rarement à employer plusieurs médicaments pour les enfants même s’ils ont parfois causé de sérieux problèmes de santé chez les enfants… l’antibiotique co-trimoxazole [ex. : Septra®, Bactrim®] me vient immédiatement en tête. Et cependant un seul cas répertorié a suffi pour répandre une crainte généralisée face à l’utilisation de l’aténolol pendant l’allaitement.) Je suis d’accord pour ne pas faire d’ordonnance d’aténolol aux mères allaitantes. Puisque nous avons de nombreuses solutions de rechange, nous n’y sommes pas obligés. L’aténolol n’est pas plus efficace que le propranolol, le labétalol ou le métoprolol, alors pourquoi l’utiliser? Malheureusement, trop de médecins recommandent ce médicament en premier lieu, et disent ensuite aux mères qu’elles ne peuvent pas allaiter en même temps qu’elles le prennent. L’approche devrait en fait être le contraire. Certains médicaments ne devraient pas être utilisés pendant l’allaitement; nous ne devrions donc pas les prescrire – nous devrions en utiliser un autre dont l’usage est toléré pendant l’allaitement!
LES INHIBITEURS CALCIQUES
En général, les médicaments de cette catégorie sont fortement liés aux protéines plasmatiques (ce qui est bien, puisque seuls les médicaments non-liés peuvent se retrouver dans le lait maternel), et leur absorption orale est très faible (ce qui est également excellent). Le taux sanguin de ces médicaments est habituellement faible et ceci est également positif du point de vue de l’allaitement.
La nifédipine (ex. : Adalat®, Procardia®) est un des médicaments les plus utilisés dans la catégorie des inhibiteurs calciques. Il cadre très bien parmi les médicaments jugés sécuritaires pendant l’allaitement. Le vérapamil (ex. : Isoptin®, Calan®) en est un autre qui passe dans le lait en très petite quantité seulement.
LES INHIBITEURS DE L’ENZYME DE CONVERSION DE L’ANGIOTENSINE (IECA)
Encore une fois, les médicaments de cette famille sont en général fortement liés aux protéines et sont peu absorbés oralement. Le bénazépril (ex. : Lotensin®) est utilisé fréquemment. Il a été estimé que moins de 0,1% de la dose totale prise par la mère serait absorbé par le bébé. Il serait extrêmement improbable que cette dose cause un problème au bébé. Le captopril (ex. : Capoten®) est utilisé depuis longtemps pour les enfants qui présentent des problèmes cardiaques (notamment les très petits bébés). À cause de son très faible transfert dans le lait maternel, la dose reçue par le bébé via le lait atteindrait seulement environ 0,002% de la dose totale prise par la mère, une quantité infime.
LE SULFATE DE MAGNÉSIUM
Cette substance utilisée pour traiter l’hypertension artérielle au moment de l’accouchement a souvent été présentée dans le passé comme incompatible avec l’allaitement. Difficile de comprendre pourquoi… On trouve normalement le magnésium dans le corps humain, et il est important pour son bon fonctionnement. La quantité qui passe dans le lait est assez faible et l’absorption à partir des intestins de l’enfant est plutôt légère. Il ne devrait y avoir aucune crainte à propos du sulfate de magnésium pendant l’allaitement.
LES AUTRES MÉDICAMENTS UTILISÉS POUR L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE
Certains médicaments ont leur propre catégorie. L’hydralazine (ex. : Apresoline®) est un de ceux-là. Cette substance est utilisée depuis des années pour soigner l’hypertension, même chez les bébés. Le bébé n’en recevrait que très peu via le lait maternel.
Le méthyldopa (ex. : Aldomet®, Dopamet®) se retrouve dans le sang du bébé en très faible quantité et peut présenter l’effet positif pour la mère de faire augmenter sa production lactée.
On dit que les diurétiques font diminuer la production lactée de la mère, mais ceci n’a jamais été prouvé. Tout est possible, mais puisque ces médicaments sont peu utilisés de nos jours et qu’ils sont rarement nécessaires, ils ne devraient pas être donnés aux mères allaitantes.
LES PILULES CONTRACEPTIVES
Il était dit dans le passé que les mères ne pouvaient pas allaiter en prenant la pilule contraceptive. L’inquiétude était que les hormones passeraient dans son lait et que cela influencerait le niveau de ces hormones chez le bébé. Ceci était une inquiétude inutile puisqu’il y a déjà des hormones semblables à celles de la pilule contraceptive dans le lait maternel, et la quantité d’hormones issue du médicament qui passerait vers l’enfant ne ferait pas une grande différence sur la quantité absorbée par le bébé. Les médecins semblent avoir compris cela rapidement et beaucoup ont commencé à donner des ordonnances de « pilule » aux mères allaitantes. Malheureusement, on a vite découvert que les oestrogènes de la pilule – même les petites quantités contenues dans la « micropilule » - suffisaient à faire diminuer la production de lait de façon importante, du moins pour beaucoup de mères. Dans bien des cas, ceci a eu pour résultat le sevrage précoce et inutile du bébé. Certains médecins ont compris et l’information a circulé. Pourtant, certains médecins croient encore qu’il n’y a pas lieu de craindre une diminution de la production lactée si la pilule commence à être prise lorsque la production lactée est bien établie (donc 6-8 semaines après la naissance)… Ceci est tout simplement faux.
J’ai rencontré et parlé à des mères allaitantes qui ont commencé à prendre la pilule contraceptive 5 mois après la naissance de leur enfant et même plus tard, et qui ont noté une diminution importante de leur production de lait. Environ une semaine après que la mère a commencé à prendre la pilule, le bébé qui était satisfait après la tétée et qui prenait bien du poids peut devenir soudainement irritable, insatiable, tirer sur le sein en pleurant et vouloir retourner au sein tout en étant frustré d’y être. Il ne recevra pas de lait parce que la production lactée ou bien le flot de lait aura diminué (ce qui peut être encore plus grave).
Dans certains cas, les mères ont pris la pilule précédemment sans problème tout en allaitant un enfant, mais expérimentent des problèmes lors d’un autre allaitement. La diminution de production lactée semble imprévisible. Même si la baisse de production lactée est légère, la diminution du flot de lait peut rendre le bébé maussade et insatisfait au sein.
« Alors, que dois-je faire? »
La méthode de contraception est un choix très personnel et intime qui doit être traité plus sérieusement qu’en donnant simplement une ordonnance de pilule contraceptive… Les médecins devraient discuter de toutes les options avec la mère et son conjoint. La pilule ne convient pas à toutes les femmes, mais pour un médecin, c’est la chose la plus facile à prescrire. Cela demande du temps de présenter les autres options contraceptives parmi lesquelles les nouveaux parents peuvent choisir…
Premièrement, les parents n’auront peut-être pas besoin de méthode contraceptive. La régulation des naissances offerte par l’allaitement est considérable à elle seule si certaines règles sont respectées :
• La mère ne doit pas avoir eu son retour de couches .
• Le bébé doit être âgé de moins de 6 mois
• Le bébé doit être allaité exclusivement
Deuxièmement, les couples ne sont pas tous prêts à reprendre les relations sexuelles au cours des premiers mois qui suivent la naissance du bébé. La fatigue et le changement de style de vie qui survient après la naissance n’incitent pas toujours à une vie sexuelle très active. Certains nouveaux parents ne reculent pas devant une forme « d’abstinence temporaire »… De plus, l’intimité entre deux personnes n’exige pas toujours une relation sexuelle « complète », comme on avait tendance à le dire autrefois. Une relation physique intime et satisfaisante peut se poursuivre sans comporter de rapports sexuels.
Si les approches mentionnées ne sont pas des options retenues par votre couple, d’autres approches sont envisageables. Les méthodes barrière (préservatif, diaphragme) peuvent être utilisées et sont une assurance supplémentaire pour ceux qui ne croient pas que l’allaitement est un bon moyen d’espacer les naissances. Le dispositif intra-utérin (stérilet) est une autre option. Toutefois, n’oubliez pas qu’aucune méthode n’est efficace à 100%. Une histoire racontée dans les journaux il y a quelques années faisait état d’une femme qui était devenue enceinte malgré sa ligature des trompes … et la vasectomie de son conjoint…!
Donc, que se passe-t-il si la pilule est la seule option acceptable? D’accord, il y a maintenant une pilule à base de progestérone seule en vente sur le marché. Puisqu’elle ne contient pas d’œstrogènes, on dit que son effet sur la production lactée est moindre ou même nul. Certains ont même affirmé qu’elle faisait augmenter la production lactée. Rien de tout ça n’a été prouvé, mais il semble que ses effets sur la lactation sont moins importants que ceux de la pilule contenant des oestrogènes .
Quand est-ce qu’une femme peut commencer à prendre cette pilule? Il est préférable de ne pas le faire trop hâtivement. Six semaines après la naissance est bien assez tôt, et pas trop tard non plus. Les risques de grossesse survenant avant cette période sont si bas, même pour les femmes qui n’allaitent pas, que cela ne vaut pas la peine de risquer de prendre la pilule. Si la « pilule combinée » (avec œstrogènes) doit être employée, son utilisation devrait être retardée le plus longtemps possible, jusqu’à ce que l’enfant ait commencé sa diversification alimentaire ou après 6 mois, afin que toute diminution dans la production lactée soit compensée par une augmentation de l’absorption d’autres aliments. Toutefois, n’oubliez pas que les bébés répondent au débit de lait, pas à la quantité de lait contenue dans le sein…! Une production lactée qui a diminué peut demeurer une production adéquate, mais si le débit de lait est lent, le bébé pourra être mécontent.
Au Canada et en Europe, une méthode contraceptive injectable est disponible (médroxyprogestérone, alias Depo-Provera®) et ne nécessite qu’une injection tous les 3 mois. De nombreux médecins apprécient cette méthode car elle peut être débutée n’importe quand et sans embêtements. À de nombreux endroits aux États-Unis, ce médicament a été franchement trop utilisé ou mal employé. C’était surtout des femmes défavorisées ou de minorités ethniques qui recevaient l’injection, parfois sans recevoir l’information adéquate pour permettre un consentement éclairé (cela se faisait même avant qu’elles quittent l’hôpital après l’accouchement…). En effet, dans la mesure où la plupart des femmes considèrent que le travail et l’accouchement ne sont pas une expérience agréable, surtout quand elles manquent de soutien et d’aide, ce qui est le cas pour de nombreuses femmes, certains pensent qu’il est impossible pour elles de donner un consentement éclairé après avoir passé des moments difficiles et des journées pénibles.
Mais il y a un problème encore plus sérieux. Une recherche suggère que c’est la chute de progestérone lors de l‘expulsion du placenta qui sensibilise les cellules mammaires à produire du lait sous l’effet de la prolactine, l’hormone qui stimule la sécrétion lactée. S’il n’y a pas de chute, il n’y a pas de production de lait. Par conséquent, le fait de donner une injection de progestérone à une mère avant qu’elle sorte de l’hôpital suite à son accouchement peut inhiber la production lactée pour au moins 3 mois…! Cela revient à dire que ce bébé ne sera pas allaité. Cela n’a pas été prouvé, mais il y a assez d’anecdotes qui circulent à ce sujet pour suggérer que c’est possible.
Les nouvelles mères devraient résister à la tentation d’accepter immédiatement après la naissance l’injection de médroxyprogestérone (Depo-Provera®). En effet, le fabricant suggère présentement que les mères allaitantes ne reçoivent pas l’injection au cours des 6 semaines qui suivent la naissance. Elle ne devrait pas être donnée à une mère qui n’allaite pas avant ce temps car cela n’est pas nécessaire, et beaucoup de femmes peuvent changer d’idée et allaiter si elles ont une bonne production lactée.
Même 6 semaines après la naissance, j’aviserais les mères de ne pas se faire donner l’injection. Les mères devraient d’abord essayer la micropilule à base de progestérone uniquement. Si la production lactée demeure abondante après 28 jours de prise du médicament, elles peuvent prendre l’injection si elles le souhaitent. Si la production lactée diminue avec la micropilule à base de progestérone, la mère peut cesser de la prendre. La production lactée devrait revenir à la normale. Alors que si la production lactée diminue suite à l’injection, il n’y a aucune manière de se débarrasser de la progestérone injectée… Notez que même les pilules qui ne contiennent que de la progestérone ont été associées à une diminution de la production lactée. Cela semble survenir moins fréquemment, mais cette impression est peut-être faussée par le fait que les médecins prescrivent moins de pilules contraceptives à base de progestérone seulement.
« J’AI PRIS LA PILULE CONTRACEPTIVE ET MA PRODUCTION LACTÉE A CHUTÉ. QUE FAIRE? »
Cessez de prendre la pilule. À ce point, la dompéridone pourra faire remonter votre production lactée très rapidement – en quelques jours tout au plus (c’est un médicament qui a été présenté en détail au chapitre 5). N’hésitez pas, ça fonctionnera. Et vous devriez pouvoir cesser la dompéridone au bout de 10 à 14 jours.
Informez votre médecin que le médicament que vous avez pris a fait diminuer votre production lactée. Un médecin consciencieux ne prescrira plus de contraceptifs oraux aux mères allaitantes. Il ne dira pas « Vous avez allaité assez longtemps de toute manière… », comme beaucoup se laissent dire.
Lorsque le traitement médicamenteux est recommandé…
Il est impossible de présenter tous les médicaments pouvant être suggérés dans toutes les situations. Bien qu’il n’y ait parfois aucune solution de rechange, il est rarement nécessaire de cesser l’allaitement lorsque la mère prend un médicament. Souvenez-vous des points suivants :
• L’allaitement est trop important pour la mère et l’enfant pour justifier un sevrage pour le simple fait que le bébé reçoit une infime quantité de médicament. Les risques du non-allaitement doivent être pris en considération. Par exemple, cesser l’allaitement pendant 10 jours à cause du métronidazole (Flagyl®) peut provoquer un sevrage définitif… et de plus, il est inutile de cesser pendant ce traitement.
• Il est rare qu’un seul médicament soit disponible pour traiter un problème de santé particulier. Si un médicament suscite de l’inquiétude, un substitut adéquat peut habituellement être trouvé.
• Parfois, le traitement médicamenteux s’avère inutile. Malheureusement, un médicament est une « solution rapide ». Il est facile de recommander un antibiotique, alors qu’il est seulement nécessaire de savoir si la fièvre est causée par un virus. Même lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire, le médicament n’est pas la seule voie possible. La dépression post-partum, si elle est sévère, exige habituellement la prise d’un médicament, et il existe des options qui permettront à la mère de poursuivre l’allaitement. Toutefois, dans les cas plus légers, du soutien et de l’assistance psychologique suffiront.
Les drogues (usage récréatif et abus)
Ces drogues sont souvent perçues différemment dans notre société en comparaison avec les drogues produites par les sociétés pharmaceutiques. Elles ne sont pas « nécessaires », elles suscitent de la dépendance, du plaisir, sont illégales… Certains défenseurs de l’allaitement encouragent les mères à poursuivre l’allaitement pendant qu’elles prennent des antidépresseurs (avec raison), mais découragent les mères d’allaiter si elles ont bu de l’alcool, ou suggèrent qu’elles ne doivent pas allaiter du tout si elles fument… Cela m’étonne énormément et ressemble à une vague de puritanisme qui s’est abattue sur l’Amérique du Nord au cours des années 90. Une drogue est une drogue… Le sein ne se comporte pas différemment qu’elle soit illégale, d’usage récréatif ou pas… !
L’ALCOOL
Beaucoup de professionnels de la santé soutiennent que les mères allaitantes doivent « exprimer/jeter » leur lait pendant 2 heures pour chaque consommation bue (30 ml d’alcool fort). Je déteste cette expression « exprimer/jeter » (en anglais « pump and dump ») car elle traite le lait maternel comme une sorte de produit répugnant… Dans la plupart des cas, « exprimer/jeter » revient à sacrifier l’allaitement sur l’autel de l’ignorance.
L’alcool est une drogue qui passe librement du sang de la mère vers son lait. C’est donc la substance qui passe dans le lait avec la plus grande concentration comparativement à d’autres substances. Mais en quelle quantité ? Devons-nous vraiment nous inquiéter si la mère prend quelques consommations avec son repas ? Non.
Dans de nombreuses régions du monde, vous serez considéré trop ivre pour conduire si vous avez 0,08% d’alcool dans votre sang. Ailleurs, la limite légalement permise va jusqu’à 0,1%, ou descend à 0,05%. Ce sont des taux qui peuvent altérer votre jugement si vous devez conduire un véhicule, je suis d’accord. Mais si la mère a 0,08% d’alcool dans son sang, son lait en contiendra 0,08% aussi. Il s’agit d’une situation complètement différente… Le vin contient 10 à 12% d’alcool, une bière 3 à 5%, un spiritueux environ 40%, parfois plus. La bière non-alcoolisée contient présentement 0,6% d’alcool, soit 7 fois plus que ce que le lait de la mère contiendrait si elle avait un taux sanguin de 0,08%… Vous pouvez boire un liquide qui contient 0,08% d’alcool jour et nuit et cela ne vous affectera pas du tout ! Alors comment cela pourrait-il être nocif pour votre bébé… ?
Pendant que la mère exprime son lait et le jette parce qu’il contient une petite quantité d’alcool, le bébé boit du lait industriel et il a été prouvé que cela présente un risque pour sa santé.
Une des principales raisons pour laquelle il y a tant de femmes en Amérique du Nord qui n’allaitent pas ou qui cessent rapidement est qu’elles ont l’impression que seules les saintes peuvent allaiter… ! Vous ne pouvez prendre un verre d’alcool ; vous devez faire attention à ce que vous mangez ; vous ne pouvez pas fumer ; vous ne pouvez pas prendre une simple aspirine pour votre mal de tête… ; vous ne pouvez pas aller au restaurent ou au cinéma avec votre enfant parce que l’allaitement en public, c’est pas bien… Selon une croyance répandue, si une femme prend un verre d’alcool, elle contamine son corps et son lait et il est préférable que son enfant ne reçoive pas son lait et ne tète pas au sein… Allons…
Le cas d’une femme qui serait constamment ivre est différent, mais son enfant a plus de risques d’être négligé ou blessé accidentellement que d’avoir des inconvénients à cause de l’alcool qui passe dans son lait.
D’accord, vous avez entendu parler ou vous avez lu que si une mère boit plus qu’une certaine quantité d’alcool par jour pendant qu’elle allaite, le développement des capacités motrices de son enfant sera moindre à l’âge d’un an que celui des bébés de mères qui ne buvaient pas autant (l’étude disait 2 consommations ou plus par jour). C’est une quantité d’alcool importante qui doit être bue tous les jours. Mais est-ce l’alcool que l’enfant reçoit lors des tétées qui est à blâmer ? Une des erreurs de cette étude est que les chercheurs se fiaient à la déclaration de la mère, à savoir si elle avait bu ou non pendant la grossesse. Les effets de l’absorption d’alcool pendant la grossesse étaient bien connus au moment de l’étude. Est-ce que les femmes qui ont bu beaucoup pendant la grossesse l’ont dit aux chercheurs ? Certaines, mais pas toutes. Nous savons que l’alcool pris pendant la grossesse affecte le développement des bébés après la naissance, et cela a pu être le véritable facteur, et pas les quelques verres qu’elles avaient pu boire pendant la période d’allaitement. L’alcool pendant l’allaitement ? Avec modération, aucun problème ! Inutile de se casser la tête à « exprimer/jeter ». Mettez simplement l’enfant au sein, même pendant que vous êtes en train de boire un verre – et pourquoi pas ??
LE TABAC
Le fait de fumer est néfaste pour vous et pour votre bébé. Il semble n’y avoir aucun doute à propos du fait que les bébés exposés à la fumée de cigarette dans leur environnement sont plus susceptibles d’avoir des problèmes respiratoires ou de décéder du « syndrome de la mort subite du nourrisson » (SMSN, ou « mort au berceau »).
Toutefois, si vous n’êtes pas capable de cesser de fumer (la nicotine est une drogue qui suscite une très forte dépendance...), il est alors préférable d’allaiter même si vous fumez. Toute la publicité circulant à propos de l’exposition à la nicotine, des composants cancérigènes que le bébé reçoit ne diminue PAS les risques associés au fait de ne pas être allaité. L’alimentation artificielle augmente aussi les risques du bébé de développer certains cancers. Les maladies respiratoires sont plus fréquentes chez les bébés allaités dont les mères fument que chez les enfants dont les mères ne fument pas, mais elles surviennent moins fréquemment et sont moins graves que pour les bébés nourris de lait industriel qui ont une mère fumeuse.
Tout fumeur qui vit dans le même environnement que le bébé (pas seulement la mère) augmente les risques de mort subite du nourrisson. L’allaitement maternel décroît ces risques, toutefois.
Cessez de fumer si vous le pouvez. Diminuez le nombre de cigarettes si vous le pouvez. Si vous ou votre conjoint continuez de fumer, faites-le dehors, loin du bébé. Mais allaitez.
LA MARIJUANA
Je ne recommande pas l’usage de la marijuana, mais certaines femmes en fumeront, que nous le déconseillons ou pas. Est-ce qu’une mère qui fume un joint ou deux de temps à autre doit « exprimer/jeter » son lait pendant quelques heures par la suite, et nourrir le bébé avec du lait industriel à la place?
Non, elle ne devrait pas. Encore une fois, s’il s’agit d’un usage occasionnel, il n’y a pas de raison de cesser l’allaitement après avoir fumé de la marijuana. Il n’y a pas de preuve à l’effet qu’il serait nuisible pour le bébé d’être exposé à de petites quantités présentes dans le lait maternel.
Cependant, un usage chronique et important est une toute autre histoire. Il est possible que cela fasse diminuer la production lactée en inhibant la sécrétion de prolactine. Plus important, le THC (l’ingrédient actif) se concentre dans le lait maternel, et une exposition chronique pourrait faire en sorte que la substance s’accumule dans le corps du bébé. Les effets à long terme sont inconnus.
Allaitez, et si vous devez allumer un joint occasionnellement, faites-le avec circonspection.
LES NARCOTIQUES
L’usage occasionnel de narcotiques n’est pas une contre-indication à l’allaitement, mais pourquoi en consommer ? Un usage occasionnel peut facilement devenir une habitude chronique. Votre bébé a besoin de vous… et les consommateurs réguliers ne sont habituellement pas en état de prendre soin de leurs bébés. Une nouvelle vie compte sur vous.
Après une opération, l’usage de la mépéridine (ex. : Démérol®) ou de la morphine n’est pas une raison pour cesser l’allaitement – encore une fois, la quantité qui passe dans le lait est très faible et il est peu probable que cela cause du tort à l’enfant. Ce principe est compris par de nombreux professionnels de la santé, mais cela n’est pas suffisant. Une mère qui abuse occasionnellement des narcotiques n’aura pas plus de substances dans son lait que si le médicament lui était administré légalement pour des raisons médicales. (Toutefois, les drogues vendues dans la rue peuvent être impures et contenir de dangereux polluants.)
Et si une mère était une consommatrice chronique pendant sa grossesse ? Est-ce que les professionnels de la santé devraient être là pour dire qu’elle ne peut allaiter qu’après avoir fait le serment solennel de ne pas abuser de narcotiques ? Présenté de cette manière, personne ne le ferait – la mère donnerait du lait industriel à son bébé et il serait alors à risque de développer toutes sortes de problèmes. En fait, à cause du style de vie de leurs parents et des problèmes de santé de leurs mères, les enfants non-allaités des toxicomanes chroniques ont encore plus de risques de développer une maladie sérieuse que les nourrissons non-allaités de mères qui ne sont pas toxicomanes.
Le fait de donner naissance à un enfant et de l’allaiter peut changer la vie de certaines femmes. Les professionnels de la santé ne devraient pas laisser filer cette occasion. Elles ont la chance de faire une coupure avec leur passé. Nombre de toxicomanes ont peu d’estime de soi. Si nous disons à une mère qu’elle peut uniquement allaiter si elle cesse de prendre de la drogue, nous lui disons qu’elle est une mauvaise personne et nous préparons un nouvel échec. Le fait de lui faire confiance et de croire qu’elle peut réussir lui envoie un bien meilleur message…
Je me rends compte que le scénario qui précède n’est pas toujours possible. Certaines toxicomanes sont trop anéanties. Elles ne seront jamais capables de prendre soin de leurs bébés. Mais pour cela, devons-nous rayer toutes les autres femmes de la liste? Donnons une chance à la mère et à son enfant.
Lorsque les mères ayant pris des narcotiques pendant la grossesse accouchent, les bébés peuvent passer des jours, voire des semaines à éprouver un syndrome de sevrage. Ces malaises sont souvent traités par voie intraveineuse avec des narcotiques – comme la morphine. Au même moment, les mères se font dire qu’elles ne peuvent pas donner leur lait à cause des narcotiques qui peuvent s’y retrouver. C’est totalement illogique ! La petite quantité de morphine qui sera présente dans le lait de la mère ne fera aucun mal au bébé qui reçoit des narcotiques pour traiter ses symptômes liés au sevrage de toute manière ! Et si nous disons à une mère que nous ne pouvons pas utiliser son lait, nous lui envoyons un message très puissant : le problème, ce n’est pas la drogue… c’est vous. De plus, nous ne donnons pas la chance à la mère de s’impliquer avec son bébé d’une façon qui est beaucoup plus profonde et significative que le fait de le toucher dans un incubateur…
Certes, la mère et l’enfant devront être suivis de près par un médecin, et si l’abus de drogue se poursuit, toute la question de l’allaitement et la capacité de la mère à prendre soin de l’enfant devront être réévalués. Cependant, la mère peut réussir malgré tout.
LA MÉTHADONE
Habituellement, une mère qui prend de la méthadone essaye de se débarrasser de sa dépendance envers certaines drogues. Elle devrait être soutenue dans son désir d’allaiter. Encore une fois, déconseiller l’allaitement ne fera que diminuer l’estime de soi de la mère, ce qui pourra diminuer ses aptitudes maternelles envers son enfant.
À un certain moment, l’Académie Américaine de Pédiatrie recommandait de « permettre » l’allaitement uniquement si la mère prenait 20 mg ou moins de méthadone. L’Académie ne spécifiait pas d’où provenait cette règle du « 20 mg », mais elle a changé sa position officielle et ne précise plus actuellement ce qui serait une trop grande quantité de méthadone. La plupart des mères toxicomanes prennent beaucoup plus que 20 mg par jour, elles allaitent et leurs bébés se portent bien.
LA COCAÏNE
La cocaïne passe dans le lait maternel. Dans la mesure où c’est un puissant stimulant et qu’elle est complètement absorbée dans l’intestin, la mère qui prend de la cocaïne ne devrait pas allaiter son bébé pendant au moins 4-5 heures après avoir pris cette drogue. Un usage occasionnel, assorti d’un temps d’attente pour la tétée suivant la prise de la cocaïne, fait en sorte que ce ne sera pas dangereux pour l’enfant. Mais un enfant a besoin que sa mère prenne soin de lui, sans qu’elle soit sous l’influence de la drogue.
Si une mère allaite, l’usage chronique et journalier de la cocaïne est trop dangereux pour le bébé. Pour elle et son enfant, il faut faire pour le mieux ; la mère doit cesser de prendre de la cocaïne.
Si l’enfant a reçu de la cocaïne à travers le lait de sa mère, des résidus de cocaïne pourront être détectés dans l’urine du bébé pendant une semaine, ou même plus longtemps.
LSD
Nous ne savons pas grand chose à propos du LSD et de son passage dans le lait maternel, mais il n’y a pas de doute que cette drogue se retrouve dans le lait. C’est un puissant hallucinogène, même à très faible dose. Il ne faut pas prendre de LSD pendant l’allaitement. Si une mère en a pris, elle doit attendre 12 heures avant d’allaiter son enfant.
Les examens médicaux
(radiographies, scintigraphies, imagerie par résonance magnétique)
Les examens médicaux sont souvent demandés avec trop d’insouciance. Une mère allaitante devrait être absolument certaine que l’examen qu’elle doit subir est vraiment nécessaire, parce qu’on lui dira bien souvent qu’elle doit cesser d’allaiter pendant un certain nombre de jours après l’examen. En fait, cela n’est presque jamais nécessaire ! Les radiographies régulières n’affecteront pas le lait, bien que les mères se font souvent dire qu’elles ne peuvent pas allaiter après ce genre d’examen. La femme n’a aucune raison de sevrer, même temporairement, à cause de radiographies… !
La plupart des techniciens en radiologie ou des radiologistes diront à la mère qu’elle doit cesser l’allaitement pendant un certain temps après une radiographie des reins (pyélographie intraveineuse), une lymphangiographie ou une cholangiographie. Ce type d’examen est fait avec de l’iode contenant des substances contrastantes (non-radioactives) et le fabricant de ces colorants recommande de cesser l’allaitement pendant 24 à 48h après l’examen. La plupart des radiologistes s’accordent à dire que c’est complètement inutile puisque la quantité d’iode qui passe dans le lait maternel est insignifiante et que cela n’affectera pas l’enfant. Néanmoins, on continue de déconseiller l’allaitement après ces examens parce que le fabricant le recommande. Aucun professionnel de la santé ne veut courir de risques médico-légaux. Le fait que ces examens soient menés sur les bébés eux-mêmes, avec les mêmes substances contrastantes, ne semble pas susciter de réactions du type « De quoi nous inquiétons-nous ? »… Bien entendu, le fait est que les professionnels ne semblent pas inquiets pour les mères ou les enfants, mais ils s’inquiètent d’être poursuivis – même si sûrement rien ne se produira !
Ceci est également vrai pour les scanographies qui utilisent de l’iode contenant des substances contrastantes (non-radioactives). Et récemment, l’imagerie par résonance magnétique a été une raison évoquée pour suspendre l’allaitement pendant 24 heures. L’agent contrastant pour les imageries par résonance magnétique est le gadopentétate, une substance qui a une demi-vie très courte (moins d’une heure) et qui sera complètement éliminé du corps de la mère en 6 heures (98% de la substance est éliminée après 5 demi-vies.) De plus, seule une petite quantité sera absorbée dans l’intestin, estimée à 0,8% de la dose totale que le bébé ingérera. Par conséquent, il n’y a aucune raison de suspendre l’allaitement après une imagerie par résonance magnétique, même si le fabricant recommande 24 heures. Connaissant la façon dont cette substance se comporte, c’est là une recommandation ahurissante qui devrait être ignorée. Aux États-Unis, l’Ordre des radiologistes a publié en 2001 une déclaration appuyant ce que vous venez de lire.
Les examens utilisant des substances radioactives présentent un problème différent. Certes, nous souhaitons exposer le bébé le moins possible à la radioactivité, mais est-ce que cela signifie que nous devons attendre que le lait ne contienne plus aucune radioactivité ? N’oubliez pas que les examens employant des substances radioactives sont souvent menés sur les jeunes enfants aussi bien que sur les adultes. Ils sont faits lorsque nous pensons que le risque des radiations sur l’enfant est contrebalancé par la nécessité de l’examen.
La substance radioactive la plus souvent utilisée est le technétium 99. On l’emploie pour les scintigraphies des poumons, des os, du cerveau et autres. Sa demi-vie est de 6 heures, ce qui signifie que 98% de la substance aura été éliminée du corps de la mère au bout de 30 heures ou moins. Est-ce que cela signifie que la mère devrait cesser l’allaitement pendant 30 heures ? Certains diraient que c’est la meilleure chose à faire. Cependant, je pense que c’est inutilement long. Le bébé peut recevoir un peu de radioactivité – par exemple, nous hésitons rarement à faire au bébé une radiographie du thorax… Il est préférable d’éviter l’irradiation inutile, mais à un certain point le risque devient infinitésimal. Si la mère attend 12 h pour allaiter (ou 2 demi-vies), 75% de la radioactivité aura été éliminée de son corps.
Chaque mère devra décider avec son médecin si le risque de l’allaitement contrebalance le risque de donner du lait industriel. Personnellement, je n’attendrais pas plus de 6 à 12 heures avant de reprendre l’allaitement. Un arrêt de 30 heures serait vraiment un délai maximal avant que la mère reprenne l’allaitement.
Si une femme sait à l’avance qu’elle devra subir cet examen, elle peut exprimer son lait et le conserver en vue de couvrir les besoins de son bébé le temps nécessaire, sans avoir à donner de préparation commerciale.
Mais de nos jours, est-il nécessaire de faire autant de scintigraphies? Après tout, si la radioactivité est jugée aussi dangereuse pour le bébé, pourquoi est-ce acceptable pour la mère ? Oui, bien entendu, le bébé est plus jeune mais la plupart des mères allaitantes ont encore 30 à 60 ans à vivre… La scintigraphie cérébrale ne devrait plus être faite car la tomodensitométrie crânienne (scanner) et l’imagerie par résonance magnétique offrent de meilleurs résultats. N’oubliez pas que le scanner et l’imagerie par résonance magnétique n’exigent pas que la mère cesse l’allaitement, même pas pendant 2 minutes !
LES SCINTIGRAPHIES À L’IODE RADIOACTIF
Un des examens les plus fréquents chez les mères qui allaitent est la scintigraphie de la thyroïde. En période postnatale, un pourcentage important de femmes développe une inflammation de la thyroïde appelée thyroïdite post-partum, qui occasionne les mêmes symptômes que l’hyperthyroïdie – fatigue, nervosité, irritabilité, palpitations cardiaques, perte de poids. Typiquement, cela survient environ 3 à 6 mois après l’accouchement et les symptômes disparaissent après quelques mois. La mère peut finir par avoir de l’hypothyroïdie après cette inflammation. Beaucoup de médecins aimeraient que la mère passe une scintigraphie de la thyroïde afin de différencier la thyroïdite post-partum d’avec la maladie de Basedow , un problème de santé qui peut être beaucoup plus sérieux et chronique. L’examen peut être fait avec de l’iode 131 ou de l’iode 123. L’iode 131 a une demi-vie très longue et ne devrait pas être utilisé. Pour l’iode 123, nous avons de nouvelles recommandations : la mère peut reprendre l’allaitement après une période de 12 à 24 heures, selon la dose qu’elle a reçue. Mais une autre question doit être posée : est-ce que cet examen doit réellement être effectué ?
La réponse est presque toujours « non », du moins pour différencier la thyroïdite post-partum de la maladie de Basedow. Premièrement, si la mère présente des symptômes d’hyperthyroïdie environ 5 mois après la naissance, il y a beaucoup de chances qu’il s’agisse d’une thyroïdite post-partum. De plus, il y a des particularités dans les analyses sanguines qui suggèrent l’une ou l’autre bien que cela ne soit pas définitif. Cependant, les analyses sanguines associées à la thyroïdite post-partum commencent à s’améliorer spontanément après 6-8 semaines, alors que ce ne sera pas le cas pour la maladie de Basedow. Selon le niveau d’hormones thyroïdiennes qui apparaîtra dans le sang de la mère dans le cas d’une thyroïdite post-partum, une baisse se fera sentir 6-8 semaines après le diagnostic initial (plus rapidement si le diagnostic a été fait avec retard).
Dans le cas où la mère présenterait des symptômes d’hyperthyroïdie accompagnés d’analyses sanguines révélatrices, la meilleure approche serait de ne pas faire de scintigraphie de la thyroïde. La mère peut être traitée pour ses symptômes, habituellement avec du propranolol (ex. : Inderal®), qui est tout à fait compatible avec l’allaitement. Ses symptômes et ses analyses sanguines devraient être suivis de près. S’il s’avère que les analyses sanguines montrent encore la présence d’une hyperactivité de la thyroïde sans amélioration après 6-8 semaines, alors le diagnostic de la maladie de Basedow devient plus probable. La mère peut être traitée avec du propylthiouracil (PTU), un médicament souvent employé pour traiter cette maladie et qui est compatible avec l’allaitement.
Alors que faire si la mère a la maladie de Basedow ? Poursuivre le traitement avec le propylthiouracil est adéquat. Certaines mères se font parfois dire que le meilleur traitement est la destruction de la glande avec de l’iode radioactif. L’isotope utilisé (iode 131) n’est pas de l’iode 123 (lequel est le meilleur choix pour les scintigraphies). L’iode 131 a une demi-vie beaucoup plus longue, et est donc administrée à un dosage propre à détruire les cellules de la thyroïde. La demi-vie est de plus de 8 jours… Et pour éviter que le bébé reçoive de l’iode 131, la mère doit cesser l’allaitement pendant 40 jours (5 demi-vies)… ! Il est peu probable que même le bébé le plus accroc à l’allaitement recommence à téter après avoir été éloigné du sein pendant 40 jours… Quel dilemme… !
Le problème est qu’on ne propose pas aux femmes une vaste gamme d’options. Il y a d’autres approches que l’iode radioactif pour soigner la maladie de Basedow. Premièrement, le propylthiouracil sera efficace la plupart du temps, de même que le propranolol, et ils peuvent être utilisés aussi longtemps que les symptômes demeurent sous contrôle. Deuxièmement, la chirurgie est une option à considérer. La mère peut allaiter immédiatement après la chirurgie, dès qu’elle est réveillée et prête à le faire (les médicaments utilisés pendant la chirurgie ne feront pas de mal au bébé, les quantités qui passent dans le lait sont très faibles.) Des inconvénients sont liés à la chirurgie, mais la mère devrait se faire présenter cette option. Pour elle, il se peut que l’iode radioactif soit la meilleure option, et le bébé devra alors cesser de boire le lait de sa mère. Peut-être que la chirurgie est un meilleur choix pour elle. La possibilité devrait au moins être explorée.
ANECDOTE DE MERE
Denise
Denise était enceinte de 2 mois lorsqu’elle a appris qu’elle avait le cancer de la thyroïde. Heureusement, le cancer n’était pas du genre agressif et on lui a tout de suite proposé la chirurgie, avec un faible risque pour le bébé, ou bien une chirurgie une fois qu’elle aurait accouché. Pour différentes raisons, dont le fait qu’elle ne croyait pas être capable de traverser une chirurgie avec un nouveau bébé, elle a choisi de subir la chirurgie sur le champ. De plus, elle était consciente qu’après la naissance de l’enfant elle devrait suivre un traitement à l’iode 131 afin de détruire toute cellule cancéreuse qui pourrait subsister. Ce type de cancer ne se propage habituellement pas, mais cela peut survenir. Afin de s’assurer qu’il ne se répandrait pas, Denise subirait donc le traitement à l’iode 131 environ 6 semaines après la naissance du bébé – et elle devrait cesser l’allaitement avant que son bébé ait 6 semaines de vie. L’iode s’accumulerait non seulement dans sa glande thyroïde, mais aussi dans son lait puisque l’iode se concentre dans le lait. Cela pouvait aussi endommager les cellules de ses seins. La plupart des spécialistes recommandent que les mères cessent d’allaiter une semaine avant de prendre l’iode radioactif afin de diminuer le risque que l’iode radioactif se retrouve coincé dans le lait.
J’ai suggéré à Denise d’attendre que le bébé soit âgé d’au moins 6 mois. Au moins, le bébé serait allaité plus longtemps et Denise en bénéficierait aussi. Quelle était l’urgence exactement ? Les médecins étaient prêts à attendre 8 ou 9 mois pour opérer ce cancer dont ils savaient que Denise était atteinte… Pourquoi n’attendaient-ils pas 6 ou 7 mois de plus pour suivre une procédure pour un cancer dont ils ne connaissaient pas l’existence, d’autant plus que le risque était si bas… ?
Substances polluantes dans le lait maternel
De temps en temps, des histoires inquiétantes apparaissent dans les journaux à propos des substances polluantes contenues dans le lait maternel. Chaque fois que cela se produit, certaines mères, qui auraient allaité, décident de ne pas le faire… D’autres femmes décident de sevrer plus rapidement que prévu, et beaucoup de femmes qui allaitent s’inquiètent pour leurs bébés. Certains groupes écologistes ont une bonne part de responsabilités dans cette affaire, puisqu’ils ont utilisé le fait que le lait maternel contient des substances polluantes pour faire avancer leur cause, aussi louable soit-elle…
Y a t-il quelque chose que nous avons été capables de ne pas polluer sur notre planète ? Pas grand chose, et je n’ai jamais compris par quel artifice les préparations commerciales pour nourrissons pouvaient, soi-disant, demeurer exemptes de substances polluantes sur cette planète contaminée qui est la nôtre… ! Les toxines contenues dans le lait maternel peuvent différer de celles du lait industriel pour bébés, mais elles ne sont pas plus nocives simplement parce qu’elles sont différentes. Il est vrai que notre position au sommet de la chaîne alimentaire a pour résultat que la concentration de certaines toxines liposolubles est plus élevée chez l’humain que chez les vaches ou dans les fèves de soja – les dioxines font partie de ces toxines. Mais les vaches mangent de l’herbe, du foin et du grain arrosés de pesticides, et cela contamine leur lait également.
La transformation du soja et du lait de vache en préparations commerciales pour nourrissons contribue aussi à leur pollution. Le lait industriel pour bébés contient des métaux lourds en concentration beaucoup plus élevée que dans le lait maternel. Il contient beaucoup plus d’aluminium (pour les préparations de soja, plus de 2000 fois que dans le lait maternel), de plomb (il n’y a jamais de quantité acceptable de plomb…), du cadmium et du manganèse. Ces métaux sont tous des toxines potentielles pour le cerveau et le système nerveux. Tous ceux énumérés se retrouvent à des taux 100 fois plus élevés dans les préparations commerciales que dans le lait maternel ! Pourquoi n’entendons-nous jamais parler de cela dans les journaux ? Pour quelle raison les organismes environnementaux ne parlent jamais de la contamination des préparations commerciales pour nourrissons ?
L’allaitement est présentement un choix ami de l’environnement. Les fabricants de lait industriel pour bébés sont de gros pollueurs. Les terres utilisées pour faire brouter les vaches et produire le lait industriel pour bébés ne peuvent pas être employées à autre chose… Il y a un coût environnemental à faire pousser du soja et élever du bétail. Il y a un coût environnemental à transporter le lait ou les fèves de soja à l’usine de transformation où les préparations commerciales sont produites, un coût énergétique à transformer la matière première en lait industriel pour bébés, des frais de transport pour mettre le produit en marché… Les coûts en énergie et en papier sont énormes pour le marketing d’un produit, qui souvent n’est pas nécessaire… ! Pensez seulement au coût environnemental des publicités que vous avez, à vous seule, reçues… ! Multipliez cela par près de 5 000 000 de mères qui accouchent chaque année au Canada et au États-Unis… Et les mères ne sont qu’un aspect de ce mitraillage publicitaire… ! Les médecins, les infirmières, les diététiciens, les directeurs généraux et les responsables des achats des hôpitaux et des maternités sont aussi submergés de publicité. Gaspillage ! Le nombre de boîtes de métal contenant du lait industriel mises au rebut chaque année se chiffre en centaines de millions pour les États-Unis seulement… ! Où les mettrons-nous bientôt? Avec l’allaitement, pas de déchets ni de pollution.
Comme certains l’ont déjà fait, suggérer d’allaiter pour une plus courte période de temps ou pas du tout à cause de la présence de substances polluantes dans le lait maternel n’a pas plus de sens que de suggérer à tout le monde de s’acheter un climatiseur pour combattre le réchauffement global de la planète !
Une des inquiétudes à propos d’une absorption trop importante de dioxines ou autres polluants environnementaux est que ces substances peuvent diminuer la réponse immunitaire. Toutefois, les études démontrent toujours que les bébés allaités ont un meilleur système immunitaire que les bébés nourris de lait industriel. Une autre inquiétude est qu’une forte absorption de ces toxines peut augmenter le risque de cancer. Des études ont montré que les bébés allaités ont moins de cancers que ceux qui ne le sont pas. On croit que les polluants diminuent le développement intellectuel des bébés. Pourtant, les bébés allaités ont un meilleur développement intellectuel que ceux qui ne sont pas allaités, et plus longtemps le bébé est allaité, meilleur sera son développement.
Si la pollution a fait son incursion jusque dans le lait des femmes, nous devrions être très inquiets à propos de ce que nous faisons subir à l’environnement. Ces constatations devraient être un appel à l’action, au changement face à notre manière de faire les choses.
La meilleure chose qu’une mère puisse faire pour l’environnement, son enfant et elle-même est d’allaiter.
L’allaitement et les médicaments
Mythe : Une femme qui prend des médicaments doit cesser l’allaitement jusqu’à ce que la substance ait disparu de son organisme.
Les faits : Ceci est presque toujours faux. L’allaitement et le lait maternel sont très importants pour la santé de la mère et du bébé. Même si le bébé reçoit un peu du médicament que sa mère prend via le lait maternel, l’allaitement n’est pas plus risqué que le fait de donner de la préparation commerciale pour nourrissons.
De nos jours, malgré tout ce que nous avons appris sur les risques de l’alimentation aux préparations commerciales, beaucoup de médecins disent aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement lorsqu’elles prennent différents médicaments. En fait, il est non seulement inutile pour les mères de cesser l’allaitement, mais cela est indiscutablement plus nuisible que de poursuivre l’allaitement, sauf dans un très faible nombre de cas.
La question n’est pas de savoir si le bébé recevra du médicament que la mère prend. Habituellement, il en recevra un petit peu à travers le lait, bien qu’il y ait des exceptions – certains médicaments ne passent pas du tout dans le lait maternel. La question à se poser est celle-ci : le lait maternel qui contient une infime quantité de médicament est-il plus nocif pour la mère et le bébé que le lait industriel pour bébés ? La réponse est presque toujours « non » ! La préparation commerciale pour nourrissons est presque toujours plus nocive pour la mère et l’enfant que le lait maternel contenant une infime quantité de médicament.
Afin d’explorer davantage cette question, considérons les affirmations des fabricants de lait industriel selon lesquelles leurs produits « se rapprochent le plus possible » du lait maternel. En premier lieu, cette déclaration est trompeuse puisque la panoplie de préparations commerciales ne peuvent pas toutes être « celle qui se rapproche le plus du lait maternel », donc quelqu’un ne dit pas la vérité ! En second lieu, « se rapprochant » ne signifie pas « proche ». Paris est plus près de Bruxelles que Genève, mais cela est loin de vouloir dire que les Parisiens demeurent juste à côté de Bruxelles ! Et puisque nous ne savons pas exactement ce que contient le lait maternel, nous ne savons pas plus à quel point « se rapprocher » signifie « proche » du lait maternel…
Les recherches sérieuses sur la composition du lait maternel sont assez récentes. Le lait humain a été analysé intensivement au cours de la dernière génération seulement, et ce qui est évident c’est qu’il n’existe pas de lait maternel standard. Chaque femme a un lait différent en un sens, un lait « sur mesure » qu’elle produit pour son bébé ; ce n’est pas produit pour un bébé « théorique », ce qui est le cas du lait industriel ! Jetons un œil sur la manière dont la composition du lait maternel varie.
Les variations du lait maternel
D’UNE FEMME À L’AUTRE
Ceci ne devrait pas nous étonner. Presque tous nos fluides corporels diffèrent d’une personne à l’autre, et les quantités exactes de n’importe quelle composante individuelle seraient impossibles à définir. Presque toutes les substances qui sont mesurables dans le sang le sont à titre de moyennes, pas comme un chiffre exact. Tout ce qui se trouve dans cette zone est considéré comme « normal ». D’une femme à l’autre, les variations dans la concentration des différents composants n’ont probablement aucun impact sur le développement de l’enfant. Donc… le lait de quelle femme le fabricant de préparation commerciale copierait-t-il…?
VARIATIONS SELON LE RÉGIME ALIMENTAIRE DE LA MÈRE
Encore une fois, ce n’est pas un scoop… Le régime alimentaire influe sur la concentration de différents composants du lait. Par exemple, le lait d’une mère végétarienne présente une concentration différente en acides gras (des éléments constituant la matière grasse) de celui d’une femme qui mange de la viande. Le lait d’une femme qui mange beaucoup de poisson contiendra des acides gras différents de celui des deux mères précédentes. Et les autres aliments que la mère mange ajoutent des composants dans son lait qui ne sont généralement pas considérés comme faisant partie « normalement » du lait maternel. Par exemple, lorsqu’une femme mange de l’ail, le lait a une odeur et un goût différent. Mais pourquoi ne pas considérer que l’ail (ou des composants de l’ail) est un composant « normal » du lait maternel si l’ail fait partie du régime alimentaire de la mère? Puisque l’ail peut contribuer à prévenir l’athérosclérose et augmenter l’immunité des gens grâce à ses propriétés stimulantes pour le système immunitaire, peut-être que les fabricants de préparations commerciales pour bébés devraient ajouter de l’ail à leur lait de vache modifié?!
On dit souvent que ces ajouts diététiques au lait, tel que l’ail, sont néfastes pour le bébé. Mais en fait, ce n’est pas le cas, sauf rares exceptions. Habituellement, les bébés allaités acceptent les autres aliments plus facilement que les bébés nourris au lait industriel, vraisemblablement parce qu’ils ont été exposés à une variété de goûts à travers leur expérience d’allaitement. Lorsqu’ils commencent à manger d’autres aliments, ces goûts leur sont déjà familiers. Alors que la préparation commerciale pour nourrissons a toujours le même goût...
La présence de composants du lait maternel provenant de l’alimentation de la mère peut aussi diminuer le risque pour le bébé de développer des allergies. Ainsi, la présence de protéines de lait de vache dans le lait maternel n’est pas nécessairement néfaste, comme certains peuvent le croire. Bien que les protéines de lait de vache dans le lait de la mère puissent causer des coliques chez certains bébés, la plupart n’en sont pas incommodés. Il s’agit seulement d’une hypothèse, mais cela pourrait permettre de désensibiliser le bébé aux protéines de lait de vache, comme les injections pour les allergies sont censées désensibiliser la personne qui les reçoit face à différents allergènes. Comme les protéines de lait de vache sont présentes en petite quantité dans le lait maternel et qu’elles sont accompagnées d’anticorps et de globules blancs spécifiques, ceci pourrait même permettre au bébé et à l’enfant de mieux tolérer le lait de vache par la suite (ceci est aussi valable pour les autres protéines).
D’autre part, la quantité totale de nourriture ingérée par la mère n’a pas tant d’importance que ça. Même les femmes qui mangent très peu semblent produire un lait de qualité, quoique la quantité produite puisse diminuer un peu. Toutefois, cette diminution n’est généralement pas assez importante pour résulter en une production lactée insuffisante.
Certains aliments ou plantes peuvent faire augmenter ou diminuer la production lactée, mais il n’y a aucune recherche pour appuyer ce qui peut n’être qu’un mythe dans certains cas. Le persil et la sauge peuvent faire diminuer la production lactée, tandis que le fenugrec peut la faire augmenter.
VARIATIONS PENDANT LA TÉTÉE
Le lait maternel change au cours d’une tétée. Le changement le plus connu est la teneur en matières grasses. À mesure que le bébé boit du lait au sein, la concentration en matières grasses du lait augmente. Au début de la tétée, le lait peut contenir 1 % de matières grasses, mais à la fin, il en contient 5% ou plus; le bébé reçoit dans l’ensemble une moyenne de 4% de matières grasses. Nous ne savons pas la raison de cela, mais cela pourrait être une façon d’apaiser l’appétit du bébé.
AU COURS DE LA JOURNÉE
La composition du lait maternel change considérablement au cours d’une journée. Par exemple, le lait maternel contient plus de lactose à la fin de l’après-midi que tôt le matin. La quantité de matières grasses est à son maximum le matin et à son minimum en fin d’après-midi. Le pourcentage de protéines est à son taux le plus bas le matin, et au plus élevé au cours de la soirée.
Nous ne savons pas pourquoi cela se produit et quels en sont les bénéfices pour la mère et l’enfant. Mais ces variations sont peut-être encore plus considérables que ce que nous savons. Alors quel lait le fabricant devrait-il copier? Le lait maternel produit à 6h du matin? Celui de 18h ou bien de minuit?
VARIATIONS AU COURS DE LA PÉRIODE D’ALLAITEMENT
Il est évident que le lait maternel produit au cours des 3-4 premiers jours de vie, que nous appelons colostrum, est différent du lait produit par la suite. La couleur du colostrum est différente de celle du lait mature. Il est également de texture plus épaisse et collante. C’est une substance merveilleuse et il est vraiment navrant que la majorité des bébés allaités en Europe et Amérique du Nord n’en reçoivent pas ou si peu. Le colostrum est riche en globules blancs. Il peut y en avoir jusqu’à cinq millions dans chaque millilitre de colostrum, en moyenne un million! Un million de globules blancs dans chaque millilitre de colostrum, c’est cent fois plus que dans votre sang! Et c’est bourré d’anticorps! Le colostrum est également laxatif. Ceci est important et fait en sorte que les intestins du bébé se vident, réduisant le niveau de la jaunisse et préparant le bébé à digérer le lait maternel.
Après trois ou quatre jours, le colostrum change pour devenir du « lait de transition ». Le lait devient plus blanc mais a une légère teinte dorée, indiquant qu’il y a encore du colostrum présent. Après une ou deux semaines, le lait peut être appelé « lait mature »; il est d’une couleur blanc bleuté au début de la tétée, gagnant en blancheur vers la fin de la tétée.
De façon moins évidente au point de vue visuel, le lait maternel continue à changer. Par exemple, la quantité de globules blancs contenus dans le lait maternel diminue au cours des premiers mois. Mais même six mois après la naissance du bébé, le lait maternel contiendra en moyenne 100 000 globules blancs par millilitre, soit 10 fois plus que votre sang (en réalité, c’est entre 10 et 20 fois plus puisque votre sang contient en moyenne 5000 à 10 000 globules blancs par millilitre, selon les analyses de laboratoire). La concentration de plusieurs autres composants immunitaires diminue également, tandis que d’autres augmentent.
Les lysozymes, un de ces éléments immunitaires, sont présents en plus grande concentration après la première année qu’auparavant. Ils attaquent la paroi des bactéries et les détruisent. Indiquons qu’une diminution des composants immunitaires ne signifie pas qu’ils sont absents ou qu’ils sont présents en quantités insignifiantes. Après tout, les préparations commerciales ne contiennent aucun composant immunitaire (sauf les nucléotides, qui n’ont pas beaucoup d’importance). Toutefois, quand nous parlons des composants immunitaires du lait maternel qui diminuent, les gens semblent croire que c’est quelque chose d’inquiétant. Pourtant, personne ne s’inquiète de l’absence quasi totale de tout composant immunitaire dans le lait industriel…!
Il a été démontré qu’un bébé de cinq mois allaité exclusivement, qui prend bien du poids, ne boit pas beaucoup plus de lait qu’un nourrisson exclusivement allaité âgé d’un mois et qui prend bien du poids. L’enfant de cinq mois boira seulement 10 à 15 % plus de lait même s’il est deux fois plus lourd que le bébé d’un mois! Autrement dit, le bébé de 5 mois reçoit seulement 60 à 70 calories par kilogramme par jour, tandis que le lait industriel fourni de 90 à 100 calories par kilogramme par jour. En fait, pourquoi le bébé a-t-il besoin d’une telle quantité de lait industriel? Parce que les nutriments contenus dans le lait maternel sont utilisés beaucoup plus efficacement par le bébé que ceux trouvés dans les préparations commerciales pour nourrissons. (Ceci est peut-être une des raisons pour lesquelles les études démontrent que les bébés nourris de lait industriel sont plus susceptibles de devenir trop gros à l’âge adulte. Ils ont peut-être été habitués à manger de trop grandes quantités d’aliments pour obtenir les nutriments dont ils avaient besoin.)
N’importe qui affirmant que le lait maternel n’a plus de valeur nutritive après 6 mois (ceci inclut malheureusement des médecins et même des pédiatres) ne comprend pas que le lait maternel est différent, mais ne s’est certainement pas changé en « eau blanche »…! D’un point de vue immunologique et nutritionnel, la valeur du lait maternel est toujours présente. Et n’oublions pas que l’allaitement favorise encore à cet âge le lien avec l’enfant, en offrant des bénéfices émotionnels et psychologiques.
VARIATIONS SELON L’ÂGE GESTATIONNEL DU BÉBÉ À LA NAISSANCE
Un bébé né prématurément a des besoins différents de celui qui est né à terme, selon le degré de prématurité. Il est intéressant de constater que le lait d’une mère dont le bébé est né prématurément diffère du lait de celle qui a accouché à terme. Un bébé prématuré a des besoins plus élevés en protéines et en sodium. Or justement, le lait de la mère qui accouche prématurément a une teneur plus élevée en protéines et en sodium. L’enfant prématuré a plus de risques de développer des infections. Eh bien… le lait de la mère qui accouche prématurément contient plus de globules blancs et d’anticorps. Le bébé né prématurément est en manque d’une partie du fer qu’il aurait accumulé pendant le reste de la grossesse. Quoi donc? Le lait de sa mère contient plus de fer! Le nouveau-né prématuré a manqué d’acides polyinsaturés à chaîne longue qui sont si importants pour le développement de son cerveau et de sa vision. Et devinez? Le lait de sa mère contient alors plus de ces acides gras!
AUTRES ÉLÉMENTS À CONSIDÉRER
Il a été démontré que lorsque la mère offre le même sein à son bébé pour deux tétées consécutives, le lait de ce sein sera différent lors de la 2e tétée que si elle avait offert l’autre sein pour cette 2e tétée. La 2e tétée au même sein offre notamment un pourcentage plus élevé de matières grasses.
Si une mère allaite pour la durée normale de notre espèce – soit 3 ou 4 ans – la composition de son lait changera lors de sa période menstruelle. Beaucoup de mères affirment que leur production lactée diminue lors de leurs menstruations, mais les composants du lait varient également. En moyenne, une femme qui allaite son bébé pendant plus de 12 mois verra ses menstruations revenir 13 ou 14 mois après la naissance de son bébé.
Il y a également des preuves montrant que le lait d’une mère qui a déjà été enceinte plusieurs fois diffère de celui de la mère qui accouche pour la première fois.
Pourquoi tout ceci est important?
C’est important parce que lorsque nous commençons à discuter des risques possibles de poursuivre l’allaitement pendant que la mère prend certains médicaments, la question n’est pas seulement : « Est-ce que le médicament passera dans mon lait? ». La raison pour laquelle autant de médecins disent sans hésiter aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement est qu’ils supposent que l’allaitement et l’alimentation artificielle sont à peu près semblables... Mais le lait industriel ne peut même pas s’approcher du lait maternel, qui est unique; le lait maternel qui varie selon les besoins du bébé ne se copie tout simplement pas! Il n’y a pas un lait maternel « normal » qui pourrait être copié. « Nous ajoutons ou enlevons simplement telle quantité de protéine, telle quantité de graisses et de sucre et hop, voilà le lait maternel instantané?! ». Le fait que tant de gens croient les publicités montre de façon remarquable la capacité du marketing à faire croire à l’invraisemblable, que « petit » est « gros », et que « noir » est en fait « blanc »!
Et il y a plus. Comment savoir que le lait maternel exprimé pour les analyses est le même lait que le bébé reçoit lorsqu’il boit au sein? En fait, il existe des preuves démontrant que le lait exprimé est différent de celui que le bébé boit lorsqu’il tète au sein. Les premières études utilisaient des échantillons de lait « d’écoulement », ramassé « goutte à goutte ». La mère devait allaiter son bébé d’un sein pendant que le lait qui coulait de l’autre était recueilli pour les analyses. Cet « échantillon » de lait maternel n’est pas représentatif de ce que l’enfant reçoit. Toutes les recherches qui ont été basées sur ce type d’échantillon de lait « d’écoulement » sont inexactes.
EST-CE QUE LES PRÉPARATIONS COMMERCIALES POUR NOURRISSONS SONT SI DIFFÉRENTES?
Oui… elles le sont. Et il n’est pas seulement question de savoir laquelle des variations multiples du lait maternel devrait être utilisée comme standard pour créer la « meilleure » préparation commerciale qui soit… Même en supposant que les standards connus du lait maternel soient précis, ce qui est appelé « lait industriel » ne demeure qu’une pâle approximation du lait maternel.
Pour commencer, le lait maternel et n’importe quelle préparation commerciale pour nourrissons diffèrent en odeur, en apparence et au goût! Alors, même de loin, les deux liquides ne se ressemblent pas (et je trouve que la plupart des préparations commerciales ont une apparence et un goût assez répugnants!). Pour montrer à quel point nous ne comprenons vraiment pas ce qu’est le lait maternel, observez ceci : le lait maternel et les préparations commerciales contiennent la même quantité de sucre. Et cependant le lait maternel a un goût beaucoup plus sucré. La préparation commerciale ne s’en approche même pas! (À vrai dire, selon moi, la préparation commerciale n’a pas de goût sucré du tout…).
Mais attaquons-nous à la question des molécules. Notre régime alimentaire contient essentiellement des protéines, des hydrates de carbone, des graisses, et d’infimes quantités de minéraux tels le fer, le zinc, le chrome et des vitamines. Malheureusement, notre diète alimentaire contient aussi des toxines maintenant.
Les protéines et les graisses, importants composants de notre régime alimentaire, sont constituées en groupes qui déterminent le type de protéines et de graisses. Par conséquent, les graisses se composent d’acides gras, et les protéines sont formées d’acides aminés. Les acides gras et les acides aminés que le bébé reçoit dans le lait maternel sont beaucoup plus importants d’un point de vue nutritionnel que la quantité exacte de protéines et de graisses.
Dans notre société actuelle, le mot « graisses » est presque une grossièreté. Mais nous ne pouvons pas vivre sans une certaine quantité de graisses… Le lait maternel et le lait industriel contiennent tous les deux la même quantité de graisses, bien que son pourcentage dans lait maternel change pendant la tétée, et d’une tétée à l’autre, alors que le lait industriel est toujours le même. Toutefois, les acides gras qui constituent les graisses dans le lait maternel sont présents en quantités très différentes de ceux contenus dans n’importe quel lait industriel.
Une des carences importantes des préparations commerciales pour nourrissons était, il n’y a pas si longtemps, l’absence d’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras polyinsaturé à longue chaîne (PUFA). Cet acide gras était complètement absent de toutes les préparations commerciales vendues en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Pourtant, cet acide gras est très important pour le développement du cerveau et de la vision de l’enfant. De plus, il est pour ainsi dire un composant de chaque cellule du corps humain. Sous la pression des consommateurs, et ayant les profits dans leur point de mire, les fabricants de préparations commerciales pour nourrissons ont commencé à ajouter certains acides gras polyinsaturés à longue chaîne dans certaines préparations. Encore là, ce n’est rien de plus que d’ajouter quelques acides gras aux préparations commerciales! Les acides gras doivent être ajoutés selon une certaine proportion – mais laquelle? Le problème est qu’ils ne sont pas absorbés de la même manière s’ils proviennent du lait maternel ou d’une préparation commerciale… donc le fabricant ne peut pas prendre comme modèle les pourcentages d’acides gras présents dans le lait maternel!
Les préparations commerciales additionnées d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne ont été mises sur le marché récemment au Canada. Il est intéressant de constater que des études semblent montrer qu’il n’y a pas de bénéfices additionnels pour les nourrissons, si on compare ceux qui ont consommé des préparations commerciales ordinaires ou celles avec acides gras ajoutés. Autrement dit, les fabricants peuvent juste ajouter quelques acides gras et dire « encore plus semblable au lait maternel »…! Certes, les préparations commerciales pour nourrissons doivent être améliorées et il est bon que les fabricants fassent des recherches et essaient de les améliorer. Toutefois, même si l’ajout d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne pouvait finalement présenter des bénéfices pour les bébés, une simple « amélioration » ne pourrait rendre les laits industriels « proches du lait maternel »…
Le lait maternel contient également plus de cholestérol que les préparations commerciales pour nourrissons. Un point en faveur des laits industriels? Pas nécessairement! Des études sur les grands primates ont montré que s’ils ne reçoivent pas de cholestérol au cours des premiers mois de vie, leur corps n’arrive pas à le gérer adéquatement par la suite. C’est comme si le fait de recevoir ce cholestérol au cours des premiers mois visait à en protéger l’enfant par la suite.
Comme les composants des graisses sont différents, il en est de même pour les protéines. Les protéines sont faites d’acides aminés. Bien que la quantité totale de protéines soit approximativement la même dans la préparation commerciale pour nourrissons que dans le lait maternel, plusieurs acides aminés sont présents en proportions différentes. Par exemple, le lait industriel contient beaucoup plus de phénylalanine et de tyrosine que le lait maternel. En quantités élevées, ces substances peuvent affecter le fonctionnement du système nerveux central des bébés prématurés, et peut-être aussi des bébés nés à terme. La présence de ces acides aminés n’est donc pas nécessairement une bonne chose. Pendant de nombreuses années, la taurine n’était pas ajoutée aux préparations commerciales pour nourrissons. Puis, lorsqu’il a été déterminé que la taurine pouvait être un acide aminé essentiel, les fabricants ont commencé à en ajouter avec tambour et trompette. Une campagne de publicité pompeuse attirait l’attention sur leur nouveau produit « amélioré », mais pas sur les insuffisances de l’ancienne préparation commerciale…! Et ça continue… Lorsqu’ils ont ajouté les acides gras polyinsaturés à longue chaîne (ARA, DHA), ils ont fait tout un tapage avec cela, en faisant oublier qu’avant cela les bébés nourris artificiellement ne recevaient pas de DHA après leur naissance…!
Je n’écris pas là un traité de biochimie du lait maternel et des préparations commerciales pour nourrissons. Il s’agit plutôt d’une forme de « révélation » afin que les gens puissent comprendre que ce qu’ils achètent comme préparation commerciale n’est pas une copie parfaite de ce qu’une mère produit dans ses seins. Ce n’est vraiment pas « proche du lait maternel ».
QU’EST-CE QUI MANQUE DANS LES PRÉPARATIONS COMMERCIALES POUR NOURRISSONS?
Beaucoup d’éléments! Il n’y a pas d’anticorps dans le lait industriel. Pas de lysozyme, pas de facteur de croissance épidermique, pas de globules blancs, pas d’oligosaccharides pour aider à combattre les infections. Il manque un tas de choses! En fait, il y a des dizaines de composants du lait maternel qui sont absents du lait industriel pour bébés, et ils ont tous des propriétés spécifiques. Lesquelles? Nous ne le savons pas toujours. Certains composants ont des fonctions multiples. Par exemple, la lactoferrine est probablement responsable du fait qu’une si grande proportion du fer présent dans le lait maternel est assimilable. Mais la lactoferrine empêche aussi les bactéries d’utiliser le fer; or celles-ci en ont besoin pour se multiplier, cela permet donc de limiter la prolifération bactérienne. La lactoferrine travaille donc de concert avec les globules blancs et les anticorps pour détruire les bactéries plus efficacement. Et peut-être que la lactoferrine a d’autres fonctions? Nous commençons seulement à découvrir les prodiges du lait maternel.
EST-CE QUE TOUTES CES DIFFÉRENCES COMPTENT VRAIMENT?
Oui! Je sais, vous avez rencontré de nombreuses personnes qui ont été nourries au lait industriel et qui se « portent bien ». Peut-être que vous-même n’avez jamais goûté au lait de votre mère, et vous vous « portez bien ». Super. Les humains sont très adaptables, peuvent survivre et bien se porter malgré toutes sortes de traumatismes et de stress. Les enfants maltraités grandissent avec de nombreuses difficultés, mais ils peuvent surmonter ces difficultés, devenir des adultes aimables et avoir des existences agréables. Les bébés nés prématurément sont à risque pour toutes sortes de problèmes de santé, mais beaucoup grandissent et deviennent des enfants et des adultes en bonne santé. La médecine moderne peut traiter et guérir bon nombre de maladies. Cependant, nous ne devrions pas mettre l’allaitement au rancart en tant que meilleur départ, simplement parce que la plupart des bébés nourris au lait industriel se « portent bien ».
Les recherches s’accumulent pour démontrer que les enfants qui ont été allaités ont un quotient intellectuel plus élevé et de meilleurs résultats scolaires que ceux qui n’ont pas été allaités. Plus encore, l’effet est plus important si l’enfant est allaité plus longtemps. Cela ne veut pas dire qu’un enfant qui a le QI d’un génie aurait eu un QI dans la moyenne s’il n’avait pas été allaité. Dans la plupart des études, la différence moyenne de quotient intellectuel est de 8 points, donc une personne avec un QI potentiel de 140 sera très brillante, même si elle n’a pas été allaitée du tout. Mais il y a quand même une différence significative.
Il semblerait, mais sans certitude absolue, que les enfants qui ont été allaités ont moins de risques de développer un diabète juvénile. Plus récemment, des études ont montré qu’ils auraient moins de risque de développer le diabète adulte (type 2). Nous avons maintenant plus d’études montrant que l’allaitement contribue à prévenir l’obésité et la surcharge pondérale, ce qui semble être la préoccupation de santé publique no.1 dans les pays riches actuellement. Plusieurs études se penchant sur plus de 200 000 enfants ont montré que l’allaitement faisait diminuer les risques d’obésité et de surcharge pondérale de façon notable, et que plus l’enfant était allaité longtemps, plus les risques diminuaient. De plus, une excellente étude a aussi démontré que les bébés prématurés qui avaient reçu de façon randomisée du lait maternel provenant d’un lactarium (banque de lait maternel) avaient des taux sanguins de LDL plus bas (low density lipoprotein / « mauvais cholestérol ») et des taux plus élevés de HDL (high density lipoprotein / « bon cholestérol ») à l’adolescence, en comparaison de ceux qui avaient reçu de la préparation commerciale. Les taux plus élevés de LDL, comparativement au HDL dans le sang de ceux qui avaient été nourris au lait industriel, sont associés avec un risque accru d’athérosclérose. Certaines études laissent penser que les bébés allaités auraient moins de risques de développer la maladie de Crohn (une maladie inflammatoire de l’intestin). Par contre, beaucoup d’études montrent que les bébés allaités ont moins d’infections des poumons (et que celles-ci sont moins graves), moins d’infections de l’oreille moyenne (otites) et du système digestif. Les enfants allaités, notamment ceux qui le sont plus d’un an, ont moins de problèmes de dentition (malocclusion) et ainsi l’allaitement peut vous faire économiser des frais faramineux d’orthodontie. Certaines études montrent que les allergies surviennent moins fréquemment et sont moins importantes chez les bébés allaités. Il y a aussi des études (moins concluantes) selon lesquelles l’allaitement protégerait de certaines maladies, telle la sclérose en plaques.
Beaucoup de parents ont fini par accepter comme « normaux » les problèmes liés à l’alimentation artificielle. Par exemple, beaucoup de livres sur les bébés vous diront qu’il est normal que le bébé ait 5-6 otites au cours des deux premières années de vie. Ceci est peut-être normal pour un bébé nourri artificiellement, mais cela est inhabituel pour le bébé allaité – du moins selon mon expérience. Donc lorsqu’un parent a un enfant qui a des otites à répétition, il ne pense pas que c’est une situation pouvant être reliée au fait qu’il n’est pas allaité… Le parent croit que c’est normal et que son enfant se porte bien. Ces otites à répétition causent non seulement de la douleur à l’enfant, mais peuvent occasionner des troubles d’audition à un âge où il apprend à parler, créant des difficultés et des retards de langage.
N’oubliez pas que l’allaitement est une relation entre deux personnes. La mère a aussi des bénéfices liés à l’allaitement. Il est probable que la mère allaitante aura moins d’ostéoporose que celle qui n’a pas allaité. La plupart des études ont montré une diminution du taux de cancer du sein, des ovaires et de l’utérus chez les femmes qui ont allaité. Les études n’ont pas apporté de preuve absolue, mais elles sont fascinantes, surtout pour le cancer du sein. Pour la plupart des femmes allaitantes, la perte de poids après l’accouchement est plus rapide et complète.
Voilà certains points concernant l’allaitement mis en comparaison avec l’alimentation artificielle. Il y en a plus encore, mais ce n’est pas le but de ce livre que de discuter en long et en large des risques de l’alimentation artificielle.
QUEL EST LE RAPPORT AVEC LE FAIT DE PRENDRE DES MÉDICAMENTS PENDANT L’ALLAITEMENT?
Tout est en lien avec cela! La question essentielle est celle-ci : est-ce qu’une petite quantité de médicament dans le lait de la mère rend l’allaitement plus à craindre que le fait de ne pas allaiter? Si l’on considère tout ce qui a été dit dans les paragraphes précédents, la réponse est presque toujours non. L’allaitement avec une petite quantité de médicament dans le lait maternel n’est pas plus risqué que l’alimentation avec une préparation commerciale, à l’exception de quelques cas spécifiques. L’allaitement présentera presque toujours moins de risques. Il y a des médicaments plus ou moins nocifs pour les mères qui allaitent, mais la majorité est toutefois sans danger. Il y a des risques pour la santé de la mère et du bébé à ne pas allaiter. La question n’est pas nécessairement de ne pas allaiter le bébé pendant 7 ou 10 jours, mais davantage face à un sevrage permanent, car une semaine sans prendre le sein signifie souvent en pratique ne plus jamais reprendre le sein.
POURQUOI LE FAIT DE PRENDRE DES MÉDICAMENTS PENDANT L’ALLAITEMENT N’EST HABITUELLEMENT PAS UN PROBLÈME?
Parce que seules de petites quantités de médicament se retrouvent dans le lait maternel. Les quantités sont si minimes que les risques sont très faibles pour le bébé. Beaucoup de gens croient que l’enfant reçoit une dose de médicament semblable à celle que la mère prend. Ceci est rarement vrai. En fait, l’enfant ne reçoit presque toujours que de très petites quantités. Règle générale, environ 1 % de la dose totale prise par la mère passe dans le lait. Il y a certains médicaments qui s’y retrouvent en concentration plus élevée, tandis que d’autres en plus faible pourcentage encore.
Prenons l’exemple d’un antibiotique utilisé assez fréquemment, l’amoxicilline. Une des doses habituelles utilisée pour un adulte est environ 500 mg, 3 fois par jour. Si 1% de la dose totale prise par la mère chaque jour est absorbée par le bébé via le lait, c’est environ 15 mg qu’il recevra au cours de toute la journée. C’est loin de stresser une seule bactérie! Un bébé de 5 kg qui est traité pour une otite en recevrait 200 mg par jour, soit plus de 10 fois ce qu’il recevrait via le lait! En fait, la quantité d’amoxicilline qui se retrouve dans le lait se chiffre à pas tout à fait 0,7% de la dose totale prise par la mère. Donc, dans le cas ci-dessus, le bébé recevrait seulement 12 mg d’amoxicilline par période de 24 heures.
POURQUOI SI PEU DE MÉDICAMENT SE RETROUVE DANS LE LAIT MATERNEL?
N’importe quel médicament que vous prenez est dilué dans votre corps. À cause de cette dilution dans les différents tissus, la concentration de médicament dans le sang est souvent mesurée en microgrammes (millionièmes de gramme) et même en nanogrammes (milliardièmes de grammes) par millilitres, même si la quantité de médicament que la mère prend est habituellement mesurée en milligrammes (un millième de gramme), occasionnellement en grammes. Beaucoup de substances médicamenteuses sont diffusées dans le corps de telle manière qu’il en passe très peu dans le sang. Un exemple est la paroxétine (Paxil®, Deroxat®), un médicament utilisé pour traiter la dépression. Moins de 1% de la quantité totale de médicament que la mère a dans son corps se retrouve dans son sang, le reste étant concentré dans d’autres tissus, comme les graisses ou le cerveau. Par conséquent, une très faible quantité de cette substance passe dans son lait.
Un bon exemple pour illustrer ce principe est l’alcool, qui est probablement une des substances les plus utilisées dans le monde. Certains disent qu’une mère qui consomme de l’alcool doit s’abstenir temporairement d’allaiter – deux heures par tranche de 30 ml d’alcool fort est la recommandation habituelle. Je suis complètement en désaccord parce que la consommation occasionnelle d’alcool n’en fera pas absorber une quantité importante à l’enfant. Le whisky est un alcool à 40%. Le vin en contient entre 9 et 12%, et la bière 3 à 5%. Même la bière dite « sans alcool » en contient 0,6%… Dans plusieurs districts, vous serez considérée inapte à conduire votre voiture si vous avez entre 0,05 ou 0,1% d’alcool dans votre sang. L’alcool est une substance que l’on retrouve en même quantité dans le lait que dans le sang de la mère. Si elle a 0,08% d’alcool dans son sang, son lait en contiendra le même pourcentage. Ce n’est rien du tout! Je suis convaincu que de dire aux mères de ne pas allaiter après avoir bu un ou deux verres tient plus, encore une fois, de l’émergence de comportements puritains de la société nord-américaine de la fin du XXe et du début du XXIe siècle.
Certains médicaments sont appliqués localement – sur la peau, dans le vagin, le nez ou les yeux. Même utilisés en grandes quantités, il est peu probable que l’absorption de médicaments appliqués à ces endroits produise plus qu’une légère trace dans le sang de la mère.
EN PLUS DE LA CONCENTRATION DU MÉDICAMENT DANS LE SANG MATERNEL, QU’EST-CE QUI DÉTERMINE LA QUANTITÉ QUI SE RETROUVE DANS LE LAIT?
Un des facteurs importants est la quantité de substance médicamenteuse qui se lie aux protéines dans le sang de la mère, puisque seule la substance médicamenteuse non liée aux protéines peut se retrouver dans le lait maternel. Certaines molécules de médicament sont presque totalement liées aux protéines. L’ibuprofène (un anti-inflammatoire non stéroïdien) est lié aux protéines dans une proportion de plus de 99%, donc moins de 1% de la quantité présente dans le sang maternel peut se retrouver dans le lait de la mère! Il en résulte que si la mère prend une dose de 400 mg toutes les 6 heures, son lait contiendra moins de 1 mg d’ibuprofène par litre! Et la plupart des bébés ne boivent pas un litre de lait maternel par jour! Si nous traitions le bébé lui-même avec de l’ibuprofène, nous lui donnerions généralement 5 à 10 mg par kilogramme de son propre poids. Un nourrisson de 5 kg recevrait donc 25 à 50 mg d’ibuprofène toutes les 6 heures…! Si la mère prenait la dose maximale toutes les 6 heures, la quantité que le bébé recevrait via le lait de sa mère en 24 heures est moins de 1% de ce que nous lui donnerions directement à lui…! Dans le cas de l’antidépresseur cité auparavant (paroxétine), la substance est liée aux protéines dans une proportion de 95%. De la très faible quantité qui se retrouve dans le sang, 95% ne peut PAS passer dans le lait maternel!
Un autre facteur important est la grosseur de la molécule du médicament. Bien que les molécules soient généralement assez petites pour passer dans le lait maternel, certaines ne le sont pas. Parmi les molécules trop grosses pour passer dans le lait maternel nous trouvons : l’insuline (pour traiter le diabète), l’interféron (utilisée pour traiter la sclérose en plaques et d’autres maladies chroniques), l’héparine, et l’héparine de bas poids moléculaire (pour prévenir la formation de caillots de sang), le glatiramer (Copaxone®, pour la sclérose en plaques notamment), l’étanercept (Enbrel®, pour l’arthrite rhumatoïde) et le Botox®. Il y en a d’autres, mais elles ne sont pas utilisées fréquemment. Les protéines et plusieurs hormones utilisées dans divers traitement (comme la gonadotrophine chorionique) sont trop grosses pour passer dans le lait.
Mais ce n’est pas seulement cela qui doit être pris en considération. Qu’est-ce que le bébé absorbera véritablement même s’il ingère un peu de médicament via le lait? On dit à beaucoup de mères qu’elles doivent cesser l’allaitement si elles prennent des médicaments tels que la gentamicine (un antibiotique). Est-ce que cela pourrait causer un problème au bébé? La gentamicine est donnée en injection. On donne cet antibiotique de cette manière parce qu’il ne s’assimile pas dans l’intestin. La mère le reçoit donc par injection musculaire ou par intraveineuse; le bébé en reçoit par voie orale à travers le lait maternel – mais ne l’assimile donc pas dans son intestin! Par conséquent, même si la gentamicine est relativement toxique, qu’elle peut causer de sérieux problèmes rénaux et auditifs si son taux sanguin devient trop élevé, le taux sanguin du bébé ne s’élèvera pas du tout car la molécule du médicament n’est pas absorbée dans l’intestin. Ce principe pourtant bien simple n’est étonnamment pas pris en considération par beaucoup de professionnels de la santé.
Il est possible que cet antibiotique détruise certaines bactéries dans l’intestin du bébé ou qu’il change le type de bactéries qui y vivent. Mais donner du lait industriel ferait également changer le type de bactéries qui s’y trouvent. Pourquoi est-il « acceptable » de changer la flore bactérienne en donnant de la préparation commerciale mais pas en donnant un antibiotique? (En réalité, il est moins probable que la flore change à cause d’une petite dose d’antibiotique comparativement à donner du lait industriel, bien que ce soit possible.) Il est vrai que l’enfant peut devenir allergique à un antibiotique absorbé via le lait de sa mère. Mais il peut aussi devenir allergique à la protéine du lait de vache ou de soja contenue dans la préparation commerciale pour nourrissons. En fait, les allergies à ces protéines des préparations pour nourrissons sont beaucoup plus incommodantes et astreignantes que les allergies aux antibiotiques.
Les paragraphes qui suivent présentent seulement quelques médicaments qui sont très faiblement absorbés à partir de l’intestin (certains sont plus absorbés que la gentamicine). Je n’y mentionne que quelques médicaments de la kyrielle qui pourraient être prescrits à la mère. Il est à noter que lorsqu’un médicament est pris oralement, la dose du médicament est ajustée pour compenser sa faible absorption orale. Mais ceci concerne la mère, pas le nourrisson. À cause de la dilution des médicaments dans son corps, la quantité qui se retrouve dans le lait de la mère est généralement très faible, et de cette faible quantité, seule un très faible pourcentage est absorbé par le bébé… Une des substances intéressantes est l’oméprazole (Losec®, Mopral®), un médicament utilisé pour faire diminuer l’acidité dans l’estomac. La substance est peu absorbable dans l’intestin, et en fait, elle est même détruite par l’acidité de l’estomac. La mère doit donc prendre de l’oméprazole enrobé afin que le médicament soit protégé de cette acidité. Par contre, ce que l’enfant absorbe n’est plus du tout protégé de cette acidité. Par conséquent, l’absorption orale du médicament par la mère est correcte, mais celle du bébé est faible ou plutôt inexistante.
Les noms des médicaments cités ci-dessous sont des noms génériques (le vrai nom de la substance). Le nom commercial est souvent plus connu des gens, mais certains médicaments peuvent avoir plusieurs noms commerciaux.
Médicaments anti-infectieux (antibiotiques, antiviraux, antifongiques)
• Amikacine (ex. : Amikin®): ce médicament appartient à la même famille que la gentamicine et presque aucun antibiotique de cette famille est absorbé dans l’intestin en quantité significative. Les autres sont la kanamycine, la tobramycine et la nétilmicine.
• Carbénicilline (ex. : Fugacillin ®, Pyopen®) : c’est une forme de pénicilline, mais contrairement à la plupart des pénicillines (qui sont très bien assimilées), celle-ci n’est absorbée qu’en petite quantité (moins de 10%).
• Céfazoline (ex. : Ancef®, Cefamezin®) : plusieurs médicaments de cette famille sont faiblement absorbés. D’autres le sont très bien toutefois. Ceux qui sont faiblement absorbés sont la céfépime, le céfopérazone, la céfotaxime, le céfotétane, la céfoxitine, la ceftazidime, le ceftriaxone, la céphalothine, et la céphapirine. Certains, comme la céphalexine, le ceftibutène et le céfaclor sont bien absorbés et d’autres, comme le céfuroxime et le cefpodoxime, se situent à mi-chemin. Cependant, il y a d’autres raisons pour lesquelles les céphalosporines (le nom de cette famille d’antibiotiques) ne devraient pas causer une interruption de l’allaitement.
• Clotrimazole (ex. : Canesten®): c’est une substance antifongique utilisée en applications locales contre la candidose. Plusieurs substances de cette famille de médicaments ne sont pas absorbées dans l’intestin, mais certaines le sont (comme le fluconazole, le kétoconazole et l’itraconazole).
• Furazolidone : il s’agit d’un antibiotique généralement utilisé contre la guardia lamblia (parasitose). L’absorption par l’intestin est très faible.
• Mebendazole : médicament utilisé contre les vers. Il n’est presque pas absorbé par la mère, et seule une infime quantité de ce qui pourrait se retrouver dans son lait pourrait être absorbée par le bébé.
• Méthicilline (ex. : Celbenin®): un médicament semblable à la pénicilline, qui n’est pas absorbé dans l’intestin du bébé.
• Vancomycine (ex. : Vancocin®): antibiotique utilisé contre le staphylocoque doré résistant à la méthicilline. Ce médicament se retrouve en très faible quantité dans le lait maternel, et de ceci, seule un infime pourcentage est absorbé par l’enfant allaité.
Médicaments antiallergiques
• Cromolyne : moins de 1% de la dose totale prise par la mère est absorbé dans l’intestin de l’enfant. Ainsi, même si la mère utilisait un vaporisateur nasal, la quantité qui se retrouverait dans son sang serait minime, celle qui passerait dans son lait serait encore plus faible et l’enfant n’en absorberait pratiquement pas.
• Épinéphrine (adrénaline, ex. : Epifrin®): Bien que ce ne soit pas spécifiquement un médicament antiallergique, cette substance est parfois prise par des gens très allergiques qui peuvent développer une réaction mortelle avant que l’aide médicale n’arrive sur les lieux. Donnée en injection, cette substance est détruite rapidement dans l’estomac. Rien n’est absorbé dans l’intestin, sauf peut-être si le bébé est un grand prématuré.
Médicaments antiasthmatiques
• Ipratropium (ex. : Atrovent®): Employé en inhalation, ce médicament est absorbé en très petite quantité par l’intestin du bébé.
• Zafirlukast (ex. : Accolat®) : Issu de la nouvelle catégorie de médicaments antiasthmatiques, il est très faiblement absorbé dans l’intestin de l’enfant allaité.
Médicaments pour la tension artérielle
• Esmolol (ex. : Brevibloc®): pratiquement pas absorbé dans l’intestin. Sa demi-vie est également très courte (voir plus loin).
• Sulfate de magnésium : Cette substance est particulièrement utilisée pour l’hypertension artérielle lors de l’accouchement. Malheureusement, pendant de nombreuses années et même encore maintenant, on a dit aux mères qu’elles ne pouvaient pas allaiter si elles prenaient ce médicament. Bien que l’absorption intestinale ne soit pas nulle, elle est très faible, et seule une petite quantité se retrouve dans le lait maternel au départ.
• Nisoldipine (ex. : Syscor®, Sular®) : C’est un inhibiteur calcique, et seulement 5% est absorbé dans l’intestin.
Substances de contraste
• Gadopentétate : il s’agit d’une injection que l’on reçoit lorsque l’on passe une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Malheureusement, les radiologistes disent encore aux mères qu’elles doivent cesser d’allaiter pendant 24 heures et même plus longtemps encore, bien que le Collège Américain des Radiologistes ait publié en 2001 une recommandation disant qu’il est parfaitement acceptable d’allaiter son bébé immédiatement après une injection de cette substance… L’absorption orale (ce que le bébé recevra) représente seulement 0,8% de la petite quantité qui se retrouvera dans le lait maternel.
• Agents contenant de l’iode radio-opaque : il n’y a presque aucune absorption orale avec ces substances. Elles ne sont pas une raison pour interrompre l’allaitement, quoi qu’en dise le radiologiste. Si vous avez une pyélographie intraveineuse, une tomographie par émission ou un autre examen utilisant un agent de contraste, il est probable que le radiologiste vous dira que vous ne pouvez pas allaiter pendant 24 à 48 heures. À cause de la faible absorption orale de ces médicaments (et pour d’autres raisons), ce conseil n’est pas vraiment approprié. En fait, les agents de contraste à base d’iode ne se retrouvent même pas dans le lait maternel…!
Médicaments antidiarrhéiques
• Lopéramide (ex. : Imodium®): L’absorption est quasi nulle.
Cette liste n’est pas exhaustive et ne présente pas tous les médicaments qui sont faiblement absorbés dans l’intestin du bébé. Si vous recevez un médicament par injection, il est également possible qu’il soit peu absorbé dans l’intestin (mais ce n’est pas nécessairement le cas.)
Certaines lignes de conduite pour l’utilisation des médicaments pendant l’allaitement
EST-CE QUE LE MÉDICAMENT OU L’EXAMEN EST VRAIMENT NÉCESSAIRE?
Malheureusement, beaucoup d’examens médicaux sont faits et beaucoup de médicaments sont prescrits sans réelle nécessité. Bon nombre de médecins croient que « quelque chose doit être fait » lorsque les patients viennent les voir pour se plaindre de leur état de santé. Beaucoup d’analyses médicales et de médicaments sont prescrits car il est plus facile de prescrire une analyse ou un médicament que de parler avec le patient de ses problèmes de santé… Par exemple, la fièvre est rarement causée par une maladie qui nécessite la prise d’antibiotiques. La majorité des maladies qui causent des vomissements et de la diarrhée ne nécessitent pas de médicaments.
Nous vous présentons ici un exemple pour vous montrer à quel point les examens peuvent entraver l’allaitement et comment ils ne sont parfois pas vraiment nécessaires : environ 3 à 6 mois après la naissance de l’enfant, une mère peut éprouver les signes d’une hyperactivité de la glande thyroïde. Ces signes comprennent de l’irritabilité, de la difficulté à dormir, une perte de poids excessive, de la nervosité, de la tension et parfois une très grande fatigue. Une analyse sanguine est faite et l’on découvre que la mère fait de l’hyperthyroïdie. Puis la question survient : cette hyperthyroïdie est-elle occasionnée par une thyroïdite post-partum (inflammation de la thyroïde) ou bien par la maladie de Basedow , un problème plus chronique et plus sérieux? La méthode employée habituellement pour différencier ces deux problèmes de santé est de procéder à un examen de la thyroïde avec de l’iode radioactif. Puisque le bébé ne doit pas recevoir d’iode radioactif, la mère est confrontée au fait de ne pas allaiter pendant un certain temps après l’examen. Mais cet examen est-il vraiment nécessaire? La réponse est non…!
En premier lieu, une femme qui fait de l’hyperthyroïdie 3 à 6 mois après la naissance a presque toujours une thyroïdite post-partum, pas la maladie de Basedow… Deuxièmement, une thyroïdite post-partum s’améliore d’elle-même au bout de 6 à 10 semaines. De plus, ces deux causes de l’hyperthyroïdie présentent aussi des différences dans les résultats d’analyses sanguines employées pour le diagnostic.
Il n’est pas nécessaire de faire une scintigraphie de la thyroïde. La mère peut être traitée avec du propranolol (un médicament compatible avec l’allaitement), et ses symptômes et analyses sanguines suivis par la suite. S’il s’agit d’une thyroïdite post-partum, ses analyses sanguines s’amélioreront au cours des semaines qui suivront. Si elle a la maladie de Basedow, ce ne sera pas le cas. Dans ce cas-ci, elle pourra donc commencer à prendre du propylthiouracil (PTU) afin de traiter la maladie – et elle n’aura pas à cesser l’allaitement car ce médicament est compatible.
Si l’allaitement est considéré comme quelque chose d’important, c’est incroyable tout ce que nous arrivons à faire en trouvant des manières de le protéger. Malheureusement, de nombreux professionnels de la santé ne valorisent pas l’allaitement et n’essaient pas de trouver des solutions de rechange aux « routines habituelles ».
S’AGIT-IL D’UN MÉDICAMENT UTILISÉ POUR LES BÉBÉS?
Un médicament qui est utilisé pour les bébés devrait logiquement être adéquat pour la mère qui allaite. Je vous présente ici une histoire vraie. C’est le résumé de ce qu’une mère m’a raconté au téléphone :
« Je suis déconcertée… Je suis allée voir mon médecin il y a quelques jours car j’avais un rhume et il m’a prescrit de l’amoxicilline. Comme j’allaitais mon fils de 3 mois, il m’a dit que je devais arrêter de l’allaiter parce que le bébé recevrait du médicament. J’ai arrêté de l’allaiter. Aujourd’hui, mon enfant à un rhume, je l’ai amené chez le médecin, et il lui a prescrit de l’amoxicilline… »
Qu’est-ce qui cloche ici? Tout!
1. La mère est allée voir le médecin pour un rhume. Un ancien adage dit : Si vous soignez un rhume, il durera une semaine, et si vous ne le soignez pas, il durera 7 jours. C’est encore vrai…! Pourquoi les gens vont-ils voir un médecin pour un simple rhume…?
2. Traiter un rhume avec de l’amoxicilline est un bel exemple d’usage abusif des antibiotiques! Voilà une des raisons pour laquelle il n’y aura plus d’antibiotiques fiables contre certaines bactéries très bientôt, et pas d’antibiotiques du tout pour combattre certaines infections... Les rhumes sont causés par des virus, et les antibiotiques ne détruisent pas les virus…
3. La mère s’est fait dire qu’elle ne pouvait pas allaiter en prenant de l’amoxicilline. Étant donné les risques de cesser l’allaitement pour la mère et l’enfant, en plus du fait qu’il y a très peu d’amoxicilline qui passe dans le lait, c’est un conseil illogique et absurde provenant d’un médecin.
4. Le bébé a un rhume. Il est fort possible que le bébé n’en aurait pas eu si la mère s’était fait dire de poursuivre l’allaitement. Nous n’en avons pas la certitude bien entendu, mais son risque d’être malade est accru lorsqu’il n’est plus allaité et qu’il ne reçoit plus les anticorps et les facteurs immunitaires du lait maternel.
5. La mère a amené son enfant chez le médecin pour un rhume. Bon… d’accord, les mères sont plus inquiètes pour leurs enfants que pour elles-mêmes. Une grand-mère expérimentée aurait été d’un plus grand secours que le médecin…
6. Le bébé a pris de l’amoxicilline pour un rhume! Ceci est non seulement inutile mais risqué puisque ce médicament peut occasionner de la diarrhée à l’enfant.
7. Les médecins donnent des conseils, pas des commandements! Mais cette mère s’était fait dire qu’elle devait cesser l’allaitement. À moins que la situation soit risquée au point d’y laisser sa peau, la mère aurait dû recevoir assez d’information pour pouvoir faire un choix éclairé entre le sevrage ou la poursuite de l’allaitement. Bien entendu, le médecin doit lui-même être informé, et il est clair que ce n’était pas le cas!
À travers le lait maternel, les bébés ne reçoivent qu’un très faible pourcentage de médicament en comparaison de ce qu’ils absorberaient s’ils étaient traités directement par cette même substance. Il est extrêmement rare qu’une mère doive cesser son allaitement à cause d’un médicament qui est aussi utilisé pour soigner les bébés.
EST-CE QUE LE MÉDICAMENT PEUT ÊTRE UTILISÉ LORS DE LA GROSSESSE?
Il n’est pas toujours vrai qu’un médicament employé sans danger pendant la grossesse puisse l’être lors de l’allaitement. Lorsque le bébé est dans l’utérus, la femme enceinte aide le fœtus à se débarrasser du médicament qu’elle prend, donc il n’y a généralement pas d’accumulation dangereuse du médicament dans le corps du bébé. L’accumulation de substances médicamenteuses chez le bébé pendant l’allaitement suscite parfois de l’inquiétude, notamment lorsque la substance a une longue demi-vie (nous en discutons plus en détail un peu plus loin dans ce chapitre), mais cela est rarement le problème.
Par exemple, les médecins peuvent s’inquiéter des effets d’un médicament sur le développement cérébral de l’enfant. C’est pour cette raison qu’ils disent à de nombreuses femmes qu’elles ne peuvent pas allaiter si elles prennent des antidépresseurs, même si elles prenaient ces médicaments pendant leur grossesse.
Une mère qui prend un médicament pouvant avoir un effet sur le système nerveux central expose beaucoup plus le développement du système nerveux de son bébé pendant la grossesse que pendant la lactation. Pendant la grossesse, le cerveau du fœtus est à un stade beaucoup plus sensible et précoce de son développement. De plus, le bébé sera généralement exposé à des niveaux plus élevés pendant la grossesse que lors de l’allaitement, puisqu’il a un taux sanguin comparable à celui de sa mère (la plupart des médicaments passent à travers le placenta). Par conséquent, si un médicament est jugé fiable pendant la grossesse, il le sera généralement lors de l’allaitement.
Prendre des décisions à propos de l’usage des médicaments pendant l’allaitement
La plupart des médicaments sont jugés sans danger pendant l’allaitement, mais certains sont plus fiables que d’autres. Les informations destinées aux médecins et aux pharmaciens peuvent les aider à choisir le médicament qui occasionnera le moins d’effets indésirables. Une partie de ces informations a déjà été mentionnée : les médicaments qui ne passent pas dans le lait maternel et les médicaments qui ne sont pas absorbés dans l’intestin sont fiables pendant l’allaitement. Les substances qui sont liées à des protéines dans le sang sont également plus fiables que celles qui ne le sont pas.
Les médicaments qui restent dans le corps pour une courte période de temps (demi-vie courte) doivent être préférés à ceux qui restent plus longtemps dans le sang (demi-vie longue). La demi-vie est une mesure permettant de savoir combien de temps est nécessaire pour que la moitié du médicament disparaisse du corps. Une fois que l’on cesse de prendre un médicament, cela prend environ cinq demi-vies avant qu’il disparaisse complètement du corps. Ou bien cela prend environ cinq demi-vies pour que votre taux sanguin atteigne un niveau stable après le début de la prise du médicament.
Par exemple : beaucoup de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens sont quasiment similaires du point de vue du soulagement de la douleur et de l’inflammation, et des effets secondaires chez la mère. Plusieurs se lient hautement aux protéines (à plus de 99%), donc la quantité de ces substances qui se retrouve dans le lait maternel est très faible, ce qui est très bien. Toutefois, certains anti-inflammatoires ont des demi-vies plus longues que d’autres. L’ibuprofène a une courte demi-vie, environ 2 à 4 heures, alors que le naproxène (ex. : Naprosyn®) a une longue demi-vie (entre 12 et 15 heures). Nous savons que ces deux médicaments sont fiables et qu’il est peu probable qu’ils se retrouvent en grande quantité dans le lait maternel (car ils sont hautement liés aux protéines). Toutefois, l’ibuprofène est un meilleur choix à cause de sa courte demi-vie.
Vous ne devriez pas partir de l’idée que votre médecin ou même votre pharmacien connaissent beaucoup de choses sur l’allaitement et les médicaments, et qu’ils sont soucieux de vous aider à poursuivre votre allaitement. Bien souvent, l’information sur laquelle ils se basent pour décider s’ils utiliseront ou non un médicament provient du fabricant de médicaments lui-même (qui se retrouve au Canada dans un livre nommé « Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques » - C.P.S. ou bien « Physician’s Desk Reference »- P.D.R. aux États-Unis, et dans le « Vidal » en France). Le fabricant se soucie de sa propre responsabilité médico-légale… pas de l’importance de l’allaitement pour la mère et son bébé! Parmi les milliers de médicaments qui sont présentés dans les répertoires de médicaments, il n’y a guère plus d’un médicament qu’on dit acceptable pour les mères allaitantes! Le C.P.S. présente au début du livre une partie où le discours sur les médicaments en lien avec l’allaitement est plus raisonné (les pages de couleur lilas). Malheureusement, les médecins et les pharmaciens consultent rarement cette partie. Régulièrement, l’American Academy of Pediatrics publie des lignes directrices pour l’usage des médicaments pendant l’allaitement. L’approche est très prudente, mais ces lignes directrices estiment « compatibles avec l’allaitement » des médicaments que le C.P.S., le P.D.R. ou le Vidal « n’autorisent pas ». Toutefois, les médecins et les pharmaciens se réfèrent rarement à ces lignes directrices…
Le livre écrit par le Dr Thomas Hale, pharmacologue, est en vente depuis quelques années déjà. « Medications and Mothers’ Milk » présente une bonne approche envers les médicaments et l’allaitement, offrant même des solutions de rechange lorsqu’un médicament peut vraiment poser problème. De plus, le livre est révisé tous les ans ou tous les deux ans afin d’inclure de nouveaux médicaments et de nouvelles données. Cependant, les médecins et les pharmaciens consultent rarement cette ressource…
Si vous recevez une ordonnance de votre médecin et qu’il vous dit que vous ne pouvez pas allaiter pendant que vous prenez ce médicament, vous devriez d’abord douter de son engagement envers l’allaitement maternel et la compréhension qu’il en a. Un médecin qui encourage l’allaitement fera l’effort d’utiliser un médicament qui ne causera pas de problèmes à la mère et à l’enfant allaité. De nos jours, il est extrêmement rare qu’il n’existe qu’un seul médicament pour traiter un problème de santé. Si le médicament prescrit est vraiment incompatible, un autre peut généralement le remplacer, tout en étant adéquat et sans danger pendant l’allaitement. Même si le médecin se donne le mal de consulter les répertoires de médicaments, cela ne signifie pas nécessairement que le médicament ne peut pas être employé : comme il a été dit auparavant, selon ces livres de référence, presque tous les médicaments connus de l’homme peuvent causer des problèmes! Si le médecin consulte un pharmacien ou le fabricant lui-même, cela ne signifie pas qu’il obtiendra la bonne information. Le pharmacien peut consulter le C.P.S. ou le Vidal lui aussi, et le pharmacien maintiendra toujours la position officielle du fabricant telle que présentée dans leur littérature officielle.
Non seulement le médecin « ami de l’allaitement » consultera d’autres sources d’information fiables, mais si cela l’inquiète, il essayera de trouver des moyens pour surmonter les difficultés posées par un médicament. Avec un peu de réflexion, il est généralement possible de trouver un moyen de poursuivre l’allaitement. Quelques cas vécus à notre cabinet de consultation seront utiles pour bien comprendre ce dont il peut s’agir.
ANECDOTES DE MÈRES
Cynthia
Certaines femmes sont sujettes aux infections urinaires. Les femmes qui ont souvent ce type d’infection et qui ont fréquemment reçu des ordonnances d’antibiotiques pour les traiter peuvent découvrir que seuls un ou deux antibiotiques sont efficaces pour elles. Cynthia est venue à mon cabinet de consultation, elle désirait désespérément poursuivre l’allaitement de son fils de deux mois, Justin. Elle avait des antécédents d’infections urinaires et avait des symptômes très nets de ce type d’infection, qu’elle connaissait bien après plusieurs années. Quelques jours auparavant, elle avait recueilli un échantillon d’urine à mi-jet pour le faire analyser, et il s’est révélé plus tard que les bactéries qui y étaient présentes étaient résistantes à tout sauf à la ciprofloxacine et à la gentamicine. En attendant les résultats de la culture, elle a été traitée à l’amoxicilline, qui n’a pas été efficace. On lui a alors dit qu’elle devait cesser l’allaitement car le seul médicament disponible pour son cas était la ciprofloxacine, qui était définitivement contre-indiquée pendant l’allaitement. Que faire?
Ce que nous ne savions pas à ce moment-là, c’est qu’en fait la ciprofloxacine N’EST PAS contre-indiquée lors de l’allaitement. Il a été dit qu’elle n’était pas compatible parce que des études sur des chiots beagle avaient montré qu’ils avaient des dommages articulaires lorsqu’ils étaient traités avec ce médicament (à titre d’information, ce n’était pas la chienne allaitante qui prenait le médicament). Toutefois, des études plus récentes menées auprès d’enfants qui ont reçu de fortes doses de ciprofloxacine (dans certains cas pendant des années) n’a montré aucune preuve selon laquelle ce médicament causerait des dommages articulaires. Les humains ne sont pas des chiens beagles!
À l’époque où Cynthia est venue à mon cabinet de consultation, la ciprofloxacine était utilisée depuis si peu de temps qu’il aurait été téméraire de dire qu’elle était fiable pendant l’allaitement, même si d’autres molécules de cette famille d’antibiotiques étaient compatibles avec l’allaitement. Le fait que deux médicaments soient issus de la même famille ne suffit pas à déterminer qu’ils se comporteront de la même manière dans toutes les situations.
Nous étions donc face à un dilemme. La réponse a été trouvée par Cynthia elle-même, qui a dit qu’on devrait lui apprendre comment se faire les injections, et qu’elle se traiterait elle-même avec de la gentamicine (la gentamicine doit être administrée par injection). Après tout, nous enseignons aux diabétiques comment se donner leurs injections; elle pouvait aussi apprendre. Pourquoi pas? Et c’est ce qui est arrivé. Donc, ce problème qui semblait insoluble a été résolu parce que tous trouvaient que l’allaitement était important, et nous avons pris le temps de trouver une solution.
Laura
La warfarine (ex. : Coumadin®, Coumadine®), un médicament qui prévient la formation de caillots dans le sang, est le médicament de cette catégorie le plus utilisé actuellement. La warfarine est contre-indiquée pendant la grossesse. À cet effet, la situation pendant la grossesse n’est pas la même que pendant l’allaitement. Bien qu’un médicament sans danger pendant la grossesse l’est généralement pendant l’allaitement tel qu’il a été expliqué auparavant, une substance qui N’EST PAS sans risques pendant la grossesse peut tout de même être sans danger pendant l’allaitement. La warfarine est un de ces médicaments. La tétracycline en est un autre (nous en parlerons plus tard). Les femmes qui ont besoin d’anticoagulants pendant la grossesse (pour prévenir la formation de caillots) sont traitées avec de l’héparine ou de l’héparine à bas poids moléculaire qui est donnée par injection. Une fois qu’elles ont accouché, la majorité des femmes prendront leur dose par voie orale, parce que personne n’aime recevoir des injections.
Laura a téléphoné à notre cabinet parce qu’elle était enceinte et recevait de l’héparine à cause de la présence d’un caillot de sang dans une jambe. Après la naissance du bébé, elle prendrait de la warfarine, mais on l’a prévenue qu’elle ne pourrait pas allaiter en prenant ce médicament. Laura souhaitait vraiment allaiter, elle avait d’ailleurs allaité son premier-né pendant 18 mois, en ayant le sentiment que c’était une expérience merveilleuse et épanouissante. Nous lui avons annoncé qu’il n’y avait pas de problème avec la warfarine et elle a été ravie d’entendre cela. Toutefois, son médecin n’était pas aussi ravi et a affirmé sans mâcher ses mots qu’il ne risquerait pas la vie du bébé en lui « permettant » d’allaiter pendant qu’elle prendrait de la warfarine. (Mon tact et mon bon goût habituel m’empêcheront de dire ce que je pense de cette approche…)
La mère a senti qu’elle ne pouvait ni vexer son médecin, ni changer de professionnel de la santé: bien qu’il n’avait jamais encouragé l’allaitement, c’était un ami de la famille. Laura ne savait plus qui croire. Pourquoi aurions-nous eu raison simplement parce que nous lui disions ce qu’elle souhaitait entendre?
Le problème n’était pas insoluble. La warfarine inhibe l’action de la vitamine K, qui participe à la production de plusieurs substances coagulantes. Mais l’inhibition fonctionne dans les deux sens. La vitamine K inhibe l’action de la warfarine. Donc, la solution était de donner de la vitamine K au bébé de temps à autre, aussi longtemps que la mère allaiterait en prenant de la warfarine. La question était : quelle quantité de vitamine K le bébé devait-il recevoir? Tous les enfants qui naissent au Canada reçoivent une injection de vitamine K à la naissance et n’en ont habituellement plus besoin par la suite. Puisque même avec la warfarine, le bébé n’avait pas besoin de vitamine K supplémentaire, la question de la dose n’était pas claire. Nous nous sommes finalement entendus, avec le consentement du médecin de famille de surcroît, que 0,5 mg par mois par voie orale serait la dose à donner. Bien entendu, l’enfant se portait très bien.
Évidemment, il aurait été possible de poursuivre le traitement à l’héparine après la naissance de l’enfant, mais des injections fréquentes sont vraiment ennuyeuses, surtout si cela est nécessaire pendant plusieurs mois.
S’occuper du bébé lorsque vous êtes malade
Vous vous sentez mal – avec un mauvais rhume, une grippe ou atteinte d’une autre maladie. Tout ce que vous souhaitez, c’est de vous allonger dans votre lit et dormir. Comment s’occuper du bébé allaité en même temps?
Ce n’est pas facile, mais des millions de mères aux quatre coins du globe l’ont fait. Et l’allaitement fait même en sorte que c’est plus facile.
Si vous avez un jeune bébé qui ne se déplace pas encore, apportez simplement l’enfant dans votre lit avec vous. Entassez les couches et les serviettes humides sur une chaise près du lit et assurez-vous aussi d’avoir des rafraîchissements et des collations tout près de vous que vous pourrez absorber au besoin. Vous pouvez allaiter et vous reposer ensemble.
Un bébé qui se déplace peut représenter un plus grand défi. Certaines mères mettent leur matelas sur le sol, ferment et bloquent la porte. Elles se reposent sur le matelas pendant que leur enfant se déplace à quatre pattes dans la pièce (qui est testée « à l’épreuve des bébés » évidemment). Le bébé retourne vers sa mère lorsqu’il veut téter. Une boîte avec de nouveaux jouets, et peut-être les aliments favoris du bébé peuvent contribuer à le tenir occupé pendant que maman se repose.
Si vous avez vraiment de la chance, vous pourrez peut-être avoir l’aide d’une personne qui viendra chez vous, qui s’occupera du bébé et qui vous l’apportera au lit lorsqu’il souhaitera téter.
Les « médicaments à problèmes » qui sont fiables
LES MÉDICAMENTS CONTRE LES INFECTIONS
LA TÉTRACYCLINE
On dit couramment de la tétracycline qu’il s’agit d’un médicament qui pose problème pour le bébé allaité. Ceci est basé sur le fait que cette substance n’est pas utilisée pour les enfants, du moins pas avant l’âge de 8 ans. La raison? Le médicament est absorbé dans les dents de l’enfant et cause des décolorations permanentes et enlaidissantes, occasionnant aussi un affaiblissant de l’émail des dents définitives. Pour que ceci survienne, les enfants doivent recevoir de fortes doses de cet antibiotique pendant une assez longue période, mais les tétracyclines ne sont pas utilisées depuis de nombreuses années chez les jeunes enfants et le sont moins en général en comparaison d’il y a 20 ou 30 ans. Mais le souvenir que cela est mauvais pour les dents des enfants semble automatiquement générer une réponse négative pour les mères allaitantes. En fait, la tétracycline n’est pas problématique pour la mère allaitante et son bébé. L’allaitement peut et doit se poursuivre. Pourquoi?
• La quantité qui se retrouve dans le lait est minime, et il est très improbable que l’enfant développe un jour une décoloration dentaire. Pas uniquement cela, mais les traitements antibiotiques tendent à être moins longs qu’il y a quelques années. C’était l’usage prolongé et les doses massives de tétracycline qui causaient des problèmes dentaires.
• Toutes les personnes qui ont étudié la pharmacologie, même au niveau le plus élémentaire, savent que la tétracycline ne doit pas être prise avec du lait parce que la molécule se lie au calcium et n’est plus absorbable dans l’intestin. Or, de quelle manière le bébé allaité reçoit-il la tétracycline? Dans du lait!
Certaines nouvelles molécules antibiotiques de la famille des tétracyclines sont moins liées avec le calcium et peuvent être assimilées en petite quantité par le bébé. Par contre, si ces nouvelles tétracyclines ne sont pas liées au calcium, elles ne posent plus de problèmes. Même si cela ne risque pas d’être un problème, il serait préférable d’utiliser un autre antibiotique. Heureusement, il y a des solutions de rechange.
LE MÉTRONIDAZOLE (EX. : FLAGYL®)
Les mères ont souvent reçu la consigne de cesser l’allaitement à cause d’un traitement au métronidazole. Heureusement, ceci survient moins fréquemment, mais cela se produit encore. Son usage n’impose PAS l’arrêt de l’allaitement.
Voici ce que le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques du Canada (CPS) affirme au sujet du métronidazole dans les pages lilas : « Sans plus de preuves des effets nocifs liés à l’usage à court terme chez les humains, il semble trop conservateur de proscrire ce médicament ou de faire cesser l’allaitement chez les patientes (…) pour qui le métronidazole peut être un traitement de choix. » En fait, considérant les risques de ne pas allaiter, je dirais que l’approche conservatrice est d‘encourager la poursuite de l’allaitement.
LA CIPROFLOXACINE
Nous avons déjà présenté cet antibiotique pour dire qu’aucune preuve ne démontre qu’il causerait des problèmes articulaires aux humains. Il existe de nouveaux antibiotiques de cette famille qui sont également compatibles avec l’allaitement.
LA PREDNISONE
La prednisone est un stéroïde donné pour différents problèmes de santé, dont l’asthme et le lupus. Les traitements à la prednisone ont souvent été mentionnés comme une raison d’arrêter l’allaitement, mais cela ne devrait pas être le cas, même s’il s’agit d’un traitement à long terme. Il en va de même pour tous les stéroïdes, même ceux administrés par voie intraveineuse, injection intramusculaire, application topique ou en lavement. Encore une fois, le bébé ne recevra pas un dosage comparable à celui de la mère; l’enfant n’en recevra qu’une infime quantité. Dans son livre « Medication and Mothers’ Milk », le docteur Hale indique que même en présence d’une très haute dose telle que 120 mg par jour, le bébé recevrait seulement 47 microgrammes (mcg) de prednisone sur une période de 24 heures (et son métabolite actif, la prednisolone). Cela est une quantité négligeable pour l’enfant.
Dans bien des cas actuellement, les stéroïdes peuvent être pris par inhalation, notamment pour l’asthme (la raison la plus commune de nos jours liée à l’usage des stéroïdes). En inhalation, les stéroïdes demeurent principalement au niveau des poumons, et seule une petite quantité est absorbée dans le corps. Par conséquent, le bébé en reçoit encore moins que lorsque la mère prend le médicament par voie orale ou par une autre voie.
LES ANTIDÉPRESSEURS
La principale raison pour dire aux mères qu’elles doivent cesser l’allaitement lorsqu’elles prennent des antidépresseurs est que nous ne sommes pas certains de l’effet que le médicament peut avoir sur le développement du cerveau du bébé. Et c’est vrai. Nous ne sommes pas certains des effets à long terme que ces substances pourraient causer, même à petite dose. D’autre part, nous savons qu’il y a des effets très clairs sur le cerveau liés au fait de ne pas être allaité. Étude après étude, cette question a été prise en considération, montrant que l’allaitement présente des avantages sur l’alimentation artificielle pour le développement et le quotient intellectuel du bébé. Une étude publiée en 1998 montrait que les enfants qui avaient été allaités avaient de meilleurs résultats scolaires que ceux qui ne l’avaient pas été. Plus l’enfant avait été allaité longtemps, notamment de façon exclusive, mieux il se débrouillait à l’école. Cette étude était particulièrement intéressante parce qu’elle avait commencé lors de la naissance des enfants et que ceux-ci avaient été suivis jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur diplôme du lycée. Les facteurs sociaux et économiques avaient été pris en considération. Alors la question est celle-ci : est-il préférable que la mère qui a besoin de traitements médicaux cesse l’allaitement, ou ne le commence pas du tout, alors que nous savons que l’alimentation artificielle a un effet préjudiciable sur le développement du cerveau de l’enfant? Ou bien est-il préférable que l’enfant soit allaité, absorbant une quantité infime de médicament via le lait maternel, au sujet duquel nous ne savons pas s’il peut causer problème? Le fait de ne pas savoir ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effets négatifs, mais l’autre choix est d’offrir au bébé quelque chose qui a un effet négatif prouvé…
Il y a de bonnes raisons pour lesquelles le lait maternel a des effets positifs sur le développement du cerveau. Les DHA et ARA, des acides gras à longue chaîne présents dans le lait maternel, contribuent au développement optimal du cerveau de l’enfant. (Et il n’a pas été prouvé que ces substances, artificiellement ajoutées au lait industriel, changent quoi que ce soit chez le bébé). Les préparations commerciales pour nourrissons contiennent des niveaux plus élevés de métaux toxiques, ce qui a une influence négative sur le cerveau. Parmi ceux-ci, il y a le plomb, le cadmium, le manganèse et l’aluminium. Parce que les enfants non allaités sont plus sujets aux otites, ils peuvent éprouver du retard et des difficultés de langage – le facteur le plus important associé à la réussite scolaire. Même s’il est possible d’être près de l’enfant que l’on nourrit au biberon, la plupart des bébés nourris artificiellement reçoivent moins de contacts peau à peau, ce qui affecte leur développement. Et si les enfants allaités semblent s’éveiller plus fréquemment pour boire, cela leur permet de recevoir plus de stimulus et de contacts.
Une autre chose. Les femmes m’ont souvent téléphoné, désespérées de devoir cesser l’allaitement. Elles savaient qu’elles n’allaient pas bien et qu’elles devaient suivre un traitement, mais elles détestaient l’idée de devoir abandonner l’allaitement. Plus d’une mère m’a dit quelque chose du genre « La seule chose qui va bien dans ma vie, c’est l’allaitement et la relation que j’ai avec mon enfant. Et ils veulent m’enlever cela aussi… ».
Donc, les antidépresseurs ne sont généralement pas une contre-indication à l’allaitement si on prend ceci en ligne de compte, en plus des risques liés au non-allaitement. Est-ce que certains médicaments antidépresseurs sont préférables à d’autres? Oui, certains sont assurément à essayer avant d’autres.
LA SERTRALINE (EX. : ZOLOFT®)
Ce médicament est de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, connus sous l’acronyme ISRS. Il y a plusieurs médicaments disponibles, mais ils sont tous légèrement différents les uns des autres en ce qui concerne la quantité absorbée par l’enfant lors de l’allaitement. À ce niveau, la sertraline est certainement le médicament de ce type à privilégier. Les études menées auprès des enfants démontrent que le niveau sanguin est habituellement trop bas pour être mesuré. C’est donc un médicament à essayer en premier lieu et il est très efficace pour de nombreuses femmes.
LA PAROXÉTINE (EX. : PAXIL®)
La paroxétine est un autre antidépresseur de type ISRS qui devrait pouvoir être utilisé sans danger. L’information dont nous disposons suggère qu’il passe très faiblement dans le lait maternel.
Un article récent faisait état d’un syndrome de sevrage pour 4 bébés dont les mères avaient pris de la paroxétine pendant la grossesse. Ceci a été incorrectement interprété par les médias, qui affirmaient que ce médicament ne pouvait pas être pris pendant l’allaitement. C’est inexact. En fait, l’allaitement ne prévient pas le syndrome de sevrage. Cela est logique puisque c’est une infime quantité de paroxétine qui passe dans le lait. Peut-être que les femmes enceintes qui prennent ce médicament devraient, si elles en sont capables, cesser de prendre la médication pendant le dernier mois de grossesse, comme il est suggéré pour la fluoxétine (Prozac®). Cependant, elles devraient allaiter leurs bébés.
LA FLUOXÉTINE (EX. : PROZAC®)
Beaucoup de mères ont allaité leurs bébés avec succès pendant qu’elles prenaient de la fluoxétine. Cependant, ce médicament présente des désavantages comparativement aux deux autres antidépresseurs cités auparavant. Je ne le considérerais pas comme un médicament de choix pour les mères qui allaitent. Sa demi-vie est longue et il passe en quantité plus importante dans le lait maternel que les autres antidépresseurs de ce type.
Néanmoins, si la fluoxétine doit être employée (je suggérerais toutefois que les autres médicaments soient essayés en premier lieu), cela vaut le coup de poursuivre l’allaitement maternel. Au besoin, le bébé peut être suivi médicalement et son sang peut être analysé. La plupart des bébés dont les mères étaient traitées par ce médicament se portaient bien et n’avaient aucun effet secondaire apparent. Cependant, dans la mesure où ce médicament est relativement nouveau, il est vrai qu’il n’y a pas de suivi sur ses effets à long terme.
Certains bébés ont vraiment des effets secondaires, tels qu’une irritabilité grave ou de la léthargie. Afin de prévenir l’accumulation de la substance dans le corps de l’enfant, la mère qui prend ce médicament pendant la grossesse devrait cesser la médication si possible de 4 à 8 semaines avant l’accouchement. (La fluoxétine est le seul antidépresseur ISRS dont l’usage est approuvé pendant la grossesse, bien que plusieurs autres soient utilisés.) Si elle ne peut pas cesser de prendre le médicament, elle devrait changer de type d’antidépresseur une fois l’enfant né afin d’en prendre un qui passe moins dans le lait maternel et qui est éliminé plus rapidement du corps du bébé. Si la mère peut se passer de prendre la fluoxétine en fin de grossesse et au cours des premières semaines ou mois après la naissance de son enfant, ce serait très avantageux puisque ce médicament est plus facile à éliminer par un bébé plus âgé que par un nouveau-né.
LES ANTIDÉPRESSEURS TRICYCLIQUES
La plupart des antidépresseurs tricycliques sont très faiblement transférés dans le lait maternel et il est peu probable qu’il y ait des conséquences chez les bébés. La principale inquiétude à propos de ce type de médicaments est qu’ils prennent beaucoup de temps à agir (souvent 3 semaines et même plus), mais cela est aussi le cas pour les antidépresseurs ISRS. De plus, beaucoup de mères qui les prennent ont des effets secondaires difficiles à tolérer. Cependant, si vous avez déjà pris ces médicaments auparavant et qu’ils vous ont aidée et que vous êtes sur le point d’en prendre, il n’y a habituellement pas de raisons pour ne pas allaiter ou pour cesser d’allaiter. La nortriptyline (ex. : Aventyl®, Nortrilen®) et la dothiépine (ex. : Prothiaden®) sont deux antidépresseurs tricycliques qui peuvent être pris par les mères allaitantes.
LE LITHIUM
Le lithium est un médicament utilisé pour traiter les personnes souffrant de troubles bipolaires, qui sont aussi appelés « maniaco-dépression ». Ce médicament n’est pas efficace pour soigner la dépression. On a toujours considéré ce médicament comme incompatible avec l’allaitement. Toutefois, cette opinion commence à changer peu à peu.
Il a été démontré que le lithium passe dans le lait maternel en quantité très variable, de très peu à beaucoup. Si vous êtes une de ces mères qui transfère très peu de lithium dans son lait, il peut être relativement sans danger pour vous de prendre le médicament et d’allaiter votre enfant. Votre enfant devra avoir un suivi médical et la quantité de lithium présente dans son sang devra être analysée, mais vous pourrez continuer d’allaiter.
Toutefois, si le niveau de lithium sanguin du bébé est inquiétant, il y a maintenant des solutions de rechange pour traiter la phase maniaque de la maladie bipolaire. L’acide valproïque (ex. : Depakote®, Convulex®) et la carbamazépine (ex. : Tegretol®, Epitol®) ont été utilisés avec des effets assez satisfaisants pour ce problème. Ces deux médicaments sont compatibles avec l’allaitement, même à forte dose pour traiter la maladie bipolaire puisque seul un très faible pourcentage passe dans le lait maternel.
LES MÉDICAMENTS POUR TRAITER L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE
Beaucoup de femmes sont traitées pour l’hypertension artérielle vers la fin de la grossesse – avant, pendant ou après. Comme c’est le cas pour tous les médicaments donnés aux mères, une grande majorité des substances données pour faire diminuer la pression artérielle (antihypertenseurs) passent en très petite quantité dans le lait maternel et sont compatibles avec l’allaitement. Les médecins ne devraient pas suggérer des médicaments qui posent problème et les mères devraient insister pour prendre des médicaments qui sont compatibles avec l’allaitement. Aucune mère ne devrait accepter de se faire dire qu’elle doit prendre tel médicament et rien d’autre et qu’elle doit cesser d’allaiter (ou même ne pas commencer à allaiter du tout) à cause d’une substance en particulier. Il y a désormais de nombreux médicaments pour soigner l’hypertension; le bon médicament peut être employé au bon moment.
Il existe plusieurs familles d’antihypertenseurs. Ils sont regroupés de cette façon afin que l’on change de catégorie si un médicament d’une famille en particulier n’est pas efficace, en le remplaçant par un autre d’une catégorie différente. Il est peu probable qu’un médicament de la même famille soit efficace puisqu’il fonctionnera selon le même mécanisme. Ou bien si le médicament est partiellement efficace mais que la pression artérielle n’est pas aussi bien contrôlée que souhaité, le médecin peut ajouter un médicament provenant d’une autre famille pour aider à la stabiliser. Le fait d’ajouter un médicament de la même famille ne ferait qu’augmenter les risques d’effets secondaires sans pour autant faire baisser la tension artérielle.
LES BÊTABLOQUANTS
Le propranolol (ex. : Inderal®, Cardinol®) a été le premier bêtabloquant utilisé. C’est encore un médicament de choix pour le traitement de l’hypertension artérielle et il est également utilisé pour prévenir les migraines et soigner les symptômes liés à l’hyperthyroïdie. Comme il est plus « ancien », il est moins employé que les nouveaux bêtabloquants, ce qui est dommage du point de vue de l’allaitement car c’est un des meilleurs de cette famille. La quantité qui passe dans le lait est très faible et il est vraiment peu probable qu’il présente un quelconque effet sur le bébé. Le labétalol (ex. : Trandate®, Normodyne®) est un autre bêtabloquant qui passe en si petite quantité dans le lait maternel qu’il y a peu d’inquiétude à avoir à propos de ce que le bébé absorberait. Le métoprolol (ex. : Lopressor®) est peut-être meilleur encore que les deux autres du point de vue de la sécurité qu’il offre pendant l’allaitement.
D’autre part, l’aténolol (ex. : Tenoretic®, Ténormin®) passe en plus grande quantité dans le lait maternel et un cas a été répertorié où le bébé a été affecté par le médicament que sa mère prenait. Bon nombre de mères ont pris de l’aténolol et ont allaité sans occasionner de problèmes chez leurs enfants, mais le cas qui a été rapporté est un peu inquiétant. (Il est curieux de constater que les médecins hésitent rarement à employer plusieurs médicaments pour les enfants même s’ils ont parfois causé de sérieux problèmes de santé chez les enfants… l’antibiotique co-trimoxazole [ex. : Septra®, Bactrim®] me vient immédiatement en tête. Et cependant un seul cas répertorié a suffi pour répandre une crainte généralisée face à l’utilisation de l’aténolol pendant l’allaitement.) Je suis d’accord pour ne pas faire d’ordonnance d’aténolol aux mères allaitantes. Puisque nous avons de nombreuses solutions de rechange, nous n’y sommes pas obligés. L’aténolol n’est pas plus efficace que le propranolol, le labétalol ou le métoprolol, alors pourquoi l’utiliser? Malheureusement, trop de médecins recommandent ce médicament en premier lieu, et disent ensuite aux mères qu’elles ne peuvent pas allaiter en même temps qu’elles le prennent. L’approche devrait en fait être le contraire. Certains médicaments ne devraient pas être utilisés pendant l’allaitement; nous ne devrions donc pas les prescrire – nous devrions en utiliser un autre dont l’usage est toléré pendant l’allaitement!
LES INHIBITEURS CALCIQUES
En général, les médicaments de cette catégorie sont fortement liés aux protéines plasmatiques (ce qui est bien, puisque seuls les médicaments non-liés peuvent se retrouver dans le lait maternel), et leur absorption orale est très faible (ce qui est également excellent). Le taux sanguin de ces médicaments est habituellement faible et ceci est également positif du point de vue de l’allaitement.
La nifédipine (ex. : Adalat®, Procardia®) est un des médicaments les plus utilisés dans la catégorie des inhibiteurs calciques. Il cadre très bien parmi les médicaments jugés sécuritaires pendant l’allaitement. Le vérapamil (ex. : Isoptin®, Calan®) en est un autre qui passe dans le lait en très petite quantité seulement.
LES INHIBITEURS DE L’ENZYME DE CONVERSION DE L’ANGIOTENSINE (IECA)
Encore une fois, les médicaments de cette famille sont en général fortement liés aux protéines et sont peu absorbés oralement. Le bénazépril (ex. : Lotensin®) est utilisé fréquemment. Il a été estimé que moins de 0,1% de la dose totale prise par la mère serait absorbé par le bébé. Il serait extrêmement improbable que cette dose cause un problème au bébé. Le captopril (ex. : Capoten®) est utilisé depuis longtemps pour les enfants qui présentent des problèmes cardiaques (notamment les très petits bébés). À cause de son très faible transfert dans le lait maternel, la dose reçue par le bébé via le lait atteindrait seulement environ 0,002% de la dose totale prise par la mère, une quantité infime.
LE SULFATE DE MAGNÉSIUM
Cette substance utilisée pour traiter l’hypertension artérielle au moment de l’accouchement a souvent été présentée dans le passé comme incompatible avec l’allaitement. Difficile de comprendre pourquoi… On trouve normalement le magnésium dans le corps humain, et il est important pour son bon fonctionnement. La quantité qui passe dans le lait est assez faible et l’absorption à partir des intestins de l’enfant est plutôt légère. Il ne devrait y avoir aucune crainte à propos du sulfate de magnésium pendant l’allaitement.
LES AUTRES MÉDICAMENTS UTILISÉS POUR L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE
Certains médicaments ont leur propre catégorie. L’hydralazine (ex. : Apresoline®) est un de ceux-là. Cette substance est utilisée depuis des années pour soigner l’hypertension, même chez les bébés. Le bébé n’en recevrait que très peu via le lait maternel.
Le méthyldopa (ex. : Aldomet®, Dopamet®) se retrouve dans le sang du bébé en très faible quantité et peut présenter l’effet positif pour la mère de faire augmenter sa production lactée.
On dit que les diurétiques font diminuer la production lactée de la mère, mais ceci n’a jamais été prouvé. Tout est possible, mais puisque ces médicaments sont peu utilisés de nos jours et qu’ils sont rarement nécessaires, ils ne devraient pas être donnés aux mères allaitantes.
LES PILULES CONTRACEPTIVES
Il était dit dans le passé que les mères ne pouvaient pas allaiter en prenant la pilule contraceptive. L’inquiétude était que les hormones passeraient dans son lait et que cela influencerait le niveau de ces hormones chez le bébé. Ceci était une inquiétude inutile puisqu’il y a déjà des hormones semblables à celles de la pilule contraceptive dans le lait maternel, et la quantité d’hormones issue du médicament qui passerait vers l’enfant ne ferait pas une grande différence sur la quantité absorbée par le bébé. Les médecins semblent avoir compris cela rapidement et beaucoup ont commencé à donner des ordonnances de « pilule » aux mères allaitantes. Malheureusement, on a vite découvert que les oestrogènes de la pilule – même les petites quantités contenues dans la « micropilule » - suffisaient à faire diminuer la production de lait de façon importante, du moins pour beaucoup de mères. Dans bien des cas, ceci a eu pour résultat le sevrage précoce et inutile du bébé. Certains médecins ont compris et l’information a circulé. Pourtant, certains médecins croient encore qu’il n’y a pas lieu de craindre une diminution de la production lactée si la pilule commence à être prise lorsque la production lactée est bien établie (donc 6-8 semaines après la naissance)… Ceci est tout simplement faux.
J’ai rencontré et parlé à des mères allaitantes qui ont commencé à prendre la pilule contraceptive 5 mois après la naissance de leur enfant et même plus tard, et qui ont noté une diminution importante de leur production de lait. Environ une semaine après que la mère a commencé à prendre la pilule, le bébé qui était satisfait après la tétée et qui prenait bien du poids peut devenir soudainement irritable, insatiable, tirer sur le sein en pleurant et vouloir retourner au sein tout en étant frustré d’y être. Il ne recevra pas de lait parce que la production lactée ou bien le flot de lait aura diminué (ce qui peut être encore plus grave).
Dans certains cas, les mères ont pris la pilule précédemment sans problème tout en allaitant un enfant, mais expérimentent des problèmes lors d’un autre allaitement. La diminution de production lactée semble imprévisible. Même si la baisse de production lactée est légère, la diminution du flot de lait peut rendre le bébé maussade et insatisfait au sein.
« Alors, que dois-je faire? »
La méthode de contraception est un choix très personnel et intime qui doit être traité plus sérieusement qu’en donnant simplement une ordonnance de pilule contraceptive… Les médecins devraient discuter de toutes les options avec la mère et son conjoint. La pilule ne convient pas à toutes les femmes, mais pour un médecin, c’est la chose la plus facile à prescrire. Cela demande du temps de présenter les autres options contraceptives parmi lesquelles les nouveaux parents peuvent choisir…
Premièrement, les parents n’auront peut-être pas besoin de méthode contraceptive. La régulation des naissances offerte par l’allaitement est considérable à elle seule si certaines règles sont respectées :
• La mère ne doit pas avoir eu son retour de couches .
• Le bébé doit être âgé de moins de 6 mois
• Le bébé doit être allaité exclusivement
Deuxièmement, les couples ne sont pas tous prêts à reprendre les relations sexuelles au cours des premiers mois qui suivent la naissance du bébé. La fatigue et le changement de style de vie qui survient après la naissance n’incitent pas toujours à une vie sexuelle très active. Certains nouveaux parents ne reculent pas devant une forme « d’abstinence temporaire »… De plus, l’intimité entre deux personnes n’exige pas toujours une relation sexuelle « complète », comme on avait tendance à le dire autrefois. Une relation physique intime et satisfaisante peut se poursuivre sans comporter de rapports sexuels.
Si les approches mentionnées ne sont pas des options retenues par votre couple, d’autres approches sont envisageables. Les méthodes barrière (préservatif, diaphragme) peuvent être utilisées et sont une assurance supplémentaire pour ceux qui ne croient pas que l’allaitement est un bon moyen d’espacer les naissances. Le dispositif intra-utérin (stérilet) est une autre option. Toutefois, n’oubliez pas qu’aucune méthode n’est efficace à 100%. Une histoire racontée dans les journaux il y a quelques années faisait état d’une femme qui était devenue enceinte malgré sa ligature des trompes … et la vasectomie de son conjoint…!
Donc, que se passe-t-il si la pilule est la seule option acceptable? D’accord, il y a maintenant une pilule à base de progestérone seule en vente sur le marché. Puisqu’elle ne contient pas d’œstrogènes, on dit que son effet sur la production lactée est moindre ou même nul. Certains ont même affirmé qu’elle faisait augmenter la production lactée. Rien de tout ça n’a été prouvé, mais il semble que ses effets sur la lactation sont moins importants que ceux de la pilule contenant des oestrogènes .
Quand est-ce qu’une femme peut commencer à prendre cette pilule? Il est préférable de ne pas le faire trop hâtivement. Six semaines après la naissance est bien assez tôt, et pas trop tard non plus. Les risques de grossesse survenant avant cette période sont si bas, même pour les femmes qui n’allaitent pas, que cela ne vaut pas la peine de risquer de prendre la pilule. Si la « pilule combinée » (avec œstrogènes) doit être employée, son utilisation devrait être retardée le plus longtemps possible, jusqu’à ce que l’enfant ait commencé sa diversification alimentaire ou après 6 mois, afin que toute diminution dans la production lactée soit compensée par une augmentation de l’absorption d’autres aliments. Toutefois, n’oubliez pas que les bébés répondent au débit de lait, pas à la quantité de lait contenue dans le sein…! Une production lactée qui a diminué peut demeurer une production adéquate, mais si le débit de lait est lent, le bébé pourra être mécontent.
Au Canada et en Europe, une méthode contraceptive injectable est disponible (médroxyprogestérone, alias Depo-Provera®) et ne nécessite qu’une injection tous les 3 mois. De nombreux médecins apprécient cette méthode car elle peut être débutée n’importe quand et sans embêtements. À de nombreux endroits aux États-Unis, ce médicament a été franchement trop utilisé ou mal employé. C’était surtout des femmes défavorisées ou de minorités ethniques qui recevaient l’injection, parfois sans recevoir l’information adéquate pour permettre un consentement éclairé (cela se faisait même avant qu’elles quittent l’hôpital après l’accouchement…). En effet, dans la mesure où la plupart des femmes considèrent que le travail et l’accouchement ne sont pas une expérience agréable, surtout quand elles manquent de soutien et d’aide, ce qui est le cas pour de nombreuses femmes, certains pensent qu’il est impossible pour elles de donner un consentement éclairé après avoir passé des moments difficiles et des journées pénibles.
Mais il y a un problème encore plus sérieux. Une recherche suggère que c’est la chute de progestérone lors de l‘expulsion du placenta qui sensibilise les cellules mammaires à produire du lait sous l’effet de la prolactine, l’hormone qui stimule la sécrétion lactée. S’il n’y a pas de chute, il n’y a pas de production de lait. Par conséquent, le fait de donner une injection de progestérone à une mère avant qu’elle sorte de l’hôpital suite à son accouchement peut inhiber la production lactée pour au moins 3 mois…! Cela revient à dire que ce bébé ne sera pas allaité. Cela n’a pas été prouvé, mais il y a assez d’anecdotes qui circulent à ce sujet pour suggérer que c’est possible.
Les nouvelles mères devraient résister à la tentation d’accepter immédiatement après la naissance l’injection de médroxyprogestérone (Depo-Provera®). En effet, le fabricant suggère présentement que les mères allaitantes ne reçoivent pas l’injection au cours des 6 semaines qui suivent la naissance. Elle ne devrait pas être donnée à une mère qui n’allaite pas avant ce temps car cela n’est pas nécessaire, et beaucoup de femmes peuvent changer d’idée et allaiter si elles ont une bonne production lactée.
Même 6 semaines après la naissance, j’aviserais les mères de ne pas se faire donner l’injection. Les mères devraient d’abord essayer la micropilule à base de progestérone uniquement. Si la production lactée demeure abondante après 28 jours de prise du médicament, elles peuvent prendre l’injection si elles le souhaitent. Si la production lactée diminue avec la micropilule à base de progestérone, la mère peut cesser de la prendre. La production lactée devrait revenir à la normale. Alors que si la production lactée diminue suite à l’injection, il n’y a aucune manière de se débarrasser de la progestérone injectée… Notez que même les pilules qui ne contiennent que de la progestérone ont été associées à une diminution de la production lactée. Cela semble survenir moins fréquemment, mais cette impression est peut-être faussée par le fait que les médecins prescrivent moins de pilules contraceptives à base de progestérone seulement.
« J’AI PRIS LA PILULE CONTRACEPTIVE ET MA PRODUCTION LACTÉE A CHUTÉ. QUE FAIRE? »
Cessez de prendre la pilule. À ce point, la dompéridone pourra faire remonter votre production lactée très rapidement – en quelques jours tout au plus (c’est un médicament qui a été présenté en détail au chapitre 5). N’hésitez pas, ça fonctionnera. Et vous devriez pouvoir cesser la dompéridone au bout de 10 à 14 jours.
Informez votre médecin que le médicament que vous avez pris a fait diminuer votre production lactée. Un médecin consciencieux ne prescrira plus de contraceptifs oraux aux mères allaitantes. Il ne dira pas « Vous avez allaité assez longtemps de toute manière… », comme beaucoup se laissent dire.
Lorsque le traitement médicamenteux est recommandé…
Il est impossible de présenter tous les médicaments pouvant être suggérés dans toutes les situations. Bien qu’il n’y ait parfois aucune solution de rechange, il est rarement nécessaire de cesser l’allaitement lorsque la mère prend un médicament. Souvenez-vous des points suivants :
• L’allaitement est trop important pour la mère et l’enfant pour justifier un sevrage pour le simple fait que le bébé reçoit une infime quantité de médicament. Les risques du non-allaitement doivent être pris en considération. Par exemple, cesser l’allaitement pendant 10 jours à cause du métronidazole (Flagyl®) peut provoquer un sevrage définitif… et de plus, il est inutile de cesser pendant ce traitement.
• Il est rare qu’un seul médicament soit disponible pour traiter un problème de santé particulier. Si un médicament suscite de l’inquiétude, un substitut adéquat peut habituellement être trouvé.
• Parfois, le traitement médicamenteux s’avère inutile. Malheureusement, un médicament est une « solution rapide ». Il est facile de recommander un antibiotique, alors qu’il est seulement nécessaire de savoir si la fièvre est causée par un virus. Même lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire, le médicament n’est pas la seule voie possible. La dépression post-partum, si elle est sévère, exige habituellement la prise d’un médicament, et il existe des options qui permettront à la mère de poursuivre l’allaitement. Toutefois, dans les cas plus légers, du soutien et de l’assistance psychologique suffiront.
Les drogues (usage récréatif et abus)
Ces drogues sont souvent perçues différemment dans notre société en comparaison avec les drogues produites par les sociétés pharmaceutiques. Elles ne sont pas « nécessaires », elles suscitent de la dépendance, du plaisir, sont illégales… Certains défenseurs de l’allaitement encouragent les mères à poursuivre l’allaitement pendant qu’elles prennent des antidépresseurs (avec raison), mais découragent les mères d’allaiter si elles ont bu de l’alcool, ou suggèrent qu’elles ne doivent pas allaiter du tout si elles fument… Cela m’étonne énormément et ressemble à une vague de puritanisme qui s’est abattue sur l’Amérique du Nord au cours des années 90. Une drogue est une drogue… Le sein ne se comporte pas différemment qu’elle soit illégale, d’usage récréatif ou pas… !
L’ALCOOL
Beaucoup de professionnels de la santé soutiennent que les mères allaitantes doivent « exprimer/jeter » leur lait pendant 2 heures pour chaque consommation bue (30 ml d’alcool fort). Je déteste cette expression « exprimer/jeter » (en anglais « pump and dump ») car elle traite le lait maternel comme une sorte de produit répugnant… Dans la plupart des cas, « exprimer/jeter » revient à sacrifier l’allaitement sur l’autel de l’ignorance.
L’alcool est une drogue qui passe librement du sang de la mère vers son lait. C’est donc la substance qui passe dans le lait avec la plus grande concentration comparativement à d’autres substances. Mais en quelle quantité ? Devons-nous vraiment nous inquiéter si la mère prend quelques consommations avec son repas ? Non.
Dans de nombreuses régions du monde, vous serez considéré trop ivre pour conduire si vous avez 0,08% d’alcool dans votre sang. Ailleurs, la limite légalement permise va jusqu’à 0,1%, ou descend à 0,05%. Ce sont des taux qui peuvent altérer votre jugement si vous devez conduire un véhicule, je suis d’accord. Mais si la mère a 0,08% d’alcool dans son sang, son lait en contiendra 0,08% aussi. Il s’agit d’une situation complètement différente… Le vin contient 10 à 12% d’alcool, une bière 3 à 5%, un spiritueux environ 40%, parfois plus. La bière non-alcoolisée contient présentement 0,6% d’alcool, soit 7 fois plus que ce que le lait de la mère contiendrait si elle avait un taux sanguin de 0,08%… Vous pouvez boire un liquide qui contient 0,08% d’alcool jour et nuit et cela ne vous affectera pas du tout ! Alors comment cela pourrait-il être nocif pour votre bébé… ?
Pendant que la mère exprime son lait et le jette parce qu’il contient une petite quantité d’alcool, le bébé boit du lait industriel et il a été prouvé que cela présente un risque pour sa santé.
Une des principales raisons pour laquelle il y a tant de femmes en Amérique du Nord qui n’allaitent pas ou qui cessent rapidement est qu’elles ont l’impression que seules les saintes peuvent allaiter… ! Vous ne pouvez prendre un verre d’alcool ; vous devez faire attention à ce que vous mangez ; vous ne pouvez pas fumer ; vous ne pouvez pas prendre une simple aspirine pour votre mal de tête… ; vous ne pouvez pas aller au restaurent ou au cinéma avec votre enfant parce que l’allaitement en public, c’est pas bien… Selon une croyance répandue, si une femme prend un verre d’alcool, elle contamine son corps et son lait et il est préférable que son enfant ne reçoive pas son lait et ne tète pas au sein… Allons…
Le cas d’une femme qui serait constamment ivre est différent, mais son enfant a plus de risques d’être négligé ou blessé accidentellement que d’avoir des inconvénients à cause de l’alcool qui passe dans son lait.
D’accord, vous avez entendu parler ou vous avez lu que si une mère boit plus qu’une certaine quantité d’alcool par jour pendant qu’elle allaite, le développement des capacités motrices de son enfant sera moindre à l’âge d’un an que celui des bébés de mères qui ne buvaient pas autant (l’étude disait 2 consommations ou plus par jour). C’est une quantité d’alcool importante qui doit être bue tous les jours. Mais est-ce l’alcool que l’enfant reçoit lors des tétées qui est à blâmer ? Une des erreurs de cette étude est que les chercheurs se fiaient à la déclaration de la mère, à savoir si elle avait bu ou non pendant la grossesse. Les effets de l’absorption d’alcool pendant la grossesse étaient bien connus au moment de l’étude. Est-ce que les femmes qui ont bu beaucoup pendant la grossesse l’ont dit aux chercheurs ? Certaines, mais pas toutes. Nous savons que l’alcool pris pendant la grossesse affecte le développement des bébés après la naissance, et cela a pu être le véritable facteur, et pas les quelques verres qu’elles avaient pu boire pendant la période d’allaitement. L’alcool pendant l’allaitement ? Avec modération, aucun problème ! Inutile de se casser la tête à « exprimer/jeter ». Mettez simplement l’enfant au sein, même pendant que vous êtes en train de boire un verre – et pourquoi pas ??
LE TABAC
Le fait de fumer est néfaste pour vous et pour votre bébé. Il semble n’y avoir aucun doute à propos du fait que les bébés exposés à la fumée de cigarette dans leur environnement sont plus susceptibles d’avoir des problèmes respiratoires ou de décéder du « syndrome de la mort subite du nourrisson » (SMSN, ou « mort au berceau »).
Toutefois, si vous n’êtes pas capable de cesser de fumer (la nicotine est une drogue qui suscite une très forte dépendance...), il est alors préférable d’allaiter même si vous fumez. Toute la publicité circulant à propos de l’exposition à la nicotine, des composants cancérigènes que le bébé reçoit ne diminue PAS les risques associés au fait de ne pas être allaité. L’alimentation artificielle augmente aussi les risques du bébé de développer certains cancers. Les maladies respiratoires sont plus fréquentes chez les bébés allaités dont les mères fument que chez les enfants dont les mères ne fument pas, mais elles surviennent moins fréquemment et sont moins graves que pour les bébés nourris de lait industriel qui ont une mère fumeuse.
Tout fumeur qui vit dans le même environnement que le bébé (pas seulement la mère) augmente les risques de mort subite du nourrisson. L’allaitement maternel décroît ces risques, toutefois.
Cessez de fumer si vous le pouvez. Diminuez le nombre de cigarettes si vous le pouvez. Si vous ou votre conjoint continuez de fumer, faites-le dehors, loin du bébé. Mais allaitez.
LA MARIJUANA
Je ne recommande pas l’usage de la marijuana, mais certaines femmes en fumeront, que nous le déconseillons ou pas. Est-ce qu’une mère qui fume un joint ou deux de temps à autre doit « exprimer/jeter » son lait pendant quelques heures par la suite, et nourrir le bébé avec du lait industriel à la place?
Non, elle ne devrait pas. Encore une fois, s’il s’agit d’un usage occasionnel, il n’y a pas de raison de cesser l’allaitement après avoir fumé de la marijuana. Il n’y a pas de preuve à l’effet qu’il serait nuisible pour le bébé d’être exposé à de petites quantités présentes dans le lait maternel.
Cependant, un usage chronique et important est une toute autre histoire. Il est possible que cela fasse diminuer la production lactée en inhibant la sécrétion de prolactine. Plus important, le THC (l’ingrédient actif) se concentre dans le lait maternel, et une exposition chronique pourrait faire en sorte que la substance s’accumule dans le corps du bébé. Les effets à long terme sont inconnus.
Allaitez, et si vous devez allumer un joint occasionnellement, faites-le avec circonspection.
LES NARCOTIQUES
L’usage occasionnel de narcotiques n’est pas une contre-indication à l’allaitement, mais pourquoi en consommer ? Un usage occasionnel peut facilement devenir une habitude chronique. Votre bébé a besoin de vous… et les consommateurs réguliers ne sont habituellement pas en état de prendre soin de leurs bébés. Une nouvelle vie compte sur vous.
Après une opération, l’usage de la mépéridine (ex. : Démérol®) ou de la morphine n’est pas une raison pour cesser l’allaitement – encore une fois, la quantité qui passe dans le lait est très faible et il est peu probable que cela cause du tort à l’enfant. Ce principe est compris par de nombreux professionnels de la santé, mais cela n’est pas suffisant. Une mère qui abuse occasionnellement des narcotiques n’aura pas plus de substances dans son lait que si le médicament lui était administré légalement pour des raisons médicales. (Toutefois, les drogues vendues dans la rue peuvent être impures et contenir de dangereux polluants.)
Et si une mère était une consommatrice chronique pendant sa grossesse ? Est-ce que les professionnels de la santé devraient être là pour dire qu’elle ne peut allaiter qu’après avoir fait le serment solennel de ne pas abuser de narcotiques ? Présenté de cette manière, personne ne le ferait – la mère donnerait du lait industriel à son bébé et il serait alors à risque de développer toutes sortes de problèmes. En fait, à cause du style de vie de leurs parents et des problèmes de santé de leurs mères, les enfants non-allaités des toxicomanes chroniques ont encore plus de risques de développer une maladie sérieuse que les nourrissons non-allaités de mères qui ne sont pas toxicomanes.
Le fait de donner naissance à un enfant et de l’allaiter peut changer la vie de certaines femmes. Les professionnels de la santé ne devraient pas laisser filer cette occasion. Elles ont la chance de faire une coupure avec leur passé. Nombre de toxicomanes ont peu d’estime de soi. Si nous disons à une mère qu’elle peut uniquement allaiter si elle cesse de prendre de la drogue, nous lui disons qu’elle est une mauvaise personne et nous préparons un nouvel échec. Le fait de lui faire confiance et de croire qu’elle peut réussir lui envoie un bien meilleur message…
Je me rends compte que le scénario qui précède n’est pas toujours possible. Certaines toxicomanes sont trop anéanties. Elles ne seront jamais capables de prendre soin de leurs bébés. Mais pour cela, devons-nous rayer toutes les autres femmes de la liste? Donnons une chance à la mère et à son enfant.
Lorsque les mères ayant pris des narcotiques pendant la grossesse accouchent, les bébés peuvent passer des jours, voire des semaines à éprouver un syndrome de sevrage. Ces malaises sont souvent traités par voie intraveineuse avec des narcotiques – comme la morphine. Au même moment, les mères se font dire qu’elles ne peuvent pas donner leur lait à cause des narcotiques qui peuvent s’y retrouver. C’est totalement illogique ! La petite quantité de morphine qui sera présente dans le lait de la mère ne fera aucun mal au bébé qui reçoit des narcotiques pour traiter ses symptômes liés au sevrage de toute manière ! Et si nous disons à une mère que nous ne pouvons pas utiliser son lait, nous lui envoyons un message très puissant : le problème, ce n’est pas la drogue… c’est vous. De plus, nous ne donnons pas la chance à la mère de s’impliquer avec son bébé d’une façon qui est beaucoup plus profonde et significative que le fait de le toucher dans un incubateur…
Certes, la mère et l’enfant devront être suivis de près par un médecin, et si l’abus de drogue se poursuit, toute la question de l’allaitement et la capacité de la mère à prendre soin de l’enfant devront être réévalués. Cependant, la mère peut réussir malgré tout.
LA MÉTHADONE
Habituellement, une mère qui prend de la méthadone essaye de se débarrasser de sa dépendance envers certaines drogues. Elle devrait être soutenue dans son désir d’allaiter. Encore une fois, déconseiller l’allaitement ne fera que diminuer l’estime de soi de la mère, ce qui pourra diminuer ses aptitudes maternelles envers son enfant.
À un certain moment, l’Académie Américaine de Pédiatrie recommandait de « permettre » l’allaitement uniquement si la mère prenait 20 mg ou moins de méthadone. L’Académie ne spécifiait pas d’où provenait cette règle du « 20 mg », mais elle a changé sa position officielle et ne précise plus actuellement ce qui serait une trop grande quantité de méthadone. La plupart des mères toxicomanes prennent beaucoup plus que 20 mg par jour, elles allaitent et leurs bébés se portent bien.
LA COCAÏNE
La cocaïne passe dans le lait maternel. Dans la mesure où c’est un puissant stimulant et qu’elle est complètement absorbée dans l’intestin, la mère qui prend de la cocaïne ne devrait pas allaiter son bébé pendant au moins 4-5 heures après avoir pris cette drogue. Un usage occasionnel, assorti d’un temps d’attente pour la tétée suivant la prise de la cocaïne, fait en sorte que ce ne sera pas dangereux pour l’enfant. Mais un enfant a besoin que sa mère prenne soin de lui, sans qu’elle soit sous l’influence de la drogue.
Si une mère allaite, l’usage chronique et journalier de la cocaïne est trop dangereux pour le bébé. Pour elle et son enfant, il faut faire pour le mieux ; la mère doit cesser de prendre de la cocaïne.
Si l’enfant a reçu de la cocaïne à travers le lait de sa mère, des résidus de cocaïne pourront être détectés dans l’urine du bébé pendant une semaine, ou même plus longtemps.
LSD
Nous ne savons pas grand chose à propos du LSD et de son passage dans le lait maternel, mais il n’y a pas de doute que cette drogue se retrouve dans le lait. C’est un puissant hallucinogène, même à très faible dose. Il ne faut pas prendre de LSD pendant l’allaitement. Si une mère en a pris, elle doit attendre 12 heures avant d’allaiter son enfant.
Les examens médicaux
(radiographies, scintigraphies, imagerie par résonance magnétique)
Les examens médicaux sont souvent demandés avec trop d’insouciance. Une mère allaitante devrait être absolument certaine que l’examen qu’elle doit subir est vraiment nécessaire, parce qu’on lui dira bien souvent qu’elle doit cesser d’allaiter pendant un certain nombre de jours après l’examen. En fait, cela n’est presque jamais nécessaire ! Les radiographies régulières n’affecteront pas le lait, bien que les mères se font souvent dire qu’elles ne peuvent pas allaiter après ce genre d’examen. La femme n’a aucune raison de sevrer, même temporairement, à cause de radiographies… !
La plupart des techniciens en radiologie ou des radiologistes diront à la mère qu’elle doit cesser l’allaitement pendant un certain temps après une radiographie des reins (pyélographie intraveineuse), une lymphangiographie ou une cholangiographie. Ce type d’examen est fait avec de l’iode contenant des substances contrastantes (non-radioactives) et le fabricant de ces colorants recommande de cesser l’allaitement pendant 24 à 48h après l’examen. La plupart des radiologistes s’accordent à dire que c’est complètement inutile puisque la quantité d’iode qui passe dans le lait maternel est insignifiante et que cela n’affectera pas l’enfant. Néanmoins, on continue de déconseiller l’allaitement après ces examens parce que le fabricant le recommande. Aucun professionnel de la santé ne veut courir de risques médico-légaux. Le fait que ces examens soient menés sur les bébés eux-mêmes, avec les mêmes substances contrastantes, ne semble pas susciter de réactions du type « De quoi nous inquiétons-nous ? »… Bien entendu, le fait est que les professionnels ne semblent pas inquiets pour les mères ou les enfants, mais ils s’inquiètent d’être poursuivis – même si sûrement rien ne se produira !
Ceci est également vrai pour les scanographies qui utilisent de l’iode contenant des substances contrastantes (non-radioactives). Et récemment, l’imagerie par résonance magnétique a été une raison évoquée pour suspendre l’allaitement pendant 24 heures. L’agent contrastant pour les imageries par résonance magnétique est le gadopentétate, une substance qui a une demi-vie très courte (moins d’une heure) et qui sera complètement éliminé du corps de la mère en 6 heures (98% de la substance est éliminée après 5 demi-vies.) De plus, seule une petite quantité sera absorbée dans l’intestin, estimée à 0,8% de la dose totale que le bébé ingérera. Par conséquent, il n’y a aucune raison de suspendre l’allaitement après une imagerie par résonance magnétique, même si le fabricant recommande 24 heures. Connaissant la façon dont cette substance se comporte, c’est là une recommandation ahurissante qui devrait être ignorée. Aux États-Unis, l’Ordre des radiologistes a publié en 2001 une déclaration appuyant ce que vous venez de lire.
Les examens utilisant des substances radioactives présentent un problème différent. Certes, nous souhaitons exposer le bébé le moins possible à la radioactivité, mais est-ce que cela signifie que nous devons attendre que le lait ne contienne plus aucune radioactivité ? N’oubliez pas que les examens employant des substances radioactives sont souvent menés sur les jeunes enfants aussi bien que sur les adultes. Ils sont faits lorsque nous pensons que le risque des radiations sur l’enfant est contrebalancé par la nécessité de l’examen.
La substance radioactive la plus souvent utilisée est le technétium 99. On l’emploie pour les scintigraphies des poumons, des os, du cerveau et autres. Sa demi-vie est de 6 heures, ce qui signifie que 98% de la substance aura été éliminée du corps de la mère au bout de 30 heures ou moins. Est-ce que cela signifie que la mère devrait cesser l’allaitement pendant 30 heures ? Certains diraient que c’est la meilleure chose à faire. Cependant, je pense que c’est inutilement long. Le bébé peut recevoir un peu de radioactivité – par exemple, nous hésitons rarement à faire au bébé une radiographie du thorax… Il est préférable d’éviter l’irradiation inutile, mais à un certain point le risque devient infinitésimal. Si la mère attend 12 h pour allaiter (ou 2 demi-vies), 75% de la radioactivité aura été éliminée de son corps.
Chaque mère devra décider avec son médecin si le risque de l’allaitement contrebalance le risque de donner du lait industriel. Personnellement, je n’attendrais pas plus de 6 à 12 heures avant de reprendre l’allaitement. Un arrêt de 30 heures serait vraiment un délai maximal avant que la mère reprenne l’allaitement.
Si une femme sait à l’avance qu’elle devra subir cet examen, elle peut exprimer son lait et le conserver en vue de couvrir les besoins de son bébé le temps nécessaire, sans avoir à donner de préparation commerciale.
Mais de nos jours, est-il nécessaire de faire autant de scintigraphies? Après tout, si la radioactivité est jugée aussi dangereuse pour le bébé, pourquoi est-ce acceptable pour la mère ? Oui, bien entendu, le bébé est plus jeune mais la plupart des mères allaitantes ont encore 30 à 60 ans à vivre… La scintigraphie cérébrale ne devrait plus être faite car la tomodensitométrie crânienne (scanner) et l’imagerie par résonance magnétique offrent de meilleurs résultats. N’oubliez pas que le scanner et l’imagerie par résonance magnétique n’exigent pas que la mère cesse l’allaitement, même pas pendant 2 minutes !
LES SCINTIGRAPHIES À L’IODE RADIOACTIF
Un des examens les plus fréquents chez les mères qui allaitent est la scintigraphie de la thyroïde. En période postnatale, un pourcentage important de femmes développe une inflammation de la thyroïde appelée thyroïdite post-partum, qui occasionne les mêmes symptômes que l’hyperthyroïdie – fatigue, nervosité, irritabilité, palpitations cardiaques, perte de poids. Typiquement, cela survient environ 3 à 6 mois après l’accouchement et les symptômes disparaissent après quelques mois. La mère peut finir par avoir de l’hypothyroïdie après cette inflammation. Beaucoup de médecins aimeraient que la mère passe une scintigraphie de la thyroïde afin de différencier la thyroïdite post-partum d’avec la maladie de Basedow , un problème de santé qui peut être beaucoup plus sérieux et chronique. L’examen peut être fait avec de l’iode 131 ou de l’iode 123. L’iode 131 a une demi-vie très longue et ne devrait pas être utilisé. Pour l’iode 123, nous avons de nouvelles recommandations : la mère peut reprendre l’allaitement après une période de 12 à 24 heures, selon la dose qu’elle a reçue. Mais une autre question doit être posée : est-ce que cet examen doit réellement être effectué ?
La réponse est presque toujours « non », du moins pour différencier la thyroïdite post-partum de la maladie de Basedow. Premièrement, si la mère présente des symptômes d’hyperthyroïdie environ 5 mois après la naissance, il y a beaucoup de chances qu’il s’agisse d’une thyroïdite post-partum. De plus, il y a des particularités dans les analyses sanguines qui suggèrent l’une ou l’autre bien que cela ne soit pas définitif. Cependant, les analyses sanguines associées à la thyroïdite post-partum commencent à s’améliorer spontanément après 6-8 semaines, alors que ce ne sera pas le cas pour la maladie de Basedow. Selon le niveau d’hormones thyroïdiennes qui apparaîtra dans le sang de la mère dans le cas d’une thyroïdite post-partum, une baisse se fera sentir 6-8 semaines après le diagnostic initial (plus rapidement si le diagnostic a été fait avec retard).
Dans le cas où la mère présenterait des symptômes d’hyperthyroïdie accompagnés d’analyses sanguines révélatrices, la meilleure approche serait de ne pas faire de scintigraphie de la thyroïde. La mère peut être traitée pour ses symptômes, habituellement avec du propranolol (ex. : Inderal®), qui est tout à fait compatible avec l’allaitement. Ses symptômes et ses analyses sanguines devraient être suivis de près. S’il s’avère que les analyses sanguines montrent encore la présence d’une hyperactivité de la thyroïde sans amélioration après 6-8 semaines, alors le diagnostic de la maladie de Basedow devient plus probable. La mère peut être traitée avec du propylthiouracil (PTU), un médicament souvent employé pour traiter cette maladie et qui est compatible avec l’allaitement.
Alors que faire si la mère a la maladie de Basedow ? Poursuivre le traitement avec le propylthiouracil est adéquat. Certaines mères se font parfois dire que le meilleur traitement est la destruction de la glande avec de l’iode radioactif. L’isotope utilisé (iode 131) n’est pas de l’iode 123 (lequel est le meilleur choix pour les scintigraphies). L’iode 131 a une demi-vie beaucoup plus longue, et est donc administrée à un dosage propre à détruire les cellules de la thyroïde. La demi-vie est de plus de 8 jours… Et pour éviter que le bébé reçoive de l’iode 131, la mère doit cesser l’allaitement pendant 40 jours (5 demi-vies)… ! Il est peu probable que même le bébé le plus accroc à l’allaitement recommence à téter après avoir été éloigné du sein pendant 40 jours… Quel dilemme… !
Le problème est qu’on ne propose pas aux femmes une vaste gamme d’options. Il y a d’autres approches que l’iode radioactif pour soigner la maladie de Basedow. Premièrement, le propylthiouracil sera efficace la plupart du temps, de même que le propranolol, et ils peuvent être utilisés aussi longtemps que les symptômes demeurent sous contrôle. Deuxièmement, la chirurgie est une option à considérer. La mère peut allaiter immédiatement après la chirurgie, dès qu’elle est réveillée et prête à le faire (les médicaments utilisés pendant la chirurgie ne feront pas de mal au bébé, les quantités qui passent dans le lait sont très faibles.) Des inconvénients sont liés à la chirurgie, mais la mère devrait se faire présenter cette option. Pour elle, il se peut que l’iode radioactif soit la meilleure option, et le bébé devra alors cesser de boire le lait de sa mère. Peut-être que la chirurgie est un meilleur choix pour elle. La possibilité devrait au moins être explorée.
ANECDOTE DE MERE
Denise
Denise était enceinte de 2 mois lorsqu’elle a appris qu’elle avait le cancer de la thyroïde. Heureusement, le cancer n’était pas du genre agressif et on lui a tout de suite proposé la chirurgie, avec un faible risque pour le bébé, ou bien une chirurgie une fois qu’elle aurait accouché. Pour différentes raisons, dont le fait qu’elle ne croyait pas être capable de traverser une chirurgie avec un nouveau bébé, elle a choisi de subir la chirurgie sur le champ. De plus, elle était consciente qu’après la naissance de l’enfant elle devrait suivre un traitement à l’iode 131 afin de détruire toute cellule cancéreuse qui pourrait subsister. Ce type de cancer ne se propage habituellement pas, mais cela peut survenir. Afin de s’assurer qu’il ne se répandrait pas, Denise subirait donc le traitement à l’iode 131 environ 6 semaines après la naissance du bébé – et elle devrait cesser l’allaitement avant que son bébé ait 6 semaines de vie. L’iode s’accumulerait non seulement dans sa glande thyroïde, mais aussi dans son lait puisque l’iode se concentre dans le lait. Cela pouvait aussi endommager les cellules de ses seins. La plupart des spécialistes recommandent que les mères cessent d’allaiter une semaine avant de prendre l’iode radioactif afin de diminuer le risque que l’iode radioactif se retrouve coincé dans le lait.
J’ai suggéré à Denise d’attendre que le bébé soit âgé d’au moins 6 mois. Au moins, le bébé serait allaité plus longtemps et Denise en bénéficierait aussi. Quelle était l’urgence exactement ? Les médecins étaient prêts à attendre 8 ou 9 mois pour opérer ce cancer dont ils savaient que Denise était atteinte… Pourquoi n’attendaient-ils pas 6 ou 7 mois de plus pour suivre une procédure pour un cancer dont ils ne connaissaient pas l’existence, d’autant plus que le risque était si bas… ?
Substances polluantes dans le lait maternel
De temps en temps, des histoires inquiétantes apparaissent dans les journaux à propos des substances polluantes contenues dans le lait maternel. Chaque fois que cela se produit, certaines mères, qui auraient allaité, décident de ne pas le faire… D’autres femmes décident de sevrer plus rapidement que prévu, et beaucoup de femmes qui allaitent s’inquiètent pour leurs bébés. Certains groupes écologistes ont une bonne part de responsabilités dans cette affaire, puisqu’ils ont utilisé le fait que le lait maternel contient des substances polluantes pour faire avancer leur cause, aussi louable soit-elle…
Y a t-il quelque chose que nous avons été capables de ne pas polluer sur notre planète ? Pas grand chose, et je n’ai jamais compris par quel artifice les préparations commerciales pour nourrissons pouvaient, soi-disant, demeurer exemptes de substances polluantes sur cette planète contaminée qui est la nôtre… ! Les toxines contenues dans le lait maternel peuvent différer de celles du lait industriel pour bébés, mais elles ne sont pas plus nocives simplement parce qu’elles sont différentes. Il est vrai que notre position au sommet de la chaîne alimentaire a pour résultat que la concentration de certaines toxines liposolubles est plus élevée chez l’humain que chez les vaches ou dans les fèves de soja – les dioxines font partie de ces toxines. Mais les vaches mangent de l’herbe, du foin et du grain arrosés de pesticides, et cela contamine leur lait également.
La transformation du soja et du lait de vache en préparations commerciales pour nourrissons contribue aussi à leur pollution. Le lait industriel pour bébés contient des métaux lourds en concentration beaucoup plus élevée que dans le lait maternel. Il contient beaucoup plus d’aluminium (pour les préparations de soja, plus de 2000 fois que dans le lait maternel), de plomb (il n’y a jamais de quantité acceptable de plomb…), du cadmium et du manganèse. Ces métaux sont tous des toxines potentielles pour le cerveau et le système nerveux. Tous ceux énumérés se retrouvent à des taux 100 fois plus élevés dans les préparations commerciales que dans le lait maternel ! Pourquoi n’entendons-nous jamais parler de cela dans les journaux ? Pour quelle raison les organismes environnementaux ne parlent jamais de la contamination des préparations commerciales pour nourrissons ?
L’allaitement est présentement un choix ami de l’environnement. Les fabricants de lait industriel pour bébés sont de gros pollueurs. Les terres utilisées pour faire brouter les vaches et produire le lait industriel pour bébés ne peuvent pas être employées à autre chose… Il y a un coût environnemental à faire pousser du soja et élever du bétail. Il y a un coût environnemental à transporter le lait ou les fèves de soja à l’usine de transformation où les préparations commerciales sont produites, un coût énergétique à transformer la matière première en lait industriel pour bébés, des frais de transport pour mettre le produit en marché… Les coûts en énergie et en papier sont énormes pour le marketing d’un produit, qui souvent n’est pas nécessaire… ! Pensez seulement au coût environnemental des publicités que vous avez, à vous seule, reçues… ! Multipliez cela par près de 5 000 000 de mères qui accouchent chaque année au Canada et au États-Unis… Et les mères ne sont qu’un aspect de ce mitraillage publicitaire… ! Les médecins, les infirmières, les diététiciens, les directeurs généraux et les responsables des achats des hôpitaux et des maternités sont aussi submergés de publicité. Gaspillage ! Le nombre de boîtes de métal contenant du lait industriel mises au rebut chaque année se chiffre en centaines de millions pour les États-Unis seulement… ! Où les mettrons-nous bientôt? Avec l’allaitement, pas de déchets ni de pollution.
Comme certains l’ont déjà fait, suggérer d’allaiter pour une plus courte période de temps ou pas du tout à cause de la présence de substances polluantes dans le lait maternel n’a pas plus de sens que de suggérer à tout le monde de s’acheter un climatiseur pour combattre le réchauffement global de la planète !
Une des inquiétudes à propos d’une absorption trop importante de dioxines ou autres polluants environnementaux est que ces substances peuvent diminuer la réponse immunitaire. Toutefois, les études démontrent toujours que les bébés allaités ont un meilleur système immunitaire que les bébés nourris de lait industriel. Une autre inquiétude est qu’une forte absorption de ces toxines peut augmenter le risque de cancer. Des études ont montré que les bébés allaités ont moins de cancers que ceux qui ne le sont pas. On croit que les polluants diminuent le développement intellectuel des bébés. Pourtant, les bébés allaités ont un meilleur développement intellectuel que ceux qui ne sont pas allaités, et plus longtemps le bébé est allaité, meilleur sera son développement.
Si la pollution a fait son incursion jusque dans le lait des femmes, nous devrions être très inquiets à propos de ce que nous faisons subir à l’environnement. Ces constatations devraient être un appel à l’action, au changement face à notre manière de faire les choses.
La meilleure chose qu’une mère puisse faire pour l’environnement, son enfant et elle-même est d’allaiter.
Feuillet N° 11 Quelques mythes sur l'allaitement
Feuillet N° 11 Quelques mythes sur l'allaitement
Some Breastfeeding Myths - Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française - De Jack Newman
1. Beaucoup de femmes ne produisent pas assez de lait. C'est faux ! La grande majorité des femmes produisent plus de lait que nécessaire. La plupart des bébés qui grossissent lentement ou qui perdent du poids le font non pas parce que la mère ne produit pas assez de lait, mais parce qu'ils n'arrivent pas à le boire. La raison la plus fréquente en est que le bébé ne prend pas le sein correctement. C'est pourquoi il est si important que quelqu'un de compétent montre à la mère dès le premier jour comment placer son enfant correctement au sein.
2. Il est normal que l'allaitement fasse mal. C'est faux ! Bien qu'une certaine sensibilité soit relativement fréquente pendant les quelques premiers jours, cela ne doit pas durer et surtout ne doit pas être au point que la mère appréhende le moment de la tétée. Toute douleur pénible est anormale et est presque toujours due à une mauvaise position du bébé au sein. Il ne faudrait jamais négliger une douleur au sein qui ne s'améliorerait pas au bout de 3 à 4 jours ou durerait plus de 5 ou 6 jours. Une réapparition des douleurs après une période d'accalmie peut être due à une candidose sur les mamelons. Limiter le temps d'allaitement n'empêche pas l'irritation d'apparaître.(Voir le feuillet n° 3, Les Mamelons douloureux)
3. Il n'y a pas ou pas assez de lait pendant les 3 ou 4 premiers jours qui suivent la naissance. C'est faux ! On a souvent cette impression parce que le bébé ne prend pas le sein correctement et par conséquent ne boit pas assez de lait. Quand la quantité devient plus abondante, à la montée de lait, même si le bébé ne tète pas correctement, il peut quand même prendre assez de lait. Mais pendant les premiers jours, le bébé qui ne tète pas correctement n'a pas de lait. C'est ce qui entraîne des réflexions du genre : " il est resté au sein plus de deux heures et pourtant il avait encore faim quand je l'ai retiré. " S'il ne tète pas correctement, le bébé est incapable de boire le premier lait de la mère que l'on appelle le colostrum.
Toute personne qui vous suggère de tirer votre lait pour savoir quelle quantité de colostrum vous produisez ne comprend rien à l'allaitement, ignorez-la poliment.
4. Un bébé doit rester au sein 20 ou 10 ou 15 ou 7 ou 6 minutes de chaque côté. C'est faux ! Cependant on doit faire une distinction entre "être au sein" et "téter". Si un bébé tète vraiment pendant plus de 15 à 20 minutes du premier côté, il se peut qu'il n'ait aucune envie de prendre le deuxième sein. S'il ne boit qu'une minute au premier sein, puis qu'il commence à mâchouiller ou qu'il s'endort, puis recommence de l'autre côté, il ne prendra jamais assez de lait, quelque soit le temps que dure la tétée. Le bébé tètera mieux et plus longtemps s'il prend le sein correctement. Il peut aussi être aidé à téter plus longtemps si la mère presse le sein pour que le lait continue à s'écouler, quand le bébé n'avale plus de lui-même. Il est évident que l'idée reçue selon laquelle "le bébé boit 90% du lait dans le 10 premières minutes de tétée" est aussi complètement fausse.
5. Un bébé allaité a besoin de compléments d'eau par temps chaud. C'est faux ! Le lait maternel contient toute l'eau dont le bébé a besoin.
6. Les bébés allaités ont besoin de compléments en vitamine D. C'est faux ! À l'exception de cas très particuliers ( par exemple si la mère a souffert de déficience en vitamine D pendant la grossesse ). Le bébé stocke la vitamine D pendant la grossesse. Il lui suffit après la naissance d'être régulièrement sorti dehors pour recevoir toute la vitamine D dont il a besoin.
7. La mère doit laver ses mamelons avant chaque tétée. C'est faux ! L'alimentation au lait artificiel exige une très grande propreté parce que non seulement ce lait ne protège pas le bébé contre les infections, mais en plus c'est un bon terrain de développement des bactéries et il peut aussi être facilement contaminé. Par contre, le lait maternel protège l'enfant contre les infections. Se laver les mamelons avant chaque tétée rend l'allaitement inutilement compliqué et en plus retire les huiles protectrices qui les protègent naturellement.
8. Tirer le lait est une bonne manière de savoir quelle quantité de lait la mère produit. C'est faux ! La quantité de lait qui peut être tirée dépend de nombreux facteurs, y compris le degré de stress de la mère. Le bébé qui tète correctement peut obtenir bien plus de lait que sa mère ne peut en tirer. Tirer le lait peut seulement vous aider à savoir quelle quantité de lait vous pouvez tirer.
9. Le lait maternel ne contient pas assez de fer pour répondre aux besoins du bébé. C'est faux ! Le lait maternel contient juste ce qu'il faut de fer pour le bébé. Si le bébé est né à terme il recevra assez de fer du lait maternel pour répondre à ses besoins jusqu'à l'âge de six mois. Les laits artificiels contiennent bien trop de fer, mais cela est nécessaire pour être sûr que le bébé en absorbe assez pour éviter une déficience en fer. Le fer des laits artificiels est mal absorbé et le bébé en rejette la plus grande part. La plupart du temps, il est inutile de compléter l'alimentation au lait maternel par d'autres aliments jusqu'à l'âge de six mois.
10. Il est plus facile de donner le biberon que d'allaiter. C'est faux ! Ou plutôt cela devrait être faux. Cependant l'allaitement est souvent rendu difficile par le fait que beaucoup de femmes ne reçoivent pas l'aide dont elles auraient besoin pour bien démarrer l'allaitement. Un mauvais démarrage peut évidemment rendre l'allaitement difficile. Mais on peut aussi surmonter les difficultés d'un mauvais démarrage. L'allaitement est souvent plus difficile au début à cause d'un mauvais démarrage mais généralement il devient plus facile par la suite.
11. L'allaitement rend la mère dépendante. C'est faux ! Mais cela dépend de la façon dont vous l'envisagez. Un bébé peut être allaité n'importe où, n'importe quand, et c'est en cela que l'allaitement libère la mère. Pas besoin de traîner avec soi des biberons et des boites de lait. Pas besoin de trouver un endroit où faire chauffer le lait. Pas besoin de s'inquiéter pour la contraception. Pas besoin de se demander comment va votre bébé, puisqu'il est avec vous.
12. Il n'y a aucun moyen de savoir quelle quantité de lait boit le bébé. C'est faux ! Il n'existe pas de moyen facile de mesurer la quantité exacte de lait que boit le bébé, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas savoir s'il en boit assez ou pas. Le meilleur moyen de savoir est de s'assurer que le bébé tète bien (bouche ouverte - pause - bouche fermée) pendant plusieurs minutes à chaque tétée. D'autres moyens permettent aussi de savoir si le bébé boit assez de lait (voir le feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait?)
13. Les laits artificiels actuels sont presque identiques au lait maternel. C'est faux ! La même affirmation a été faite en 1900 et même avant. Les laits actuels ne ressemblent au lait maternel qu'en apparence seulement. La moindre correction apportée à une déficience du lait artificiel est l'occasion d'en faire une publicité qui en vante le progrès. En fait ce ne sont que de mauvaises imitations faites d'après des études dépassées et incomplètes sur la nature du lait maternel. Les laits artificiels ne contiennent ni anticorps, ni cellules vivantes, ni enzymes, ni hormones. Ils contiennent beaucoup plus d'aluminium, de manganèse, de cadmium et de fer que le lait maternel. Ils contiennent beaucoup plus de protéines que le lait maternel. Les protéines et les matières grasses contenues dans les laits artificiels sont fondamentalement différentes de celles contenues dans le lait maternel. Les laits artificiels ne changent pas au cours de la tétée, ni entre le1er, le 7ème, et le 30ème jour d'allaitement. Ils ne varient pas d'une femme à l'autre, d'un bébé à l'autre... Votre lait est adapté aux besoins de votre bébé. Les laits artificiels sont conçus pour tous les bébés, donc en fait pour aucun d'entre eux en particulier. Les laits artificiels réussissent seulement à bien faire grandir les bébés, en général ; mais l'allaitement c'est bien plus que de faire grossir un bébé rapidement.
14. Si la mère est atteinte d'une infection, elle doit arrêter l'allaitement. C'est faux ! A l'exception de quelques cas très très rares, le bébé sera protégé si sa mère continue à l'allaiter. Au moment où la mère est fiévreuse, ou tousse, ou vomit, ou a la diarrhée ou des éruptions, etc, elle a déjà transmis l'infection à son bébé, étant donné qu'elle avait déjà l'infection plusieurs jours avant de se rendre compte qu'elle était malade. La meilleure protection pour éviter à l'enfant d'être contaminé par l'infection est qu'il continue à être allaité par sa mère. Si le bébé tombe malade, les réactions seront moins fortes s'il continue à être allaité. Il se peut que ce soit le bébé qui ait transmis l'infection à la mère, mais il n'aura pas montré de signes de maladie parce qu'il était allaité. Par ailleurs, les infections au sein, y compris les abcès, bien que cela soit douloureux ne sont pas des raisons pour arrêter l'allaitement. En effet, l'infection est susceptible de disparaître plus rapidement si la mère continue à allaiter du côté infecté (voir le feuillet 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
15. Si le bébé vomit ou qu'il a la diarrhée, la mère doit arrêter l'allaitement. C'est faux ! Le meilleur remède aux douleurs d'intestin du bébé est l'allaitement. Arrêtez de donner d'autres aliments pendant un court moment, mais continuez d'allaiter. Le lait maternel est le seul liquide dont votre bébé ait besoin quand il a la diarrhée et/ou qu'il vomit, sauf circonstances exceptionnelles. L'incitation à donner des " solutions de réhydratation par voie orale " n'est qu'une manipulation des fabricants de lait artificiel (et de solution de réhydratation, en passant) pour se faire encore plus d'argent. Le bébé est rassuré par l'allaitement et la maman est rassurée par le fait d'allaiter son bébé (voir le feuillet n° 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
16. Si la mère prend des médicaments, elle ne doit pas allaiter. C'est faux ! Il y a très peu de médicaments que la mère ne puisse pas prendre en toute sécurité pendant qu'elle allaite. Une très petite quantité de substances médicinales apparaît dans le lait , mais la plupart du temps tellement peu qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si un médicament est vraiment contre-indiqué, il existe généralement un autre traitement aussi efficace qui peut être pris sans danger. La perte des avantages que l'allaitement apporte à la m ère et à l'enfant doit être pris en considération quand on pèse le pour et le contre pour savoir s'il faut continuer l'allaitement (voir le feuillet n° 9, Vous pouvez continuer à allaiter).
Some Breastfeeding Myths - Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française - De Jack Newman
1. Beaucoup de femmes ne produisent pas assez de lait. C'est faux ! La grande majorité des femmes produisent plus de lait que nécessaire. La plupart des bébés qui grossissent lentement ou qui perdent du poids le font non pas parce que la mère ne produit pas assez de lait, mais parce qu'ils n'arrivent pas à le boire. La raison la plus fréquente en est que le bébé ne prend pas le sein correctement. C'est pourquoi il est si important que quelqu'un de compétent montre à la mère dès le premier jour comment placer son enfant correctement au sein.
2. Il est normal que l'allaitement fasse mal. C'est faux ! Bien qu'une certaine sensibilité soit relativement fréquente pendant les quelques premiers jours, cela ne doit pas durer et surtout ne doit pas être au point que la mère appréhende le moment de la tétée. Toute douleur pénible est anormale et est presque toujours due à une mauvaise position du bébé au sein. Il ne faudrait jamais négliger une douleur au sein qui ne s'améliorerait pas au bout de 3 à 4 jours ou durerait plus de 5 ou 6 jours. Une réapparition des douleurs après une période d'accalmie peut être due à une candidose sur les mamelons. Limiter le temps d'allaitement n'empêche pas l'irritation d'apparaître.(Voir le feuillet n° 3, Les Mamelons douloureux)
3. Il n'y a pas ou pas assez de lait pendant les 3 ou 4 premiers jours qui suivent la naissance. C'est faux ! On a souvent cette impression parce que le bébé ne prend pas le sein correctement et par conséquent ne boit pas assez de lait. Quand la quantité devient plus abondante, à la montée de lait, même si le bébé ne tète pas correctement, il peut quand même prendre assez de lait. Mais pendant les premiers jours, le bébé qui ne tète pas correctement n'a pas de lait. C'est ce qui entraîne des réflexions du genre : " il est resté au sein plus de deux heures et pourtant il avait encore faim quand je l'ai retiré. " S'il ne tète pas correctement, le bébé est incapable de boire le premier lait de la mère que l'on appelle le colostrum.
Toute personne qui vous suggère de tirer votre lait pour savoir quelle quantité de colostrum vous produisez ne comprend rien à l'allaitement, ignorez-la poliment.
4. Un bébé doit rester au sein 20 ou 10 ou 15 ou 7 ou 6 minutes de chaque côté. C'est faux ! Cependant on doit faire une distinction entre "être au sein" et "téter". Si un bébé tète vraiment pendant plus de 15 à 20 minutes du premier côté, il se peut qu'il n'ait aucune envie de prendre le deuxième sein. S'il ne boit qu'une minute au premier sein, puis qu'il commence à mâchouiller ou qu'il s'endort, puis recommence de l'autre côté, il ne prendra jamais assez de lait, quelque soit le temps que dure la tétée. Le bébé tètera mieux et plus longtemps s'il prend le sein correctement. Il peut aussi être aidé à téter plus longtemps si la mère presse le sein pour que le lait continue à s'écouler, quand le bébé n'avale plus de lui-même. Il est évident que l'idée reçue selon laquelle "le bébé boit 90% du lait dans le 10 premières minutes de tétée" est aussi complètement fausse.
5. Un bébé allaité a besoin de compléments d'eau par temps chaud. C'est faux ! Le lait maternel contient toute l'eau dont le bébé a besoin.
6. Les bébés allaités ont besoin de compléments en vitamine D. C'est faux ! À l'exception de cas très particuliers ( par exemple si la mère a souffert de déficience en vitamine D pendant la grossesse ). Le bébé stocke la vitamine D pendant la grossesse. Il lui suffit après la naissance d'être régulièrement sorti dehors pour recevoir toute la vitamine D dont il a besoin.
7. La mère doit laver ses mamelons avant chaque tétée. C'est faux ! L'alimentation au lait artificiel exige une très grande propreté parce que non seulement ce lait ne protège pas le bébé contre les infections, mais en plus c'est un bon terrain de développement des bactéries et il peut aussi être facilement contaminé. Par contre, le lait maternel protège l'enfant contre les infections. Se laver les mamelons avant chaque tétée rend l'allaitement inutilement compliqué et en plus retire les huiles protectrices qui les protègent naturellement.
8. Tirer le lait est une bonne manière de savoir quelle quantité de lait la mère produit. C'est faux ! La quantité de lait qui peut être tirée dépend de nombreux facteurs, y compris le degré de stress de la mère. Le bébé qui tète correctement peut obtenir bien plus de lait que sa mère ne peut en tirer. Tirer le lait peut seulement vous aider à savoir quelle quantité de lait vous pouvez tirer.
9. Le lait maternel ne contient pas assez de fer pour répondre aux besoins du bébé. C'est faux ! Le lait maternel contient juste ce qu'il faut de fer pour le bébé. Si le bébé est né à terme il recevra assez de fer du lait maternel pour répondre à ses besoins jusqu'à l'âge de six mois. Les laits artificiels contiennent bien trop de fer, mais cela est nécessaire pour être sûr que le bébé en absorbe assez pour éviter une déficience en fer. Le fer des laits artificiels est mal absorbé et le bébé en rejette la plus grande part. La plupart du temps, il est inutile de compléter l'alimentation au lait maternel par d'autres aliments jusqu'à l'âge de six mois.
10. Il est plus facile de donner le biberon que d'allaiter. C'est faux ! Ou plutôt cela devrait être faux. Cependant l'allaitement est souvent rendu difficile par le fait que beaucoup de femmes ne reçoivent pas l'aide dont elles auraient besoin pour bien démarrer l'allaitement. Un mauvais démarrage peut évidemment rendre l'allaitement difficile. Mais on peut aussi surmonter les difficultés d'un mauvais démarrage. L'allaitement est souvent plus difficile au début à cause d'un mauvais démarrage mais généralement il devient plus facile par la suite.
11. L'allaitement rend la mère dépendante. C'est faux ! Mais cela dépend de la façon dont vous l'envisagez. Un bébé peut être allaité n'importe où, n'importe quand, et c'est en cela que l'allaitement libère la mère. Pas besoin de traîner avec soi des biberons et des boites de lait. Pas besoin de trouver un endroit où faire chauffer le lait. Pas besoin de s'inquiéter pour la contraception. Pas besoin de se demander comment va votre bébé, puisqu'il est avec vous.
12. Il n'y a aucun moyen de savoir quelle quantité de lait boit le bébé. C'est faux ! Il n'existe pas de moyen facile de mesurer la quantité exacte de lait que boit le bébé, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas savoir s'il en boit assez ou pas. Le meilleur moyen de savoir est de s'assurer que le bébé tète bien (bouche ouverte - pause - bouche fermée) pendant plusieurs minutes à chaque tétée. D'autres moyens permettent aussi de savoir si le bébé boit assez de lait (voir le feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait?)
13. Les laits artificiels actuels sont presque identiques au lait maternel. C'est faux ! La même affirmation a été faite en 1900 et même avant. Les laits actuels ne ressemblent au lait maternel qu'en apparence seulement. La moindre correction apportée à une déficience du lait artificiel est l'occasion d'en faire une publicité qui en vante le progrès. En fait ce ne sont que de mauvaises imitations faites d'après des études dépassées et incomplètes sur la nature du lait maternel. Les laits artificiels ne contiennent ni anticorps, ni cellules vivantes, ni enzymes, ni hormones. Ils contiennent beaucoup plus d'aluminium, de manganèse, de cadmium et de fer que le lait maternel. Ils contiennent beaucoup plus de protéines que le lait maternel. Les protéines et les matières grasses contenues dans les laits artificiels sont fondamentalement différentes de celles contenues dans le lait maternel. Les laits artificiels ne changent pas au cours de la tétée, ni entre le1er, le 7ème, et le 30ème jour d'allaitement. Ils ne varient pas d'une femme à l'autre, d'un bébé à l'autre... Votre lait est adapté aux besoins de votre bébé. Les laits artificiels sont conçus pour tous les bébés, donc en fait pour aucun d'entre eux en particulier. Les laits artificiels réussissent seulement à bien faire grandir les bébés, en général ; mais l'allaitement c'est bien plus que de faire grossir un bébé rapidement.
14. Si la mère est atteinte d'une infection, elle doit arrêter l'allaitement. C'est faux ! A l'exception de quelques cas très très rares, le bébé sera protégé si sa mère continue à l'allaiter. Au moment où la mère est fiévreuse, ou tousse, ou vomit, ou a la diarrhée ou des éruptions, etc, elle a déjà transmis l'infection à son bébé, étant donné qu'elle avait déjà l'infection plusieurs jours avant de se rendre compte qu'elle était malade. La meilleure protection pour éviter à l'enfant d'être contaminé par l'infection est qu'il continue à être allaité par sa mère. Si le bébé tombe malade, les réactions seront moins fortes s'il continue à être allaité. Il se peut que ce soit le bébé qui ait transmis l'infection à la mère, mais il n'aura pas montré de signes de maladie parce qu'il était allaité. Par ailleurs, les infections au sein, y compris les abcès, bien que cela soit douloureux ne sont pas des raisons pour arrêter l'allaitement. En effet, l'infection est susceptible de disparaître plus rapidement si la mère continue à allaiter du côté infecté (voir le feuillet 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
15. Si le bébé vomit ou qu'il a la diarrhée, la mère doit arrêter l'allaitement. C'est faux ! Le meilleur remède aux douleurs d'intestin du bébé est l'allaitement. Arrêtez de donner d'autres aliments pendant un court moment, mais continuez d'allaiter. Le lait maternel est le seul liquide dont votre bébé ait besoin quand il a la diarrhée et/ou qu'il vomit, sauf circonstances exceptionnelles. L'incitation à donner des " solutions de réhydratation par voie orale " n'est qu'une manipulation des fabricants de lait artificiel (et de solution de réhydratation, en passant) pour se faire encore plus d'argent. Le bébé est rassuré par l'allaitement et la maman est rassurée par le fait d'allaiter son bébé (voir le feuillet n° 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
16. Si la mère prend des médicaments, elle ne doit pas allaiter. C'est faux ! Il y a très peu de médicaments que la mère ne puisse pas prendre en toute sécurité pendant qu'elle allaite. Une très petite quantité de substances médicinales apparaît dans le lait , mais la plupart du temps tellement peu qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si un médicament est vraiment contre-indiqué, il existe généralement un autre traitement aussi efficace qui peut être pris sans danger. La perte des avantages que l'allaitement apporte à la m ère et à l'enfant doit être pris en considération quand on pèse le pour et le contre pour savoir s'il faut continuer l'allaitement (voir le feuillet n° 9, Vous pouvez continuer à allaiter).
Feuillet n° 12 - D'autres mythes sur l'allaitement
Feuillet n° 12 - D'autres mythes sur l'allaitement
" More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
1. Une mère qui allaite doit faire très attention à ce qu'elle mange. C'est faux ! Une mère qui allaite doit essayer d'avoir une alimentation équilibrée, mais rien ne l'oblige à manger certains aliments ou à en éviter d'autres. Une mère qui allaite n'a pas à boire du lait pour produire du lait. Une mère qui allaite n'a pas à éviter les aliments épicés, l'ail, le chou ou l'alcool. Une mère qui allaite doit avoir une alimentation normale et saine. Bien que dans certains cas le bébé puisse être dérangé par un aliment que sa mère a mangé, c'est inhabituel. La plupart du temps, les problèmes de " coliques ", de " gaz " et de pleurs trouvent une meilleure solution dans une modification de l'allaitement que dans un changement d'alimentation de la mère. (Voir le feuillet n°2, Les coliques du bébé allaité)
2. Une mère qui allaite doit manger plus pour produire plus de lait. C'est faux ! Même les femmes qui ont une alimentation très pauvre en calories produisent assez de lait, au moins jusqu'à ce que la prise de calories deviennent critiquement faible au bout d'une période prolongée. Généralement, le bébé prend ce dont il a besoin. Certaines femmes dans l'obligation de manger peu pendant quelques jours craignent que cela ait des conséquences sur la qualité de leur lait. Il n'y aucune crainte à avoir. De telles modifications n'auront aucune incidence sur la quantité ou la qualité du lait. On dit généralement que les femmes doivent consommer 500 calories supplémentaires par jour pour pouvoir allaiter. Cela n'est pas vrai. Un certain nombre de femmes mangent plus quand elles allaitent, mais d'autres non, et certaines mêmes mangent moins, sans que cela ait de conséquences sur la santé de mère, celle de l'enfant ou sur la production de lait. La mère doit manger de façon équilibrée en se fiant à son appétit. Les règles alimentaires ne font que compliquer l'allaitement inutilement.
3. Une mère qui allaite doit boire beaucoup. C'est faux ! La mère doit boire en fonction de sa soif. Certaines mères ont soif tout le temps, mais beaucoup d'autres ne boivent pas plus que d'habitude. Le corps de la mère sait si elle besoin de plus de liquides et le lui dit en lui faisant ressentir la soif. Ne croyez pas qu'il soit obligatoire de boire tant de verres par jour. Tout cela ne fait que compliquer l'allaitement inutilement.
4. Une mère qui fume ferait mieux de ne pas allaiter. C'est faux ! Une mère qui n'arrive pas à arrêter de fumer doit quand même allaiter. Il a été montré que l'allaitement réduisait les effets négatifs du tabac sur les poumons du bébé par exemple. L'allaitement est bon pour la santé de la mère et du bébé. Il vaudrait mieux que la mère ne fume pas, mais si elle ne peut pas arrêter ou même réduire sa consommation de tabac, il vaut mieux fumer et allaiter que fumer et ne pas allaiter.
5. Une mère ne devrait pas boire d'alcool pendant l'allaitement. C'est faux ! Une consommation raisonnable d'alcool n'est pas du tout à déconseiller. Comme c'est le cas pour les médicaments, une très faible quantité d'alcool passe dans le lait. La mère peut boire un peu d'alcool et continuer à allaiter comme elle le fait normalement. Interdire l'alcool, c'est encore une façon de rendre la vie inutilement contraignante aux mères qui allaitent.
6. Une mère dont les mamelons saignent ne devrait pas allaiter son bébé. C'est faux ! Bien que le sang fasse plus cracher l'enfant et que l'on puisse en retrouver dans les selles, ce n'est pas une raison pour arrêter d'allaiter. Des mamelons douloureux et qui saignent, ce n'est pas pire que des mamelons douloureux qui ne saignent pas. Le problème, c'est la douleur que ressent la mère. Et cette douleur peut souvent être considérablement atténuée. Faites-vous aider (voir le feuillet n° 3, Les mamelons douloureux). Parfois du sang sort des mamelons sans que le sein soit abîmé. Cela se produit le plus souvent au début de l'allaitement, peu de temps après la naissance, et se résorbe en quelques jours. La mère doit allaiter ! Si le saignement ne s'arrête pas, il est nécessaire d'en chercher la cause, mais la mère doit continuer d'allaiter.
7. Une mère qui a subi une opération chirurgicale pour faire augmenter le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La plupart y arrivent très bien. Rien n'a montré que l'allaitement avec des implants en silicone était dangereux pour l'enfant. Parfois l'opération est faite au niveau de l'aréole. Ces femmes rencontrent les mêmes problèmes de production de lait que toute autre femme ayant subi une opération à ce niveau.
8. Une femme qui a subi une opération chirurgicale pour faire diminuer le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La réduction des seins entraîne une diminution de la capacité à produire du lait mais étant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, les femmes qui ont subi ce type d'opération réussissent parfois très bien à nourrir leur enfant au sein exclusivement. Dans de tels cas, il faut suivre le démarrage de l'allaitement avec une attention particulière, en suivant les principes énoncés dans le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement. Si, malgré tout, la mère semble ne pas produire assez de lait, elle peut quand même continuer à allaiter tout en donnant des compléments à son bébé avec un dispositif d'aide à l'allaitement ( pour éviter la confusion sein-tétine ).
9. Les bébés prématurés doivent d'abord apprendre à boire au biberon avant de commencer à téter au sein. C'est faux ! Les bébés prématurés sont moins perturbés par la tétée au sein que par le biberon. Un bébé ne pesant que 1200 g ou même moins peut être mis au sein dès que son état s'est stabilisé, même s'il ne prend pas le mamelon pendant plusieurs semaines. Ainsi il s'y habitue et il est tenu dans les bras ce qui est important pour son état de santé et celui de sa mère. En fait, peu importe le poids ou l'âge gestationnel à partir du moment où l'enfant est prêt à téter, c'est à dire à partir du moment où il fait des mouvements de succion. Il n'y a pas plus de raisons de donner un biberon à un bébé prématuré qu'à un bébé né à terme. Quand il est vraiment nécessaire de donner des compléments il existe d'autres moyens que le biberon.
10. Les bébés présentant un fente labiale et/ou palatine ne peuvent pas être allaités. C'est faux ! Certains arrivent très bien à téter. Ceux qui n'ont qu'une fente labiale réussissent généralement bien. Mais beaucoup n'arrivent pas à prendre le mamelon. Cependant si on n'essaye pas l'allaitement, ça ne marchera évidemment jamais. La capacité de ces bébés à téter ne dépend pas toujours de la gravité de la fente. Il faut essayer de commencer l'allaitement autant que possible selon les principes d'une bonne mise en route de la lactation (voir le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). Si le bébé n'arrive pas à saisir le mamelon, il vaudrait mieux le nourrir avec une tasse plutôt qu'avec un biberon. Nourrir avec le doigt les bébés présentant une fente labiale et palatine peut parfois être efficace mais pas toujours.
11. Les femmes qui ont des petits seins produisent moins de lait que celles qui ont de gros seins. Absurde !
12. L'allaitement n'est pas une méthode contraceptive. C'est faux ! Ce n'est pas une méthode infaillible, mais aucune méthode ne l'est. En fait l'allaitement n'est pas une mauvaise méthode pour espacer les naissances, et permet d'obtenir une bonne protection dans les six premiers mois qui suivent la naissance. Cette protection est presque aussi bonne que celle des anovulants, si le bébé a moins de six mois, si l'enfant est nourri exclusivement au sein, et si la mère n'a pas encore eu le retour de ses règles. Au bout de six mois, la protection est moins grande, mais elle existe encore, et en moyenne les femmes qui allaitent encore leur enfant au bout de deux ans, auront un bébé tous les deux ou trois ans même si elles ne prennent aucun autre moyen de contraception.
13. Les femmes qui allaitent ne peuvent pas prendre la pilule. C'est faux ! Le problème n'est pas l'exposition du bébé aux hormones féminines puisque de toute façon il en reçoit à travers l'allaitement. Le bébé en reçoit simplement un tout petit peu plus en cas de prise de la pilule. Cependant beaucoup de femmes qui prennent la pilule, même la mini-dosée, constatent une baisse de leur lactation. Les oestrogènes contenus dans la pilule entraînent une diminution de la production lactée. Étant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, cela n'a souvent aucune conséquence, mais cela peut en avoir. Le bébé devient alors grognon et n'est pas comblé par la tétée. Les bébés réagissent au " flot de lait " qu'ils reçoivent, pas à la quantité que produit le sein. Et si tout à coup ce flot diminue, même si le sein produit toujours assez de lait pour nourrir l'enfant, cela suffit à le rendre grognon. L'arrêt de la pilule suffit souvent à remettre les choses en place. Dans la mesure du possible, les femmes qui allaitent devraient éviter de prendre la pilule, au moins jusqu'à ce que l'enfant commence à manger autre chose, généralement vers quatre ou six mois. Même si l'enfant est plus grand, la production de lait peut diminuer de façon significative. Si la pilule doit être prise, choisir une pilule sans oestrogènes (uniquement à base de progestérone).
14. Les bébés allaités ont besoin d'autres laits à partir de six mois. C'est faux ! Le lait maternel apporte au bébé tout ce que lui apporteraient d'autres laits, avec des choses en plus. Les bébés de plus de six mois commencent à prendre des solides uniquement pour apprendre à manger et pour recevoir du fer d'une autre source alimentaire car au bout de 7 à 9 mois le lait maternel ne leur en apporte plus assez. Par conséquent, le lait de vache ou le lait industriel ne sont pas nécessaires tant que le bébé est allaité. Cependant si la maman désire donner du lait à son bébé après six mois, il n'y aucune raison pour qu'elle ne puisse pas lui donner du lait de vache, à condition qu'elle l'allaite encore quelques fois par jour et lui donne une alimentation variée, en quantité suffisamment importante. La plupart des bébés de plus de six mois qui n'ont jamais pris de lait industriel jusqu'alors le refuseront à cause du goût.
" More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
1. Une mère qui allaite doit faire très attention à ce qu'elle mange. C'est faux ! Une mère qui allaite doit essayer d'avoir une alimentation équilibrée, mais rien ne l'oblige à manger certains aliments ou à en éviter d'autres. Une mère qui allaite n'a pas à boire du lait pour produire du lait. Une mère qui allaite n'a pas à éviter les aliments épicés, l'ail, le chou ou l'alcool. Une mère qui allaite doit avoir une alimentation normale et saine. Bien que dans certains cas le bébé puisse être dérangé par un aliment que sa mère a mangé, c'est inhabituel. La plupart du temps, les problèmes de " coliques ", de " gaz " et de pleurs trouvent une meilleure solution dans une modification de l'allaitement que dans un changement d'alimentation de la mère. (Voir le feuillet n°2, Les coliques du bébé allaité)
2. Une mère qui allaite doit manger plus pour produire plus de lait. C'est faux ! Même les femmes qui ont une alimentation très pauvre en calories produisent assez de lait, au moins jusqu'à ce que la prise de calories deviennent critiquement faible au bout d'une période prolongée. Généralement, le bébé prend ce dont il a besoin. Certaines femmes dans l'obligation de manger peu pendant quelques jours craignent que cela ait des conséquences sur la qualité de leur lait. Il n'y aucune crainte à avoir. De telles modifications n'auront aucune incidence sur la quantité ou la qualité du lait. On dit généralement que les femmes doivent consommer 500 calories supplémentaires par jour pour pouvoir allaiter. Cela n'est pas vrai. Un certain nombre de femmes mangent plus quand elles allaitent, mais d'autres non, et certaines mêmes mangent moins, sans que cela ait de conséquences sur la santé de mère, celle de l'enfant ou sur la production de lait. La mère doit manger de façon équilibrée en se fiant à son appétit. Les règles alimentaires ne font que compliquer l'allaitement inutilement.
3. Une mère qui allaite doit boire beaucoup. C'est faux ! La mère doit boire en fonction de sa soif. Certaines mères ont soif tout le temps, mais beaucoup d'autres ne boivent pas plus que d'habitude. Le corps de la mère sait si elle besoin de plus de liquides et le lui dit en lui faisant ressentir la soif. Ne croyez pas qu'il soit obligatoire de boire tant de verres par jour. Tout cela ne fait que compliquer l'allaitement inutilement.
4. Une mère qui fume ferait mieux de ne pas allaiter. C'est faux ! Une mère qui n'arrive pas à arrêter de fumer doit quand même allaiter. Il a été montré que l'allaitement réduisait les effets négatifs du tabac sur les poumons du bébé par exemple. L'allaitement est bon pour la santé de la mère et du bébé. Il vaudrait mieux que la mère ne fume pas, mais si elle ne peut pas arrêter ou même réduire sa consommation de tabac, il vaut mieux fumer et allaiter que fumer et ne pas allaiter.
5. Une mère ne devrait pas boire d'alcool pendant l'allaitement. C'est faux ! Une consommation raisonnable d'alcool n'est pas du tout à déconseiller. Comme c'est le cas pour les médicaments, une très faible quantité d'alcool passe dans le lait. La mère peut boire un peu d'alcool et continuer à allaiter comme elle le fait normalement. Interdire l'alcool, c'est encore une façon de rendre la vie inutilement contraignante aux mères qui allaitent.
6. Une mère dont les mamelons saignent ne devrait pas allaiter son bébé. C'est faux ! Bien que le sang fasse plus cracher l'enfant et que l'on puisse en retrouver dans les selles, ce n'est pas une raison pour arrêter d'allaiter. Des mamelons douloureux et qui saignent, ce n'est pas pire que des mamelons douloureux qui ne saignent pas. Le problème, c'est la douleur que ressent la mère. Et cette douleur peut souvent être considérablement atténuée. Faites-vous aider (voir le feuillet n° 3, Les mamelons douloureux). Parfois du sang sort des mamelons sans que le sein soit abîmé. Cela se produit le plus souvent au début de l'allaitement, peu de temps après la naissance, et se résorbe en quelques jours. La mère doit allaiter ! Si le saignement ne s'arrête pas, il est nécessaire d'en chercher la cause, mais la mère doit continuer d'allaiter.
7. Une mère qui a subi une opération chirurgicale pour faire augmenter le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La plupart y arrivent très bien. Rien n'a montré que l'allaitement avec des implants en silicone était dangereux pour l'enfant. Parfois l'opération est faite au niveau de l'aréole. Ces femmes rencontrent les mêmes problèmes de production de lait que toute autre femme ayant subi une opération à ce niveau.
8. Une femme qui a subi une opération chirurgicale pour faire diminuer le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La réduction des seins entraîne une diminution de la capacité à produire du lait mais étant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, les femmes qui ont subi ce type d'opération réussissent parfois très bien à nourrir leur enfant au sein exclusivement. Dans de tels cas, il faut suivre le démarrage de l'allaitement avec une attention particulière, en suivant les principes énoncés dans le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement. Si, malgré tout, la mère semble ne pas produire assez de lait, elle peut quand même continuer à allaiter tout en donnant des compléments à son bébé avec un dispositif d'aide à l'allaitement ( pour éviter la confusion sein-tétine ).
9. Les bébés prématurés doivent d'abord apprendre à boire au biberon avant de commencer à téter au sein. C'est faux ! Les bébés prématurés sont moins perturbés par la tétée au sein que par le biberon. Un bébé ne pesant que 1200 g ou même moins peut être mis au sein dès que son état s'est stabilisé, même s'il ne prend pas le mamelon pendant plusieurs semaines. Ainsi il s'y habitue et il est tenu dans les bras ce qui est important pour son état de santé et celui de sa mère. En fait, peu importe le poids ou l'âge gestationnel à partir du moment où l'enfant est prêt à téter, c'est à dire à partir du moment où il fait des mouvements de succion. Il n'y a pas plus de raisons de donner un biberon à un bébé prématuré qu'à un bébé né à terme. Quand il est vraiment nécessaire de donner des compléments il existe d'autres moyens que le biberon.
10. Les bébés présentant un fente labiale et/ou palatine ne peuvent pas être allaités. C'est faux ! Certains arrivent très bien à téter. Ceux qui n'ont qu'une fente labiale réussissent généralement bien. Mais beaucoup n'arrivent pas à prendre le mamelon. Cependant si on n'essaye pas l'allaitement, ça ne marchera évidemment jamais. La capacité de ces bébés à téter ne dépend pas toujours de la gravité de la fente. Il faut essayer de commencer l'allaitement autant que possible selon les principes d'une bonne mise en route de la lactation (voir le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). Si le bébé n'arrive pas à saisir le mamelon, il vaudrait mieux le nourrir avec une tasse plutôt qu'avec un biberon. Nourrir avec le doigt les bébés présentant une fente labiale et palatine peut parfois être efficace mais pas toujours.
11. Les femmes qui ont des petits seins produisent moins de lait que celles qui ont de gros seins. Absurde !
12. L'allaitement n'est pas une méthode contraceptive. C'est faux ! Ce n'est pas une méthode infaillible, mais aucune méthode ne l'est. En fait l'allaitement n'est pas une mauvaise méthode pour espacer les naissances, et permet d'obtenir une bonne protection dans les six premiers mois qui suivent la naissance. Cette protection est presque aussi bonne que celle des anovulants, si le bébé a moins de six mois, si l'enfant est nourri exclusivement au sein, et si la mère n'a pas encore eu le retour de ses règles. Au bout de six mois, la protection est moins grande, mais elle existe encore, et en moyenne les femmes qui allaitent encore leur enfant au bout de deux ans, auront un bébé tous les deux ou trois ans même si elles ne prennent aucun autre moyen de contraception.
13. Les femmes qui allaitent ne peuvent pas prendre la pilule. C'est faux ! Le problème n'est pas l'exposition du bébé aux hormones féminines puisque de toute façon il en reçoit à travers l'allaitement. Le bébé en reçoit simplement un tout petit peu plus en cas de prise de la pilule. Cependant beaucoup de femmes qui prennent la pilule, même la mini-dosée, constatent une baisse de leur lactation. Les oestrogènes contenus dans la pilule entraînent une diminution de la production lactée. Étant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, cela n'a souvent aucune conséquence, mais cela peut en avoir. Le bébé devient alors grognon et n'est pas comblé par la tétée. Les bébés réagissent au " flot de lait " qu'ils reçoivent, pas à la quantité que produit le sein. Et si tout à coup ce flot diminue, même si le sein produit toujours assez de lait pour nourrir l'enfant, cela suffit à le rendre grognon. L'arrêt de la pilule suffit souvent à remettre les choses en place. Dans la mesure du possible, les femmes qui allaitent devraient éviter de prendre la pilule, au moins jusqu'à ce que l'enfant commence à manger autre chose, généralement vers quatre ou six mois. Même si l'enfant est plus grand, la production de lait peut diminuer de façon significative. Si la pilule doit être prise, choisir une pilule sans oestrogènes (uniquement à base de progestérone).
14. Les bébés allaités ont besoin d'autres laits à partir de six mois. C'est faux ! Le lait maternel apporte au bébé tout ce que lui apporteraient d'autres laits, avec des choses en plus. Les bébés de plus de six mois commencent à prendre des solides uniquement pour apprendre à manger et pour recevoir du fer d'une autre source alimentaire car au bout de 7 à 9 mois le lait maternel ne leur en apporte plus assez. Par conséquent, le lait de vache ou le lait industriel ne sont pas nécessaires tant que le bébé est allaité. Cependant si la maman désire donner du lait à son bébé après six mois, il n'y aucune raison pour qu'elle ne puisse pas lui donner du lait de vache, à condition qu'elle l'allaite encore quelques fois par jour et lui donne une alimentation variée, en quantité suffisamment importante. La plupart des bébés de plus de six mois qui n'ont jamais pris de lait industriel jusqu'alors le refuseront à cause du goût.
Feuillet n° 13 - Encore d'autres mythes
Feuillet n° 13 - Encore d'autres mythes
" Still More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française - Dr Jack Newman
1. Les femmes aux mamelons plats ou rétractés ne peuvent pas allaiter. C'est faux ! Les bébés ne tètent pas le mamelon, ils tètent le sein. Bien qu'il soit plus facile pour un bébé de prendre le sein quand le mamelon est proéminent, il n'est pas indispensable que le mamelon ressorte. Une bonne mise en route de l'allaitement permettra généralement d'éviter tout problème. Quelle que soit la forme de leurs mamelons, toutes les femmes sont parfaitement capables d'allaiter. Avant, on suggérait à la mère d'utiliser un bout de sein artificiel, ou téterelle, pour aider l'enfant à prendre le sein. Il ne faut pas utiliser ce gadget, surtout dans les premiers jours qui suivent la naissance ! Son utilisation entraîne souvent une diminution de la quantité de lait bue par le bébé et une inquiétante perte de poids. Et après, l'enfant a encore plus de mal à prendre correctement le mamelon (voir le feuillet n° 8, Alimentation au doigt). Si au départ l'enfant n'arrive pas à prendre correctement le sein, il y arrivera souvent plus tard. Les seins changent dans les quelques semaines qui suivent la naissance et à condition que la mère entretienne correctement sa lactation, le bébé réussira la plupart du temps à bien prendre le sein.
2. Une femme qui tombe enceinte doit arrêter d'allaiter. C'est faux ! Si la mère et l'enfant le désirent, l'allaitement peut continuer. Certaines femmes continuent d'allaiter le plus grand même après la naissance du nouveau bébé. Beaucoup de femmes décident d'arrêter l'allaitement quand elles tombent enceintes parce que leurs mamelons deviennent douloureux ou pour d'autres raisons. Mais il n'y aucune urgence à le faire, ni aucune nécessité médicale. Il y aurait même plutôt de bonnes raisons de continuer à allaiter. Il se peut que la production de lait diminue pendant la grossesse, mais si l'enfant mange déjà autre chose, ce n'est pas un problème.
3. Un bébé ayant la diarrhée ne devrait pas téter. C'est faux ! Le meilleur traitement en cas d'infection intestinale (gastro-entérite) est l'allaitement. D'autant plus que le bébé a rarement besoin d'autres liquides que le lait maternel. S'il y a un problème d'intolérance au lactose, on peut donner au bébé des gouttes de lactase juste avant ou juste après la tétée, mais cela arrive rarement chez les enfants allaités. Se renseigner auprès du médecin traitant. Dans tous les cas, l'intolérance au lactose provoquée par une gastro-entérite disparaît avec le temps. Les laits industriels ne contenant pas de lactose ne sont pas préférables au lait maternel. Le lait maternel vaut mieux que tous les laits industriels.
4. Si un bébé reste au sein pendant deux heures c'est parce qu'il aime téter. C'est faux ! Les bébés aiment et doivent téter mais combien de temps ? La plupart des bébés qui restent au sein aussi longtemps ont probablement faim, même si en apparence ils grossissent correctement. Être au sein ne veut pas dire boire au sein. Mieux placer l'enfant au sein lui permet de mieux téter et donc de passer plus de temps à vraiment boire. Vous pouvez aussi aider l'enfant à boire plus, en pressant le sein pour lui envoyer du lait dans la bouche quand il n'avale plus de lui-même (voir le feuillet n° 15, La Compression du sein). Lorsqu'un bébé de moins de 5 à 6 semaines s'endort au sein, c'est souvent parce que le flot de lait est trop faible, et non pas parce qu'il n'a plus faim.
5. Les bébés doivent apprendre à boire au biberon. Il faut toujours introduire un biberon avant que le bébé refuse d'en prendre un. C'est faux ! Bien que beaucoup de mères décident d'introduire le biberon pour un certain nombre de raisons, il n'y a aucune obligation à ce que le bébé apprenne à l'utiliser. En plus, ce n'est pas vraiment un avantage. Le bébé peut prendre les liquides ou les nourritures fluides à la cuillère. À partir de 6 mois, l'enfant peut commencer à boire à la tasse, et même s'il met plusieurs semaines à apprendre à boire correctement, il finira toujours par y arriver. Si la maman veut introduire le biberon, il vaut mieux qu'elle attende que son bébé ait bien appris à téter pendant 4 à 6 semaines, et qu'après elle ne l'utilise qu'occasionnellement. Il arrive cependant que des bébés qui ont bien pris le biberon à six semaines le refusent à 3 ou 4 mois, même s'ils ont pris le biberon régulièrement. Ne vous inquiétez pas et utilisez la cuillère et la tasse. Donner le biberon quand l'allaitement ne se passe pas bien n'est pas une bonne idée, cela rend généralement l'allaitement encore plus difficile. Pour votre bien-être et celui de votre bébé, n'essayez pas de le sevrer dans la contrainte. Faites-vous aider.
6. Si la mère se fait opérer, elle doit attendre une journée avant de redonner la tétée. C'est faux ! Le mère peut allaiter aussitôt après l'opération, dès qu'elle se sent d'attaque pour le faire. Ni la médication utilisée pendant l'opération, ni les analgésiques, ni les antibiotiques utilisés après l'opération n'obligent la mère à arrêter l'allaitement, sauf circonstances exceptionnelles. Dans certains hôpitaux, on adapte les soins à apporter à la mère ou à l'enfant en fonction des exigences de l'allaitement, de façon à ce qu'il puisse continuer. Beaucoup de règles tendant à limiter l'allaitement sont établies pour le confort du personnel médical et non au bénéfice des mères et des bébés.
7. Il est trop difficile d'allaiter des jumeaux. C'est faux ! Il est plus facile d'allaiter des jumeaux que de leur donner le biberon, quand l'allaitement se passe bien. C'est pourquoi il est d'autant plus important de bien veiller à ce que l'allaitement démarre bien quand la mère a donné naissance à des jumeaux (voir le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). Des femmes ont réussi à nourrir exclusivement au sein des triplés. Cela demande évidemment beaucoup de temps et de travail, mais de toute façon les naissances multiples demandent beaucoup de temps et de travail, quel que soit le mode d'alimentation choisi.
8. Les femmes dont les seins n'ont pas grossi ou ont peu grossi pendant la grossesse ne produisent pas assez de lait. C'est faux ! Il y a très peu de femmes qui ne peuvent pas produire assez de lait (mais elles peuvent quand même allaiter tout en donnant des compléments au moyen d'un dispositif d'aide à l'allaitement). Certaines de ces femmes ont dit que leurs seins n'avaient pas grossi pendant la grossesse. Cependant la grande majorité des femmes dont les seins ne semblent pas avoir grossi pendant la grossesse, produisent largement assez de lait pour nourrir leur enfant.
9. Une mère dont les seins ne sont pas pleins n'a pas assez de lait. C'est faux ! Les seins n'ont pas besoin d'être pleins pour produire bien assez de lait. Il est normal que les seins d'une femme qui allaite soient souples étant donné que son corps s'adapte à la demande du bébé. Les seins ne sont jamais vides, et ils produisent du lait tant que le bébé tète.
10. Il est indécent d'allaiter en public. C'est faux ! C'est l'humiliation et le harcèlement que subissent les femmes qui allaitent qui est indécent. Les femmes qui essayent de donner ce qu'il y a de mieux à leur bébé, ne devraient pas être forcées par les gens qui manquent de compréhension à rester chez elles ou à allaiter dans les toilettes publiques. Les gens que cela gène n'ont qu'à regarder ailleurs. Les enfants qui voient une femme allaiter ne reçoivent pas de choc psychologique. Au contraire, ils découvrent quelque chose d'important, de beau et de fascinant. Au moins, pour ces enfants-là, les seins ne servent pas uniquement à vendre de la bière. Les femmes qui ont laissé leur bébé à la maison avec un biberon pour pouvoir sortir apprennent, en voyant une autre mère allaiter son enfant en public, qu'il est possible de l'emmener avec soi.
11. Il n'est pas normal d'allaiter un enfant jusqu'à trois ou quatre ans, cela lui fait du tort en créant une relation de trop grande dépendance entre la mère et l'enfant. C'est faux ! Depuis les débuts de l'humanité, la règle de beaucoup de civilisations humaines a été d'allaiter les enfants pendant deux à quatre ans. Cela ne fait qu'une centaine d'années qu'on limite la durée de l'allaitement. Les enfants allaités au cours de leur troisième année ne sont pas plus dépendants. Au contraire, ils ont tendance à faire preuve d'une plus grande confiance en eux, donc à être plus indépendants. C'est eux qui prennent la décision d'arrêter l'allaitement, encouragés avec douceur par leur mère, et cela leur donne confiance en eux.
12. Si le bébé ne tète pas pendant quelques jours, il ne faut pas recommencer à allaiter car le lait de la mère a tourné dans son sein. C'est faux ! Le lait est aussi bon qu'avant. Ce n'est pas du lait en bouteille !
13. Une mère ne devrait pas allaiter après un exercice physique. C'est faux ! Il n'y a absolument aucune raison pour qu'une mère ne puisse pas allaiter après un exercice physique. L'étude qui a prétendu vouloir montrer que les bébés étaient excités après avoir tété leur mère qui venait de faire de l'exercice a été mal menée et est en parfaite contradiction avec l'expérience quotidienne de millions de mères.
14. Une mère qui allaite ne peut pas se faire faire de permanente ni se faire teindre les cheveux. C'est faux !
15. L'allaitement est responsable de tout. C'est vrai ! Si la mère est fatiguée, nerveuse, au bord des larmes, malade, si elle a des douleurs dans les genoux, si elle a des difficultés à dormir, si elle est prise de vertiges, si elle est anémique, si elle a de nouveau des crises d'arthrose, de migraines ou de tout autre problème chronique, si elle se plaint de perdre des cheveux, d'avoir des problèmes de vue, d'avoir des bourdonnements dans les oreilles ou des démangeaisons, la famille, le personnel de santé, les voisins, les amis et les chauffeurs de taxi vont mettre en cause l'allaitement. On va aussi accuser l'allaitement de provoquer des crises dans le couple, ou d'être responsable du mauvais comportement des autres enfants. C'est aussi à cause de l'allaitement si les taux d'intérêt augmentent et s'il y a une crise économique! Et dès que quelque chose ne va pas, tout le monde s'empresse de dire à la mère qu'il vaudrait mieux qu'elle arrête l'allaitement.
" Still More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française - Dr Jack Newman
1. Les femmes aux mamelons plats ou rétractés ne peuvent pas allaiter. C'est faux ! Les bébés ne tètent pas le mamelon, ils tètent le sein. Bien qu'il soit plus facile pour un bébé de prendre le sein quand le mamelon est proéminent, il n'est pas indispensable que le mamelon ressorte. Une bonne mise en route de l'allaitement permettra généralement d'éviter tout problème. Quelle que soit la forme de leurs mamelons, toutes les femmes sont parfaitement capables d'allaiter. Avant, on suggérait à la mère d'utiliser un bout de sein artificiel, ou téterelle, pour aider l'enfant à prendre le sein. Il ne faut pas utiliser ce gadget, surtout dans les premiers jours qui suivent la naissance ! Son utilisation entraîne souvent une diminution de la quantité de lait bue par le bébé et une inquiétante perte de poids. Et après, l'enfant a encore plus de mal à prendre correctement le mamelon (voir le feuillet n° 8, Alimentation au doigt). Si au départ l'enfant n'arrive pas à prendre correctement le sein, il y arrivera souvent plus tard. Les seins changent dans les quelques semaines qui suivent la naissance et à condition que la mère entretienne correctement sa lactation, le bébé réussira la plupart du temps à bien prendre le sein.
2. Une femme qui tombe enceinte doit arrêter d'allaiter. C'est faux ! Si la mère et l'enfant le désirent, l'allaitement peut continuer. Certaines femmes continuent d'allaiter le plus grand même après la naissance du nouveau bébé. Beaucoup de femmes décident d'arrêter l'allaitement quand elles tombent enceintes parce que leurs mamelons deviennent douloureux ou pour d'autres raisons. Mais il n'y aucune urgence à le faire, ni aucune nécessité médicale. Il y aurait même plutôt de bonnes raisons de continuer à allaiter. Il se peut que la production de lait diminue pendant la grossesse, mais si l'enfant mange déjà autre chose, ce n'est pas un problème.
3. Un bébé ayant la diarrhée ne devrait pas téter. C'est faux ! Le meilleur traitement en cas d'infection intestinale (gastro-entérite) est l'allaitement. D'autant plus que le bébé a rarement besoin d'autres liquides que le lait maternel. S'il y a un problème d'intolérance au lactose, on peut donner au bébé des gouttes de lactase juste avant ou juste après la tétée, mais cela arrive rarement chez les enfants allaités. Se renseigner auprès du médecin traitant. Dans tous les cas, l'intolérance au lactose provoquée par une gastro-entérite disparaît avec le temps. Les laits industriels ne contenant pas de lactose ne sont pas préférables au lait maternel. Le lait maternel vaut mieux que tous les laits industriels.
4. Si un bébé reste au sein pendant deux heures c'est parce qu'il aime téter. C'est faux ! Les bébés aiment et doivent téter mais combien de temps ? La plupart des bébés qui restent au sein aussi longtemps ont probablement faim, même si en apparence ils grossissent correctement. Être au sein ne veut pas dire boire au sein. Mieux placer l'enfant au sein lui permet de mieux téter et donc de passer plus de temps à vraiment boire. Vous pouvez aussi aider l'enfant à boire plus, en pressant le sein pour lui envoyer du lait dans la bouche quand il n'avale plus de lui-même (voir le feuillet n° 15, La Compression du sein). Lorsqu'un bébé de moins de 5 à 6 semaines s'endort au sein, c'est souvent parce que le flot de lait est trop faible, et non pas parce qu'il n'a plus faim.
5. Les bébés doivent apprendre à boire au biberon. Il faut toujours introduire un biberon avant que le bébé refuse d'en prendre un. C'est faux ! Bien que beaucoup de mères décident d'introduire le biberon pour un certain nombre de raisons, il n'y a aucune obligation à ce que le bébé apprenne à l'utiliser. En plus, ce n'est pas vraiment un avantage. Le bébé peut prendre les liquides ou les nourritures fluides à la cuillère. À partir de 6 mois, l'enfant peut commencer à boire à la tasse, et même s'il met plusieurs semaines à apprendre à boire correctement, il finira toujours par y arriver. Si la maman veut introduire le biberon, il vaut mieux qu'elle attende que son bébé ait bien appris à téter pendant 4 à 6 semaines, et qu'après elle ne l'utilise qu'occasionnellement. Il arrive cependant que des bébés qui ont bien pris le biberon à six semaines le refusent à 3 ou 4 mois, même s'ils ont pris le biberon régulièrement. Ne vous inquiétez pas et utilisez la cuillère et la tasse. Donner le biberon quand l'allaitement ne se passe pas bien n'est pas une bonne idée, cela rend généralement l'allaitement encore plus difficile. Pour votre bien-être et celui de votre bébé, n'essayez pas de le sevrer dans la contrainte. Faites-vous aider.
6. Si la mère se fait opérer, elle doit attendre une journée avant de redonner la tétée. C'est faux ! Le mère peut allaiter aussitôt après l'opération, dès qu'elle se sent d'attaque pour le faire. Ni la médication utilisée pendant l'opération, ni les analgésiques, ni les antibiotiques utilisés après l'opération n'obligent la mère à arrêter l'allaitement, sauf circonstances exceptionnelles. Dans certains hôpitaux, on adapte les soins à apporter à la mère ou à l'enfant en fonction des exigences de l'allaitement, de façon à ce qu'il puisse continuer. Beaucoup de règles tendant à limiter l'allaitement sont établies pour le confort du personnel médical et non au bénéfice des mères et des bébés.
7. Il est trop difficile d'allaiter des jumeaux. C'est faux ! Il est plus facile d'allaiter des jumeaux que de leur donner le biberon, quand l'allaitement se passe bien. C'est pourquoi il est d'autant plus important de bien veiller à ce que l'allaitement démarre bien quand la mère a donné naissance à des jumeaux (voir le feuillet n° 1, Bien commencer l'allaitement). Des femmes ont réussi à nourrir exclusivement au sein des triplés. Cela demande évidemment beaucoup de temps et de travail, mais de toute façon les naissances multiples demandent beaucoup de temps et de travail, quel que soit le mode d'alimentation choisi.
8. Les femmes dont les seins n'ont pas grossi ou ont peu grossi pendant la grossesse ne produisent pas assez de lait. C'est faux ! Il y a très peu de femmes qui ne peuvent pas produire assez de lait (mais elles peuvent quand même allaiter tout en donnant des compléments au moyen d'un dispositif d'aide à l'allaitement). Certaines de ces femmes ont dit que leurs seins n'avaient pas grossi pendant la grossesse. Cependant la grande majorité des femmes dont les seins ne semblent pas avoir grossi pendant la grossesse, produisent largement assez de lait pour nourrir leur enfant.
9. Une mère dont les seins ne sont pas pleins n'a pas assez de lait. C'est faux ! Les seins n'ont pas besoin d'être pleins pour produire bien assez de lait. Il est normal que les seins d'une femme qui allaite soient souples étant donné que son corps s'adapte à la demande du bébé. Les seins ne sont jamais vides, et ils produisent du lait tant que le bébé tète.
10. Il est indécent d'allaiter en public. C'est faux ! C'est l'humiliation et le harcèlement que subissent les femmes qui allaitent qui est indécent. Les femmes qui essayent de donner ce qu'il y a de mieux à leur bébé, ne devraient pas être forcées par les gens qui manquent de compréhension à rester chez elles ou à allaiter dans les toilettes publiques. Les gens que cela gène n'ont qu'à regarder ailleurs. Les enfants qui voient une femme allaiter ne reçoivent pas de choc psychologique. Au contraire, ils découvrent quelque chose d'important, de beau et de fascinant. Au moins, pour ces enfants-là, les seins ne servent pas uniquement à vendre de la bière. Les femmes qui ont laissé leur bébé à la maison avec un biberon pour pouvoir sortir apprennent, en voyant une autre mère allaiter son enfant en public, qu'il est possible de l'emmener avec soi.
11. Il n'est pas normal d'allaiter un enfant jusqu'à trois ou quatre ans, cela lui fait du tort en créant une relation de trop grande dépendance entre la mère et l'enfant. C'est faux ! Depuis les débuts de l'humanité, la règle de beaucoup de civilisations humaines a été d'allaiter les enfants pendant deux à quatre ans. Cela ne fait qu'une centaine d'années qu'on limite la durée de l'allaitement. Les enfants allaités au cours de leur troisième année ne sont pas plus dépendants. Au contraire, ils ont tendance à faire preuve d'une plus grande confiance en eux, donc à être plus indépendants. C'est eux qui prennent la décision d'arrêter l'allaitement, encouragés avec douceur par leur mère, et cela leur donne confiance en eux.
12. Si le bébé ne tète pas pendant quelques jours, il ne faut pas recommencer à allaiter car le lait de la mère a tourné dans son sein. C'est faux ! Le lait est aussi bon qu'avant. Ce n'est pas du lait en bouteille !
13. Une mère ne devrait pas allaiter après un exercice physique. C'est faux ! Il n'y a absolument aucune raison pour qu'une mère ne puisse pas allaiter après un exercice physique. L'étude qui a prétendu vouloir montrer que les bébés étaient excités après avoir tété leur mère qui venait de faire de l'exercice a été mal menée et est en parfaite contradiction avec l'expérience quotidienne de millions de mères.
14. Une mère qui allaite ne peut pas se faire faire de permanente ni se faire teindre les cheveux. C'est faux !
15. L'allaitement est responsable de tout. C'est vrai ! Si la mère est fatiguée, nerveuse, au bord des larmes, malade, si elle a des douleurs dans les genoux, si elle a des difficultés à dormir, si elle est prise de vertiges, si elle est anémique, si elle a de nouveau des crises d'arthrose, de migraines ou de tout autre problème chronique, si elle se plaint de perdre des cheveux, d'avoir des problèmes de vue, d'avoir des bourdonnements dans les oreilles ou des démangeaisons, la famille, le personnel de santé, les voisins, les amis et les chauffeurs de taxi vont mettre en cause l'allaitement. On va aussi accuser l'allaitement de provoquer des crises dans le couple, ou d'être responsable du mauvais comportement des autres enfants. C'est aussi à cause de l'allaitement si les taux d'intérêt augmentent et s'il y a une crise économique! Et dès que quelque chose ne va pas, tout le monde s'empresse de dire à la mère qu'il vaudrait mieux qu'elle arrête l'allaitement.
Feuillet n° 14 - Toujours des mythes sur l'allaitement
Feuillet n° 14 - Toujours des mythes sur l'allaitement
" More and More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. D' Jack Newman - Pédiatre
1. Une mère allaitante ne doit pas nourrir son bébé après avoir passé des examens radiographiques (rayons X).
Faux ! Les radiographies courantes, celles qui sont les plus souvent pratiquées, par exemple une radiographie des poumons, ou des dents, ne posent absolument aucun problème, et la mère peut allaiter son bébé comme d'habitude. Les mammographies sont plus difficiles à interpréter chez une mère qui allaite, mais cet examen est possible et la mère de doit pas cesser d'allaiter. L'évaluation d'une masse peut aussi se faire autrement. Les nouvelles méthodes d'imagerie comme les tomodensitométries et les IRM sont sans danger, même si des substances de contraste sont employées. Et les examens utilisant une substance radioactive ? Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une pyélographie intraveineuse, une lymphangiographie, une phlébographie, une artériographie, une myélographie… ne nécessitent aucune précaution. Mais qu'en est-il des examens employant à des nucléotides (scintigraphie osseuse ou pulmonaire) ? Il est vrai que le bébé recevra une toute petite quantité de nucléotides. Mais il faut se souvenir que ces mêmes examens sont souvent pratiqués chez l'enfant, même tout petit. Compte tenu des risques de l'alimentation au lait industriel, il est préférable que la mère continue à allaiter sans interruption. Si vous avez l'impression de devoir arrêter pendant une certaine période, tirez du lait à l'avance, pour que votre bébé boive votre lait et non du lait artificiel. Après deux demi-vies, 75 % de la substance sera éliminée de votre organisme. C'est sûrement une attente suffisante (la demi-vie du technétium, utilisé dans la plupart des radiographies, n'est que de six heures. Après 12 heures, 75 % du produit est donc éliminé). L'exception à cette règle est une scintigraphie de la thyroïde. Cet examen doit être évité autant que possible chez la mère allaitante, car elle ne pourra pas continuer l'allaitement après l'avoir subie. Il y a beaucoup de façons d'évaluer la fonction de la thyroïde, et ce type de scintigraphie thyroïdienne n'est que rarement nécessaire. Avant de subir cet examen à l'iode radioactif, vérifiez. Dans bien des cas où l'examen est nécessaire, on peut le retarder de plusieurs mois (voir le feuillet n° 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
2. Le lait peut se tarir " juste comme ça ".
Faux ! Si c'est possible, ce doit être très rare. En dehors de légères variations en fonction du moment de la journée, le volume de la sécrétion lactée ne change pas subitement. Certaines situations peuvent donner à penser à la mère que sa sécrétion lactée a brusquement baissé :
· Le bébé réclame plus souvent ; c'est ce qu'on appelle " une poussée ou un pic de croissance ". S'il semble ne pas avoir assez de lait, quelques jours de tétées plus fréquentes ramèneront les choses à la normale. Essayer la compression du sein pendant que le bébé tète (voir feuillet n°15)
· Le comportement du bébé est différent. Vers 5 à 6 semaines environ, certains bébés qui s'endormaient au sein lorsque le flot de lait diminuait commencent plutôt à s'agiter et à pleurer. Le lait n'a pas disparu, c'est le bébé qui a changé. Essayer de comprimer le sein pour permettre au bébé d'obtenir plus de lait
· Les seins de la mère sont plus souples et semblent moins " pleins ". C'est une évolution normale après quelques semaines d'allaitement ; la mère n'a plus les seins engorgés, ni même pleins. Tant que le bébé avale du lait pendant la tétée, il est inutile de se faire du souci (voir feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait ?).
· Le bébé tète moins bien. Cela est souvent dû au fait qu'il a reçu des biberons, ou qu'on lui donne une sucette ; il a appris un mode de succion inadéquat au sein.
La prise d'une pilule anticonceptionnelle peut abaisser la sécrétion lactée. En pareil cas, arrêter la pilule, ou essayer une pilule contenant uniquement un progestatif. Ou changer de méthode contraceptive.
Si le bébé ne reçoit réellement pas assez de lait, la mère devra demander de l'aide, et non introduire des biberons de complément qui ne feront qu'empirer les choses. Si des compléments sont indispensables, le bébé peut les recevoir à l'aide d'un DAL pendant la tétée ; cela n'interfère pas avec l'allaitement. On peut faire beaucoup avant de songer à donner des compléments de lait. Essayer de comprimer le sein pendant la tétée (voir feuillet n° 15, Compression du sein).
3. Les médecins s'y connaissent en matière d'allaitement. Faux ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, dans les pays occidentaux, très peu de médecins ont appris quoi que ce soit sur l'allaitement pendant leurs études. Encore moins ont appris ensuite comment aider pratiquement une mère à bien démarrer son allaitement, puis à le poursuivre dans des conditions optimales. L'essentiel de l'information qu'obtiennent les médecins en exercice en matière d'alimentation infantile provient des fabricants de lait industriel (représentants de commerce et publicités).
4. Les pédiatres, au moins, s'y connaissent en matière d'allaitement.
Faux ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, pendant leurs études, ils ont reçu le même enseignement sur l'allaitement que les omnipraticiens (à savoir généralement aucun), et pendant leur spécialisation la plupart n'ont rien appris sur l'allaitement ; le peu qu'ils auront éventuellement entendu ici et là sera généralement faux. Pour de nombreux pédiatres, l'allaitement est souvent " un obstacle à des soins de bonne qualité " lorsqu'un nourrisson est hospitalisé.
5. La littérature et les échantillons de lait distribués par les fabricants de lait industriel n'ont aucun impact sur la durée de l'allaitement.
Ah bon ? Alors pourquoi les fabricants de lait industriel se donnent-ils autant de mal pour distribuer aux mères leurs feuillets d'information et leurs échantillons ? Est-ce vraiment pour les encourager à allaiter ? Investissent-ils de l'argent dans ces feuillets et ces échantillons pour les inciter à allaiter plus longtemps ? Les fabricants donnent pour argument que, si la mère veut donner un lait industriel, ils veulent que ce soit un lait de leur marque. En fait, en se faisant de la concurrence, les fabricants de lait industriel font aussi de la concurrence à l'allaitement. Croiriez-vous ces arguments s'ils vous étaient donnés par un fabricant de cigarettes ?
6. Si la mère donne un lait industriel en même temps que son lait, cela induira des problèmes chez le bébé.
Faux ! Tout d'abord, la plupart des mères allaitantes n'auront pas besoin de lait industriel ; si une mère a un problème si grave que le don de lait industriel semble nécessaire, le problème pourra en fait souvent être résolu sans l'utilisation de lait industriel. Mais si un tel lait est réellement nécessaire, il peut être donné avec le lait maternel sans aucun problème.
7. Allaiter un bébé à la demande peut lui donner des coliques.
Faux ! Il est vrai que le bébé qui a des " coliques " est souvent au sein, et il est vrai qu'il prend souvent beaucoup de poids. Mais les coliques sont le plus souvent dues non au fait que le bébé tète souvent, mais au fait qu'il ne reçoit pas suffisamment de lait de fin de tétée, riche en graisses. Typiquement, le bébé tète bien au début, et puis s'endort vite au sein ou tète, mais ne boit pas. Après un certain temps, la mère le change de côté, et la même chose se reproduit. Ainsi le bébé qui ne reçoit que le lait relativement pauvre en graisses tétera souvent. Et s'il ne prend que du lait relativement pauvre en graisses, il peut aussi avoir des coliques, beaucoup de gaz, des selles aqueuses et expulsées avec violence, et il pleurera beaucoup. La mère peut rendre les tétées plus efficaces en s'assurant que le bébé tète suffisamment longtemps au premier sein pour qu'il boive davantage de lait riche en graisses. Elle peut aussi comprimer le sein avec la main quand le bébé n'avale plus (voir feuillets n° 3 sur les coliques, et n° 15 sur la compression du sein).
8. Une mère qui se fait vacciner (contre le tétanos, la rubéole, l'hépatite, etc.) doit arrêter l'allaitement pendant 24 heures (3 jours, 2 semaines…).
Faux ! Pourquoi donc? Il n'y a aucun risque, et cela pourra même présenter des avantages pour le bébé. Une seule exception : lorsque le bébé souffre d'une déficience immunitaire (rare), la mère ne doit pas recevoir de vaccin contenant un virus vivant (c'est-à-dire oral comme pour la polio, mais pas injectable comme pour la polio aussi, la rubéole, la rougeole, les oreillons, etc.), même si elle nourrit son bébé au lait industriel.
9. La confusion sein-tétine n'existe pas.
Faux ! Un bébé qui aura été nourri au biberon pendant une ou deux semaines après sa naissance, par exemple, refusera généralement le sein, même si sa mère a une sécrétion lactée abondante. Un bébé qui n'a eu que le sein pendant les 3 à 4 premiers mois refusera probablement de prendre un biberon. Certains bébés préfèrent un sein à l'autre. Les bébés nourris au biberon préfèrent souvent une sorte de tétine à une autre. Bref, il est courant que le bébé manifeste une préférence en la matière. La seule question est avec quelle rapidité il manifestera cette préférence. Dans certains cas, elle sera nette avec seulement un ou deux biberons. Un bébé qui a des difficultés à prendre le sein peut ne jamais avoir reçu de biberons, mais introduire une tétine en pareil cas améliorera rarement la situation et l'aggravera souvent. Signalons que beaucoup de mères s'entendent dire que la confusion sein-tétine n'existe pas, par les mêmes personnes qui affirment qu'il vaut mieux introduire rapidement les biberons afin que le bébé s'y habitue et les accepte bien.
Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une urographie, une angiographie, une phlébographie, une myélographie, une tomodensitométrie…ne nécessitent aucune précaution.
Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une urographie, une angiographie, une phlébographie, une myélographie, une tomodensitométrie…ne nécessitent aucune précaution.
" More and More Breastfeeding Myths ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. D' Jack Newman - Pédiatre
1. Une mère allaitante ne doit pas nourrir son bébé après avoir passé des examens radiographiques (rayons X).
Faux ! Les radiographies courantes, celles qui sont les plus souvent pratiquées, par exemple une radiographie des poumons, ou des dents, ne posent absolument aucun problème, et la mère peut allaiter son bébé comme d'habitude. Les mammographies sont plus difficiles à interpréter chez une mère qui allaite, mais cet examen est possible et la mère de doit pas cesser d'allaiter. L'évaluation d'une masse peut aussi se faire autrement. Les nouvelles méthodes d'imagerie comme les tomodensitométries et les IRM sont sans danger, même si des substances de contraste sont employées. Et les examens utilisant une substance radioactive ? Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une pyélographie intraveineuse, une lymphangiographie, une phlébographie, une artériographie, une myélographie… ne nécessitent aucune précaution. Mais qu'en est-il des examens employant à des nucléotides (scintigraphie osseuse ou pulmonaire) ? Il est vrai que le bébé recevra une toute petite quantité de nucléotides. Mais il faut se souvenir que ces mêmes examens sont souvent pratiqués chez l'enfant, même tout petit. Compte tenu des risques de l'alimentation au lait industriel, il est préférable que la mère continue à allaiter sans interruption. Si vous avez l'impression de devoir arrêter pendant une certaine période, tirez du lait à l'avance, pour que votre bébé boive votre lait et non du lait artificiel. Après deux demi-vies, 75 % de la substance sera éliminée de votre organisme. C'est sûrement une attente suffisante (la demi-vie du technétium, utilisé dans la plupart des radiographies, n'est que de six heures. Après 12 heures, 75 % du produit est donc éliminé). L'exception à cette règle est une scintigraphie de la thyroïde. Cet examen doit être évité autant que possible chez la mère allaitante, car elle ne pourra pas continuer l'allaitement après l'avoir subie. Il y a beaucoup de façons d'évaluer la fonction de la thyroïde, et ce type de scintigraphie thyroïdienne n'est que rarement nécessaire. Avant de subir cet examen à l'iode radioactif, vérifiez. Dans bien des cas où l'examen est nécessaire, on peut le retarder de plusieurs mois (voir le feuillet n° 9a, Vous pouvez continuer à allaiter).
2. Le lait peut se tarir " juste comme ça ".
Faux ! Si c'est possible, ce doit être très rare. En dehors de légères variations en fonction du moment de la journée, le volume de la sécrétion lactée ne change pas subitement. Certaines situations peuvent donner à penser à la mère que sa sécrétion lactée a brusquement baissé :
· Le bébé réclame plus souvent ; c'est ce qu'on appelle " une poussée ou un pic de croissance ". S'il semble ne pas avoir assez de lait, quelques jours de tétées plus fréquentes ramèneront les choses à la normale. Essayer la compression du sein pendant que le bébé tète (voir feuillet n°15)
· Le comportement du bébé est différent. Vers 5 à 6 semaines environ, certains bébés qui s'endormaient au sein lorsque le flot de lait diminuait commencent plutôt à s'agiter et à pleurer. Le lait n'a pas disparu, c'est le bébé qui a changé. Essayer de comprimer le sein pour permettre au bébé d'obtenir plus de lait
· Les seins de la mère sont plus souples et semblent moins " pleins ". C'est une évolution normale après quelques semaines d'allaitement ; la mère n'a plus les seins engorgés, ni même pleins. Tant que le bébé avale du lait pendant la tétée, il est inutile de se faire du souci (voir feuillet n° 4, Mon bébé prend-il assez de lait ?).
· Le bébé tète moins bien. Cela est souvent dû au fait qu'il a reçu des biberons, ou qu'on lui donne une sucette ; il a appris un mode de succion inadéquat au sein.
La prise d'une pilule anticonceptionnelle peut abaisser la sécrétion lactée. En pareil cas, arrêter la pilule, ou essayer une pilule contenant uniquement un progestatif. Ou changer de méthode contraceptive.
Si le bébé ne reçoit réellement pas assez de lait, la mère devra demander de l'aide, et non introduire des biberons de complément qui ne feront qu'empirer les choses. Si des compléments sont indispensables, le bébé peut les recevoir à l'aide d'un DAL pendant la tétée ; cela n'interfère pas avec l'allaitement. On peut faire beaucoup avant de songer à donner des compléments de lait. Essayer de comprimer le sein pendant la tétée (voir feuillet n° 15, Compression du sein).
3. Les médecins s'y connaissent en matière d'allaitement. Faux ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, dans les pays occidentaux, très peu de médecins ont appris quoi que ce soit sur l'allaitement pendant leurs études. Encore moins ont appris ensuite comment aider pratiquement une mère à bien démarrer son allaitement, puis à le poursuivre dans des conditions optimales. L'essentiel de l'information qu'obtiennent les médecins en exercice en matière d'alimentation infantile provient des fabricants de lait industriel (représentants de commerce et publicités).
4. Les pédiatres, au moins, s'y connaissent en matière d'allaitement.
Faux ! Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, pendant leurs études, ils ont reçu le même enseignement sur l'allaitement que les omnipraticiens (à savoir généralement aucun), et pendant leur spécialisation la plupart n'ont rien appris sur l'allaitement ; le peu qu'ils auront éventuellement entendu ici et là sera généralement faux. Pour de nombreux pédiatres, l'allaitement est souvent " un obstacle à des soins de bonne qualité " lorsqu'un nourrisson est hospitalisé.
5. La littérature et les échantillons de lait distribués par les fabricants de lait industriel n'ont aucun impact sur la durée de l'allaitement.
Ah bon ? Alors pourquoi les fabricants de lait industriel se donnent-ils autant de mal pour distribuer aux mères leurs feuillets d'information et leurs échantillons ? Est-ce vraiment pour les encourager à allaiter ? Investissent-ils de l'argent dans ces feuillets et ces échantillons pour les inciter à allaiter plus longtemps ? Les fabricants donnent pour argument que, si la mère veut donner un lait industriel, ils veulent que ce soit un lait de leur marque. En fait, en se faisant de la concurrence, les fabricants de lait industriel font aussi de la concurrence à l'allaitement. Croiriez-vous ces arguments s'ils vous étaient donnés par un fabricant de cigarettes ?
6. Si la mère donne un lait industriel en même temps que son lait, cela induira des problèmes chez le bébé.
Faux ! Tout d'abord, la plupart des mères allaitantes n'auront pas besoin de lait industriel ; si une mère a un problème si grave que le don de lait industriel semble nécessaire, le problème pourra en fait souvent être résolu sans l'utilisation de lait industriel. Mais si un tel lait est réellement nécessaire, il peut être donné avec le lait maternel sans aucun problème.
7. Allaiter un bébé à la demande peut lui donner des coliques.
Faux ! Il est vrai que le bébé qui a des " coliques " est souvent au sein, et il est vrai qu'il prend souvent beaucoup de poids. Mais les coliques sont le plus souvent dues non au fait que le bébé tète souvent, mais au fait qu'il ne reçoit pas suffisamment de lait de fin de tétée, riche en graisses. Typiquement, le bébé tète bien au début, et puis s'endort vite au sein ou tète, mais ne boit pas. Après un certain temps, la mère le change de côté, et la même chose se reproduit. Ainsi le bébé qui ne reçoit que le lait relativement pauvre en graisses tétera souvent. Et s'il ne prend que du lait relativement pauvre en graisses, il peut aussi avoir des coliques, beaucoup de gaz, des selles aqueuses et expulsées avec violence, et il pleurera beaucoup. La mère peut rendre les tétées plus efficaces en s'assurant que le bébé tète suffisamment longtemps au premier sein pour qu'il boive davantage de lait riche en graisses. Elle peut aussi comprimer le sein avec la main quand le bébé n'avale plus (voir feuillets n° 3 sur les coliques, et n° 15 sur la compression du sein).
8. Une mère qui se fait vacciner (contre le tétanos, la rubéole, l'hépatite, etc.) doit arrêter l'allaitement pendant 24 heures (3 jours, 2 semaines…).
Faux ! Pourquoi donc? Il n'y a aucun risque, et cela pourra même présenter des avantages pour le bébé. Une seule exception : lorsque le bébé souffre d'une déficience immunitaire (rare), la mère ne doit pas recevoir de vaccin contenant un virus vivant (c'est-à-dire oral comme pour la polio, mais pas injectable comme pour la polio aussi, la rubéole, la rougeole, les oreillons, etc.), même si elle nourrit son bébé au lait industriel.
9. La confusion sein-tétine n'existe pas.
Faux ! Un bébé qui aura été nourri au biberon pendant une ou deux semaines après sa naissance, par exemple, refusera généralement le sein, même si sa mère a une sécrétion lactée abondante. Un bébé qui n'a eu que le sein pendant les 3 à 4 premiers mois refusera probablement de prendre un biberon. Certains bébés préfèrent un sein à l'autre. Les bébés nourris au biberon préfèrent souvent une sorte de tétine à une autre. Bref, il est courant que le bébé manifeste une préférence en la matière. La seule question est avec quelle rapidité il manifestera cette préférence. Dans certains cas, elle sera nette avec seulement un ou deux biberons. Un bébé qui a des difficultés à prendre le sein peut ne jamais avoir reçu de biberons, mais introduire une tétine en pareil cas améliorera rarement la situation et l'aggravera souvent. Signalons que beaucoup de mères s'entendent dire que la confusion sein-tétine n'existe pas, par les mêmes personnes qui affirment qu'il vaut mieux introduire rapidement les biberons afin que le bébé s'y habitue et les accepte bien.
Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une urographie, une angiographie, une phlébographie, une myélographie, une tomodensitométrie…ne nécessitent aucune précaution.
Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une urographie, une angiographie, une phlébographie, une myélographie, une tomodensitométrie…ne nécessitent aucune précaution.
Feuillet n° 15 - La compression du sein
Feuillet n° 15 - La compression du sein
" Breast compression ". Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Le but de la compression du sein est d'aider le lait à couler quand le bébé ne tète pas efficacement (de type ouvrir - pause - fermer) par lui-même, afin qu'il continue d'avaler du lait. Elle provoquera le réflexe d'éjection, et permettra souvent d'obtenir un flot de lait plus abondant. Elle peut être utile pour :
1. les bébés qui ne prennent pas assez de poids ;
2. les bébés qui souffrent de coliques ;
3. les bébés qui veulent téter très souvent et/ou longtemps ;
4. encourager les bébés qui s'endorment rapidement au sein à téter ;
5. les mères qui ont les mamelons douloureux ;
6. les mères qui souffrent fréquemment de mastites ou de canaux lactifères bouchés.
Cette technique n'est pas utile si l'allaitement se passe bien. Lorsque tout va bien, la mère doit laisser son bébé " finir " le premier sein, et ensuite lui proposer l'autre si le bébé en manifeste l'envie. Comment savoir que le bébé a " fini " un sein ? Lorsqu'il n'avale plus de lait (mouvement de succion rapides, sans déglutition). La compression du sein fonctionne particulièrement bien les premiers jours, pour aider le bébé à boire davantage de colostrum. Le bébé n'a pas besoin de beaucoup de colostrum, mais il lui en faut quand même. Une bonne prise et la compression du sein l'aideront à en boire.
Il peut être utile de savoir que :
1. Un bébé qui est bien mis au sein obtiendra le lait plus facilement qu'un bébé qui est mal mis au sein. Un bébé mal mis au sein n'aura du lait que quand le flot de lait est abondant. Bon nombre de mères arrivent à allaiter plus ou moins sans problème en dépit d'une mauvaise prise du sein, parce qu'elles ont une sécrétion lactée abondante.
2. Pendant les 3 à 6 premières semaines, les bébés ont tendance à s'endormir au sein dès que le lait coule lentement, même s'ils n'ont pas eu assez de lait. Passé cette période, ils pourront s'agiter au sein si le flot de lait est peu abondant. Il arrive aussi que des bébés s'agitent au sein quand ils sont plus jeunes, même quand ils n'ont que quelques jours.
3. Malheureusement, il s'avère que beaucoup de bébés sont mal mis au sein. Si la sécrétion lactée maternelle est abondante, le bébé aura une croissance pondérale satisfaisante, mais la mère devra en payer le prix : mamelons douloureux, bébé " à coliques ", bébé perpétuellement au sein (mais qui ne boit vraiment qu'une partie du temps) ...
La compression du sein aide le lait à couler lorsque le bébé s'endort au sein, ce qui lui permet :
1. d'obtenir davantage de lait
2. d'obtenir du lait de fin de tétée riche en graisse.
En pratique, comment faire ?
1. Prendre le bébé avec un bras.
2. Tenir le sein avec l'autre main, pouce d'un côté, les autres doigts de l'autre côté du sein, loin de l'aréole.
3. Surveiller la façon dont le bébé tète (sans en faire une obsession, comme en ne quittant pas des yeux la bouche du bébé). Il reçoit de bonnes quantités de lait tant qu'il boit suivant le rythme ouvrir - pause - fermer pour chaque succion, la pause servant à la déglutition (il ne s'agit pas d'une pause entre deux succions).
4. Lorsque le bébé se met à " tétouiller ", que ses mouvements de succion deviennent rapides et superficiels, et donc lorsqu'il n'avale plus ou presque plus de lait, la mère comprimera son sein (mouvement de " traite "), loin de l'aréole : le geste ne doit pas être douloureux, et ne doit pas tirer sur l'aréole ; le flot de lait doit devenir plus abondant, et le bébé recommencer à avaler du lait
5. Continuer à comprimer le sein jusqu'au moment où le bébé n'avale plus de lait, même avec la compression. Souvent le bébé arrêtera de téter, mais il recommencera si le lait se remet à couler ; si le bébé continue à téter lorsque la mère a cessé de comprimer son sein, elle pourra attendre un petit moment avant de recommencer la compression.
6. La mère relâche la pression à la fois pour se reposer la main et pour laisser le lait couler de nouveau. Si le bébé arrête de téter quand cesse la compression, il recommencera quand il goûtera le lait dans sa bouche.
7. Lorsque le bébé recommence à téter, il doit avaler du lait ; si ce n'est pas le cas, recommencer à comprimer le sein.
8. Continuer ainsi au premier sein jusqu'au moment où le bébé n'avale plus de lait, même avec l'aide de la compression ; le laisser téter quelques minutes même s'il n'avale plus rien, au cas où un nouveau réflexe d'éjection surviendrait ; si ce n'est pas le cas, l'enlever du sein.
9. Si le bébé semble le souhaiter, le mettre à l'autre sein et répéter le processus.
10. Il est aussi possible, si la mère le souhaite, de changer de sein à plusieurs reprises pendant la tétée (super alternance).
11. Travailler à améliorer la prise du sein.
La méthode décrite ici donne de bons résultats chez de nombreuses mères, d'après notre expérience. On peut poursuivre la compression tant que le geste est confortable pour la mère, et tant que le bébé avale du lait régulièrement. Mais si une mère trouve quelque chose qui fonctionne mieux pour elle et son bébé, pour l'amener à téter suivant le rythme ouvrir-pause-fermer, elle ne doit pas hésiter à le faire.
Par ailleurs, cette manœuvre ne sera pas toujours nécessaire. Lorsque l'enfant deviendra plus efficace au sein, la mère pourra laisser faire la nature.
" Breast compression ". Révisé en janvier 2000, octobre 2000 pour la version française.
Le but de la compression du sein est d'aider le lait à couler quand le bébé ne tète pas efficacement (de type ouvrir - pause - fermer) par lui-même, afin qu'il continue d'avaler du lait. Elle provoquera le réflexe d'éjection, et permettra souvent d'obtenir un flot de lait plus abondant. Elle peut être utile pour :
1. les bébés qui ne prennent pas assez de poids ;
2. les bébés qui souffrent de coliques ;
3. les bébés qui veulent téter très souvent et/ou longtemps ;
4. encourager les bébés qui s'endorment rapidement au sein à téter ;
5. les mères qui ont les mamelons douloureux ;
6. les mères qui souffrent fréquemment de mastites ou de canaux lactifères bouchés.
Cette technique n'est pas utile si l'allaitement se passe bien. Lorsque tout va bien, la mère doit laisser son bébé " finir " le premier sein, et ensuite lui proposer l'autre si le bébé en manifeste l'envie. Comment savoir que le bébé a " fini " un sein ? Lorsqu'il n'avale plus de lait (mouvement de succion rapides, sans déglutition). La compression du sein fonctionne particulièrement bien les premiers jours, pour aider le bébé à boire davantage de colostrum. Le bébé n'a pas besoin de beaucoup de colostrum, mais il lui en faut quand même. Une bonne prise et la compression du sein l'aideront à en boire.
Il peut être utile de savoir que :
1. Un bébé qui est bien mis au sein obtiendra le lait plus facilement qu'un bébé qui est mal mis au sein. Un bébé mal mis au sein n'aura du lait que quand le flot de lait est abondant. Bon nombre de mères arrivent à allaiter plus ou moins sans problème en dépit d'une mauvaise prise du sein, parce qu'elles ont une sécrétion lactée abondante.
2. Pendant les 3 à 6 premières semaines, les bébés ont tendance à s'endormir au sein dès que le lait coule lentement, même s'ils n'ont pas eu assez de lait. Passé cette période, ils pourront s'agiter au sein si le flot de lait est peu abondant. Il arrive aussi que des bébés s'agitent au sein quand ils sont plus jeunes, même quand ils n'ont que quelques jours.
3. Malheureusement, il s'avère que beaucoup de bébés sont mal mis au sein. Si la sécrétion lactée maternelle est abondante, le bébé aura une croissance pondérale satisfaisante, mais la mère devra en payer le prix : mamelons douloureux, bébé " à coliques ", bébé perpétuellement au sein (mais qui ne boit vraiment qu'une partie du temps) ...
La compression du sein aide le lait à couler lorsque le bébé s'endort au sein, ce qui lui permet :
1. d'obtenir davantage de lait
2. d'obtenir du lait de fin de tétée riche en graisse.
En pratique, comment faire ?
1. Prendre le bébé avec un bras.
2. Tenir le sein avec l'autre main, pouce d'un côté, les autres doigts de l'autre côté du sein, loin de l'aréole.
3. Surveiller la façon dont le bébé tète (sans en faire une obsession, comme en ne quittant pas des yeux la bouche du bébé). Il reçoit de bonnes quantités de lait tant qu'il boit suivant le rythme ouvrir - pause - fermer pour chaque succion, la pause servant à la déglutition (il ne s'agit pas d'une pause entre deux succions).
4. Lorsque le bébé se met à " tétouiller ", que ses mouvements de succion deviennent rapides et superficiels, et donc lorsqu'il n'avale plus ou presque plus de lait, la mère comprimera son sein (mouvement de " traite "), loin de l'aréole : le geste ne doit pas être douloureux, et ne doit pas tirer sur l'aréole ; le flot de lait doit devenir plus abondant, et le bébé recommencer à avaler du lait
5. Continuer à comprimer le sein jusqu'au moment où le bébé n'avale plus de lait, même avec la compression. Souvent le bébé arrêtera de téter, mais il recommencera si le lait se remet à couler ; si le bébé continue à téter lorsque la mère a cessé de comprimer son sein, elle pourra attendre un petit moment avant de recommencer la compression.
6. La mère relâche la pression à la fois pour se reposer la main et pour laisser le lait couler de nouveau. Si le bébé arrête de téter quand cesse la compression, il recommencera quand il goûtera le lait dans sa bouche.
7. Lorsque le bébé recommence à téter, il doit avaler du lait ; si ce n'est pas le cas, recommencer à comprimer le sein.
8. Continuer ainsi au premier sein jusqu'au moment où le bébé n'avale plus de lait, même avec l'aide de la compression ; le laisser téter quelques minutes même s'il n'avale plus rien, au cas où un nouveau réflexe d'éjection surviendrait ; si ce n'est pas le cas, l'enlever du sein.
9. Si le bébé semble le souhaiter, le mettre à l'autre sein et répéter le processus.
10. Il est aussi possible, si la mère le souhaite, de changer de sein à plusieurs reprises pendant la tétée (super alternance).
11. Travailler à améliorer la prise du sein.
La méthode décrite ici donne de bons résultats chez de nombreuses mères, d'après notre expérience. On peut poursuivre la compression tant que le geste est confortable pour la mère, et tant que le bébé avale du lait régulièrement. Mais si une mère trouve quelque chose qui fonctionne mieux pour elle et son bébé, pour l'amener à téter suivant le rythme ouvrir-pause-fermer, elle ne doit pas hésiter à le faire.
Par ailleurs, cette manœuvre ne sera pas toujours nécessaire. Lorsque l'enfant deviendra plus efficace au sein, la mère pourra laisser faire la nature.
Feuillet n° 16 - Commencer l'alimentation solide
Feuillet n° 16 - Commencer l'alimentation solide
" Solid Foods ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Le lait maternel est la seule chose dont votre bébé a besoin jusqu'à l'âge de quatre mois au moins. La plupart des bébés se porteront très bien avec uniquement du lait maternel jusqu'à l'âge de six mois ou plus.
Pourquoi faut-il commencer les solides ?
Parce qu'il vient un moment où le lait maternel ne comble plus tous les besoins nutritionnels. Ceci ne veut pas dire, comme le disent certaines personnes mal informées, que le lait maternel est sans valeur nutritionnelle une fois passés les six premiers mois. Un bébé né à terme commencera à avoir besoin de fer provenant d'autres sources entre 6 et 9 mois. L'apport calorique réalisé par le lait maternel peut s'avérer insuffisant à partir de 8 à 9 mois, bien que certains bébés exclusivement allaités peuvent continuer à avoir une croissance satisfaisante bien au-delà d'un an.
Parce que certains bébés qui ne commencent pas les solides à un certain stade (9-12 mois) peuvent avoir de grandes difficultés à accepter ensuite une alimentation solide.
Parce que votre enfant franchira un jalon important dans son développement quand il commencera les solides. Il est en train de grandir. En règle générale les bébés ont envie de manger des solides. Pourquoi les en empêcher ?
Quand faut il commencer les solides?
Le meilleur moment pour commencer l'introduction des solides, c'est quand l'enfant commence à s'y intéresser. Certains bébés vont s'intéresser aux aliments qui se trouvent dans l'assiette de leurs parents dès l'âge de 4 mois. Entre 5 et 6 mois, la plupart des bébés tendent la main pour essayer de prendre les aliments dans l'assiette de leurs parents. Quand le bébé commence à tendre la main vers la nourriture, il semblerait que le moment soit venu de lui en donner. Il n'y a pas vraiment de raison de commencer à une date spécifique (4 mois, ou 6 mois). Soyez à l'écoute de votre bébé.
Dans certains cas, il est préférable de commencer plus tôt. Quand un enfant semble avoir faim, ou quand sa prise de poids n'est pas aussi bonne qu'il serait souhaitable, il peut être raisonnable d'envisager de commencer les solides dès l'âge de 3 mois. Cependant, il est possible, avec de l'aide, de continuer à allaiter exclusivement et tout en permettant au bébé d'être moins affamé ou de grossir plus rapidement. Mais si les méthodes proposées ne permettent pas de résoudre le problème, l'introduction des solides peut être une solution. Donner du lait artificiel ne présente aucun avantage, et peut même présenter des inconvénients. Un bébé qui n'est pas complètement satisfait au sein peut commencer à prendre de plus en plus de lait au biberon, et finir par refuser de prendre le sein.
Un bébé allaité digère mieux et plus tôt les aliments solides qu'un enfant nourri au lait industriel, car le lait maternel contient des enzymes qui l'aident à digérer les graisses, les protéines et les féculents. De plus, les bébés allaités ont été exposés à une plus grande variété de sensations gustatives dans leur existence, puisque le goût de nombreux aliments consommés par la mère se transmet à son lait. Les bébés nourris au sein acceptent ainsi plus facilement les solides que les bébés nourris au lait artificiel. Le lait maternel est une chose étonnante, n'est-ce pas ?
Comment faut-il commencer les solides ?
Quand un bébé commence à prendre des solides, vers cinq ou six mois, le premier aliment ou l'ordre de présentation suivi n'a pas vraiment d'importance. Au départ, il est prudent d'éviter des aliments très épicés ou hautement allergènes, tels que le blanc d’œuf ou les fraises, mais si votre bébé tend la main vers la pomme de terre qui se trouve sur votre assiette, assurez-vous qu'elle n'est pas trop chaude, et laissez bébé la prendre. Ce n'est pas la peine de suivre un ordre particulier, et ce n'est pas la peine de limiter bébé à un seul aliment pendant une certaine période de temps. Certains bébés exclusivement allaités n'aiment pas les bouillies de céréales lorsqu'elles sont proposées vers cinq ou six mois. Il n'y a pas raison de s'inquiéter ni d'insister si l'enfant ne veut pas de céréales. Les bouillies ne sont ni magiques, ni obligatoires. Offrez à votre bébé les aliments qui l'intéressent. Au début, laissez l'enfant apprécier la nourriture, ne vous inquiétez pas de la quantité exacte qu'il ingère. De toute façon, la plus grande partie risque de se retrouver dans ses cheveux ou par terre. De plus, si le bébé a cinq ou six mois, ce n'est pas la peine de réduire ses aliments en purée. Au départ il suffit de les écraser avec une fourchette. Ce n'est pas la peine non plus de surveiller la quantité. Pourquoi limiter votre bébé à une cuillère à café s'il en veut davantage ? Vous n'avez pas besoin de gaspiller votre argent à acheter des petits pots pour bébé.
Soyez décontractés, nourrissez votre bébé à vos heures de repas ; s'il se débrouille bien avec les solides, offrez-lui une plus grande variété d'aliments quand l'occasion se présente.
La meilleure source de fer pour un bébé de cinq ou six mois est la viande. Les bouillies pour nourrisson contiennent du fer, mais ce dernier est mal absorbé et peut constiper le bébé.
Il n'y a pas de raison d'introduire les légumes avant les fruits. Le lait maternel est bien plus sucré que les fruits, il n'y a donc pas de raison de penser que votre bébé mangera mieux les légumes si l'on retarde l'introduction des fruits.
Respectez ce que votre bébé aime et n'aime pas. Il n'y a aucun aliment essentiel si ce n'est le lait maternel. Si votre bébé n'aime pas un aliment, n'insistez pas. Si vous pensez que cet aliment est important pour lui , attendez quelques semaines puis proposez-lui de nouveau.
Aux environs de 8 mois, les bébés ont tendance à affirmer leur caractère. Il se peut que votre bébé ne veuille pas que vous lui mettiez une cuillère dans la bouche. Il va sans doute vous la retirer des mains et la mettre lui-même dans sa bouche, souvent à l'envers, et les aliments vont lui tomber sur les genoux. Respectez ses tentatives d'indépendance, et encouragez son apprentissage.
Et si je commence les solides à trois mois ?
À cet âge il peut être prudent d'aller un peu plus lentement. Commencez avec de la bouillie de céréales ou des aliments faciles à écraser comme une banane. Parfois un bébé mangera plus facilement si vous lui offrez les aliments avec le doigt plutôt qu'avec une cuillère. Allez-y plus lentement avec les quantités aussi. Mais au fur et à mesure que le bébé tolère les solides, la variété et les quantités peuvent être augmentées en fonction des désirs du bébé. Mais au fait, pourquoi commencez-vous à lui donner des solides à trois mois?
Faut-il commencer le repas par les solides ou par le sein ?
Quand un enfant commence les solides, les gens se demandent souvent s'il faut commencer par lui donner le sein ou les solides. Si l'allaitement et l'introduction des solides se passent bien tous les deux, ça n'a pas vraiment d'importance. En fait, il n'y a aucune raison de donner le sein et des solides chaque fois que le bébé mange.
" Solid Foods ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Le lait maternel est la seule chose dont votre bébé a besoin jusqu'à l'âge de quatre mois au moins. La plupart des bébés se porteront très bien avec uniquement du lait maternel jusqu'à l'âge de six mois ou plus.
Pourquoi faut-il commencer les solides ?
Parce qu'il vient un moment où le lait maternel ne comble plus tous les besoins nutritionnels. Ceci ne veut pas dire, comme le disent certaines personnes mal informées, que le lait maternel est sans valeur nutritionnelle une fois passés les six premiers mois. Un bébé né à terme commencera à avoir besoin de fer provenant d'autres sources entre 6 et 9 mois. L'apport calorique réalisé par le lait maternel peut s'avérer insuffisant à partir de 8 à 9 mois, bien que certains bébés exclusivement allaités peuvent continuer à avoir une croissance satisfaisante bien au-delà d'un an.
Parce que certains bébés qui ne commencent pas les solides à un certain stade (9-12 mois) peuvent avoir de grandes difficultés à accepter ensuite une alimentation solide.
Parce que votre enfant franchira un jalon important dans son développement quand il commencera les solides. Il est en train de grandir. En règle générale les bébés ont envie de manger des solides. Pourquoi les en empêcher ?
Quand faut il commencer les solides?
Le meilleur moment pour commencer l'introduction des solides, c'est quand l'enfant commence à s'y intéresser. Certains bébés vont s'intéresser aux aliments qui se trouvent dans l'assiette de leurs parents dès l'âge de 4 mois. Entre 5 et 6 mois, la plupart des bébés tendent la main pour essayer de prendre les aliments dans l'assiette de leurs parents. Quand le bébé commence à tendre la main vers la nourriture, il semblerait que le moment soit venu de lui en donner. Il n'y a pas vraiment de raison de commencer à une date spécifique (4 mois, ou 6 mois). Soyez à l'écoute de votre bébé.
Dans certains cas, il est préférable de commencer plus tôt. Quand un enfant semble avoir faim, ou quand sa prise de poids n'est pas aussi bonne qu'il serait souhaitable, il peut être raisonnable d'envisager de commencer les solides dès l'âge de 3 mois. Cependant, il est possible, avec de l'aide, de continuer à allaiter exclusivement et tout en permettant au bébé d'être moins affamé ou de grossir plus rapidement. Mais si les méthodes proposées ne permettent pas de résoudre le problème, l'introduction des solides peut être une solution. Donner du lait artificiel ne présente aucun avantage, et peut même présenter des inconvénients. Un bébé qui n'est pas complètement satisfait au sein peut commencer à prendre de plus en plus de lait au biberon, et finir par refuser de prendre le sein.
Un bébé allaité digère mieux et plus tôt les aliments solides qu'un enfant nourri au lait industriel, car le lait maternel contient des enzymes qui l'aident à digérer les graisses, les protéines et les féculents. De plus, les bébés allaités ont été exposés à une plus grande variété de sensations gustatives dans leur existence, puisque le goût de nombreux aliments consommés par la mère se transmet à son lait. Les bébés nourris au sein acceptent ainsi plus facilement les solides que les bébés nourris au lait artificiel. Le lait maternel est une chose étonnante, n'est-ce pas ?
Comment faut-il commencer les solides ?
Quand un bébé commence à prendre des solides, vers cinq ou six mois, le premier aliment ou l'ordre de présentation suivi n'a pas vraiment d'importance. Au départ, il est prudent d'éviter des aliments très épicés ou hautement allergènes, tels que le blanc d’œuf ou les fraises, mais si votre bébé tend la main vers la pomme de terre qui se trouve sur votre assiette, assurez-vous qu'elle n'est pas trop chaude, et laissez bébé la prendre. Ce n'est pas la peine de suivre un ordre particulier, et ce n'est pas la peine de limiter bébé à un seul aliment pendant une certaine période de temps. Certains bébés exclusivement allaités n'aiment pas les bouillies de céréales lorsqu'elles sont proposées vers cinq ou six mois. Il n'y a pas raison de s'inquiéter ni d'insister si l'enfant ne veut pas de céréales. Les bouillies ne sont ni magiques, ni obligatoires. Offrez à votre bébé les aliments qui l'intéressent. Au début, laissez l'enfant apprécier la nourriture, ne vous inquiétez pas de la quantité exacte qu'il ingère. De toute façon, la plus grande partie risque de se retrouver dans ses cheveux ou par terre. De plus, si le bébé a cinq ou six mois, ce n'est pas la peine de réduire ses aliments en purée. Au départ il suffit de les écraser avec une fourchette. Ce n'est pas la peine non plus de surveiller la quantité. Pourquoi limiter votre bébé à une cuillère à café s'il en veut davantage ? Vous n'avez pas besoin de gaspiller votre argent à acheter des petits pots pour bébé.
Soyez décontractés, nourrissez votre bébé à vos heures de repas ; s'il se débrouille bien avec les solides, offrez-lui une plus grande variété d'aliments quand l'occasion se présente.
La meilleure source de fer pour un bébé de cinq ou six mois est la viande. Les bouillies pour nourrisson contiennent du fer, mais ce dernier est mal absorbé et peut constiper le bébé.
Il n'y a pas de raison d'introduire les légumes avant les fruits. Le lait maternel est bien plus sucré que les fruits, il n'y a donc pas de raison de penser que votre bébé mangera mieux les légumes si l'on retarde l'introduction des fruits.
Respectez ce que votre bébé aime et n'aime pas. Il n'y a aucun aliment essentiel si ce n'est le lait maternel. Si votre bébé n'aime pas un aliment, n'insistez pas. Si vous pensez que cet aliment est important pour lui , attendez quelques semaines puis proposez-lui de nouveau.
Aux environs de 8 mois, les bébés ont tendance à affirmer leur caractère. Il se peut que votre bébé ne veuille pas que vous lui mettiez une cuillère dans la bouche. Il va sans doute vous la retirer des mains et la mettre lui-même dans sa bouche, souvent à l'envers, et les aliments vont lui tomber sur les genoux. Respectez ses tentatives d'indépendance, et encouragez son apprentissage.
Et si je commence les solides à trois mois ?
À cet âge il peut être prudent d'aller un peu plus lentement. Commencez avec de la bouillie de céréales ou des aliments faciles à écraser comme une banane. Parfois un bébé mangera plus facilement si vous lui offrez les aliments avec le doigt plutôt qu'avec une cuillère. Allez-y plus lentement avec les quantités aussi. Mais au fur et à mesure que le bébé tolère les solides, la variété et les quantités peuvent être augmentées en fonction des désirs du bébé. Mais au fait, pourquoi commencez-vous à lui donner des solides à trois mois?
Faut-il commencer le repas par les solides ou par le sein ?
Quand un enfant commence les solides, les gens se demandent souvent s'il faut commencer par lui donner le sein ou les solides. Si l'allaitement et l'introduction des solides se passent bien tous les deux, ça n'a pas vraiment d'importance. En fait, il n'y a aucune raison de donner le sein et des solides chaque fois que le bébé mange.
Feuillet n° 17 - Que donner à manger au bébé quand la mère travaille à l'extérieur
Feuillet n° 17 - Que donner à manger au bébé quand la mère travaille à l'extérieur
" What to Feed the Baby when the Mother is Working Outside the Home " . Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Ceci n'est pas un feuillet d'information sur les tenants et aboutissants du travail à l'extérieur de la maison et de l'allaitement. Ce feuillet donne des informations sur la manière dont votre bébé peut être nourri quand vous n'êtes pas avec lui. Il s'adresse plus précisément aux mères qui reprennent un travail salarié quand leur bébé est âgé d'environ 6 mois. Les nouvelles mères devraient pouvoir rester à la maison avec leur bébé aussi longtemps que possible et profiter pleinement des 26 semaines de congé de maternité auxquelles elles ont droit au Canada (beaucoup moins malheureusement en France). Votre bébé n'aura plus jamais cet âge.
Quelques mythes :
1. " Les bébés doivent apprendre à prendre le biberon pour être nourris en l'absence de leur mère ".
Faux.
Certains bébés allaités exclusivement refuseront de prendre un biberon vers 2 ou 3 mois. La plupart de ceux qui n'auront pas pris de biberon, voire même certains parmi ceux qui auront accepté un biberon pendant leurs premières semaines de vie, refuseront de le prendre vers 4-5 mois. Ce n'est pas une tragédie, et il n'est pas nécessaire de donner tôt le biberon pour apprendre au bébé à l'utiliser. Si votre bébé refuse de prendre le biberon, n'essayez pas de le forcer; vous et lui pourrez en être très frustrés, et il n'est pas besoin d'en passer par là. Si votre bébé est âgé de 6 mois quand vous recommencez à travailler à l'extérieur, le bébé n'a tout simplement pas besoin de prendre le biberon. Il peut recevoir des solides avec une cuillère, tout comme n'importe quel bébé de six mois, et il peut en prendre suffisamment pour ne pas avoir faim durant la journée. De plus, il peut commencer à apprendre à boire au gobelet, même à 5 ou 6 mois. Le gobelet peut être sans couvercle et n'a pas besoin d'avoir un bec. Commencer avec de l'eau, car votre bébé risque d'en renverser beaucoup au début. Cependant, s'il ne semble pas aimer boire au gobelet quand vous devez le laisser, ne vous inquiétez pas, il peut prendre les liquides avec une cuillère, ou les solides peuvent être mixés avec plus de liquide (lait exprimé, jus). Évidemment, si le bébé doit consommer une grande quantité d'aliments à 6 mois, il peut avoir besoin de commencer les solides vers 5 mois. Cependant, certains bébés préfèrent attendre leur mère pour avaler quelque chose. C'est tout à fait possible; beaucoup de bébés dorment 12 heures la nuit sans boire ni manger.
2. " Mais donner un biberon au bébé ne peut pas faire de tort ".
Pas toujours vrai.
Certains bébés se débrouilleront bien avec les deux. Un biberon occasionnel, quand l'allaitement va bien, ne posera pas de problème. Mais si le bébé prend régulièrement plusieurs biberons par jour, et qu'en plus, votre production de lait diminue parce que le bébé tète moins, il est possible que le bébé commence à refuser le sein, même s'il est âgé de plus de 6 mois.
3. " Les bébés ont besoin de boire du lait quand la mère n'est pas à la maison ".
Faux.
Trois ou quatre bonnes tétées sur 24 heures avec en plus une alimentation solide variée donnent aux bébé tout ce dont il a besoin sur le plan nutritionnel, et il n'a donc pas besoin d'un autre type de lait quand vous travaillez à l'extérieur. Bien sur, les aliments solides peuvent être mixés avec du lait exprimé, ou un autre lait, mais ce n'est pas nécessaire.
4. " Si le bébé doit prendre un autre lait que celui de sa mère, cela doit être du lait industriel infantile (deuxième âge) jusqu'à au moins 9 mois ".
Faux.
Si le bébé tète plusieurs fois par jour et reçoit une bonne quantité d'aliments solides variés, les laits industriels infantiles ne sont ni utiles, ni désirables. En fait, les bébés qui n'ont pas eu l'occasion de boire du lait industriel avant l'âge de 5 ou 6 mois refusent souvent de le boire parce qu'il a un goût désagréable. (Si vous voulez vous convaincre de nos maigres connaissances au sujet du lait maternel, demandez-vous pourquoi, alors que le lait maternel et les laits industriels ont le même taux de sucre, le lait maternel a un goût beaucoup plus sucré). Si vous voulez donner au bébé un autre lait, du lait du commerce est acceptable à 6 mois, à condition que ce ne soit pas le seul aliment du bébé. En fait, quand le bébé prend de bonnes quantités d'une large variété d'aliments, tète 3 ou 4 fois par jour; grandit bien, du lait du commerce, entier ou écrémé, peut convenir, tout en n'étant pas indispensable.
5. " Les laits de suite (pour nourrissons de plus de 6 mois) sont spécialement adaptés aux besoins du bébé de 6 à 12 mois ".
Faux.
Ils sont absolument inutiles et ne sont spécialement adaptés qu'aux intérêts financiers de leurs fabricants. Ils font également partie des stratégies de marketing qui tentent de contourner la réglementation sur la publicité concernant les préparations pour nourrissons auprès du grand public (largement violées de toute façon) (1). En Europe, il y a maintenant des laits spéciaux dits " de croissance " pour les bambins (1 à 3 ans). Certains sont prêts à vendre n'importe quoi. Ces produits seront bientôt disponibles dans d'autres pays. Vous pouvez parier dessus. Le profit avant tout.
6. " Le bébé allaité de 4 mois doit recevoir plus de fer que celui fourni par le lait maternel seul ".
Faux.
Pour le bébé né à terme qui est exclusivement allaité, tout le fer nécessaire est fourni par le lait maternel. Cependant, vers 6 mois, il devient prudent de commencer à donner au bébé plus de fer que celui fourni uniquement par le lait de sa mère.
7. " Le meilleur moyen d'être certain que le bébé reçoit assez de fer, c'est de lui donner des céréales pour bébé ".
Faux.
Les céréales pour bébé contiennent beaucoup de fer, mais la plus grande partie n'est pas absorbée, et cette quantité de fer semble provoquer des constipations chez certains bébés. De plus, certains bébés qui n'ont eu que du lait maternel jusqu'à 5 ou 6 mois, ne semblent pas apprécier les céréales. Il n'y a rien à redire aux céréales, mais donner cet aliment à des bébés peu disposés à l'avaler peut être à l'origine de difficultés alimentaires ultérieures. La meilleure façon de s'assurer que le bébé reçoit assez de fer, c'est de poursuivre l'allaitement et d'introduire des aliments solides dans une atmosphère détendue, sereine, à un moment opportun (voir le feuillet n° 16, " Commencer l'alimentation solide "). Le moment opportun est celui où le bébé montre de l'intérêt pour la nourriture en cherchant à l'attraper et en essayant de manger la nourriture de ses parents ou d'autres membres de la famille. Cela arrive habituellement entre 4 mois et demi et 5 mois et demi. Un bébé à cet âge peut manger ce que ses parents mangent, à quelques exceptions près. Il n'y a aucune raison d'être obsédé par l'ordre d'introduction des aliments, ou de n'introduire qu'un seul aliment par semaine. La meilleure source de fer pour les bébés de 6 à 12 mois reste la viande, dont le fer est très bien absorbé. Commencez à donner au bébé des solides de manière à rendre les repas joyeux, et le bébé mangera des aliments contenant le fer dont il a besoin.
Notes de IPA concernant la France :
: Les publicités pour lait " premier âge " (0 à 4 mois) sont interdites dans la presse " grand-public ".
" What to Feed the Baby when the Mother is Working Outside the Home " . Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Ceci n'est pas un feuillet d'information sur les tenants et aboutissants du travail à l'extérieur de la maison et de l'allaitement. Ce feuillet donne des informations sur la manière dont votre bébé peut être nourri quand vous n'êtes pas avec lui. Il s'adresse plus précisément aux mères qui reprennent un travail salarié quand leur bébé est âgé d'environ 6 mois. Les nouvelles mères devraient pouvoir rester à la maison avec leur bébé aussi longtemps que possible et profiter pleinement des 26 semaines de congé de maternité auxquelles elles ont droit au Canada (beaucoup moins malheureusement en France). Votre bébé n'aura plus jamais cet âge.
Quelques mythes :
1. " Les bébés doivent apprendre à prendre le biberon pour être nourris en l'absence de leur mère ".
Faux.
Certains bébés allaités exclusivement refuseront de prendre un biberon vers 2 ou 3 mois. La plupart de ceux qui n'auront pas pris de biberon, voire même certains parmi ceux qui auront accepté un biberon pendant leurs premières semaines de vie, refuseront de le prendre vers 4-5 mois. Ce n'est pas une tragédie, et il n'est pas nécessaire de donner tôt le biberon pour apprendre au bébé à l'utiliser. Si votre bébé refuse de prendre le biberon, n'essayez pas de le forcer; vous et lui pourrez en être très frustrés, et il n'est pas besoin d'en passer par là. Si votre bébé est âgé de 6 mois quand vous recommencez à travailler à l'extérieur, le bébé n'a tout simplement pas besoin de prendre le biberon. Il peut recevoir des solides avec une cuillère, tout comme n'importe quel bébé de six mois, et il peut en prendre suffisamment pour ne pas avoir faim durant la journée. De plus, il peut commencer à apprendre à boire au gobelet, même à 5 ou 6 mois. Le gobelet peut être sans couvercle et n'a pas besoin d'avoir un bec. Commencer avec de l'eau, car votre bébé risque d'en renverser beaucoup au début. Cependant, s'il ne semble pas aimer boire au gobelet quand vous devez le laisser, ne vous inquiétez pas, il peut prendre les liquides avec une cuillère, ou les solides peuvent être mixés avec plus de liquide (lait exprimé, jus). Évidemment, si le bébé doit consommer une grande quantité d'aliments à 6 mois, il peut avoir besoin de commencer les solides vers 5 mois. Cependant, certains bébés préfèrent attendre leur mère pour avaler quelque chose. C'est tout à fait possible; beaucoup de bébés dorment 12 heures la nuit sans boire ni manger.
2. " Mais donner un biberon au bébé ne peut pas faire de tort ".
Pas toujours vrai.
Certains bébés se débrouilleront bien avec les deux. Un biberon occasionnel, quand l'allaitement va bien, ne posera pas de problème. Mais si le bébé prend régulièrement plusieurs biberons par jour, et qu'en plus, votre production de lait diminue parce que le bébé tète moins, il est possible que le bébé commence à refuser le sein, même s'il est âgé de plus de 6 mois.
3. " Les bébés ont besoin de boire du lait quand la mère n'est pas à la maison ".
Faux.
Trois ou quatre bonnes tétées sur 24 heures avec en plus une alimentation solide variée donnent aux bébé tout ce dont il a besoin sur le plan nutritionnel, et il n'a donc pas besoin d'un autre type de lait quand vous travaillez à l'extérieur. Bien sur, les aliments solides peuvent être mixés avec du lait exprimé, ou un autre lait, mais ce n'est pas nécessaire.
4. " Si le bébé doit prendre un autre lait que celui de sa mère, cela doit être du lait industriel infantile (deuxième âge) jusqu'à au moins 9 mois ".
Faux.
Si le bébé tète plusieurs fois par jour et reçoit une bonne quantité d'aliments solides variés, les laits industriels infantiles ne sont ni utiles, ni désirables. En fait, les bébés qui n'ont pas eu l'occasion de boire du lait industriel avant l'âge de 5 ou 6 mois refusent souvent de le boire parce qu'il a un goût désagréable. (Si vous voulez vous convaincre de nos maigres connaissances au sujet du lait maternel, demandez-vous pourquoi, alors que le lait maternel et les laits industriels ont le même taux de sucre, le lait maternel a un goût beaucoup plus sucré). Si vous voulez donner au bébé un autre lait, du lait du commerce est acceptable à 6 mois, à condition que ce ne soit pas le seul aliment du bébé. En fait, quand le bébé prend de bonnes quantités d'une large variété d'aliments, tète 3 ou 4 fois par jour; grandit bien, du lait du commerce, entier ou écrémé, peut convenir, tout en n'étant pas indispensable.
5. " Les laits de suite (pour nourrissons de plus de 6 mois) sont spécialement adaptés aux besoins du bébé de 6 à 12 mois ".
Faux.
Ils sont absolument inutiles et ne sont spécialement adaptés qu'aux intérêts financiers de leurs fabricants. Ils font également partie des stratégies de marketing qui tentent de contourner la réglementation sur la publicité concernant les préparations pour nourrissons auprès du grand public (largement violées de toute façon) (1). En Europe, il y a maintenant des laits spéciaux dits " de croissance " pour les bambins (1 à 3 ans). Certains sont prêts à vendre n'importe quoi. Ces produits seront bientôt disponibles dans d'autres pays. Vous pouvez parier dessus. Le profit avant tout.
6. " Le bébé allaité de 4 mois doit recevoir plus de fer que celui fourni par le lait maternel seul ".
Faux.
Pour le bébé né à terme qui est exclusivement allaité, tout le fer nécessaire est fourni par le lait maternel. Cependant, vers 6 mois, il devient prudent de commencer à donner au bébé plus de fer que celui fourni uniquement par le lait de sa mère.
7. " Le meilleur moyen d'être certain que le bébé reçoit assez de fer, c'est de lui donner des céréales pour bébé ".
Faux.
Les céréales pour bébé contiennent beaucoup de fer, mais la plus grande partie n'est pas absorbée, et cette quantité de fer semble provoquer des constipations chez certains bébés. De plus, certains bébés qui n'ont eu que du lait maternel jusqu'à 5 ou 6 mois, ne semblent pas apprécier les céréales. Il n'y a rien à redire aux céréales, mais donner cet aliment à des bébés peu disposés à l'avaler peut être à l'origine de difficultés alimentaires ultérieures. La meilleure façon de s'assurer que le bébé reçoit assez de fer, c'est de poursuivre l'allaitement et d'introduire des aliments solides dans une atmosphère détendue, sereine, à un moment opportun (voir le feuillet n° 16, " Commencer l'alimentation solide "). Le moment opportun est celui où le bébé montre de l'intérêt pour la nourriture en cherchant à l'attraper et en essayant de manger la nourriture de ses parents ou d'autres membres de la famille. Cela arrive habituellement entre 4 mois et demi et 5 mois et demi. Un bébé à cet âge peut manger ce que ses parents mangent, à quelques exceptions près. Il n'y a aucune raison d'être obsédé par l'ordre d'introduction des aliments, ou de n'introduire qu'un seul aliment par semaine. La meilleure source de fer pour les bébés de 6 à 12 mois reste la viande, dont le fer est très bien absorbé. Commencez à donner au bébé des solides de manière à rendre les repas joyeux, et le bébé mangera des aliments contenant le fer dont il a besoin.
Notes de IPA concernant la France :
: Les publicités pour lait " premier âge " (0 à 4 mois) sont interdites dans la presse " grand-public ".
Feuillet n° 18 - Comment savoir qu'un professionnel de la santé ne soutient pas l'allaitement
Feuillet n° 18 - Comment savoir qu'un professionnel de la santé ne soutient pas l'allaitement
" How to know a health professional is not supportive of breastfeeding ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Tous les professionnels de santé disent soutenir l'allaitement maternel. Mais beaucoup le soutiennent uniquement lorsque cela se passe bien et encore, pas toujours. Dès que l'allaitement maternel, ou tout autre chose dans la vie d'une jeune mère, ne se déroule pas parfaitement, beaucoup trop d'entre eux préconisent le sevrage ou les compléments. Voici une liste partielle d'indications vous permettant de savoir si un professionnel de la santé soutient ou non l'allaitement maternel ou du moins suffisamment pour qu'en cas de problème il (elle) fera les efforts nécessaires afin de vous aider à continuer l'allaitement.
Comment reconnaître qu'un professionnel de santé ne soutient pas l'allaitement:
1. Il (elle) vous distribue des échantillons de préparations pour nourrisson ou encore des documents provenant des sociétés d'aliments infantiles lorsque vous êtes enceinte ou après la naissance du bébé (1). Ces échantillons ou cette documentation sont des appels à utiliser le produit en question, leur distribution est donc du marketing. Il n'y a aucune preuve qu'une marque soit meilleure ou pire qu'une autre pour tout bébé normal. Toute information ou vidéo accompagnant les échantillons ne sont ni plus ni moins que des messages subjectifs pour dénigrer l'allaitement maternel et glorifier les substituts. Si vous ne le croyez pas, demandez-vous pourquoi les sociétés de préparations pour nourrissons déploient avec acharnement des techniques pour amener les médecins ou les hôpitaux à distribuer leurs documentations et échantillons et non ceux des autres sociétés? Et pourquoi les professionnels de la santé ne défendent-ils pas l'allaitement maternel?
2. Il (elle) vous dit que l'allaitement au sein ou au biberon sont pratiquement équivalents. La plupart des bébés nourris au biberon se développent harmonieusement et en bonne santé et tous les bébés nourris au sein ne sont pas exempts de troubles de santé. Mais cela ne signifie pas que l'allaitement maternel et artificiel soient à peu près équivalents. Les préparations pour nourrissons ne sont qu'une grossière approximation par rapport aux connaissances que nous avions sur le lait maternel il y a plusieurs années déjà, ce qui ne représente encore qu'une grossière approximation de ce que nous découvrons et qui nous émerveille toujours davantage. Leurs différences ont d'importantes conséquences sur la santé. Certains éléments du lait maternel sont absents des préparations pour nourrissons bien que nous connaissions leur importance pour le bébé depuis plusieurs années déjà. Par exemple, les anticorps et les cellules protégeant le bébé des infections, les longues chaînes d'acides gras poly insaturés nécessaires au développement optimal du cerveau et de la vision de l'enfant. Allaiter au sein n'est pas la même chose que de nourrir au biberon, c'est une relation totalement différente. Si vous n'avez pas pu allaiter, c'est malheureux (bien que la plupart du temps les problèmes auraient pu être évités) mais déclarer que cela n'a pas d'importance, c'est de la condescendance et c'est parfaitement faux. Un bébé n'a pas besoin d'être allaité pour croître heureux, en pleine santé et sécurité, mais c'est un avantage.
3. Il (elle) vous dit que la préparation pour nourrisson X est la meilleure. Cela signifie généralement qu'il (elle) est trop influencé(e) par le représentant de cette marque particulière. Cela peut aussi signifier que ses enfants ont toléré cette marque-là plutôt qu'une autre. Cela signifie qu'il (elle) a des préjugés non fondés.
4. Il (elle) vous dit qu'il n'est pas nécessaire de faire téter le bébé juste après la naissance si vous êtes fatiguée et parce que de toute façon le bébé est souvent peu intéressé. Ce n'est pas nécessaire, mais c'est très utile. Les bébés peuvent téter alors que leur mère est allongée ou qu'elle dort, bien que la plupart des mères n'éprouvent pas le désir de dormir à un moment pareil. Les bébés ne montrent pas toujours un intérêt pour téter immédiatement mais ce n'est pas une raison pour les empêcher d'en manifester le besoin. La plupart des bébés tètent dans l'heure ou les deux heures qui suivent la naissance et c'est le moment le plus propice à un bon départ, mais ils ne le peuvent pas s'ils sont séparés de leur mère. Si vous avez l'impression que la pesée, les gouttes pour les yeux et l'injection de vitamine K sont prioritaires par rapport à la mise en route de l'allaitement, vous pourrez vous rendre compte des engagements des uns et des autres vis-à-vis de l'allaitement.
5. Il (elle) vous dit qu'il n'existe pas de confusion sein/tétine et que vous devriez commencer à donner des biberons le plus tôt possible à votre bébé pour vous assurer que celui-ci acceptera la tétine. Pourquoi devriez-vous commencer les biberons de bonne heure s'il n'existe pas de confusion sein/tétine? Nier l'évidence de l'existence d'un tel problème, c'est mettre la charrue devant les bœufs. C'est la tétine, dont aucun mammifère autre que l'homme ne s'est jamais servi, et dont l'homme lui-même n'a fait un usage courant que depuis la fin du XIXème siècle, qui doit démontrer son innocuité. Mais cette innocuité vis à vis de l'allaitement n'a pas été prouvée. Les professionnels de la santé qui affirment que les tétines sont anodines, donnent à croire que l'alimentation au biberon serait la méthode physiologique normale de l'alimentation du nourrisson, et non l'allaitement au sein. Qu'une majorité de bébés ayant sucé des tétines n'aient pas eu de problèmes ensuite pour téter, n'implique pas que leur usage précoce ne puisse causer des dommages pour certains bébés. C'est souvent une combinaison de facteurs, dont l'un peut être l'utilisation d'une tétine, qui s'additionnent pour donner des problèmes.
6. Il (elle) vous dit que vous devriez arrêter l'allaitement parce que vous êtes malade ou que votre bébé est malade, ou parce que vous allez prendre des médicaments ou bien encore vous allez subir des examens médicaux. Il y a de rares situations où l'allaitement ne peut être poursuivi, mais souvent les professionnels de la santé ont tort de supposer que la mère ne peut pas continuer. Le professionnel de la santé qui soutient l'allaitement maternel fera l'effort de trouver un moyen pour éviter l'interruption de l'allaitement (l'information des pages blanches du livre bleu Compendium des spécialités pharmaceutiques n'est pas une bonne référence : chaque médicament y est contre-indiqué parce que les laboratoires pharmaceutiques se sentent plus concernés par le risque de poursuites que par l'intérêt des mères et des bébés). Lorsqu'une mère doit prendre un médicament, le médecin essayera de prescrire un traitement compatible avec l'allaitement (en fait, très peu de traitements imposent l'arrêt de l'allaitement). Il est extrêmement rare qu'il n'existe qu'un seul traitement pour un type de problème. Si le premier choix du médecin est un traitement médical demandant l'interruption de l'allaitement, vous êtes en droit de penser qu'il (elle) ne se sent pas réellement concerné par l'importance de l'allaitement.
7. Il (elle) est étonné(e) d'apprendre que votre bébé de 6 mois est toujours allaité. Beaucoup de professionnels de la santé croient que les bébés devraient bénéficier de préparations pour nourrisson au moins jusqu'à 9 mois et même 1 an, mais en même temps semblent croire que le lait maternel et l'allaitement ne sont pas nécessaires et même nuisibles au-delà de 6 mois. Pourquoi l'imitation serait-elle meilleure que l'original? Pouvez-vous imaginer ce que ce raisonnement implique? Sur l'ensemble de la planète, l'allaitement poursuivi jusqu'à 2 ou 3 ans est fréquent et normal.
8. Il (elle) vous dit que le lait maternel n'a plus d'intérêt nutritionnel pour le bébé au-delà de 6 mois. Même si c'était vrai, il y a toujours intérêt à allaiter parce que l'allaitement est une interaction unique entre deux personnes qui s'aiment, même sans lait. Mais ce n'est pas vrai. Le lait maternel reste du lait contenant des lipides, protéines, calories, vitamines et le reste, et les anticorps et autres éléments qui protègent le bébé contre les infections sont toujours là, certains même en plus grosse quantité que lorsque le bébé était plus jeune. Quiconque omet de vous le dire ne sait rien de l'allaitement.
9. Il (elle) vous dit que vous ne devriez jamais permettre à votre bébé de s'endormir au sein. Pourquoi pas? C'est bien si un bébé peut aussi s'endormir sans téter, mais un des avantages de l'allaitement est justement d'avoir un moyen commode pour endormir votre enfant fatigué. Toutes les mères du monde, depuis les premiers mammifères, ont agi de la sorte. Un des grands plaisirs du maternage est d'avoir un enfant endormi dans les bras, et de ressentir la quiétude qui le submerge avec le sommeil. C'est l'un des plaisirs de l'allaitement, pour la mère comme probablement pour le bébé, lorsque celui-ci s'endort au sein.
10. Il (elle) vous dit que vous ne devriez pas rester à l'hôpital pour nourrir votre enfant malade parce qu'il est important que vous vous reposiez chez vous. C'est important que vous vous reposiez, et l'hôpital qui soutient l'allaitement maternel s'arrangera pour que vous puissiez vous y reposer tout en nourrissant votre bébé. Les bébés malades n'ont pas moins besoin d'être allaités que les bébés en bonne santé, ils ont plus besoin.
(1): en France, la loi n°92-442 du 3 juin 1994 et son décret d'application paru le 8 août 1998, interdisent la distribution gratuite de préparations pour nourrissons (lait premier âge) par l'intermédiaire du système de santé et précisent certains éléments devant apparaître dans les documents concernant l'alimentation infantile et distribués au grand public (précisions ajoutée par IPA).
" How to know a health professional is not supportive of breastfeeding ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Tous les professionnels de santé disent soutenir l'allaitement maternel. Mais beaucoup le soutiennent uniquement lorsque cela se passe bien et encore, pas toujours. Dès que l'allaitement maternel, ou tout autre chose dans la vie d'une jeune mère, ne se déroule pas parfaitement, beaucoup trop d'entre eux préconisent le sevrage ou les compléments. Voici une liste partielle d'indications vous permettant de savoir si un professionnel de la santé soutient ou non l'allaitement maternel ou du moins suffisamment pour qu'en cas de problème il (elle) fera les efforts nécessaires afin de vous aider à continuer l'allaitement.
Comment reconnaître qu'un professionnel de santé ne soutient pas l'allaitement:
1. Il (elle) vous distribue des échantillons de préparations pour nourrisson ou encore des documents provenant des sociétés d'aliments infantiles lorsque vous êtes enceinte ou après la naissance du bébé (1). Ces échantillons ou cette documentation sont des appels à utiliser le produit en question, leur distribution est donc du marketing. Il n'y a aucune preuve qu'une marque soit meilleure ou pire qu'une autre pour tout bébé normal. Toute information ou vidéo accompagnant les échantillons ne sont ni plus ni moins que des messages subjectifs pour dénigrer l'allaitement maternel et glorifier les substituts. Si vous ne le croyez pas, demandez-vous pourquoi les sociétés de préparations pour nourrissons déploient avec acharnement des techniques pour amener les médecins ou les hôpitaux à distribuer leurs documentations et échantillons et non ceux des autres sociétés? Et pourquoi les professionnels de la santé ne défendent-ils pas l'allaitement maternel?
2. Il (elle) vous dit que l'allaitement au sein ou au biberon sont pratiquement équivalents. La plupart des bébés nourris au biberon se développent harmonieusement et en bonne santé et tous les bébés nourris au sein ne sont pas exempts de troubles de santé. Mais cela ne signifie pas que l'allaitement maternel et artificiel soient à peu près équivalents. Les préparations pour nourrissons ne sont qu'une grossière approximation par rapport aux connaissances que nous avions sur le lait maternel il y a plusieurs années déjà, ce qui ne représente encore qu'une grossière approximation de ce que nous découvrons et qui nous émerveille toujours davantage. Leurs différences ont d'importantes conséquences sur la santé. Certains éléments du lait maternel sont absents des préparations pour nourrissons bien que nous connaissions leur importance pour le bébé depuis plusieurs années déjà. Par exemple, les anticorps et les cellules protégeant le bébé des infections, les longues chaînes d'acides gras poly insaturés nécessaires au développement optimal du cerveau et de la vision de l'enfant. Allaiter au sein n'est pas la même chose que de nourrir au biberon, c'est une relation totalement différente. Si vous n'avez pas pu allaiter, c'est malheureux (bien que la plupart du temps les problèmes auraient pu être évités) mais déclarer que cela n'a pas d'importance, c'est de la condescendance et c'est parfaitement faux. Un bébé n'a pas besoin d'être allaité pour croître heureux, en pleine santé et sécurité, mais c'est un avantage.
3. Il (elle) vous dit que la préparation pour nourrisson X est la meilleure. Cela signifie généralement qu'il (elle) est trop influencé(e) par le représentant de cette marque particulière. Cela peut aussi signifier que ses enfants ont toléré cette marque-là plutôt qu'une autre. Cela signifie qu'il (elle) a des préjugés non fondés.
4. Il (elle) vous dit qu'il n'est pas nécessaire de faire téter le bébé juste après la naissance si vous êtes fatiguée et parce que de toute façon le bébé est souvent peu intéressé. Ce n'est pas nécessaire, mais c'est très utile. Les bébés peuvent téter alors que leur mère est allongée ou qu'elle dort, bien que la plupart des mères n'éprouvent pas le désir de dormir à un moment pareil. Les bébés ne montrent pas toujours un intérêt pour téter immédiatement mais ce n'est pas une raison pour les empêcher d'en manifester le besoin. La plupart des bébés tètent dans l'heure ou les deux heures qui suivent la naissance et c'est le moment le plus propice à un bon départ, mais ils ne le peuvent pas s'ils sont séparés de leur mère. Si vous avez l'impression que la pesée, les gouttes pour les yeux et l'injection de vitamine K sont prioritaires par rapport à la mise en route de l'allaitement, vous pourrez vous rendre compte des engagements des uns et des autres vis-à-vis de l'allaitement.
5. Il (elle) vous dit qu'il n'existe pas de confusion sein/tétine et que vous devriez commencer à donner des biberons le plus tôt possible à votre bébé pour vous assurer que celui-ci acceptera la tétine. Pourquoi devriez-vous commencer les biberons de bonne heure s'il n'existe pas de confusion sein/tétine? Nier l'évidence de l'existence d'un tel problème, c'est mettre la charrue devant les bœufs. C'est la tétine, dont aucun mammifère autre que l'homme ne s'est jamais servi, et dont l'homme lui-même n'a fait un usage courant que depuis la fin du XIXème siècle, qui doit démontrer son innocuité. Mais cette innocuité vis à vis de l'allaitement n'a pas été prouvée. Les professionnels de la santé qui affirment que les tétines sont anodines, donnent à croire que l'alimentation au biberon serait la méthode physiologique normale de l'alimentation du nourrisson, et non l'allaitement au sein. Qu'une majorité de bébés ayant sucé des tétines n'aient pas eu de problèmes ensuite pour téter, n'implique pas que leur usage précoce ne puisse causer des dommages pour certains bébés. C'est souvent une combinaison de facteurs, dont l'un peut être l'utilisation d'une tétine, qui s'additionnent pour donner des problèmes.
6. Il (elle) vous dit que vous devriez arrêter l'allaitement parce que vous êtes malade ou que votre bébé est malade, ou parce que vous allez prendre des médicaments ou bien encore vous allez subir des examens médicaux. Il y a de rares situations où l'allaitement ne peut être poursuivi, mais souvent les professionnels de la santé ont tort de supposer que la mère ne peut pas continuer. Le professionnel de la santé qui soutient l'allaitement maternel fera l'effort de trouver un moyen pour éviter l'interruption de l'allaitement (l'information des pages blanches du livre bleu Compendium des spécialités pharmaceutiques n'est pas une bonne référence : chaque médicament y est contre-indiqué parce que les laboratoires pharmaceutiques se sentent plus concernés par le risque de poursuites que par l'intérêt des mères et des bébés). Lorsqu'une mère doit prendre un médicament, le médecin essayera de prescrire un traitement compatible avec l'allaitement (en fait, très peu de traitements imposent l'arrêt de l'allaitement). Il est extrêmement rare qu'il n'existe qu'un seul traitement pour un type de problème. Si le premier choix du médecin est un traitement médical demandant l'interruption de l'allaitement, vous êtes en droit de penser qu'il (elle) ne se sent pas réellement concerné par l'importance de l'allaitement.
7. Il (elle) est étonné(e) d'apprendre que votre bébé de 6 mois est toujours allaité. Beaucoup de professionnels de la santé croient que les bébés devraient bénéficier de préparations pour nourrisson au moins jusqu'à 9 mois et même 1 an, mais en même temps semblent croire que le lait maternel et l'allaitement ne sont pas nécessaires et même nuisibles au-delà de 6 mois. Pourquoi l'imitation serait-elle meilleure que l'original? Pouvez-vous imaginer ce que ce raisonnement implique? Sur l'ensemble de la planète, l'allaitement poursuivi jusqu'à 2 ou 3 ans est fréquent et normal.
8. Il (elle) vous dit que le lait maternel n'a plus d'intérêt nutritionnel pour le bébé au-delà de 6 mois. Même si c'était vrai, il y a toujours intérêt à allaiter parce que l'allaitement est une interaction unique entre deux personnes qui s'aiment, même sans lait. Mais ce n'est pas vrai. Le lait maternel reste du lait contenant des lipides, protéines, calories, vitamines et le reste, et les anticorps et autres éléments qui protègent le bébé contre les infections sont toujours là, certains même en plus grosse quantité que lorsque le bébé était plus jeune. Quiconque omet de vous le dire ne sait rien de l'allaitement.
9. Il (elle) vous dit que vous ne devriez jamais permettre à votre bébé de s'endormir au sein. Pourquoi pas? C'est bien si un bébé peut aussi s'endormir sans téter, mais un des avantages de l'allaitement est justement d'avoir un moyen commode pour endormir votre enfant fatigué. Toutes les mères du monde, depuis les premiers mammifères, ont agi de la sorte. Un des grands plaisirs du maternage est d'avoir un enfant endormi dans les bras, et de ressentir la quiétude qui le submerge avec le sommeil. C'est l'un des plaisirs de l'allaitement, pour la mère comme probablement pour le bébé, lorsque celui-ci s'endort au sein.
10. Il (elle) vous dit que vous ne devriez pas rester à l'hôpital pour nourrir votre enfant malade parce qu'il est important que vous vous reposiez chez vous. C'est important que vous vous reposiez, et l'hôpital qui soutient l'allaitement maternel s'arrangera pour que vous puissiez vous y reposer tout en nourrissant votre bébé. Les bébés malades n'ont pas moins besoin d'être allaités que les bébés en bonne santé, ils ont plus besoin.
(1): en France, la loi n°92-442 du 3 juin 1994 et son décret d'application paru le 8 août 1998, interdisent la distribution gratuite de préparations pour nourrissons (lait premier âge) par l'intermédiaire du système de santé et précisent certains éléments devant apparaître dans les documents concernant l'alimentation infantile et distribués au grand public (précisions ajoutée par IPA).
Feuillet n° 19 - Le dompéridone
Feuillet n° 19 - Le dompéridone
" Dompéridone ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation -
Introduction
Le dompéridone (Motilium®, Péridys®) est un médicament qui a pour effet secondaire d'augmenter la sécrétion de prolactine (l'hormone qui stimule la production lactée), par le biais de son action sur la dopamine (cette dernière diminue la sécrétion hypophysaire de prolactine, et la dompéridone est un dopamino-bloquant). Il est habituellement utilisé pour le traitement symptomatique des nausées et vomissements, et des troubles de la motricité digestive, et son impact sur la prolactinémie est listé au nombre de ses effets iatrogènes. Il n'est pas vendu au Canada pour stimuler la production lactée. Cela ne signifie pas qu'on ne peut pas le prescrire pour cette raison, mais que le fabricant ne garantit pas son effet d'augmentation de la production de lait. Diverses études ont toutefois démontré son effet sur la production lactée ainsi que son innocuité. Depuis quelques années, on l'administrait aux nourrissons qui régurgitent et perdent du poids, mais il a été récemment remplacé par un nouveau médicament, le cisapride (Prepulsid). Le cisapride n'a pas le même effet que le dompéridone sur la production lactée. Cet effet secondaire du dompéridone est connu depuis sa commercialisation. Un médicament plus ancien, le métoclopramide (Maxeran) stimule aussi la production de lait, mais induit souvent des effets secondaires (fatigue, irritabilité, dépression) qui ont rendu son utilisation inacceptable pour les mères qui allaitent. Le dompéridone a bien moins d'effets secondaires parce qu'il ne passe pas la barrière hémato-encéphalique.
Dans quels cas l'utiliser ?
Comme tout médicament susceptible d'augmenter la sécrétion lactée, le dompéridone ne doit jamais être utilisé en première intention. Ce n'est pas une panacée. Il ne faut pas l'utiliser avant que soit réglé tout autre problème pouvant nuire à l'allaitement :
1. Corriger la position de l'enfant au sein, pour lui permettre de téter efficacement pour qu'il obtienne le lait produit par la mère. Une simple correction de la prise suffit souvent pour passer de l'" insuffisance de lait " à l'" abondance ".
2. Masser le sein pour que le bébé boive davantage (voir le feuillet n° 15, La Compression du sein).
3. Tirer le lait après les tétées pour augmenter la sécrétion lactée.
4. Corriger un éventuel problème de succion, cesser d'utiliser des biberons, des tétines et autres stratagèmes (voir les feuillets n° 5, Utilisation d'un DAL, et n° 8, L'alimentation au doigt).
Le dompéridone pour stimuler la sécrétion de lait
On peut espérer de très bons résultats lorsque :
· la mère d'un bébé prématuré ou malade tire régulièrement son lait pour son bébé hospitalisé, et qu'elle voit sa sécrétion lactée baisser au bout de quelques semaines (4-5 semaines en général) ;
· lorsque la mère a vu sa sécrétion lactée baisser suite à la prise d'une contraception hormonale contenant des oestrogènes (rappelons qu'ils sont à éviter pendant l'allaitement) ;
· lorsque la mère voit sa sécrétion lactée baisser pour une raison qui reste inconnue, après trois ou quatre mois pendant lesquels elle était suffisante.
Par contre, le résultat est nettement plus aléatoire lorsque :
· la mère tire son lait pour son bébé prématuré ou malade, mais ne le fait pas avec une fréquence suffisante pour stimuler correctement la glande mammaire ;
· la mère souhaite mettre en route sa lactation pour allaiter un enfant adopté ;
· la mère donne de fréquents compléments à son bébé et souhaite revenir à un allaitement complet.
Les effets secondaires possibles
Comme tous les médicaments, le dompéridone peut avoir des effets secondaires indésirables, et beaucoup ont été rapportés. Les manuels présentent tous les effets secondaires rapportés, mais les symptômes ne sont pas toujours causés par le médicament. Il n'y a pas de médicaments sûr à 100 p. cent. Toutefois, l'expérience clinique montre que de tels effets sont extrêmement rares en pratique, à part l'augmentation de la production de lait. Voici certains des effets secondaires (exceptionnellement, en fait) présentés par les mères que nous avons traitées :
· céphalées cédant généralement à un abaissement de la posologie (le plus courant des effets secondaires) ;
· crampes abdominales :
· sécheresse buccale.
La quantité de médicament qui passe dans le lait est minime et ne fait courir aucun risque à l'enfant, et aucun effet secondaire n'a été rapporté chez un enfant allaité par une mère traitée par dompéridone et nous en traitons ainsi depuis des années. En fait, l'enfant ne reçoit qu'une fraction de ce qu'on lui administrerait pour traiter des problèmes de reflux.
Le dompéridone a-t-il des effets à long terme?
Le fabricant déclare dans sa documentation que le traitement chronique au dompéridone chez des rongeurs a fait augmenter le taux de cancer du sein chez les sujets. Il poursuit en affirmant qu'un tel effet n'a pas été observé chez l'humain. Signalons que les études de toxicité nécessitent l'administration de doses énormes, sur des périodes assez longues, allant jusqu'à la vie entière de l'animal. Rappelons en outre que le fait de ne pas allaiter fait augmenter le risque de cancer du sein, et que plus on allaite longtemps, plus ce risque diminue.
Comment prescrire le dompéridone
On recommande une posologie de départ de 20 mg (deux comprimés de 10 mg), 4 fois par jour. S'il est peu commode de prendre quatre doses par jour, on peut prendre 30 mg (trois comprimés), trois fois par jour. Les feuillets d'information remis par le pharmacien conseillent de prendre ce médicament 30 minutes avant les repas mais dans la mesure où elle n'est pas utilisée pour un problème digestif, ce n'est pas nécessaire. On peut prendre le dompéridone à tous les six heures, si c'est pratique (il ne sert à rien de se lever la nuit). La plupart des mères l'utiliseront pendant 3 à 8 semaines, mais les femmes allaitant un bébé adopté pourront avoir besoin d'en prendre pendant plus longtemps.
Certaines mères commencent à noter une augmentation de leur sécrétion lactée au bout de 24 heures, mais cet effet ne sera généralement guère perceptible avant 3 ou 4 jours ; et il faudra attendre 2 ou 3 semaines pour que cet effet soit maximum. La mère doit être régulièrement suivie pendant toute la durée d'utilisation du dompéridone et aviser son médecin de tout symptôme inexpliqué.
" Dompéridone ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation -
Introduction
Le dompéridone (Motilium®, Péridys®) est un médicament qui a pour effet secondaire d'augmenter la sécrétion de prolactine (l'hormone qui stimule la production lactée), par le biais de son action sur la dopamine (cette dernière diminue la sécrétion hypophysaire de prolactine, et la dompéridone est un dopamino-bloquant). Il est habituellement utilisé pour le traitement symptomatique des nausées et vomissements, et des troubles de la motricité digestive, et son impact sur la prolactinémie est listé au nombre de ses effets iatrogènes. Il n'est pas vendu au Canada pour stimuler la production lactée. Cela ne signifie pas qu'on ne peut pas le prescrire pour cette raison, mais que le fabricant ne garantit pas son effet d'augmentation de la production de lait. Diverses études ont toutefois démontré son effet sur la production lactée ainsi que son innocuité. Depuis quelques années, on l'administrait aux nourrissons qui régurgitent et perdent du poids, mais il a été récemment remplacé par un nouveau médicament, le cisapride (Prepulsid). Le cisapride n'a pas le même effet que le dompéridone sur la production lactée. Cet effet secondaire du dompéridone est connu depuis sa commercialisation. Un médicament plus ancien, le métoclopramide (Maxeran) stimule aussi la production de lait, mais induit souvent des effets secondaires (fatigue, irritabilité, dépression) qui ont rendu son utilisation inacceptable pour les mères qui allaitent. Le dompéridone a bien moins d'effets secondaires parce qu'il ne passe pas la barrière hémato-encéphalique.
Dans quels cas l'utiliser ?
Comme tout médicament susceptible d'augmenter la sécrétion lactée, le dompéridone ne doit jamais être utilisé en première intention. Ce n'est pas une panacée. Il ne faut pas l'utiliser avant que soit réglé tout autre problème pouvant nuire à l'allaitement :
1. Corriger la position de l'enfant au sein, pour lui permettre de téter efficacement pour qu'il obtienne le lait produit par la mère. Une simple correction de la prise suffit souvent pour passer de l'" insuffisance de lait " à l'" abondance ".
2. Masser le sein pour que le bébé boive davantage (voir le feuillet n° 15, La Compression du sein).
3. Tirer le lait après les tétées pour augmenter la sécrétion lactée.
4. Corriger un éventuel problème de succion, cesser d'utiliser des biberons, des tétines et autres stratagèmes (voir les feuillets n° 5, Utilisation d'un DAL, et n° 8, L'alimentation au doigt).
Le dompéridone pour stimuler la sécrétion de lait
On peut espérer de très bons résultats lorsque :
· la mère d'un bébé prématuré ou malade tire régulièrement son lait pour son bébé hospitalisé, et qu'elle voit sa sécrétion lactée baisser au bout de quelques semaines (4-5 semaines en général) ;
· lorsque la mère a vu sa sécrétion lactée baisser suite à la prise d'une contraception hormonale contenant des oestrogènes (rappelons qu'ils sont à éviter pendant l'allaitement) ;
· lorsque la mère voit sa sécrétion lactée baisser pour une raison qui reste inconnue, après trois ou quatre mois pendant lesquels elle était suffisante.
Par contre, le résultat est nettement plus aléatoire lorsque :
· la mère tire son lait pour son bébé prématuré ou malade, mais ne le fait pas avec une fréquence suffisante pour stimuler correctement la glande mammaire ;
· la mère souhaite mettre en route sa lactation pour allaiter un enfant adopté ;
· la mère donne de fréquents compléments à son bébé et souhaite revenir à un allaitement complet.
Les effets secondaires possibles
Comme tous les médicaments, le dompéridone peut avoir des effets secondaires indésirables, et beaucoup ont été rapportés. Les manuels présentent tous les effets secondaires rapportés, mais les symptômes ne sont pas toujours causés par le médicament. Il n'y a pas de médicaments sûr à 100 p. cent. Toutefois, l'expérience clinique montre que de tels effets sont extrêmement rares en pratique, à part l'augmentation de la production de lait. Voici certains des effets secondaires (exceptionnellement, en fait) présentés par les mères que nous avons traitées :
· céphalées cédant généralement à un abaissement de la posologie (le plus courant des effets secondaires) ;
· crampes abdominales :
· sécheresse buccale.
La quantité de médicament qui passe dans le lait est minime et ne fait courir aucun risque à l'enfant, et aucun effet secondaire n'a été rapporté chez un enfant allaité par une mère traitée par dompéridone et nous en traitons ainsi depuis des années. En fait, l'enfant ne reçoit qu'une fraction de ce qu'on lui administrerait pour traiter des problèmes de reflux.
Le dompéridone a-t-il des effets à long terme?
Le fabricant déclare dans sa documentation que le traitement chronique au dompéridone chez des rongeurs a fait augmenter le taux de cancer du sein chez les sujets. Il poursuit en affirmant qu'un tel effet n'a pas été observé chez l'humain. Signalons que les études de toxicité nécessitent l'administration de doses énormes, sur des périodes assez longues, allant jusqu'à la vie entière de l'animal. Rappelons en outre que le fait de ne pas allaiter fait augmenter le risque de cancer du sein, et que plus on allaite longtemps, plus ce risque diminue.
Comment prescrire le dompéridone
On recommande une posologie de départ de 20 mg (deux comprimés de 10 mg), 4 fois par jour. S'il est peu commode de prendre quatre doses par jour, on peut prendre 30 mg (trois comprimés), trois fois par jour. Les feuillets d'information remis par le pharmacien conseillent de prendre ce médicament 30 minutes avant les repas mais dans la mesure où elle n'est pas utilisée pour un problème digestif, ce n'est pas nécessaire. On peut prendre le dompéridone à tous les six heures, si c'est pratique (il ne sert à rien de se lever la nuit). La plupart des mères l'utiliseront pendant 3 à 8 semaines, mais les femmes allaitant un bébé adopté pourront avoir besoin d'en prendre pendant plus longtemps.
Certaines mères commencent à noter une augmentation de leur sécrétion lactée au bout de 24 heures, mais cet effet ne sera généralement guère perceptible avant 3 ou 4 jours ; et il faudra attendre 2 ou 3 semaines pour que cet effet soit maximum. La mère doit être régulièrement suivie pendant toute la durée d'utilisation du dompéridone et aviser son médecin de tout symptôme inexpliqué.
Feuillet n° 20 - Utiliser le Flucanozole (Triflucan®)
Feuillet n° 20 - Utiliser le Flucanozole (Triflucan®)
" Fluconazole ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre, Responsable d'une consultation de lactation
Le fluconazole est un antifongique qui peut être utilisé pour traiter diverses formes d'infection à Candica albicans. Il peut en particulier être utilisé chez la mère allaitante pour traiter une candidose récurrente des mamelons, et, le cas échéant, une candidose des canaux lactifères.
Candidose des mamelons et des canaux lactifères
Une candidose mammelonnaire peut survenir n'importe quand pendant l'allaitement. Le Candida aime la chaleur, l'obscurité et l'humidité. C'est un germe commensal, et il colonise 90% des bébés dans les quelques heures qui suivent la naissance. Il ne pose des problèmes que dans certaines circonstances.
Les candidoses cutanées ou muqueuses sont plus susceptibles de survenir lorsque l'intégrité de la peau ou de la muqueuse n'est pas maintenue ; c'est l'une des raisons pour lesquelles il est très important de veiller à une bonne position du bébé au sein dès le premier jour. Beaucoup de candidoses mamelonnaires pourraient être évitées si la mère n'avait pas les mamelons douloureux et des lésions au niveau des aréoles ou des mamelons. Le suintement qui se produit souvent en cas de crevasses des mamelons fait passer le Candida de sa forme commensale inoffensive à une forme agressive et infectieuse.
L'usage largement répandu des antibiotiques encourage aussi la prolifération du Candida albicans. Beaucoup de femmes recevront des antibiotiques pendant leur grossesse, leur accouchement ou en post-partum (ainsi que leur bébé), traitement parfois très peu justifié.
Diagnostiquer une candidose
Il n'y a pas de test permettant de faire un diagnostic absolument fiable. Une culture positive après prélèvement sur le mamelon ne prouve pas grand chose, une culture négative non plus. Le meilleur moyen d'établir le diagnostic est l'histoire de la maladie.
La présence ou l'absence d'une candidose chez l'enfant n'a pas de valeur diagnostique ; un bébé peut avoir la bouche pleine de muguet, et la mère ne rien avoir ; par ailleurs, une mère peut avoir tous les symptômes d'une candidose mammaire, alors que le bébé n'a aucun signe de candidose buccale ou au niveau du siège.
Les symptômes typiques de candidose sont :
· La survenue de douleurs des mamelons après une période d'allaitement sans problème ; il existe certes d'autres causes de mamelons douloureux dans ce genre de circonstances, mais la candidose est de loin la plus fréquente. On peut aussi voir apparaître une candidose sans qu'il y ait eu de période sans problème de mamelons douloureux.
· Typiquement, la douleur est à type de brûlure, qui peut être présente pendant toute la tétée, voire entre les tétées.
· La douleur peut être superficielle, ou profonde, avec élancements dans les seins, vers les épaules et le dos de la mère. La douleur est habituellement plus intense en fin de tétée, et plus encore après la tétée. Elle semble aussi être plus intense la nuit. Les seins peuvent être douloureux en profondeur sans qu'il y ait de douleur superficielle au niveau des mamelons.
· La douleur diminue avec l'application de violet de gentiane.
Traiter la candidose
Le traitement que notre consultation préconise en première intention est le violet de gentiane (voir le feuillet n° 6, Utilisation du violet de gentiane) ainsi que l'onguent polyvalent pour mamelons (voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes). C'est un traitement fiable, sans danger, qui agit rapidement, et qui est presque toujours efficace, bien que l'efficacité du violet de gentiane semble baisser depuis quelques années. C'est pourquoi j'utilise maintenant la combinaison ci-dessus. Si les symtômes évoluent favorablement, cela confirme que le Candida est bien à l'origine du problème, dans la mesure où très peu d'autres problèmes sont améliorés par le violet de gentiane. Cela permet aussi de justifier l'utilisation du fluconazole si nécessaire.
Le fluconazole
C'est un antifongique systémique (par voie orale ou parentérale). Il stoppe la multiplication du Candida albicans (effet fongique), mais ne le détruit pas. Cela implique que le traitement devra durer un certain temps avant de devenir efficace.
Effets secondaires
Il est dans l'ensemble bien toléré ; cela dit, aucun médicament n'est dépourvu d'effets secondaires. Il serait exagéré de se préoccuper de la possibilité d'une atteinte hépatique, mais la garder à l'esprit; cette complication rare, qui peut être très grave, survient habituellement chez des personnes souffrant de déficits immunitaires ou d'une affection grave, prenant d'autres médicaments ou traitées par fluconazole au long cours.
Les effets secondaires les plus courants sont les vomissements, diarrhées, douleurs abdominales et rash cutanés. Ils sont le plus souvent bénins, et n'obligent que rarement à arrêter le traitement. Des réactions allergiques sont possibles, mais rares. Si vous êtes inquiets, communiquez immédiatement avec un médecin.
Passage lacté du fluconazole
Le fluconazole passe dans le lait, ce qui est nécessaire pour qu'il puisse traiter une candidose des canaux lactifères. De ce point de vue, il est supérieur au kétoconazole, qui passe peu dans le lait. Le bébé en absorbera donc, mais on en fait maintenant la promotion pour le traitement de candidoses chez les enfants (muguet). On n'a pas constaté de problème iatrogène chez les enfants exposés au fluconazole par le biais du lait maternel. La mère traitée par fluconazole peut donc continuer à allaiter, mais si on lui dit le contraire.
Posologie
Le Candida albicans devient actuellement de plus en plus résistant au fluconazole, et les posologies ont augmenté ces dernières années. Il y a seulement quelques années, 100 mg/jour de fluconazole guérissaient 90% des femmes ; ce n'est plus le cas maintenant. Pour les cas de résistance, un nouvel antifongique, l'itraconazole, peut être employé, mais ce n'est pas non plus la solution, puisqu'il n'est pas très efficace contre le Candida albicans.
Nous recommandons habituellement une première prise de 400 mg, puis une posologie de 100 mg 2 fois/jour pendant au moins 2 semaines. En cas de douleur aux mamelons, employer en même temps l' " onguent ou pommade tout-usage pour mamelons " (voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes). Nous souhaitons que la mère poursuive le traitement pendant encore au moins 1 semaine après la disparition des symptômes ; notre expérience démontre que ce délai permet d'espérer qu'il n'y aura pas de rechute ; elle démontre aussi que la plupart des mères auront besoin de prendre du fluconazole pendant 2 semaines et d'autres, plus longtemps. Dans certains cas, il faudra jusqu'à une semaine avant que la douleur commence à diminuer (s'il n'y a aucune amélioration au bout d'une semaine, il faudra revoir le problème).
Il peut être nécessaire de traiter aussi le bébé. Nous préconisons dans ce cas une première prise de 6 mg/kg, puis une posologie de 3 mg/kg/jour en une seule prise pendant la même durée que la mère.
Nota (pour le Canada) : Le traitement de la mère coûtera probablement de 300 $ à 350 $, mais le fluconazole générique est maintenant disponible, à moindre coût.
" Fluconazole ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre, Responsable d'une consultation de lactation
Le fluconazole est un antifongique qui peut être utilisé pour traiter diverses formes d'infection à Candica albicans. Il peut en particulier être utilisé chez la mère allaitante pour traiter une candidose récurrente des mamelons, et, le cas échéant, une candidose des canaux lactifères.
Candidose des mamelons et des canaux lactifères
Une candidose mammelonnaire peut survenir n'importe quand pendant l'allaitement. Le Candida aime la chaleur, l'obscurité et l'humidité. C'est un germe commensal, et il colonise 90% des bébés dans les quelques heures qui suivent la naissance. Il ne pose des problèmes que dans certaines circonstances.
Les candidoses cutanées ou muqueuses sont plus susceptibles de survenir lorsque l'intégrité de la peau ou de la muqueuse n'est pas maintenue ; c'est l'une des raisons pour lesquelles il est très important de veiller à une bonne position du bébé au sein dès le premier jour. Beaucoup de candidoses mamelonnaires pourraient être évitées si la mère n'avait pas les mamelons douloureux et des lésions au niveau des aréoles ou des mamelons. Le suintement qui se produit souvent en cas de crevasses des mamelons fait passer le Candida de sa forme commensale inoffensive à une forme agressive et infectieuse.
L'usage largement répandu des antibiotiques encourage aussi la prolifération du Candida albicans. Beaucoup de femmes recevront des antibiotiques pendant leur grossesse, leur accouchement ou en post-partum (ainsi que leur bébé), traitement parfois très peu justifié.
Diagnostiquer une candidose
Il n'y a pas de test permettant de faire un diagnostic absolument fiable. Une culture positive après prélèvement sur le mamelon ne prouve pas grand chose, une culture négative non plus. Le meilleur moyen d'établir le diagnostic est l'histoire de la maladie.
La présence ou l'absence d'une candidose chez l'enfant n'a pas de valeur diagnostique ; un bébé peut avoir la bouche pleine de muguet, et la mère ne rien avoir ; par ailleurs, une mère peut avoir tous les symptômes d'une candidose mammaire, alors que le bébé n'a aucun signe de candidose buccale ou au niveau du siège.
Les symptômes typiques de candidose sont :
· La survenue de douleurs des mamelons après une période d'allaitement sans problème ; il existe certes d'autres causes de mamelons douloureux dans ce genre de circonstances, mais la candidose est de loin la plus fréquente. On peut aussi voir apparaître une candidose sans qu'il y ait eu de période sans problème de mamelons douloureux.
· Typiquement, la douleur est à type de brûlure, qui peut être présente pendant toute la tétée, voire entre les tétées.
· La douleur peut être superficielle, ou profonde, avec élancements dans les seins, vers les épaules et le dos de la mère. La douleur est habituellement plus intense en fin de tétée, et plus encore après la tétée. Elle semble aussi être plus intense la nuit. Les seins peuvent être douloureux en profondeur sans qu'il y ait de douleur superficielle au niveau des mamelons.
· La douleur diminue avec l'application de violet de gentiane.
Traiter la candidose
Le traitement que notre consultation préconise en première intention est le violet de gentiane (voir le feuillet n° 6, Utilisation du violet de gentiane) ainsi que l'onguent polyvalent pour mamelons (voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes). C'est un traitement fiable, sans danger, qui agit rapidement, et qui est presque toujours efficace, bien que l'efficacité du violet de gentiane semble baisser depuis quelques années. C'est pourquoi j'utilise maintenant la combinaison ci-dessus. Si les symtômes évoluent favorablement, cela confirme que le Candida est bien à l'origine du problème, dans la mesure où très peu d'autres problèmes sont améliorés par le violet de gentiane. Cela permet aussi de justifier l'utilisation du fluconazole si nécessaire.
Le fluconazole
C'est un antifongique systémique (par voie orale ou parentérale). Il stoppe la multiplication du Candida albicans (effet fongique), mais ne le détruit pas. Cela implique que le traitement devra durer un certain temps avant de devenir efficace.
Effets secondaires
Il est dans l'ensemble bien toléré ; cela dit, aucun médicament n'est dépourvu d'effets secondaires. Il serait exagéré de se préoccuper de la possibilité d'une atteinte hépatique, mais la garder à l'esprit; cette complication rare, qui peut être très grave, survient habituellement chez des personnes souffrant de déficits immunitaires ou d'une affection grave, prenant d'autres médicaments ou traitées par fluconazole au long cours.
Les effets secondaires les plus courants sont les vomissements, diarrhées, douleurs abdominales et rash cutanés. Ils sont le plus souvent bénins, et n'obligent que rarement à arrêter le traitement. Des réactions allergiques sont possibles, mais rares. Si vous êtes inquiets, communiquez immédiatement avec un médecin.
Passage lacté du fluconazole
Le fluconazole passe dans le lait, ce qui est nécessaire pour qu'il puisse traiter une candidose des canaux lactifères. De ce point de vue, il est supérieur au kétoconazole, qui passe peu dans le lait. Le bébé en absorbera donc, mais on en fait maintenant la promotion pour le traitement de candidoses chez les enfants (muguet). On n'a pas constaté de problème iatrogène chez les enfants exposés au fluconazole par le biais du lait maternel. La mère traitée par fluconazole peut donc continuer à allaiter, mais si on lui dit le contraire.
Posologie
Le Candida albicans devient actuellement de plus en plus résistant au fluconazole, et les posologies ont augmenté ces dernières années. Il y a seulement quelques années, 100 mg/jour de fluconazole guérissaient 90% des femmes ; ce n'est plus le cas maintenant. Pour les cas de résistance, un nouvel antifongique, l'itraconazole, peut être employé, mais ce n'est pas non plus la solution, puisqu'il n'est pas très efficace contre le Candida albicans.
Nous recommandons habituellement une première prise de 400 mg, puis une posologie de 100 mg 2 fois/jour pendant au moins 2 semaines. En cas de douleur aux mamelons, employer en même temps l' " onguent ou pommade tout-usage pour mamelons " (voir le feuillet n° 24, Traitement de problèmes). Nous souhaitons que la mère poursuive le traitement pendant encore au moins 1 semaine après la disparition des symptômes ; notre expérience démontre que ce délai permet d'espérer qu'il n'y aura pas de rechute ; elle démontre aussi que la plupart des mères auront besoin de prendre du fluconazole pendant 2 semaines et d'autres, plus longtemps. Dans certains cas, il faudra jusqu'à une semaine avant que la douleur commence à diminuer (s'il n'y a aucune amélioration au bout d'une semaine, il faudra revoir le problème).
Il peut être nécessaire de traiter aussi le bébé. Nous préconisons dans ce cas une première prise de 6 mg/kg, puis une posologie de 3 mg/kg/jour en une seule prise pendant la même durée que la mère.
Nota (pour le Canada) : Le traitement de la mère coûtera probablement de 300 $ à 350 $, mais le fluconazole générique est maintenant disponible, à moindre coût.
Feuillet n° 21 - Allaiter un bambin : quelle drôle d'idée!
Feuillet n° 21 - Allaiter un bambin : quelle drôle d'idée!
" Toddler Nursing - Why on Earth? ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC
Comme les femmes sont de plus en plus nombreuses à allaiter leurs bébés, elles sont aussi nombreuses à constater que cela leur plaît assez pour prolonger l'allaitement au-delà des quelques premiers mois d'abord prévus. Depuis longtemps, l'UNICEF encourage l'allaitement jusqu'à deux ans et plus et l'American Academy of Pediatrics s'est maintenant déclarée pour l'allaitement pendant au moins un an, puis aussi longtemps qu'il plaira à la mère et à l'enfant. Et la Société canadienne de pédiatrie, dans sa dernière déclaration sur le sujet, affirme que les femmes pourraient très bien souhaiter allaiter deux ans ou plus. Jusqu'à récemment, on allaitait souvent les enfants jusqu'à trois ou quatre ans, dans une bonne partie du monde, et c'est encore chose courante dans bien des sociétés.
Pourquoi poursuivre l'allaitement au-delà de six mois?
Parce que souvent, les mères et les enfants adorent ça. Pourquoi mettre un terme à une relation agréable?
Mais on dit que le lait maternel n'a plus d'avantages après six mois.
Ce ne sont que des on-dit, des faussetés, qui ne font que montrer l'étendue de l'ignorance de bien des gens au sujet de l'allaitement maternel. Le lait maternel est, après tout, du lait. Même après six mois, il contient encore des protéines, du gras et d'autres éléments qui sont importants pour la nutrition et qui répondent aux besoins des bébés et des enfants. Le lait maternel contient encore les facteurs immunologiques qui aident à protéger le bébé. En fait, ces facteurs immunologiques du lait maternel sont présents en plus grande quantité pendant la deuxième année que pendant la première. Comme il se doit. En effet, les enfants de plus d'un an sont en général plus exposés aux infections. Le lait maternel contient encore des facteurs qui contribuent à la maturation du système immunitaire, ainsi qu'à celle du cerveau, des intestins et d'autres organes.
On a prouvé que chez les enfants en garderie, les infections sont moins nombreuses et moins graves chez les enfants qui sont encore allaités. Par conséquent, les mères qui continuent d'allaiter après leur retour au travail perdent moins de jours de travail.
Il est amusant de constater que les producteurs de laits artificiels (une pâle copie " maternisée " du lait maternel) proposent de le servir jusqu'à l'âge d'un an, tout en disant que le lait maternel (l'original) ne vaut la peine d'être donné que jusqu'à six mois ou même moins longtemps (" la meilleure nutrition pour les nouveaux-nés "). Malheureusement, c'est un refrain que de trop nombreux professionnels de la santé ont repris en chœur.
On m'a dit que si j'allaite plus de six mois, les facteurs immunologiques du lait empêcheront mon bébé de développer son propre système immunitaire...
C'est faux, voire absurde. On a peine à croire que tant de gens dans notre société travestissent en inconvénients les bienfaits de l'allaitement maternel. On donne des vaccins aux bébés pour qu'ils puissent se protéger contre de vraies infections. Le lait maternel donne aussi l'occasion à l'enfant de se défendre contre des infections. Quand ils les combattent, ils y deviennent résistants. Tout naturellement.
Mais je veux que mon bébé soit autonome...
Et l'allaitement maternel rendrait les bébés dépendants? N'en croyez pas un mot. L'enfant allaité jusqu'à ce qu'il se sèvre de lui-même (entre 2 ans et 4 ans, habituellement) est en général plus autonome et, plus important encore, peut-être, plus sûr de lui dans son indépendance. Il a reçu réconfort et sécurité au sein, jusqu'à ce qu'il décide de se sevrer. Quand il prend cette décision, il sait qu'il a réussi quelque chose, qu'il a fait un pas en avant. C'est un des jalons de sa vie.
Souvent, on pousse les enfants à devenir autonomes trop rapidement. À dormir seuls trop tôt, à être sevrés trop tôt, à se passer de leurs parents trop tôt, à tout faire trop tôt. Ne les poussons pas, ils deviendront autonomes bien assez vite. Pourquoi se presser? Bientôt, ils quitteront leurs parents. Voulez-vous qu'ils quittent la maison à quatorze ans?
Bien entendu, l'allaitement maternel peut, dans certains cas, servir à encourager une dépendance excessive. Mais on peut en dire autant de l'alimentation et de l'entraînement à la propreté. Le problème est ailleurs, pas dans l'allaitement.
Que dire d'autre?
Malgré leur importance, les bienfaits nutritionnels et immunologiques de l'allaitement maternel d'un bambin n'en sont pas l'aspect le plus important. Je crois que ce qui compte le plus dans l'allaitement maternel d'un bambin, c'est la relation spéciale entre la mère et l'enfant. L'allaitement maternel est un geste d'amour porteur de vie. Toute personne sans préjugés qui observe l'allaitement d'un bébé déjà grand ou d'un bambin peut témoigner de la magie de ce geste tout particulier qui transcende la simple alimentation. Un bambin qu'on allaite peut soudainement éclater de rire, sans raison apparente. Le plaisir que lui donne le sein n'est pas seulement alimentaire. Et si la mère se le permet, l'allaitement sera pour elle aussi une source de plaisir, et pas seulement parce qu'elle nourrit son enfant. Évidemment, ce n'est pas toujours facile, mais qu'est-ce qui l'est? Quand tout va bien, toutes les difficultés sont oubliées.
Et si l'enfant tombe malade ou s'il est blessé (ce qui arrive nécessairement quand il rencontre d'autres enfants et qu'il devient plus audacieux), quelle meilleure façon de le réconforter qu'en lui offrant le sein? Je me souviens de certaines nuits au service d'urgence de l'hôpital, où des mères qui n'allaitaient pas promenaient leur enfant de long en large, dans les couloirs, en essayant, souvent en vain, de les réconforter, tandis que les mères allaitantes étaient assises calmement, leur enfant au sein, apaisé, sinon soulagé. Par l'allaitement, le mère et l'enfant se réconfortent mutuellement.
" Toddler Nursing - Why on Earth? ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC
Comme les femmes sont de plus en plus nombreuses à allaiter leurs bébés, elles sont aussi nombreuses à constater que cela leur plaît assez pour prolonger l'allaitement au-delà des quelques premiers mois d'abord prévus. Depuis longtemps, l'UNICEF encourage l'allaitement jusqu'à deux ans et plus et l'American Academy of Pediatrics s'est maintenant déclarée pour l'allaitement pendant au moins un an, puis aussi longtemps qu'il plaira à la mère et à l'enfant. Et la Société canadienne de pédiatrie, dans sa dernière déclaration sur le sujet, affirme que les femmes pourraient très bien souhaiter allaiter deux ans ou plus. Jusqu'à récemment, on allaitait souvent les enfants jusqu'à trois ou quatre ans, dans une bonne partie du monde, et c'est encore chose courante dans bien des sociétés.
Pourquoi poursuivre l'allaitement au-delà de six mois?
Parce que souvent, les mères et les enfants adorent ça. Pourquoi mettre un terme à une relation agréable?
Mais on dit que le lait maternel n'a plus d'avantages après six mois.
Ce ne sont que des on-dit, des faussetés, qui ne font que montrer l'étendue de l'ignorance de bien des gens au sujet de l'allaitement maternel. Le lait maternel est, après tout, du lait. Même après six mois, il contient encore des protéines, du gras et d'autres éléments qui sont importants pour la nutrition et qui répondent aux besoins des bébés et des enfants. Le lait maternel contient encore les facteurs immunologiques qui aident à protéger le bébé. En fait, ces facteurs immunologiques du lait maternel sont présents en plus grande quantité pendant la deuxième année que pendant la première. Comme il se doit. En effet, les enfants de plus d'un an sont en général plus exposés aux infections. Le lait maternel contient encore des facteurs qui contribuent à la maturation du système immunitaire, ainsi qu'à celle du cerveau, des intestins et d'autres organes.
On a prouvé que chez les enfants en garderie, les infections sont moins nombreuses et moins graves chez les enfants qui sont encore allaités. Par conséquent, les mères qui continuent d'allaiter après leur retour au travail perdent moins de jours de travail.
Il est amusant de constater que les producteurs de laits artificiels (une pâle copie " maternisée " du lait maternel) proposent de le servir jusqu'à l'âge d'un an, tout en disant que le lait maternel (l'original) ne vaut la peine d'être donné que jusqu'à six mois ou même moins longtemps (" la meilleure nutrition pour les nouveaux-nés "). Malheureusement, c'est un refrain que de trop nombreux professionnels de la santé ont repris en chœur.
On m'a dit que si j'allaite plus de six mois, les facteurs immunologiques du lait empêcheront mon bébé de développer son propre système immunitaire...
C'est faux, voire absurde. On a peine à croire que tant de gens dans notre société travestissent en inconvénients les bienfaits de l'allaitement maternel. On donne des vaccins aux bébés pour qu'ils puissent se protéger contre de vraies infections. Le lait maternel donne aussi l'occasion à l'enfant de se défendre contre des infections. Quand ils les combattent, ils y deviennent résistants. Tout naturellement.
Mais je veux que mon bébé soit autonome...
Et l'allaitement maternel rendrait les bébés dépendants? N'en croyez pas un mot. L'enfant allaité jusqu'à ce qu'il se sèvre de lui-même (entre 2 ans et 4 ans, habituellement) est en général plus autonome et, plus important encore, peut-être, plus sûr de lui dans son indépendance. Il a reçu réconfort et sécurité au sein, jusqu'à ce qu'il décide de se sevrer. Quand il prend cette décision, il sait qu'il a réussi quelque chose, qu'il a fait un pas en avant. C'est un des jalons de sa vie.
Souvent, on pousse les enfants à devenir autonomes trop rapidement. À dormir seuls trop tôt, à être sevrés trop tôt, à se passer de leurs parents trop tôt, à tout faire trop tôt. Ne les poussons pas, ils deviendront autonomes bien assez vite. Pourquoi se presser? Bientôt, ils quitteront leurs parents. Voulez-vous qu'ils quittent la maison à quatorze ans?
Bien entendu, l'allaitement maternel peut, dans certains cas, servir à encourager une dépendance excessive. Mais on peut en dire autant de l'alimentation et de l'entraînement à la propreté. Le problème est ailleurs, pas dans l'allaitement.
Que dire d'autre?
Malgré leur importance, les bienfaits nutritionnels et immunologiques de l'allaitement maternel d'un bambin n'en sont pas l'aspect le plus important. Je crois que ce qui compte le plus dans l'allaitement maternel d'un bambin, c'est la relation spéciale entre la mère et l'enfant. L'allaitement maternel est un geste d'amour porteur de vie. Toute personne sans préjugés qui observe l'allaitement d'un bébé déjà grand ou d'un bambin peut témoigner de la magie de ce geste tout particulier qui transcende la simple alimentation. Un bambin qu'on allaite peut soudainement éclater de rire, sans raison apparente. Le plaisir que lui donne le sein n'est pas seulement alimentaire. Et si la mère se le permet, l'allaitement sera pour elle aussi une source de plaisir, et pas seulement parce qu'elle nourrit son enfant. Évidemment, ce n'est pas toujours facile, mais qu'est-ce qui l'est? Quand tout va bien, toutes les difficultés sont oubliées.
Et si l'enfant tombe malade ou s'il est blessé (ce qui arrive nécessairement quand il rencontre d'autres enfants et qu'il devient plus audacieux), quelle meilleure façon de le réconforter qu'en lui offrant le sein? Je me souviens de certaines nuits au service d'urgence de l'hôpital, où des mères qui n'allaitaient pas promenaient leur enfant de long en large, dans les couloirs, en essayant, souvent en vain, de les réconforter, tandis que les mères allaitantes étaient assises calmement, leur enfant au sein, apaisé, sinon soulagé. Par l'allaitement, le mère et l'enfant se réconfortent mutuellement.
Feuillet n° 22 - Canaux lactifères bouchés et mastites
Feuillet n° 22 - Canaux lactifères bouchés et mastites
" Blocked Ducts and Mastitis " Dr Jack Newman - Pédiatre - Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
La mastite est une infection bactérienne du sein qui touche habituellement les femmes qui allaitent. Toutefois, elle peut aussi survenir chez des femmes qui n'allaitent pas et qui ne sont pas enceintes, ainsi que chez de petits bébés des deux sexes. On ne sait pas exactement pourquoi certaines femmes ont des mastites et d'autres pas. La bactérie peut pénétrer dans le sein par une crevasse ou une lésion du mamelon, mais des femmes dont les mamelons sont intacts ont aussi des mastites et la plupart des femmes qui ont des crevasses aux mamelons n'en ont pas.
Il faut bien faire la différence entre une mastite et un canal lactifère bouché, car le traitement ne sera pas le même ; un problème de canal lactifère bouché n'aura pas besoin d'un traitement antibiotique, alors que, en cas de mastite, il faut souvent, mais pas toujours, recourir à l'antibiothérapie. Le blocage d'un canal se manifeste par une masse douloureuse, gonflée et ferme, avec souvent une rougeur cutanée semblable à celle de la mastite, mais pas aussi intense. La mastite, elle, s'accompagne habituellement de fièvre, et d'une douleur et d'une rougeur du sein plus intenses. Il n'est pas toujours facile de distinguer une mastite bénigne d'un blocage sévère de canal lactifère. Le blocage d'un canal peut provoquer une mastite. En France, les médecins constatent aussi des cas de lymphangite, une fièvre associée à des rougeurs et des inflammations cutanées, sans masse douloureuse. Ils ne la traitent pas par antibiotique. J'en ai vu quelques cas dans mon cabinet, et en effet, le problème se règle sans antibiothérapie. Mais on peut en dire autant de la mastite.
Pour établir le diagnostic de la mastite, il faut constater l'existence d'une zone indurée, rouge, enflée et douloureuse sur le sein. Sans ces symptômes, il n'y a pas de mastite. Un syndrome grippal ou une fièvre isolée ne sont pas suffisants pour diagnostiquer une mastite. En l'absence d'une zones indurée, une douleur mammaire lancinante n'est pas non plus une signe de mastite ; ce type de douleur est plus susceptible d'être une candidose, et ne donc pas être traitée par des antibiotiques.
Comme pour la plupart des problèmes d'allaitement, une mise au sein incorrecte, qui ne permet pas un bon drainage du sein est propice à la mastite.
Canaux lactifères bouchés
Un problème de canaux lactifères bouchés disparaît presque toujours spontanément en 24 à 48 heures, sans aucune espèce de traitement. Pendant la période où il y a obstruction de canaux, le bébé peut s'agiter quand il tète le sein et l'écoulement de lait peut être ralenti. Voici comment accélérer la guérison :
1. Poursuivre l'allaitement du côté touché.
2. Mieux drainer la zone affectée. Pour ce faire, on peut notamment placer le bébé de manière que son menton soit dirigé vers la zone drainée par les canaux bouchés. Ainsi, si cette zone se trouve du côté extérieur, en bas du sein (à 4 h), la position " en ballon de rugby " (" football ", au Canada) est à privilégier.
3. Comprimer le sein pendant l'allaitement (voir le feuillet n° 15, La compression du sein), en exerçant une pression constante sur le canal bloqué.
4. Réchauffer la zone touchée peut aussi aider, par exemple au moyen d'une bouillotte ou d'une bouteille d'eau chaude, en évitant soigneusement de brûler la peau avec une chaleur excessive ou un réchauffement trop prolongé.
5. Encourager la mère à se reposer. Ce n'est pas toujours facile, mais au besoin, elle peut garder le bébé au lit avec elle.
Parfois, une petite ampoule se forme sur le mamelon. Le cas échéant, on peut percer l'ampoule avec une aiguille stérilisée. Exposer une aiguille de couturière à une flamme, la laisser refroidir et percer l'ampoule. Nul besoin d'agrandir le trou. Percer simplement l'ampoule. Parfois, on peut faire sortir le contenu du canal bouché, qui aura la consistance de la pâte dentifrice (ce n'est pas toujours possible). Cela peut débloquer immédiatement le canal. On peut aussi mettre le bébé au sein; il pourrait faire le déblocage en tétant. Le perçage de l'ampoule apporte un soulagement immédiat du mamelon, même si le canal lui-même n'est pas débloqué. Si on ne peut pas percer l'ampoule soi-même, se présenter à une consultation de lactation.
Si le problème ne se règle pas spontanément en 48 heures, ce qui est inhabituel, un traitement par ultrasons en viendra souvent à bout. On peut s'adresser à un kinésithérapeute ou à une consultation de médecine sportive. Beaucoup de thérapeutes utilisant des ultrasons ne connaissent pas cette application. Voici la dose à donner :
2 watts/cm2, en continu, pendant cinq minutes au niveau de la zone touchée, une fois par jour, à faire un maximum de 2 fois.
Si deux séances d'ultrasons ne suffisent pas, inutile de poursuivre. Il faut s'adresser à une consultation de lactation ou à son médecin pour évaluer la situation. En général, quand les ultrasons sont efficaces, une seule séance suffit. En outre, ce traitement semble prévenir la récurrence du blocage, qui se produit toujours au même endroit. La lécithine, à raison d'une capsule de 1200 mg, trois ou quatre fois par jour, semble aussi prévenir les rechutes, du moins chez certaines mères.
Conduite à suivre en cas de mastite :
· Si les symptômes de mastite durent depuis plus de 24 heures, il est préférable de commencer un traitement antibiotique. Si les symptômes datent de moins de 24 heures, je prescris personnellement un antibiotique, mais je dis à la mère d'attendre avant de commencer à la prendre. Si dans les 8 à 12 heures qui suivent la consultation les symptômes s'aggravent (douleur plus vive, zone atteinte plus rouge et/ou plus importante), elle commencera le traitement. Si au bout de 24 heures il n'y a pas d'aggravation mais pas non plus d'amélioration, elle commencera aussi le traitement. Si les symptômes ont commencé à diminuer pendant les 24 heures suivant la consultation, le traitement antibiotique ne sera pas nécessaire. En général, l'amélioration va se poursuivre, et les symptômes auront disparu en 2 à 5 jours. La fièvre disparaît généralement dans les 24 heures, la douleur en 24 à 48 heures, et l'induration en quelques jours de plus. La rougeur cutanée pourra persister pendant une semaine, voire davantage. Lorsque la situation a commencé à s'améliorer, avec ou sans antibiothérapie, l'amélioration doit se poursuivre. En cas de nouvelle aggravation, ou si l'amélioration s'arrête pendant 24 à 48 heures, recontacter le médecin.
Ce dont il faut se souvenir :
· Poursuivre l'allaitement avec le sein atteint, sauf si la douleur est insupportable. Dans ce cas, il faudra tirer le lait autant que faire se peut, et remettre l'enfant au sein aussi rapidement que possible. Le plus tôt sera le mieux. Poursuivre l'allaitement aide la mastite à guérir. Il n'y a aucun danger pour le bébé.
· L'application locale de chaleur (bouteille d'eau chaude ou bouillotte) aidera à combattre l'infection.
· Le repos aidera aussi à combattre l'infection.
· La fièvre est un moyen de lutte contre l'infection. N'utiliser un antipyrétique que si la mère se sent très mal, mais pas systématiquement.
·En cas de douleur importante, le paracétamol, l'ibuprofène ou un autre antalgique peut être utilisé. La mère se sentira mieux, et le taux lacté de ces médicaments est trop faible pour présenter un danger pour le bébé allaité.
Nota : L'amoxicilline, la pénicilline et un certain nombre d'autres antibiotiques sont souvent prescrits en cas de mastite, sont habituellement inefficaces pour cette maladie. Si un antibiotique est nécessaire, en choisir un qui soit efficace vis-à-vis du Staphylocoque doré, à savoir : la céphalexine, la cloxacilline, la flucloxacilline, l'amoxicilline-acide clavulanique, la clindamycine et la ciprofloxacine. Ces deux derniers peuvent être utilisés chez les mères allergiques aux pénicillines, et tous sont compatibles avec l'allaitement; l'allaitement doit se poursuivre.
Abcès : Une mastite peut parfois dégénérer en abcès. Il ne faut pas interrompre l'allaitement, pas même avec le sein atteint. L'abcès est habituellement traité par drainage chirurgical, et la mère doit continuer à allaiter. Contacter un service hospitalier.
" Blocked Ducts and Mastitis " Dr Jack Newman - Pédiatre - Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française.
La mastite est une infection bactérienne du sein qui touche habituellement les femmes qui allaitent. Toutefois, elle peut aussi survenir chez des femmes qui n'allaitent pas et qui ne sont pas enceintes, ainsi que chez de petits bébés des deux sexes. On ne sait pas exactement pourquoi certaines femmes ont des mastites et d'autres pas. La bactérie peut pénétrer dans le sein par une crevasse ou une lésion du mamelon, mais des femmes dont les mamelons sont intacts ont aussi des mastites et la plupart des femmes qui ont des crevasses aux mamelons n'en ont pas.
Il faut bien faire la différence entre une mastite et un canal lactifère bouché, car le traitement ne sera pas le même ; un problème de canal lactifère bouché n'aura pas besoin d'un traitement antibiotique, alors que, en cas de mastite, il faut souvent, mais pas toujours, recourir à l'antibiothérapie. Le blocage d'un canal se manifeste par une masse douloureuse, gonflée et ferme, avec souvent une rougeur cutanée semblable à celle de la mastite, mais pas aussi intense. La mastite, elle, s'accompagne habituellement de fièvre, et d'une douleur et d'une rougeur du sein plus intenses. Il n'est pas toujours facile de distinguer une mastite bénigne d'un blocage sévère de canal lactifère. Le blocage d'un canal peut provoquer une mastite. En France, les médecins constatent aussi des cas de lymphangite, une fièvre associée à des rougeurs et des inflammations cutanées, sans masse douloureuse. Ils ne la traitent pas par antibiotique. J'en ai vu quelques cas dans mon cabinet, et en effet, le problème se règle sans antibiothérapie. Mais on peut en dire autant de la mastite.
Pour établir le diagnostic de la mastite, il faut constater l'existence d'une zone indurée, rouge, enflée et douloureuse sur le sein. Sans ces symptômes, il n'y a pas de mastite. Un syndrome grippal ou une fièvre isolée ne sont pas suffisants pour diagnostiquer une mastite. En l'absence d'une zones indurée, une douleur mammaire lancinante n'est pas non plus une signe de mastite ; ce type de douleur est plus susceptible d'être une candidose, et ne donc pas être traitée par des antibiotiques.
Comme pour la plupart des problèmes d'allaitement, une mise au sein incorrecte, qui ne permet pas un bon drainage du sein est propice à la mastite.
Canaux lactifères bouchés
Un problème de canaux lactifères bouchés disparaît presque toujours spontanément en 24 à 48 heures, sans aucune espèce de traitement. Pendant la période où il y a obstruction de canaux, le bébé peut s'agiter quand il tète le sein et l'écoulement de lait peut être ralenti. Voici comment accélérer la guérison :
1. Poursuivre l'allaitement du côté touché.
2. Mieux drainer la zone affectée. Pour ce faire, on peut notamment placer le bébé de manière que son menton soit dirigé vers la zone drainée par les canaux bouchés. Ainsi, si cette zone se trouve du côté extérieur, en bas du sein (à 4 h), la position " en ballon de rugby " (" football ", au Canada) est à privilégier.
3. Comprimer le sein pendant l'allaitement (voir le feuillet n° 15, La compression du sein), en exerçant une pression constante sur le canal bloqué.
4. Réchauffer la zone touchée peut aussi aider, par exemple au moyen d'une bouillotte ou d'une bouteille d'eau chaude, en évitant soigneusement de brûler la peau avec une chaleur excessive ou un réchauffement trop prolongé.
5. Encourager la mère à se reposer. Ce n'est pas toujours facile, mais au besoin, elle peut garder le bébé au lit avec elle.
Parfois, une petite ampoule se forme sur le mamelon. Le cas échéant, on peut percer l'ampoule avec une aiguille stérilisée. Exposer une aiguille de couturière à une flamme, la laisser refroidir et percer l'ampoule. Nul besoin d'agrandir le trou. Percer simplement l'ampoule. Parfois, on peut faire sortir le contenu du canal bouché, qui aura la consistance de la pâte dentifrice (ce n'est pas toujours possible). Cela peut débloquer immédiatement le canal. On peut aussi mettre le bébé au sein; il pourrait faire le déblocage en tétant. Le perçage de l'ampoule apporte un soulagement immédiat du mamelon, même si le canal lui-même n'est pas débloqué. Si on ne peut pas percer l'ampoule soi-même, se présenter à une consultation de lactation.
Si le problème ne se règle pas spontanément en 48 heures, ce qui est inhabituel, un traitement par ultrasons en viendra souvent à bout. On peut s'adresser à un kinésithérapeute ou à une consultation de médecine sportive. Beaucoup de thérapeutes utilisant des ultrasons ne connaissent pas cette application. Voici la dose à donner :
2 watts/cm2, en continu, pendant cinq minutes au niveau de la zone touchée, une fois par jour, à faire un maximum de 2 fois.
Si deux séances d'ultrasons ne suffisent pas, inutile de poursuivre. Il faut s'adresser à une consultation de lactation ou à son médecin pour évaluer la situation. En général, quand les ultrasons sont efficaces, une seule séance suffit. En outre, ce traitement semble prévenir la récurrence du blocage, qui se produit toujours au même endroit. La lécithine, à raison d'une capsule de 1200 mg, trois ou quatre fois par jour, semble aussi prévenir les rechutes, du moins chez certaines mères.
Conduite à suivre en cas de mastite :
· Si les symptômes de mastite durent depuis plus de 24 heures, il est préférable de commencer un traitement antibiotique. Si les symptômes datent de moins de 24 heures, je prescris personnellement un antibiotique, mais je dis à la mère d'attendre avant de commencer à la prendre. Si dans les 8 à 12 heures qui suivent la consultation les symptômes s'aggravent (douleur plus vive, zone atteinte plus rouge et/ou plus importante), elle commencera le traitement. Si au bout de 24 heures il n'y a pas d'aggravation mais pas non plus d'amélioration, elle commencera aussi le traitement. Si les symptômes ont commencé à diminuer pendant les 24 heures suivant la consultation, le traitement antibiotique ne sera pas nécessaire. En général, l'amélioration va se poursuivre, et les symptômes auront disparu en 2 à 5 jours. La fièvre disparaît généralement dans les 24 heures, la douleur en 24 à 48 heures, et l'induration en quelques jours de plus. La rougeur cutanée pourra persister pendant une semaine, voire davantage. Lorsque la situation a commencé à s'améliorer, avec ou sans antibiothérapie, l'amélioration doit se poursuivre. En cas de nouvelle aggravation, ou si l'amélioration s'arrête pendant 24 à 48 heures, recontacter le médecin.
Ce dont il faut se souvenir :
· Poursuivre l'allaitement avec le sein atteint, sauf si la douleur est insupportable. Dans ce cas, il faudra tirer le lait autant que faire se peut, et remettre l'enfant au sein aussi rapidement que possible. Le plus tôt sera le mieux. Poursuivre l'allaitement aide la mastite à guérir. Il n'y a aucun danger pour le bébé.
· L'application locale de chaleur (bouteille d'eau chaude ou bouillotte) aidera à combattre l'infection.
· Le repos aidera aussi à combattre l'infection.
· La fièvre est un moyen de lutte contre l'infection. N'utiliser un antipyrétique que si la mère se sent très mal, mais pas systématiquement.
·En cas de douleur importante, le paracétamol, l'ibuprofène ou un autre antalgique peut être utilisé. La mère se sentira mieux, et le taux lacté de ces médicaments est trop faible pour présenter un danger pour le bébé allaité.
Nota : L'amoxicilline, la pénicilline et un certain nombre d'autres antibiotiques sont souvent prescrits en cas de mastite, sont habituellement inefficaces pour cette maladie. Si un antibiotique est nécessaire, en choisir un qui soit efficace vis-à-vis du Staphylocoque doré, à savoir : la céphalexine, la cloxacilline, la flucloxacilline, l'amoxicilline-acide clavulanique, la clindamycine et la ciprofloxacine. Ces deux derniers peuvent être utilisés chez les mères allergiques aux pénicillines, et tous sont compatibles avec l'allaitement; l'allaitement doit se poursuivre.
Abcès : Une mastite peut parfois dégénérer en abcès. Il ne faut pas interrompre l'allaitement, pas même avec le sein atteint. L'abcès est habituellement traité par drainage chirurgical, et la mère doit continuer à allaiter. Contacter un service hospitalier.
Feuillet n° 23 - Allaiter un bébé adopté
Feuillet n° 23 - Allaiter un bébé adopté
" Breastfeeding your Adopted Baby ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre
Vous vous préparez à adopter un bébé et vous souhaitez l'allaiter ? Merveilleux ! Non seulement c'est possible, mais c'est relativement facile, et de plus, vous avez de bonnes chances de produire une certaine quantité de lait. Ce n'est guère compliqué, mais ce n'est pas comme allaiter un bébé que vous auriez porté neuf mois.
L'allaitement et le lait maternel
L'allaitement d'un bébé adopté dépend de deux facteurs. Le premier est d'apprendre au bébé à prendre le sein. Le second est de produire du lait. Il importe d'avoir des attentes réalistes. L'allaitement, c'est bien plus que le lait maternel, et nombre de mères se satisfont d'allaiter, sans s'attendre à produire tout le lait dont le bébé aura besoin. C'est la relation toute spéciale, le rapprochement, l'attachement biologique fourni par l'allaitement que recherchent bien des mères. Comme disait une mère adoptive : " Je veux allaiter. Si par bonheur le bébé boit du lait maternel, fantastique. "
Apprendre au bébé à prendre le sein
Même si beaucoup de gens croient que l'alimentation au biberon, même au début, ne gêne pas l'allaitement, l'introduction d'une tétine peut vraiment nuire. Il faut mettre le bébé au sein le plus tôt possible après sa naissance. Mais il faut que du lait coule pour que le bébé reste au sein et continue de téter, surtout s'il s'est habitué au débit d'un biberon ou à une autre méthode d'alimentation (tasse, alimentation au doigt). Que faire alors?
1. Parlez au personnel de l'hôpital où doit naître le bébé, et précisez bien au Cadre de Santé (la Surveillante)'infirmière-chef ou à la consultante en lactation que vous voulez allaiter le bébé. On devrait vous permettre de nourrir le bébé à la tasse ou au doigt, si vous ne pouvez pas le mettre au sein immédiatement après sa naissance. D'ailleurs, de plus en plus souvent, on prend les mesures nécessaires pour que la mère adoptive soit présente à l'accouchement et puisse allaiter le bébé immédiatement. Plus vous commencez tôt, mieux c'est.
2. Certaines mères biologiques acceptent d'allaiter le bébé pendant les premiers jours. Cela n'a rien d'exceptionnel, et l'avantage est que le bébé peut être allaité et boire du colostrum, en plus de ne pas recevoir dès le départ une alimentation artificielle. Des travailleurs sociaux, entre autres, craignent toutefois que cela incite la mère biologique à changer d'idée. C'est possible, et vous pourriez ne pas vouloir prendre ce risque.
3. Une bonne prise du sein est encore plus importante lorsque la mère n'a pas une sécrétion lactée abondante. Une bonne prise signifie des tétées sans douleur. Elle signifie aussi que le bébé recevra davantage de votre lait, que la sécrétion lactée soit ou non abondante. (Voir le feuillet sur la prise du sein).
4. S'il faut donner un supplément au bébé, il faut le faire avec un DAL (dispositif d'aide à la lactation), pendant que le bébé est au sein (voir le feuillet n° 5, Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation). C'est à force de prendre le sein que les bébés apprennent à téter, pas en étant nourris à la tasse, au doigt ou au biberon. Bien entendu, le supplément donné peut être votre propre lait, extrait préalablement. Si vous pouvez en trouver, le lait d'une banque de lait maternel est ce qu'il y a de mieux après votre propre lait.
5. Si vous avez de la difficulté à mettre le bébé au sein, demandez de l'aide aussi vite que possible.
Produire du lait maternel
Dès que l'arrivée du bébé est en vue, communiquez avec une clinique de lactation et préparez-vous à produire du lait. Il faut bien comprendre que vous ne produirez peut-être jamais suffisamment de lait pour nourrir le bébé de façon exclusive, mais c'est possible. Il ne faut pas se décourager à la vue des quantités extraites avant la naissance du bébé ; un tire-lait n'est jamais aussi efficace qu'un bébé qui tète bien et qui est bien mis au sein. L'expression du lait avant la naissance du bébé a pour principal objectif de préparer les seins à sécréter du lait, non de constituer des réserves de lait, même si c'est une bonne idée si vous le pouvez.
Si vous savez suffisamment tôt quand arrivera le bébé, par exemple 6 ou 7 mois à l'avance, un traitement combinant l’œstrogène et la progestérone (comme pour l'anovulant, mais sans l'interruption) ainsi que du dompéridone peut simuler un peu la grossesse et vous permettre de produire davantage de lait. Renseignez-vous sur ce protocole auprès de votre clinique.
a. Expression du lait. Si possible, louez un tire-lait électrique double, d'abord parce qu'il faut évidemment deux fois moins de temps pour tirer du lait des deux seins à la fois, mais aussi parce que la production de lait sera accrue. Commencez à extraire du lait dès que l'arrivée du bébé est en vue, même si cela signifie que vous devrez le faire pendant quatre mois. Il n'est pas nécessaire de tirer du lait régulièrement, ni de suivre un horaire. Faites de votre mieux. Si deux fois par jour est ce qu'il vous est possible de faire au début, faites-le deux fois par jour. Si vous le pouvez une fois par jour pendant la semaine, et six fois pendant le week-end, tant mieux. Le conjoint peut aussi aider en stimulant les mamelons.
b. Dompéridone (voir feuillet n° 19, Dompéridone). Ce médicament peut vous aider à augmenter votre production de lait. Il n'est pas nécessaire d'y avoir recours pour allaiter un bébé adopté, mais il peut aider à augmenter la sécrétion lactée. Il n'y a pas de médicament inoffensif à 100%. Si vous décidez de prendre du dompéridone, la dose est de 20 mg, quatre fois par jour. Lisez le feuillet pour en savoir davantage et consultez un professionnel de la santé. Avec le tire-lait et le dompéridone, la plupart des mères adoptives commencent à produire des gouttes de lait après deux à quatre semaines.
Mais produirai-je tout le lait dont aura besoin mon bébé?
Peut-être, mais n'y comptez pas. Si vous n'en produisez pas, allaitez tout de même votre bébé, et permettez-vous, à tous les deux, de jouir de cette relation si spéciale. Un peu de lait, c'est mieux que pas du tout.
" Breastfeeding your Adopted Baby ". Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre
Vous vous préparez à adopter un bébé et vous souhaitez l'allaiter ? Merveilleux ! Non seulement c'est possible, mais c'est relativement facile, et de plus, vous avez de bonnes chances de produire une certaine quantité de lait. Ce n'est guère compliqué, mais ce n'est pas comme allaiter un bébé que vous auriez porté neuf mois.
L'allaitement et le lait maternel
L'allaitement d'un bébé adopté dépend de deux facteurs. Le premier est d'apprendre au bébé à prendre le sein. Le second est de produire du lait. Il importe d'avoir des attentes réalistes. L'allaitement, c'est bien plus que le lait maternel, et nombre de mères se satisfont d'allaiter, sans s'attendre à produire tout le lait dont le bébé aura besoin. C'est la relation toute spéciale, le rapprochement, l'attachement biologique fourni par l'allaitement que recherchent bien des mères. Comme disait une mère adoptive : " Je veux allaiter. Si par bonheur le bébé boit du lait maternel, fantastique. "
Apprendre au bébé à prendre le sein
Même si beaucoup de gens croient que l'alimentation au biberon, même au début, ne gêne pas l'allaitement, l'introduction d'une tétine peut vraiment nuire. Il faut mettre le bébé au sein le plus tôt possible après sa naissance. Mais il faut que du lait coule pour que le bébé reste au sein et continue de téter, surtout s'il s'est habitué au débit d'un biberon ou à une autre méthode d'alimentation (tasse, alimentation au doigt). Que faire alors?
1. Parlez au personnel de l'hôpital où doit naître le bébé, et précisez bien au Cadre de Santé (la Surveillante)'infirmière-chef ou à la consultante en lactation que vous voulez allaiter le bébé. On devrait vous permettre de nourrir le bébé à la tasse ou au doigt, si vous ne pouvez pas le mettre au sein immédiatement après sa naissance. D'ailleurs, de plus en plus souvent, on prend les mesures nécessaires pour que la mère adoptive soit présente à l'accouchement et puisse allaiter le bébé immédiatement. Plus vous commencez tôt, mieux c'est.
2. Certaines mères biologiques acceptent d'allaiter le bébé pendant les premiers jours. Cela n'a rien d'exceptionnel, et l'avantage est que le bébé peut être allaité et boire du colostrum, en plus de ne pas recevoir dès le départ une alimentation artificielle. Des travailleurs sociaux, entre autres, craignent toutefois que cela incite la mère biologique à changer d'idée. C'est possible, et vous pourriez ne pas vouloir prendre ce risque.
3. Une bonne prise du sein est encore plus importante lorsque la mère n'a pas une sécrétion lactée abondante. Une bonne prise signifie des tétées sans douleur. Elle signifie aussi que le bébé recevra davantage de votre lait, que la sécrétion lactée soit ou non abondante. (Voir le feuillet sur la prise du sein).
4. S'il faut donner un supplément au bébé, il faut le faire avec un DAL (dispositif d'aide à la lactation), pendant que le bébé est au sein (voir le feuillet n° 5, Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation). C'est à force de prendre le sein que les bébés apprennent à téter, pas en étant nourris à la tasse, au doigt ou au biberon. Bien entendu, le supplément donné peut être votre propre lait, extrait préalablement. Si vous pouvez en trouver, le lait d'une banque de lait maternel est ce qu'il y a de mieux après votre propre lait.
5. Si vous avez de la difficulté à mettre le bébé au sein, demandez de l'aide aussi vite que possible.
Produire du lait maternel
Dès que l'arrivée du bébé est en vue, communiquez avec une clinique de lactation et préparez-vous à produire du lait. Il faut bien comprendre que vous ne produirez peut-être jamais suffisamment de lait pour nourrir le bébé de façon exclusive, mais c'est possible. Il ne faut pas se décourager à la vue des quantités extraites avant la naissance du bébé ; un tire-lait n'est jamais aussi efficace qu'un bébé qui tète bien et qui est bien mis au sein. L'expression du lait avant la naissance du bébé a pour principal objectif de préparer les seins à sécréter du lait, non de constituer des réserves de lait, même si c'est une bonne idée si vous le pouvez.
Si vous savez suffisamment tôt quand arrivera le bébé, par exemple 6 ou 7 mois à l'avance, un traitement combinant l’œstrogène et la progestérone (comme pour l'anovulant, mais sans l'interruption) ainsi que du dompéridone peut simuler un peu la grossesse et vous permettre de produire davantage de lait. Renseignez-vous sur ce protocole auprès de votre clinique.
a. Expression du lait. Si possible, louez un tire-lait électrique double, d'abord parce qu'il faut évidemment deux fois moins de temps pour tirer du lait des deux seins à la fois, mais aussi parce que la production de lait sera accrue. Commencez à extraire du lait dès que l'arrivée du bébé est en vue, même si cela signifie que vous devrez le faire pendant quatre mois. Il n'est pas nécessaire de tirer du lait régulièrement, ni de suivre un horaire. Faites de votre mieux. Si deux fois par jour est ce qu'il vous est possible de faire au début, faites-le deux fois par jour. Si vous le pouvez une fois par jour pendant la semaine, et six fois pendant le week-end, tant mieux. Le conjoint peut aussi aider en stimulant les mamelons.
b. Dompéridone (voir feuillet n° 19, Dompéridone). Ce médicament peut vous aider à augmenter votre production de lait. Il n'est pas nécessaire d'y avoir recours pour allaiter un bébé adopté, mais il peut aider à augmenter la sécrétion lactée. Il n'y a pas de médicament inoffensif à 100%. Si vous décidez de prendre du dompéridone, la dose est de 20 mg, quatre fois par jour. Lisez le feuillet pour en savoir davantage et consultez un professionnel de la santé. Avec le tire-lait et le dompéridone, la plupart des mères adoptives commencent à produire des gouttes de lait après deux à quatre semaines.
Mais produirai-je tout le lait dont aura besoin mon bébé?
Peut-être, mais n'y comptez pas. Si vous n'en produisez pas, allaitez tout de même votre bébé, et permettez-vous, à tous les deux, de jouir de cette relation si spéciale. Un peu de lait, c'est mieux que pas du tout.
Feuillet n° 24 - Des traitements pour quelques problèmes (1)
Feuillet n° 24 - Des traitements pour quelques problèmes (1)
" Treatments for problems " Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Le texte suivant donne la description des traitements pouvant être utilisés chez les femmes allaitantes en présence de quelques problèmes.
Les feuilles de choux en cas d'engorgement
Les engorgements sévères du 3ème ou 4ème jour post-partum peuvent généralement être prévenus en veillant à ce que le bébé prenne correctement le sein et tète efficacement le plus tôt possible. Si néanmoins vous souffrez d'un engorgement, sachez qu'il diminuera en un ou deux jours spontanément. Continuez à allaiter votre bébé en vous assurant qu'il est correctement positionné et qu'il tète convenablement. Toutefois, si l'engorgement provoque un inconfort important, les feuilles de choux semblent apporter un soulagement plus rapide que les applications de glace ou tout autre traitement. Si le bébé est incapable de prendre le sein, commencez à appliquer les feuilles de choux, puis exprimez votre lait et donnez ce lait à votre bébé à la cuillère, à la tasse, au doigt, au compte-goutte et cherchez de l'aide rapidement.
1. Utilisez du choux vert.
2. Aplatissez les feuilles de choux à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, si elles n'épousent pas la forme de votre sein.
3. Enveloppez le sein des feuilles de choux et laissez agir : une vingtaine de minutes deux fois par jour suffisent. Habituellement, le traitement est à faire deux à trois fois, voire moins. Certains recommandent de se servir des feuilles de chou après chaque tétée et de les laisser en place jusqu'à ce qu'elles ramollissent. Je n'ai pas assez d'expérience avec les feuilles de chou pour me prononcer, mais d'autres craignent qu'un usage si fréquent et prolongé réduisent la production lactée.
4. Arrêtez dès que l'engorgement commence à se résorber et que l'inconfort est soulagé.
5. Vous pouvez utiliser de l'acétaminophène (Tylenol* ou autres) avec ou sans codéine, et de l'ibuprofène, ou un autre analgésique. Comme avec la plupart des médicaments, il n'est pas nécessaire d'arrêter l'allaitement en cas de prise d'analgésique.
6. Les enveloppements de glace peuvent aussi être utiles.
7. Si vous êtes de ces femmes ont des adénopathies sous l'aisselle 3-4 jours après la naissance, vous pouvez tout aussi bien appliquer des feuilles de choux à cet endroit.
Parfois, des onguents pour mamelons comme Lansinoh* ou Purelan* peuvent très utiles pour la douleur légère ou moyenne, mais le meilleur traitement, c'est de corriger la prise. Parfois aussi, un onguent "bon-à-tout-faire-sans-qu'on-sache-pourquoi" peut être très utile.
Pommade ou onguent "tout-usage" pour les mamelons
Le meilleur traitement pour les mamelons irrités, c'est la prévention. La meilleure prévention est une mise au sein précoce avec une bonne position. La plupart des cas d'irritation non bénigne des mamelons, survenant 2 à 3 jours après l'accouchement, proviennent d'une mauvaise position. Qu'importe qui vous a dit que la position était correcte, faites-vous aider.
Parfois, des pommades pour mamelons tel que Lansinoh (commercialisé aux USA, NDLR), Purelan (commercialisé en France et ailleurs, NDLR) et d'autres pommades peuvent être très utiles pour calmer une douleur modérée, mais corriger la position reste le meilleur des traitements. D'autres fois encore, une pommade "bonne-pour-tout-sans-qu'on-sache-pourquoi" peut aussi être très utile.
On vous prescrira peut-être une telle pommade (mieux qu'une crème). Elle contiendra :
· Un ou plusieurs antibiotiques. On trouve pratiquement toujours des bactéries au niveau des gerçures ou crevasses. On ignore si ces bactéries provoquent une infection ou si elles retardent simplement la cicatrisation. Mais on sait depuis de nombreuses années que les pommades à base d'antibiotiques aident à soulager les mamelons douloureux chez certaines mères.
· Un agent antifongique. Le Candida Albicans peut causer des irritations et des crevasses aux mamelons. Il n'est pas facile de définir quelle est sa contribution aux problèmes des mamelons douloureux chez les mères allaitantes.
· Un agent anti-inflammatoire. C'est souvent l'inflammation associée à l'infection ou la lésion qui provoque le plus de douleur. L'agent anti-inflammatoire (un stéroïde) diminue la réaction inflammatoire.
Au Canada, les pommades ou onguents Kenacomb (plus facilement accessible) ou Viaderm KC (moins cher) contiennent les ingrédients mentionnés ci-dessus. Des pommades peuvent aussi être préparées à partir des ingrédients précités. Aux États-Unis, on obtient une pommade semblable, et même meilleure, en mélangeant de la pommade de mupirocine à 2 %, de la pommade de nystatine et de la pommade de bétaméthasone à 0,1 %. Le même mélange peut être prescrit au Canada.
Quelle posologie ?
Appliquer la pommade avec parcimonie après chaque tétée. Ne pas nettoyer, ni essuyer même si le bébé redemande à téter quelques instants plus tard. Les substances actives sont très peu absorbées par voie orale, et n'induiront pas de problèmes chez le bébé. Dès que vous vous sentirez mieux (généralement entre 2 et 5 jours), vous pourrez graduellement diminuer les applications de pommade jusqu'à ne plus vous en servir du tout. Dans certains cas, la mère peut avoir besoin d'utiliser ce produit quotidiennement voire deux fois par jour pour se libérer de toute gêne. Ce n'est pas un problème et vous pouvez continuer d'utiliser la pommade pendant des semaines ou plus, si nécessaire.
" Treatments for problems " Révisé en janvier 2000, en octobre 2000 pour la version française. Dr Jack Newman
Le texte suivant donne la description des traitements pouvant être utilisés chez les femmes allaitantes en présence de quelques problèmes.
Les feuilles de choux en cas d'engorgement
Les engorgements sévères du 3ème ou 4ème jour post-partum peuvent généralement être prévenus en veillant à ce que le bébé prenne correctement le sein et tète efficacement le plus tôt possible. Si néanmoins vous souffrez d'un engorgement, sachez qu'il diminuera en un ou deux jours spontanément. Continuez à allaiter votre bébé en vous assurant qu'il est correctement positionné et qu'il tète convenablement. Toutefois, si l'engorgement provoque un inconfort important, les feuilles de choux semblent apporter un soulagement plus rapide que les applications de glace ou tout autre traitement. Si le bébé est incapable de prendre le sein, commencez à appliquer les feuilles de choux, puis exprimez votre lait et donnez ce lait à votre bébé à la cuillère, à la tasse, au doigt, au compte-goutte et cherchez de l'aide rapidement.
1. Utilisez du choux vert.
2. Aplatissez les feuilles de choux à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, si elles n'épousent pas la forme de votre sein.
3. Enveloppez le sein des feuilles de choux et laissez agir : une vingtaine de minutes deux fois par jour suffisent. Habituellement, le traitement est à faire deux à trois fois, voire moins. Certains recommandent de se servir des feuilles de chou après chaque tétée et de les laisser en place jusqu'à ce qu'elles ramollissent. Je n'ai pas assez d'expérience avec les feuilles de chou pour me prononcer, mais d'autres craignent qu'un usage si fréquent et prolongé réduisent la production lactée.
4. Arrêtez dès que l'engorgement commence à se résorber et que l'inconfort est soulagé.
5. Vous pouvez utiliser de l'acétaminophène (Tylenol* ou autres) avec ou sans codéine, et de l'ibuprofène, ou un autre analgésique. Comme avec la plupart des médicaments, il n'est pas nécessaire d'arrêter l'allaitement en cas de prise d'analgésique.
6. Les enveloppements de glace peuvent aussi être utiles.
7. Si vous êtes de ces femmes ont des adénopathies sous l'aisselle 3-4 jours après la naissance, vous pouvez tout aussi bien appliquer des feuilles de choux à cet endroit.
Parfois, des onguents pour mamelons comme Lansinoh* ou Purelan* peuvent très utiles pour la douleur légère ou moyenne, mais le meilleur traitement, c'est de corriger la prise. Parfois aussi, un onguent "bon-à-tout-faire-sans-qu'on-sache-pourquoi" peut être très utile.
Pommade ou onguent "tout-usage" pour les mamelons
Le meilleur traitement pour les mamelons irrités, c'est la prévention. La meilleure prévention est une mise au sein précoce avec une bonne position. La plupart des cas d'irritation non bénigne des mamelons, survenant 2 à 3 jours après l'accouchement, proviennent d'une mauvaise position. Qu'importe qui vous a dit que la position était correcte, faites-vous aider.
Parfois, des pommades pour mamelons tel que Lansinoh (commercialisé aux USA, NDLR), Purelan (commercialisé en France et ailleurs, NDLR) et d'autres pommades peuvent être très utiles pour calmer une douleur modérée, mais corriger la position reste le meilleur des traitements. D'autres fois encore, une pommade "bonne-pour-tout-sans-qu'on-sache-pourquoi" peut aussi être très utile.
On vous prescrira peut-être une telle pommade (mieux qu'une crème). Elle contiendra :
· Un ou plusieurs antibiotiques. On trouve pratiquement toujours des bactéries au niveau des gerçures ou crevasses. On ignore si ces bactéries provoquent une infection ou si elles retardent simplement la cicatrisation. Mais on sait depuis de nombreuses années que les pommades à base d'antibiotiques aident à soulager les mamelons douloureux chez certaines mères.
· Un agent antifongique. Le Candida Albicans peut causer des irritations et des crevasses aux mamelons. Il n'est pas facile de définir quelle est sa contribution aux problèmes des mamelons douloureux chez les mères allaitantes.
· Un agent anti-inflammatoire. C'est souvent l'inflammation associée à l'infection ou la lésion qui provoque le plus de douleur. L'agent anti-inflammatoire (un stéroïde) diminue la réaction inflammatoire.
Au Canada, les pommades ou onguents Kenacomb (plus facilement accessible) ou Viaderm KC (moins cher) contiennent les ingrédients mentionnés ci-dessus. Des pommades peuvent aussi être préparées à partir des ingrédients précités. Aux États-Unis, on obtient une pommade semblable, et même meilleure, en mélangeant de la pommade de mupirocine à 2 %, de la pommade de nystatine et de la pommade de bétaméthasone à 0,1 %. Le même mélange peut être prescrit au Canada.
Quelle posologie ?
Appliquer la pommade avec parcimonie après chaque tétée. Ne pas nettoyer, ni essuyer même si le bébé redemande à téter quelques instants plus tard. Les substances actives sont très peu absorbées par voie orale, et n'induiront pas de problèmes chez le bébé. Dès que vous vous sentirez mieux (généralement entre 2 et 5 jours), vous pourrez graduellement diminuer les applications de pommade jusqu'à ne plus vous en servir du tout. Dans certains cas, la mère peut avoir besoin d'utiliser ce produit quotidiennement voire deux fois par jour pour se libérer de toute gêne. Ce n'est pas un problème et vous pouvez continuer d'utiliser la pommade pendant des semaines ou plus, si nécessaire.
Feuillet n° 25. Risques de l'alimentation artificielle
Feuillet n° 25. Risques de l'alimentation artificielle
Risques pour le nourrisson et l'enfant
Revue
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Cognitive Development
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Compilé by Dr. Jack Newman
Révisé : January 16, 1998
Feuillet n°26 - Culpabilité et allaitement
Feuillet n°26 - Culpabilité et allaitement
" Guilt and breastfeeding ", août 1997. Dr Jack Newman, Pédiatre
Un des arguments les plus puissants utilisés par de nombreux professionnels de santé, agences gouvernementales et fabricants de lait artificiel afin de ne pas promouvoir et soutenir l'allaitement maternel, c'est : " nous ne devons pas culpabiliser la mère qui n'allaite pas ". Même certains des fervents défenseurs de l'allaitement sont désarmés par ce stratagème qui veut " que les mères ne se sentent pas coupables ".
Parce qu'en fait, ce n'est rien d'autre qu'un stratagème. C'est un argument qui détourne l'attention d'un manque de connaissance et de compréhension de la plupart des professionnels de la santé à propos de l'allaitement. Cela les autorise à ne pas se sentir coupables de leur ignorance sur l'aide à apporter aux femmes pour surmonter les difficultés durant l'allaitement, qui auraient pu être maîtrisées et qui généralement auraient même pu être prévenues si on ne sapait pas les tentatives d'allaitement des mères. Cet argument permet aux fabricants d'aliments artificiels et aux professionnels de la santé de faire circuler de la documentation sur les préparations pour nourrissons ainsi que des échantillons aux femmes enceintes et aux jeunes mères sans le moindre scrupule, bien qu'il soit prouvé que cette littérature et ces échantillons diminuent le taux et la durée de l'allaitement.
Jetons un coup d’œil à la réalité. Si une femme enceinte va trouver son médecin et reconnaît fumer un paquet de cigarettes par jour, n'y a-t-il pas de fortes chances qu'elle ressorte du cabinet en se sentant coupable de mettre ainsi en péril la santé de son bébé? Si elle avoue boire quelques bières de temps en temps, n'y a t il pas de fortes chances qu'elle quitte le cabinet en se sentant coupable? Si une mère reconnaît dormir dans le même lit que son bébé, la plupart des praticiens ne vont-ils pas la culpabiliser pour cela bien que ce soit la meilleure chose pour elle et son enfant? Si elle se rend au cabinet médical avec son nouveau-né âgé d'une semaine et qu'elle dit au médecin le nourrir avec du lait homogénéisé à 3 %, quelle sera la réaction du médecin? La plupart s'effondreraient littéralement et feraient une crise. Et ils n'auront alors aucun problème à ce que les mères se sentent coupable de nourrir leur bébé avec du lait de vache et là, ils feront pression pour qu'elle donne un substitut de lait maternel au bébé (notez bien: pas de pression pour qu'elle allaite parce que " vous ne voudriez pas faire en sorte qu'une femme se sente coupable de ne pas allaiter ").
Pourquoi autant d'indulgence pour les substituts? La raison, bien sûr, c'est que les industries alimentaires infantiles ont tout à fait réussi à convaincre une bonne partie de l'humanité, grâce à la publicité, que ces substituts sont pratiquement aussi bons que le lait maternel et que, par conséquent, il n'est pas nécessaire de faire toute une histoire à propos du non-allaitement des femmes. Comme l'a dit ici, à Toronto, le vice-président de Nestlé : " sans aucun doute, la publicité est efficace ". Ces messages apaisent aussi la conscience de beaucoup de professionnels de la santé dont les enfants n'ont pas été allaités. " Je ne vais pas culpabiliser les femmes de ne pas allaiter parce que je n'ai pas envie de me sentir coupable envers mes enfants qui n'ont pas été allaités ".
Examinons tout cela de plus près. Les substituts de lait maternel sont théoriquement certainement plus appropriés aux nourrissons que le lait de vache. Mais en fait, aucune étude ne démontre la moindre différence entre les bébés nourris au lait de vache et ceux nourris à l'aide de ces préparations. Pas une. Le lait maternel, et l'allaitement au sein, à distinguer de l'alimentation au lait maternel, a beaucoup plus d'avantages théoriques par rapport aux substituts que ceux-ci par rapport au lait de vache (ou tout autre lait animal). Et nous commençons tout juste à connaître ces avantages. Pratiquement chaque jour, de nouvelles études nous en révèlent. Mais il existe également d'abondantes données cliniques démontrant que, même dans les sociétés industrialisées, les bébés allaités, et incidemment leurs mères, sont en meilleure santé que les bébés nourris artificiellement. Ils ont bien moins d'otites, de maladies gastro-intestinales ainsi que moins de risques de développer un diabète infantile et beaucoup d'autres maladies. Les mères ont moins de risques de développer un cancer du sein ou des ovaires et sont très probablement protégées contre l'ostéoporose. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Alors, comment devrions-nous aborder le soutien à l'allaitement? Toutes les femmes enceintes et leurs familles doivent connaître le
" Guilt and breastfeeding ", août 1997. Dr Jack Newman, Pédiatre
Un des arguments les plus puissants utilisés par de nombreux professionnels de santé, agences gouvernementales et fabricants de lait artificiel afin de ne pas promouvoir et soutenir l'allaitement maternel, c'est : " nous ne devons pas culpabiliser la mère qui n'allaite pas ". Même certains des fervents défenseurs de l'allaitement sont désarmés par ce stratagème qui veut " que les mères ne se sentent pas coupables ".
Parce qu'en fait, ce n'est rien d'autre qu'un stratagème. C'est un argument qui détourne l'attention d'un manque de connaissance et de compréhension de la plupart des professionnels de la santé à propos de l'allaitement. Cela les autorise à ne pas se sentir coupables de leur ignorance sur l'aide à apporter aux femmes pour surmonter les difficultés durant l'allaitement, qui auraient pu être maîtrisées et qui généralement auraient même pu être prévenues si on ne sapait pas les tentatives d'allaitement des mères. Cet argument permet aux fabricants d'aliments artificiels et aux professionnels de la santé de faire circuler de la documentation sur les préparations pour nourrissons ainsi que des échantillons aux femmes enceintes et aux jeunes mères sans le moindre scrupule, bien qu'il soit prouvé que cette littérature et ces échantillons diminuent le taux et la durée de l'allaitement.
Jetons un coup d’œil à la réalité. Si une femme enceinte va trouver son médecin et reconnaît fumer un paquet de cigarettes par jour, n'y a-t-il pas de fortes chances qu'elle ressorte du cabinet en se sentant coupable de mettre ainsi en péril la santé de son bébé? Si elle avoue boire quelques bières de temps en temps, n'y a t il pas de fortes chances qu'elle quitte le cabinet en se sentant coupable? Si une mère reconnaît dormir dans le même lit que son bébé, la plupart des praticiens ne vont-ils pas la culpabiliser pour cela bien que ce soit la meilleure chose pour elle et son enfant? Si elle se rend au cabinet médical avec son nouveau-né âgé d'une semaine et qu'elle dit au médecin le nourrir avec du lait homogénéisé à 3 %, quelle sera la réaction du médecin? La plupart s'effondreraient littéralement et feraient une crise. Et ils n'auront alors aucun problème à ce que les mères se sentent coupable de nourrir leur bébé avec du lait de vache et là, ils feront pression pour qu'elle donne un substitut de lait maternel au bébé (notez bien: pas de pression pour qu'elle allaite parce que " vous ne voudriez pas faire en sorte qu'une femme se sente coupable de ne pas allaiter ").
Pourquoi autant d'indulgence pour les substituts? La raison, bien sûr, c'est que les industries alimentaires infantiles ont tout à fait réussi à convaincre une bonne partie de l'humanité, grâce à la publicité, que ces substituts sont pratiquement aussi bons que le lait maternel et que, par conséquent, il n'est pas nécessaire de faire toute une histoire à propos du non-allaitement des femmes. Comme l'a dit ici, à Toronto, le vice-président de Nestlé : " sans aucun doute, la publicité est efficace ". Ces messages apaisent aussi la conscience de beaucoup de professionnels de la santé dont les enfants n'ont pas été allaités. " Je ne vais pas culpabiliser les femmes de ne pas allaiter parce que je n'ai pas envie de me sentir coupable envers mes enfants qui n'ont pas été allaités ".
Examinons tout cela de plus près. Les substituts de lait maternel sont théoriquement certainement plus appropriés aux nourrissons que le lait de vache. Mais en fait, aucune étude ne démontre la moindre différence entre les bébés nourris au lait de vache et ceux nourris à l'aide de ces préparations. Pas une. Le lait maternel, et l'allaitement au sein, à distinguer de l'alimentation au lait maternel, a beaucoup plus d'avantages théoriques par rapport aux substituts que ceux-ci par rapport au lait de vache (ou tout autre lait animal). Et nous commençons tout juste à connaître ces avantages. Pratiquement chaque jour, de nouvelles études nous en révèlent. Mais il existe également d'abondantes données cliniques démontrant que, même dans les sociétés industrialisées, les bébés allaités, et incidemment leurs mères, sont en meilleure santé que les bébés nourris artificiellement. Ils ont bien moins d'otites, de maladies gastro-intestinales ainsi que moins de risques de développer un diabète infantile et beaucoup d'autres maladies. Les mères ont moins de risques de développer un cancer du sein ou des ovaires et sont très probablement protégées contre l'ostéoporose. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Alors, comment devrions-nous aborder le soutien à l'allaitement? Toutes les femmes enceintes et leurs familles doivent connaître le